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Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
Cinquante deux années de…
Par
Vianey
Koyabe
Cinquante deux années d’indépendance pour notre pays la République
Centrafricaine.
Cela suscite nécessairement un moment d’introspection pour la suite de
l’histoire de cette nation. Même si pour la majorité, c’est plutôt la
rétrospection qui s’est imposé, avec les mêmes accusations et
accusateurs, ainsi que les mêmes bouc-émissaires ! Et pour cause?
A titre personnel, je suis de ceux qui pensent que le vrai problème de
notre pays se trouve au niveau de son peuple, ou encore de sa
population.
Longtemps, nous avions pensé que notre principal souci était d’abord le
colonisateur, puis par la suite nos Présidents. Pourtant ces derniers
sont à notre image. A défaut de les élire, nous combattons à leurs
côtés, défendons leurs thèses ou choix politiques, en fonction de notre
appartenance ethnique.
Ceux de ma génération auront en mémoire l’époque des « concerts de
casseroles » accompagnés de chants de malédiction à l’endroit du
Président KOLINGBA, ainsi que de la mobilisation des congrégations
religieuses de tous bords pour mettre la nation Centrafricaine sous la
protection du très haut. J’ai encore en mémoire certaines prières de
certains de nos compatriotes, sollicitant « l’assistance » du Très Haut,
afin de rappeler à lui « l’âme du Président PATASSE » ! Le Centrafricain
a longtemps battit l’espérance de son futur en appelant la mort sur ses
Chefs !
Ceux qui à l’époque étaient les artisans des théories extrémistes,
s’allient aujourd’hui à leurs ennemies d’hier pour critiquer, dénigrer
ceux qui aujourd’hui sont au pouvoir, et qui se comportent exactement
comme eux même le faisaient à l’époque. Et c’est cela notre passé, notre
présent. Et si l’on n’y prend garde, ainsi sera notre futur.
Nous avons assisté et vivons la monté du « fondamentalisme Chrétien »
dans notre nation, par le règne des groupes religieux de tout bord. Nous
sommes devenus une nation de schysophrènes qui se planquent dans les
églises du matin au soir. La laïcité a perdu droit de cité. Nous nous
sommes laissé happer par une mafia de Pasteurs et pseudos « Prophètes »
et « apôtres » de carnaval auprès desquels nous allons chercher les
recommandations des oracles et le sensationnel.
Dans chaque maison, de chaque quartier de la capital, s’élèvent des cris
de « prières d’autorité », liant ou chassant je ne sais quel démon ou
mauvais esprit, ou encore le liant au nom de Jésus…
Les quartiers résidentiels deviennent inhabitables du fait des «
vampires » qui y installent des églises qui crient à longueur de journée
avec des porte voix et de la sono, indisposant le voisinage. Pas moyen
de dormir. Plus moyens de proposer des modèles ou des références afin de
stimuler la jeunesse. Plus rien n’est respecté, ni personne. C’est le
règne des « Pasteurs » !
Dans les administrations, la notion d’utilité publique a fait place à
une prise de contrôle d’une mafia religieuse. Pour faire avancer les
démarches administratives, il faut se réclamer d’une congrégation
quelconque ; d’arborer une tenue reconnaissable, et se faire appeler «
sœur » ou « frère » en Christ. Le merci est devenu « Amen » !
Un Président Pasteur, des Ministres Pasteurs, ou encore ceux qui ne le
sont pas, sont sous la coupe des pasteurs ou groupuscules bizarres,
connus pour s’entredéchirer ou encore s’affronter jusqu’à la mort pour
les deniers de cultes. Et les églises poussent comme des champignons ;
quand bien même l’origine des fonds ayant servi à leurs édifications
sont douteuses.
Les chefs militaires rebelles se pavanent en ville, et exigent des
postes ministériels au nom de la réconciliation nationale ! Bien sûr,
après avoir tué les leurs, entretenus l’insécurité dans l’arrière pays,
pris en otage les pauvres paysans. Et je ne sais au nom de quoi, il faut
les respecter, ou encore aller dans leur sens, au risque d’être
catalogué.
