L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

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La Centrafrique est cinquantenaire !
par
Ariel Modoi Nguédé

Après une et longue réflexion sur mon pays la Centrafrique, j’ai décidé de lancé un appel aux jeunes centrafricains de partout, du pays comme d’ailleurs, en ce moment crucial de où notre pays célèbre ses cinquante ans d’indépendance. La Centrafrique comme tous les autres pays du continent mérite de la part de ses enfants dignes de lui, qu’ils l’accordent une importance toute particulière.

Vu les cinquante ans déjà écoulés, la RCA n’est pas au même pied d’égalité par rapport aux autres Etats avec lesquels il a accédé à l’indépendance en 1960.

Alors pour un développement durable de la RCA (République centrafricaine) il incombe aux jeunes et cadres centrafricains de se pencher sur un dialogue constructif, un dialogue de fond, afin de promouvoir une stabilité durable et une paix harmonieuse, garants d’un développement apaisé. Finir avec le tribalisme qui continue à ronger la population centrafricaine.

Il est inconcevable qu’au jour d’aujourd’hui, nombre de centrafricains diplômés, capables d’apporter au pays une main forte et le faire décoller, se trouvent réduits au chômage. La République centrafricaine a des atouts d’une haute importance lui permettant de décoller  malgré le manque de volonté des dirigeants de tout bord.

50 ans durant, n’est-il pas un temps assez suffisant pour prendre conscience de nos manquements et de nos insuffisances, pour qu’enfin nous nous ressaisissions et partions de pied ferme vers un développement harmonieux pour le temps à venir ? Je pense oui !

Ariel MODOI NGUEDE (20ans) étudiant centrafricain à Fès Maroc.

 

Réactions à cette tribune

Paul Stève Feïzoure (09/08/2010) : Bonjour chers compatriotes, je suis tout a fait d'accord pour la sincérité qui caractérise le paradoxe de mon cher frère; c'est la preuve que nous avons de nombreux jeunes conscients, capables d'oeuvrer pour un vrai développement dans notre cher et beau pays. Je suis d'avis que tout ce qu'il vient de mentionner reflète exactement la réalité et nous devons absolument oublier nos différends et faire quelque chose, et il faut que nous nous disons qu'à partir d'aujourd'hui, ce problème de ce pays nous concerne tous et chacun doit apporter sa contribution pour relever cet immense défi car à mon humble avis ce combat n'appartient pas qu'à nos dirigeants. 50 ans sont passés, allons nous rester toujours les bras croisés pendant que les autres continus d'avancer? Soyons unis, ayons une même vision, ayons l'esprit d'équipe et de créativité si nous voudrions d'une Centrafrique nouvelle et émergente.

Abed-Nego Ndjama (10/08/2010) : Bien Chers Compatriotes,
Que ferons avec ces éternels recommencements où il y a combien de foi de réconciliation, dialogue, séminaire et autres encore comme les états généraux. Récemment à Bangui, il y a eu un forum pour le diaspora!!! A quoi cela à accoucher?
certes que nous avons des atouts, et je pense que si l'on n'aime pas le chez soi comme nous disons: Kondo ayeke ke da ti lo ndali ti pourou ti lo ape! Pensons y et faisons notre part pour une suite surtout qu'il y a eu de ces rencontres ou table ronde que l'on souhaite et qu'il n'y a pas de recommandation à suivre...

Ozias Bissefi Mette (10/08/2010) : Bien à toi cher compatriote et ton geste me touche et me concerne effectivement aussi. Tous Unis Nous Vaincrons, c'est la phrase du jour .Depuis l'indépendance de notre Pays, il n'y a que la misère et la guerre, les gens au pouvoir n'amènent rien de concret car le pouvoir est une action et le principe est la discussion mais il n'y a pas de politique possible avec la discussion en permanence. A l'heure ou nous sommes, les Centrafricains on pourrait réfléchir et faire un bilan des 50 ans après l'indépendance ce serait bien que de nous laisser tromper par les envoyés spéciaux de Diable qui ne cessent de détruire et qui tentent de nous reconduire dans les années de malheurs que notre cher pays a connu. Nous avons les médias et tous les moyens sont permis sur le plan technologique d'entraver les vrais démons de la RCA. En cette période essentielle, je voudrais exhorter les compatriotes quelles que soient leurs appartenances de se lever pour défendre dignement les couleurs du drapeau de notre patrie.
Signé Ozias le bourgeois de Miami Étudiant à Fès Maroc.

