Réactions à cette tribune
Michel
Mabou
(29/06/2010) : Bonne contribution à l'histoire de la création de la
ville de Bangui et bonne analyse de la situation actuelle de cette
ville. Mais seulement il semble qu'il vous manque suffisamment
d'informations sur cette ville. D'abord Bangui n'a pas été créée un 26
juin mais plutôt le 10 juin. D'ailleurs on ne peut pas parler d'une
création, car ce sont les conditions naturelles (les rapides qui
empêchaient la navigation) qui ont fait que le site s'est imposé comme
lieu de débarquement et d'embarquement des hommes et des marchandises en
direction du haut Nil. L'objectif de cette mission était de rallier le
Congo (où partait une mission française) à la mission française du haut
Nil. A cette époque seule la voie d'eau permettait aux explorateurs de
faire ce voyage.
Bref, je pourrais développer plus en détail. L'inondation de Bangui ne
date pas d'aujourd'hui. Cette ville, dès son origine a toujours souffert
des inondations. Le site initial était à Kolongo, puis transféré sur les
rochers (actuel roches hôtel) suite aux inondations. J'y reviendrai plus
tard. Mais aux moins cette base permet de réagir et d'apporter des
éclaircissements. Autre chose vous avez de belles cartes sans source
malheureusement. Le site s'imposé comme lieu de débarquement et
d'embarquement des hommes et des marchandises en direction du haut Nil.
L'objectif de cette mission était de rallier le Congo (où partait une
mission française) à la mission française du haut Nil. A cette époque
seule la voie d'eau permettait aux explorateurs de faire ce voyage.
Autre chose vous avez de belles cartes sans source malheureusement.
Brigitte
Alima
(01/07/2010) : Le travail que vous venez d'accomplir est gigantesque
: un diagnostic global de la ville de Bangui la coquette afin d'arriver
à une proposition celle de « BATIR UNE NOUVELLE CAPITALE » en adoptant
par référendum le nouveau site.
Ce travail, vous l'avez effectué j'imagine sans une aide financière du
gouvernement centrafricain. Vous avez voulu, ici, contribuer de manière
directe, intellectuelle et désintéressée au développement de notre pays,
la République Centrafricaine et je vous en félicite.
Ce travail fait appel aux critiques des experts et des intellectuels
centrafricains qui pourraient nous aider à traiter et creuser d'avantage
ce sujet. Je reste persuadé que l'idée d'un transfert de la capital
Bangui vers une autre localité reste discutable et pour mettre en «
chantier » un tel projet, la République Centrafricaine a besoin d'un
Homme d'Etat (femme ou homme) à sa tête. Le premier chantier est celui
là. Pourquoi ?
La question du RESPECT des Droits de l'Homme dans le monde et plus
particulièrement en Afrique et en Centrafrique, demeure ce je que je
nomme le « cancer » qui gangrène notre époque.
Notre loi fondamentale dit ceci :
Art.1er : La personne humaine est sacrée et inviolable. Tous les agents
de la puissance publique, toute organisation, ont l'obligation absolue
de la respecter et de la protéger.
La République reconnaît l'existence des Droits de l'Homme comme base de
toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde.
Art. 2 :La République proclame le respect et la garantie intangible au
développement de la personnalité.
Chacun a droit au libre épanouissement de sa personnalité pourvu qu'il
ne viole pas le droit d'autrui, ni n'enfreigne l'ordre constitutionnel.
Art. 3 :Chacun a droit à la vie et à l'intégrité corporelle. Il ne peut
être porté atteinte à ces droits qu'en application d'une loi.
Nul ne sera soumis ni à la torture, ni au viol, ni à des sévices ou
traitements cruels, inhumains, dégradants ou humiliants. Tout individu,
tout agent de l'Etat, toute organisation qui se rend coupable de tels
actes, sera puni conformément à la loi.
Nul ne peut être arbitrairement arrêté ou détenu. Tout prévenu est
présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit établie à la suite
d'une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense.
Le délai légal de détention doit être respecté.
Nul ne peut être condamné si ce n'est qu'en vertu d'une loi entrée en
vigueur avant l'acte commis.
Les droits de la défense s'exercent librement devant toutes les
juridictions et administrations de la République.
Toute personne faisant l'objet d'une mesure privative de liberté a le
droit de se faire examiner et soigner par un médecin de son choix.
Art. 4 :La liberté de la personne est inviolable.