Nous sommes devenus une nation d’étiquettes, de sectaires, de
tribalistes, de népotisme. Oui, c’est ce que nous avons fait de cette
nation en cinquante deux années d’indépendance.
Au niveau des politiques, le langage le plus connu reste celui de la
haine, des règlements de comptes, de la violence. Et les principales
victimes sont ces mêmes hommes politiques qui de plus en plus meurent
d’accident vasculaire cérébral. C’est-à-dire de leurs propres venins !
Nous n’avons plus d’infrastructure. Tout ce qui a été construit par le
colon, tant décrié, soit se dégrade ou reste l’unique perspective pour
un « semblant » d’urbanisation et de modernité.
Cinquante deux ans après les indépendances, nous sommes les champions de
la félonie, de la malhonnêteté, du mensonge, et du nanisme nationaliste.
Nos politiques ont l’esprit étroit et manquent du sens de l’Etat ; sont
otages des extrêmes et incapables de s’organiser pour une refondation
profonde, en commençant par leurs propres parties politiques fantômes,
tribalistes et limités en tout points.
Je ne peux célébrer ma honte, mais plutôt commencer sérieusement à me
regarder dans la glace.
Centrafricains du monde entier, regardons-nous dans la glace pour une
fois, et arrêtons de nous raconter des histoires.
La colonisation, avec son contexte historique doit être assumée, mais
n’expliquera jamais notre hypocrisie contemporaine.
Il n’y a rien d’apaisé ni d’apaisant ; ni dans ce pays, ni en nous même.
Nous sommes tous devenus fous.
Nous avons jusqu’à la prochaine célébration de la fête des
indépendances, pour suivre une thérapie collective.
Réactions à cette tribune
Clotaire
Ngoumbango
- (14/08/2012) : Amen. Ainsi soit-il !
Martin-Achille
N'gboda
- (14/08/2012) : Tout est dit maintenant il ne nous reste qu'à nous
remettre de notre folie et reconstruire!
Brice Paterne
Kitiyi Kapou
- (14/08/2012) : En effet, il est aujourd'hui question de
reconstruire notre Etat et/ ou nation Centrafricaine. En quoi faisant
chers compatriotes ?
Je propose pour ma part de commencer à nous réunir et de discuter sur
des stratégies de développement pour la construction de notre pays. Car,
nous vivons aujourd'hui dans le temps d'action et non de la parole si
nous désirons vraiment être dans le concert des nations.
Pour cela, nous devrions être humble tout en suivant ceux qui ont des
idées à émettre afin de construire notre pays la République
Centrafricaine.
Firmin Max
Koyaweda
- (14/08/2012) : Je t'ai lu avec beaucoup d'intérêt étant donné
qu'il s'agit là d'un sujet qui touche le pays dont nous sommes tous
originaires. Comme on dit si bien, un diagnostic est un raisonnement
menant à l'identification de la cause (Origine) d'une quelconque
défaillance, d'un problème..... C'est ce à quoi ta démarche dans cette
rédaction s'est conformée. TOUTEFOIS, mon attention a été retenue par un
point.
Tu as écris ce qui suit (3eme paragraphe, 1ere ligne), je cite: "JE SUIS
DE CEUX QUI PENSENT QUE LE VRAI PROBLEME DE NOTRE PAYS SE TROUVE AU
NIVEAU DE SON PEUPLE, OU ENCORE DE SA POPULATION" Je suis sans ignorer
que cela ressort de ton avis personnel comme tu l'as toi même précisé.
Cette "Observation" de ta part, a suscité en moi questions et réactions.