Simon Mbarga (11/08/2010) : Bonjour Ariel, <<La valeur de l'homme n'attend pas le nombre de ses années>> difficile de croire mais saches que très peu de ton âge pouvait penser ainsi, pour cette contribution je tiens à te féliciter et t'encourager dans ce sens. L'avenir de notre pays est dans la main de la jeune génération, faisant en sorte que les cinquante ans à venir soient marqués par cette nouvelle génération pour qu'un jour nos petits fils se souviennent de nous.

Parfait Igor Woza (12/08/2010) : Bonjour Peuple Centrafricain nous avons 50 ans. Faute de l'ignorance nous sommes largement en retard par rapport aux autres Pays de la sous Région. Il est temps que nous disons "Non" à la paresse, à l'hypocrisie et à la haine, mobilisons nous pour bâtir notre cher beau Pays la RCA. Merci pour ta contribution.

Uénina Véréna Mbolidi (13/08/2010) : Cher compatriote,
Je salue ta réflexion et j'avoue que c'est touchant.
D'après le rapport du PNUD la République Centrafricaine est classée 171e pays sur 174 c'est triste car nous sommes immensément riches du point de vue richesses naturelles...
Je pense que l'ignorance n'a rien à voir avec le retard que nous avons acquis par rapport aux autres pays de la sous région comme vous le soulignez cher Compatriote. Mais le problème est que le centrafricain n'aime pas son prochain, il est égotiste et méchant. Un pays se construit dans la paix, la joie et la démocratie. Chez nous, nous n'aimons pas les critiques...
Je vis dans un pays où les œuvres et les actes du Président de la République sont critiquées dans les journaux et dans les médias mais on n'entend jamais parler de disparition ou de rébellion sinon des marches pour manifester le mécontentement de la population. C'est ce que moi j'appelle la démocratie.
Nous avons 50 ans aujourd'hui et nous avons un beau pays, le témoignent nos parents qui ont vécu la belle époque. Nous ne méritons pas ce rang (171e/174)... Prenons cela au sérieux et cultivons l'amour véritable. Bonne fête à nous tous!!! Que Dieu bénisse notre cher pays la République Centrafricaine... AMEN

Robert Wali (13/08/2010) : République Centrafricaine : cinquante ans déjà !

«Monsieur le Président, Excellence, Citoyens de la République centrafricaine. Voici donc que ce jour de fraternité s’achève et devient l’histoire. Bientôt va s’élever la salve solennelle qui salue l’indépendance des peuples et qui retentira dans la mémoire de vos enfants comme celle qui saluait jadis la descente des rois."

Quelques minutes seulement avant l'indépendance effective de la République Centrafricaine le 13 août 1960, c'est par ces paroles dithyrambiques qu'André Malraux, alors Ministre des Affaires Culturelles du gouvernement de Charles De Gaulle, faisait naître dans le coeur de chaque centrafricain un sentiment de fierté indescriptible. Plus tard, c'est le président David Dacko qui prenait la parole et faisait jaillir la lumière de l'espérance dans la nuit ténébreuse de Bangui. Ce soir-là, la terre de nos ancêtres ne respirait que la liesse et le bonheur. Un contentement général que venait toutefois tempérer le souvenir douloureux de la disparition tragique du fondateur de la République Centrafricaine, le premier président Barthélemy Boganda. Ce 13 août 1960, son ombre tutélaire planait sur l'assistance et aucun des pères fondateurs ne pouvait s'empêcher d'adresser une pensée émue à celui qui s'était tant battu pour arracher l'indépendance des griffes prédatrices de l'Empire colonial français.



Un demi-siècle après, que reste-il de tout cela? Que reste-il du soleil des indépendances ? Que reste-il des idéaux de Boganda (le Zo Kwe Zo notamment) et de son parti, le MESAN ? Dans quel recoin de notre mémoire subsiste-t-il ce rêve sublime, ces chimères magnifiques qui faisaient croire à chaque centrafricain présent en ce 13 août 1960 que la République Centrafricaine nouvellement indépendante allait se métamorphoser en un jardin d'Eden dont rien, absolument rien ne pourrait troubler la quiétude ? Beaucoup vous répondront que toutes ces utopies se sont évaporés comme un mirage dans le désert de notre violence et de nos errements. Certains européens se prétendant savants vous rappelleront que la République Centrafricaine est un des pays les défavorisés de par le monde et que tous ses dirigeants passés ou actuels ne sont que de burlesques potentats de républiques bananières. D'autres enfin vous affirmeront qu'il n'y a plus rien à faire, que la République Centrafricaine est à jamais condamnée à errer dans les jardins de la misère et de la haine, du fait de l'incapacité de ses jardiniers.