Les libertés d'aller et venir, de résidence et d'établissement sur toute
l'étendue du territoire sont notamment garanties à tous dans les
conditions fixées par la loi.
Art. 5 :Tous les êtres humains sont égaux devant la loi sans distinction
de race, d'origine ethnique, de région, de sexe, de religion,
d'appartenance politique et de position sociale.
La loi garantit à l'homme et à la femme des droits égaux dans tous les
domaines. Il n'y a en République Centrafricaine ni sujet, ni privilège
de lieu de naissance, de personne ou de famille.
Nul ne peut être contraint à l'exil.
Nul ne peut faire l'objet d'assignation à résidence ou de déportation,
si ce n'est qu'en vertu des textes en vigueur.
Les articles ci-dessus résument la responsabilité d'un Homme d'Etat. Ne
pas respecter ces articles démontre tout simplement l'incapacité d'un
Homme à diriger un pays. Nous observons qu'en RCA, la classe politique
dans son ensemble, ne dispose pas encore des Hommes d'Etat.
Il ne s'agit pas d'avoir un Homme d'Eta incapable d'enseigner sa propre
valeur politique mais capable non seulement de créer un gouvernement
parfait mais surtout de mettre en place un gouvernement praticable et
respectueux de la Loi fondamentale.
L'Homme ELU à la tête de notre pays doit être capable de se respecter,
de respecter notre Constitution dans son ensemble, de se faire respecter
par son peuple, et de se faire respecter par les dirigeants du monde
entier et les institutions internationales. Il doit être « celui qui
s'institue arbitre impartial entre ses ambitions et l'intérêt général. »
Le patrimoine de Thomas Sankara montre ce que c'est que être un Homme
d'Etat. Jusqu'à sa mort, il s'est donné en exemple pour la jeunesse
africaine toute entière. Avoir une vision juste de l'avenir de son pays,
être le premier à donner l'exemple, avoir un plan et des projets
politiques ambitieux pour son pays.
Les élections ne doivent pas être un rituel du rappel périodique de la
sacralité du président « sortant », mais l'occasion de présenter un
projet de société viable. Faire de Bangui l'avenir de la RCA est un
projet très ambitieux et un tel projet ne peut aboutir que s'il existe
un Homme d'Etat capable de porter un tel projet.
Il va y avoir très bientôt (je l'espère pour la RCA) des élections dans
notre pays. Nous attendons tous les programmes des partis politiques
centrafricains et nous verrons si l'un au moins pensera à utiliser le
travail que vous avez effectué dans son programme.
Merci.
Henri Paul
Akibata Kette
(02/07/2010) : Bel article, argumenté et mise en relief des données
caractéristiques à la Centrafrique. Cependant un nombre de choses
demeure contestable sinon non impératif.
Bangui est-il notre avenir ? Un titre plus qu'évocateur de certaines
tendances de Banguicentrisme où l'on qualifie le reste du pays de "NGONDA",
c'est-à-dire la brousse. Même si l'auteur s'en défend, il est aisé de
s'en rendre compte... Cela n'est pas polémique seulement constat. Le
nœud du problème se trouve ailleurs.
La Centrafrique se trouve à une période charnière de son histoire. Cette
période cruciale est engendrée en partie du fait que dans ce pays TOUT
EST URGENCE. La rigueur aidant, il est capital de hiérarchiser cette
masse d'urgence afin que les actions, si action il y a, soient
productrices d'effet d'entraînement sur le reste. Est-ce que le
transfert de la capitale centrafricaine sur un autre site sonnera le
déclic d'une renaissance centrafricaine ? Et comment ce transfert
pourra-t-il servir de levier d'entraînement pour le reste des grandes
villes du pays ? Et encore pourquoi axer ce travail de remodelage du
visage national que par Bangui ? N'est-ce pas mieux de coupler ce
travail sur Bangui par l'érection d'une ou deux autres villes ? Ces
questions méritent réponses pour mieux appréhender le problème de
l'avenir où Bangui se retrouve au centre.