Parles-tu du même peuple Centrafricain que je connais? Ce peuple qui a
longtemps servi de victime expiatoire au différents régimes qui se sont
succédés les uns aux autres? Ce peuple qui ne reçoit l'électricité que
deux heures par jour chaque deux jours? Ce peuple qui ne peut pas
convenablement se soigner à cause de l'insuffisance des structures
sanitaires? Ce même peuple qui a tout le mal du monde a envoyer sa
progéniture à la recherche du savoir estudiantin par manque de moyen? Ce
peuple qui ne peut plus vaquer a ses activités agricoles ou à l'élevage
à cause de la présence accrue de toutes sortes de groupes armés dans
l'arrière-pays? Parlons nous de ce peuple au sein duquel la pratique de
"La mort subite" devient inévitable? Mort subite est le terme utilisé
par les Centrafricains et qui traduit le principe d'un seul repas par
jour). Ne vois-tu pas qu'ici nous essayons un peu d'accuser le coup
d'avoir mal porté le chapeau alors qu'en fait c'était à la tête qu'on
aurait du reprocher cela?
Ne dit on pas en Afrique de l'Ouest qu'avant de tuer un cabri, on lui
donne au moins un peu d'eau à boire??? Dotons d'abord ce peuple de
structures sanitaires, d'écoles, d'électricité, d'eau potable, d'une
bonne sécurité avant de le mettre à l'index.
Pour revenir à mon avis, même si les responsabilités restent partagées,
ce qui est plus qu'évident, le problème de notre pays tire ses racines
d'abord de la mauvaise gouvernance dont font fi ceux qui ont l'appareil
de l'Etat en main.
Oui il y a mauvaise gouvernance quand la liberté d expression est
quasi-inexistante. Il y a mauvaise gouvernance quand le cumul de
fonctions et responsabilités devient monnaie courante au sein de la
classe dirigeante actuelle; Il y a mauvaise gouvernance quand les hommes
de presse sont emprisonnés avec comme seul péché essayer de voir clair
dans cette histoire d'enrichissement illicite (Le seul pays au monde ou
l'on va au lit ministre et le matin au réveil on est milliardaire et
propriétaire d'hôtel)..tandis que les hommes à la gâchette facile font
leur loi dans la cité sous l'œil indifférent du maitre des lieux. Il y a
mauvaise gouvernance quand l'argent du contribuable Centrafricain
traverse l'Océan pour aller se faire troquer contre du champagne dans
les halls de Hilton à Paris au nom d une quelconque célébration de la
fête "Internationale" de notre "dépendance" de la France. La vraie fête
de l'indépendance de notre chère patrie s'est tenue quant à elle à
Bangui. Il y a encore mauvaise gouvernance quand au perchoir de
l'assemblée nationale, on assiste au "One man show" d'un seul perroquet
habillé en orange. Il y a mauvaise gouvernance NOUS LE SAVONS TOUS et
c'est par là que le mal Centrafricain doit commencer par se faire
traiter. Gouverner c'est aussi éduquer. Du temps du regretté Empereur
Bokassa (paix à son âme) même si nous n'étions pas encore nés pour
certains ou très petits pour d'autres, existaient les opérations villes
propres dont nos parents parlent encore aujourd'hui. Cet appel à se
retrousser les manches et mettre la propreté dans son environnement
lancé par papa Bok n'était pas resté lettre morte. La population se
donnait à cela. De notre génération, nous nous souvenons encore de la
politique de l'autosuffisance alimentaire initiative du regretté
président Kolingba (Paix à son âme). Là encore la population s'était
mise au travail. Le peuple Centrafricain est aussi réceptif que
n'importe quel peuple au monde. Seulement, il lui manque un preneur d
initiative, un vrai leader....Ces quelques exemples démontrent aussi que
la population ne fait rien de mal que danser en accordance aux sons de
tam-tam qui lui proviennent du palais de la renaissance. Chers
décideurs, jouez du bon son et le peuple vous le rendra en dansant une
belle danse. Merci pour le partage Vianey. Que Dieu bénisse la
République Centrafricaine et tous les Centrafricains.
Vianey
Koyabe
- (15/08/2012) : Salut FMK,
J’ai bien compris les questions que tu as évoquées, et que j’ai
volontairement refusé de traiter. Ma démarche pourrait s’expliquer au
travers du Christ comme métaphore, lorsque ce dernier parlant de l’amour
de Dieu et de la foi, n’a jamais parlé de la doctrine, car l’essentiel
se trouvant en vérité ailleurs.