Il nous faut refuser cette idéologique cynique. Il nous faut l'abhorrer de nos coeurs et même de nos mémoires. La République Centrafricaine n'a pas survécu cinquante années pour se voir irrémédiablement condamnée à une chute sans fin. La République Centrafricaine n'a pas franchi toutes ces embûches, n'a traversé tous ces ces gués périlleux pour ne pas voir la lumière qui scintille au fond du tunnel. Certes il subsiste encore la misère dans notre pays, mais chaque jour, de nouvelles cultures sont implantées afin d'annihiler les phénomènes de la malnutrition et de la sous-nutrition. Certes il subsiste encore l'analphabétisme, mais chaque semaine, de nouvelles écoles sont crées pour permettre à tous les dignes fils de la nation centrafricaine d'avoir une chance de décider de leur avenir. Certes il subsiste encore la guerre au Nord et à l'Ouest du pays, mais nous ne pouvons ici passer sous silence le sacrifice de soldats centrafricains tués au combat en luttant pied-à-pied avec les rebelles pour offrir aux populations civiles la sécurité à laquelle elles ont droit. La société civile et le gouvernement sont au travail, tentant tant bien que mal de réparer le tissu économique déchiré par les conflits successifs, de créer les conditions pour que la République Centrafricaine ne demeure pas un pays enclavé et étouffé par la puissance de ses voisins.



Pour finir notre tribune, il conviendrait de citer le Prix Nobel de Littérature Georges Bernard Show : "Il y a des personnes qui regardent les choses qui sont et se demandent pourquoi elles sont si injustes. Pour ma part, je préfère essayer de lancer mon regard vers l'impossible, les utopies, l'idéal et me dire : pourquoi pas ?". Si nous faisons nôtre cette citation, un jour la guerre s'achèvera. Un jour, la famine fera sa dernière victime. Un jour, nos enfants seront tous en bonne santé et parfaitement éduqués. Il n'appartient qu'à nous de faire que ce jour soit le plus proche possible. Il ne tient qu'à nous de faire revivre à nos contemporains et à nos enfants ce rêve sublime, ces chimères magnifiques qui ont empli de félicité les centrafricains à l'aune des indépendances.

Robert Wali

Beaufort Bilo (17/08/2010) : Je suis tout a fait d'accord avec toi mon frère Ariel, ce ne sont pas les matières grises qui manquent pour aider ce pays, il suffit seulement de surmonter nos intérêts égoïstes et mettre en commun nos efforts car, je l'ai toujours dit que si l'intérêt est général, chaque centrafricain aura sa part. Nous devons avoir un seul parti politique qui s'appelle Centrafrique.

Beaufort Bilo (17/08/2010) : Depuis un certain temps, je suis en train de faire un constat amer en ce qui concerne la manière dont les gens qui viennent chez nous pour ne pas dire les étrangers traitent les Centrafricains.
Ces gens nous considèrent comme des gens qui n'ont pas de grandes études, ils négligent les formations que nous avons (c'est vrai que notre système éducatif connait des problèmes mais c'est partout). Pour travailler dans les intérêts des Centrafricains, on amène des gens de l'étranger et par mes expériences, ce sont des gens qui ne connaissent presque rien de leur travail et c'est nous qui sommes sur place qui les formons et ils gagnent plus que nous. que fait l'inspection de travail? ce serait la même chose pour notre cimenterie si on ne fait pas attention, ce seront ces étrangers qui viendront occuper tous les postes et réduiront les Centrafricains dans des postes subalternes.
Nous qui travaillons dans certaines ONG internationales, on est mal payé par rapport aux soi- disant Expat qui gagnent des millions alors que c'est nous qui faisons le gros du travail. L'inspection du travail doit imposer un bon salaire pour ces compatriotes et garantir les emplois pour les Centrafricains. Les Etrangers nous envahissent et volent nos emplois au vu et au su de notre état. Il faut faire quelque chose.
Merci beaucoup.

 

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