Le caractère unique de Bangui comme territoire et Nation lui a été
conféré par une appréhension ambiante fort limitée. Nous avons fait de
Bangui une ville unique et comme une sorte de territoire-Nation par
irresponsabilité et fainéantise. Jamais la préoccupation nationale ne
s'est dérobée de Bangui. Et encore... Et d'ailleurs c'est une sorte de
péché. Tout doit être pensé, centralisé et décidé à Bangui. Et tout ce
qui est en dehors de Bangui est suspect. Lorsqu'un élève arrive des
autres villes du pays, il est la risée des Banguissois. Lorsque l'on est
pas né dans la capitale, cela est bizarre... Pis, les affectations des
fonctionnaires dans certaines villes du pays sont perçues comme une
sanction. Nous délaissons les villes à l'intérieur du pays. Aujourd'hui
le cas des préfectures de Haut-Mbomou, Vakaga et Bamingui-Bangoran est
édifiant où le pouvoir central ne s'y préoccupe aucunement.
L'un des premiers chantiers à ouvrir est le mental du Centrafricain.
Etre persuadé que toute ville du pays a des potentialités et que
développer le pays Centrafrique c'est développer chacune de ces villes.
C'est arriver à les relier les unes aux autres sans attendre forcément
un crédit alloué par la Banque Mondiale ou un organisme quelconque...
Revenons à Bangui même. Cette ville est empreinte d'histoire. Elle est à
ériger convenablement que ce qu'elle est aujourd'hui. Il demeure poser
la question du choix d'une nouvelle capitale. Cela j'y adhère
totalement. Par des études telluriques, des consultations tant
philosophique, moderne et traditionnelle et par référendum, nous pouvons
faire le choix du nouveau site par des transferts à coup afin de
finaliser ce projet. Mais en attendant quel est son avenir ? Si Bangui
n'est pas l'avenir du pays, quel est son avenir ? Il ne suffit point de
faire un transfert de capitale. Il est question plus de l'avenir de
chaque grande ville du pays. Si nous faisons le transfert sans pour
autant penser à l'avenir de Bangui, celui-ci risque de subir le même
sort que les autres grandes villes du pays, alors que , comme je l'ai
souligné ci-dessus, cette ville est empreinte de beaucoup d'histoires de
la RCA et la laissée à l'abandon sera terrible.
Avant de terminer, j'aimerai que l'auteur nous clarifie une chose.
Changer de site pour la capitale Centrafricaine est-il une urgence ?
L'une des premières ? Et si tel est le cas, évidemment la question
financière s'impose. Quel sera le coût de ce transfert de capitale ? Et
qui va financer ? Et encore n'existera-t-il pas des projets dans le
domaine de l'éducation nationale ou de la santé qui sont vitaux pour
l'avenir en général du pays ?
Nassour Kamoun
(03/07/2010) : Le travail que vous venez d'accomplir est gigantesque
et je vous en félicite.
merci et bravo!
Brigitte
Alima
(05/07/2010) : Nous avons conscience qu'au niveau de la République
Centrafricaine, TOUT EST URGENCE. Mais le débat soulevé par M. BOUTE-MBAMBA
est un débat très intéressant et nous pousse à réfléchir sur nos
capacités à pouvoir déplacer des montagnes.
Nous savons que, tout projet commence par une idée. Les centrafricains,
d'une manière générale ont toujours de belles idées. Là-dessus, nous
sommes tous d'accord. Vient ensuite la matérialisation de ces idées,
c'est-à-dire construire un projet du début à la fin.
Il s'agit ici d'un projet de transfert de la capitale centrafricaine
vers une autre ville. Il s'agit bien d'une opération ponctuelle ayant un
début et une fin, nécessitant la mise en ouvre de ressources humaines et
matérielles pour sa réalisation. Les objectifs devraient être clairement
définis. Et sa gestion qui consiste à organiser et suivre chaque action
afin de tenir les délais, coûts et qualité requise.
La réalisation d'un projet minime soit-il est toujours complexe et
nécessite la coopération et la gestion d'un grand nombre d'intervenants.
Reste maintenant la question de savoir qui doit être responsable de la
gestion d'un tel projet ?
Et c'est là que je reviens à ce que j'ai développer plus haut, il nous
faut des Hommes d'Etat capables d'accomplir un tel projet.
« A l'impossible nul n'est tenu ». Le rôle des partis politiques, c'est
de proposer des projets de société. Le principe est de permettre à des
hommes et des femmes partageant des objectifs similaires de s'allier
pour promouvoir un programme commun. Ce groupement de personnes
souhaitent d'agir en commun dans une perspective politique à long terme.
Lorsque, ce groupe d'individu arrive au pouvoir, l'obligation de
matérialiser les idées élaborées dans leur programme commun, doit être
la règle. La mise en place d'une équipe dynamique et compétente, capable
justement de déplacer des montagnes, même avec peu de moyens est
primordiale. Il existe « 100 » partis politiques en République
Centrafricaine. Les partis politiques n'ont pas de programmes assez
ingénieux et courageux pour gouverner. Pour certains, ce programme
n'existe même pas, mais ils veulent se présenter aux élections.