Surtout n’y vois pas de ma part une crainte quelconque de quoi ou qui
que ce soit, ou de quelque régime qu’il soit, car chacun de nous a
certainement des comptes à régler avec un régime spécifique en
particulier. Et c’est là où l’amalgame nous éloigne de l’essentiel,
quand bien même il y’aurait du grain à moudre.
Pour ma part j’ai considéré que les politiques sont sensé mieux le faire
à notre place. A défaut de cela, nous devrions à ce moment là prendre
notre destin en main et nous engager politiquement pour apporter la
solution.
Je m’autorise en règle générale un avis politique lorsque je rencontre
personnellement en privé les responsables politiques Centrafricains. Et
crois moi, il m’est déjà aussi arrivé de rencontrer en privé, tous les «
32 » du mois, les principaux responsables politiques de l’opposition
Centrafricaine, et d’évoquer les points que tu as soulevé.
Ici en France, plusieurs initiatives ont été lancées en rapport avec la
situation du pays, et cela a toujours accouché d’une souris car nous
sommes incapables de nous accorder sur l’essentiel. Certains ont fais le
choix de descendre dans l’arène politique en cherchant à se faire élire
aux élections législatives. Ils se reconnaîtront car la quasi-totalité a
été battue aux élections législatives. D’autres leur ont été préférés.
Comme quoi, le peuple a fait son choix, et c’est cela aussi la réalité
politique.
Pour en revenir à mon sujet, le diagnostic que j’ai modestement fait le
choix de poser, porte sur la nature du Centrafricain lui-même, de
l’humain Centrafricain (politiques opposition et régime en place,
Centrafricain lambda) et de ce que collectivement nous avions fait le
choix d’en faire notre nation. C’est incroyablement ce dans quoi, toute
appartenance politique confondue, tout régime confondu, toute ethnie ou
appartenance régionale confondue, nous nous reconnaissons : l’humain
Centrafricain et sa nature profonde. Ce que nous sommes réellement
lorsque nous nous regardons dans la glace. Sans se braquer et se dire
que le mal c’est l’autre ; que c’est toujours la faute des autres.
J’ai pris soin de ne pas parler de régime politique, car si nous sommes
honnêtes, nous reconnaîtrons que ceux que nous critiquons aujourd’hui
sont nos anciens compagnons de lutte politique d’hier. Demain, certains
de ceux de l’opposition actuelle accéderont au pouvoir et referont la
même chose, sinon pire ; car jusqu’à preuve de contraire, la grande
majorité des parties politiques de l’opposition actuelle a été au
pouvoir et a cultivé les mêmes travers politiques décriés aujourd’hui.
C’est pour cela que j’ai volontairement fais le choix de changer
d’angle.
Tu as regretté le défunt despote et sanguinaire Empereur BOKASSA et son
régime, tu trouveras facilement un paquet de gens parmi le peuple dont
les familles ont été victimes de son régime ; y compris la situation des
comptes publiques.
L’histoire récent de son procès a démontrer que beaucoup de gens
agissaient sous son règne de leurs propres chefs, mais en son nom ; sans
qu’il ne soit au courant. Ces gens qui agissaient sous couvert de son
régime étaient des Centrafricains.
Tu as regretté le régime du défunt Président KOLINGBA, tu trouveras
facilement un paquet de gens victimes de son régime. Y compris ma propre
famille. Mais est ce cela le plus important ? La question reste posée !
Ceux qui se joignent à nous aujourd’hui pour critiquer le régime actuel
sont nos anciens bourreaux d’hier, contre lesquels nous avions lutté. Et
c’est à mon humble avis là où se trouve la problématique de « la
mauvaise gouvernance ».
Qui gouverne, ou a mal gouverné qui, et quand ; sinon jusqu’à quand ????
J’ai volontairement refusé de dissocier les Présidents et leurs
Ministres du peuple, car ils ont toujours fait partie du peuple, avant
d’accéder au pouvoir, et de faire ce dont on leur reproche aujourd’hui !
Heureusement que je suis Centrafricain, et donc légitimement, je peux
parler de ces travers qui sont aussi les miens.
Lorsque tu parles de problèmes délestage d’électricité, de coupure ou
d’indisponibilité d’eau courante, c’est un problème qui a longtemps
existé. C’est une question qui a été décrié dans « l’opposition » dans
le passé par ceux qui, aujourd’hui au pouvoir sont incapables de le
résoudre.
Nous sommes d’accord que là, le souci se trouve ailleurs, car ceux de
l’opposition actuelle n’ont par exemple pas pris la responsabilité de
renouveler ou entretenir les installations techniques et l’adapter à
l’évolution démographique. Ceux qui gèrent ce pays en ce moment, en sont
aussi incapable de résoudre la question ; quand bien même ils vivent
dans cette privation.
Tu as évoqué la question du peuple qui n’arrive pas à se soigner du fait
de l’insuffisance d’infrastructure sanitaire, ou qui n’arrive pas faire
faire à sa progéniture des études. Moi j’en ai parlé autrement.
Le manque de moyen existe et c’est véridique car bien souvent nous
oublions que nous sommes un pays sous développer. J’ai préféré parler de
cela en pointant le manque de méthode, car c’est dans ce même pays que
nos frères d’Afrique de l’Ouest arrivent sans un sous en poche, font
fortune et rentre chez –eux les poches pleines. Je pourrais en dire
plus.
Au niveau de l’école, ce dont je parlerai à demi-mot, c’est par exemple
cette tendance que nous avons à aller chier dans les écoles où nous
envoyons nos enfants. C’est le fait que nous transformons les tables
bancs, portes et fenêtre de ces établissements scolaires en bois de
chauffage. Et cela quelque soit le régime ou le pouvoir en place.
Au niveau des centres de santé, nous aimons les détruire aux moindres
mouvements sociaux. Ce fut ainsi que le centre médical MAMADOU M’BAÏKI a
disparu au KM5, durant les derniers évènements. Cela n’a jamais été le
fait d’une armée étrangère. Pareil pour les infrastructures, car nous
aimons détruire les édifices nationales, détruire les infrastructures,
voire même les entreprises qui nous embauchent. Plus proche de toi et
moi, nous avons le cas de SOCACIG, de CAPMEA, et j’en passe !
Les rébellions dont nous parlons aujourd’hui ont toujours été mené dans
certaines de nos régions de l’arrière pays, par les autochtones,
c’est-à-dire les fils de la région. Et ce sont eux même qui massacrent
les leurs sous prétexte qu’ils auraient des griefs vis-à-vis du pouvoir
central. Ce sont ces derniers qui détruisent la présence de l’Etat dans
l’arrière pays. Encore une fois, je ne suis pas membre du KNK pour
précision.
En bref, les membres du gouvernement ou du régime actuel font parti du
peuple. Les membres de l’opposition font partie du peuple. Ceux qui
deviennent militaires et qui, comme toujours, quelque que soient les
régimes, brutalisent la population, utilisent leurs armes contre leurs
peuples ou braquent la population, font partie du peuple.
J’ai été heureux de ta réaction, car le plus important c’est de lancer
le débat. Et pour ceux qui ne le sauront pas, je leur précise que toi et
moi avions grandis dans le même milieu social, et nous nous connaissons
depuis l’enfance. Ce débat est purement intellectuel et social.
A bientôt frangin!
Firmin Max
Koyaweda
- (15/08/2012) : Oui Vianey je reprends tes termes. Le débat est
purement intellectuel et social. Sans vouloir te flatter, j'avoue que
j'aime tes tribunes car elles ont toujours été porteuses de message et
je m'en sors toujours avec quelque chose de plus. Je ne laisse jamais
passer tes articles sans réagir sauf en cas d'extrême indisponibilité.
Je te suis témoin pour la plus part des initiatives qui ont été les
tiennes allant dans le sens du développement de notre pays. Continues
dans ce sens mon frère.
Orphée
Douaclé Ketté
- (20/08/2012) : Vianey, je ne peux me retenir à l’envie de réagir à
cette tribune. Loin d’être anecdotique, elle touche un point sinon le
point essentiel du problème Centrafricain. Je me suis un jour posé cette
question : « quelle est ma part de responsabilité dans la crise
contemporaine que traverse notre pays ?». Car crise, il y a. Et elle ne
date pas d’aujourd’hui. Toutes les crises exacerbées aujourd’hui sont
l’émanation des manquements des différents régimes qui se sont succédé.
Vianey en a énuméré une partie tout comme Firmin Max K. Dieu seul sait
qu’il en existe encore et encore…
Pour répondre à la question, je dirai d’emblée, tout comme ceux de ma
génération, je n’ai aucune responsabilité rétrospective dans la
situation, depuis la traite négrière jusqu’à sous le régime Bokassa,
Dacko II ou Kolingba. Mais nous tous avons des responsabilités
prospectives c’est-à-dire celle de la recherche des solutions, pour que
ce que nous dénonçons depuis des lustres déjà ne se perpétue
indéfiniment. Et comme tel, nous avons des responsabilités dans la crise
que traverse notre pays sous les régimes Patassé et Bozizé. Nous n’avons
pas assez investi le champ des interrogations avec des réponses
appropriées capables de changer les donnes dans notre pays. Ou si nous
l’avons fait, notre travail n’est-il simplement pas à la hauteur des
problèmes ?
Vianey a mis le doigt sur l’un des nœuds du problème. C’est l’Homme
Centrafricain qui se place dans une attitude sadomasochiste, voire
mortifère. Des manquements répétitifs et partagés par l’ensemble des
acteurs intervenant dans le cours de l’histoire du pays, où les
bourreaux d’hier critiquent ceux d’aujourd’hui, les opposants d’hier,
une fois au pouvoir oublient même ce qu’ils dénonçaient hier… Pourquoi
cet éternel recommencement ? Pour moi l’une des causes est que les
Centrafricains se concentrent, se focalisent sur les personnes.
Critiquer une personne, la maudire, pointer des doigts accusateurs, ou
croire que c’est telle une autre qui apportera LA solution. Tout est
querelle de personnes et sur des personnes. Jamais en Centrafrique nous
nous sommes confrontés, affrontés sur l’essentiel qui est, et demeure,
la construction et la pérennisation du pays. Quel postulat régit les
différentes luttes politiques, quelle est la dimension que nous leur
conférons ? Et quel est le terrain d’expertise générale pouvons-nous et
devons-nous investir permettant d’occuper l’espace et le temps, capable
de donner à des générations des grilles de lecture et de construction
tant théorique et rhétorique de notre « vivre ensemble » ? À travers ces
interrogations, c’est le champ des idées qui est à investir en premier.
Une fois les idées érigées, confrontées, consolidées, le choix des
personnes en adéquation à ces idées sera aisé. Et la Centrafrique ne
souffrira plus de l’éternel recommencement.
Ces interrogations assimilables à un préalable trouvent leur légitimité
dans la réalité souvent occultée depuis 2 décennies voire plus déjà. La
RCA n’est qu’une cohabitation des ethnies sans réel espace commun
concédé les unes aux autres pour l’existence véritable du pays. Le « Ti
mo si » à l’échelle nationale s’explique et se réduit par celui venant
de son ethnie, pis de son village. Le paradigme avec un vecteur (ou des
vecteurs) identifié pour porter nos interrogations, nos luttes, nos
espoirs est inexistant et comme tel, rien de tangible ne se fera.
Ainsi à notre génération un défi, permanent et identifié, est lancé.
Saurons-nous le relever ? D’interrogations en interrogations, nous
risquons de nous perdre en conjectures. Nous savons ce qui nous reste à
faire, c’est d’investir résolument le champ des idées. Et une fois au
crépuscule de notre vie, saurions-nous capables de nous regarder en face
?
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