."Nous avons créé une caisse de solidarité révolutionnaire à laquelle
des milliers de Burkinabè contribuent.""Où trouver l'argent [pour une
route] ? Ca n'intéresse pas les bailleurs de fonds et si c'était le cas
ils nous imposeraient des conditions qu'un pays aussi pauvre que le
nôtre ne pourrait pas supporter. Alors, imaginons une solution : chaque
Burkinabè verserait 800fcfa et en un an, le peuple burkinabè lui-même
financerait la construction de cette route." Thomas Sankara.
En 1984, ils ont réussi avec 600 millions de francs, sur fonds propres à
construire un barrage. Thomas Sankara, avait des idées, il a tout fait
avec son équipe afin d'améliorer le quotidien de son peuple.
Pour répondre à M. AKIBATA, le transfert de la capitale centrafricaine
sur un autre site peut sonner le déclic d'une renaissance centrafricaine
à condition que le projet soit porter par un Homme d'Etat et une équipe
compétente et dynamique. C'est un projet très ambitieux, capable de
transformer les mentalités de notre peuple.
« On ne peut rien faire tant qu'on n'impose pas aux mentalités des
schémas de rigueur. Il nous faut travailler à décoloniser les
mentalités, et réaliser le bonheur à la limite des sacrifices auxquels
nous devons consentir. Je souhaite que la conviction gagne tous les
autres pour que ce qui semble être aujourd'hui des sacrifices devienne
pour eux des actes normaux. » Thomas Sankara.
L'Homme d'Etat qui a conscience de sa responsabilité vis-à-vis de ses
concitoyens, porteur de projets ambitieux sera capable de faire en sorte
que le transfert de la capitale centrafricaine serve effectivement de
levier d'entraînement pour le reste des grandes villes.
Ainsi, en adoptant un site pour bâtir une nouvelle capitale, ce projet
de prime abord difficile et très couteux, pourrait devenir, dans sa
réalisation, le moteur du développement de notre pays. Et contribuer à «
décoloniser » les mentalités.
Le burkinabé est devenu « homme intègre » parce qu'un jour, un homme
s'est levé et a décidé de changer les choses de manière radicale et
surtout en donnant l'exemple. La véritable révolution apportée par cet
homme est : « vivre la réalité du pays, imaginer des solutions à la
portée des burkinabés, se remettre en cause tous les jours. »
Le financement de projets ne peut se faire que par des centrafricains.
Il n'est plus de question pour nous de toujours demander : mais qui va
financer ? Quand un père de famille décide de construire une maison pour
lui et ses enfants, il ne va pas se demander éternellement mais qui va
lui financer la construction de cette maison. Soit, il décide de la
construire d'avoir un prêt pour démarrer les travaux (ce qui est de plus
en plus difficile à avoir) soit il compte sur ses moyens propres pour la
construire (faire des économies).
En commençant par réduire les trains de vie du gouvernement (de nombreux
voyages à l'étranger aux frais de l'Etat pour un rendement quasiment
nul, des grosses voitures qui consomment énormément d'énergie etc.) de
la présidence de la République, lutter de manière efficace contre la
corruption (qui doit donner l'exemple ?), augmenter les impôts (rien
n'est gratuit, si on veut avoir des hôpitaux, des écoles, des crèches,
il faut bien sortir de l'argent. Si chaque centrafricain chômeur
centrafricain pouvait verser 100 CFA par mois à l'Etat, multiplié par 1
million de chômeurs, en 1 an , je vous laisse faire le calcul). Un
ministre à Bangui a-t-il besoin de 3 ou 4 voitures pour accomplir ses
missions ?
Le premier chantier, ne nous occultons pas, c'est celui de trouver un
Homme capable de réunir autour de lui des gens compétents et dynamiques,
afin d'entrainer les autres sur le chemin du « bonheur » et de la
réussite, de changer les mentalités. Ce n'est pas avec une baguette
magique qu'on va changer les mentalités, mais c'est à travers des actes.
Il n'existe pas une école où on enseigne, à toute la population, le
changement de mentalité. Mais, c'est à travers des actes concrets,
opérés par un grand Homme que des sujets pourraient adhérer et changer
de mentalités.
Les partis politiques, les organes de presse doivent être très ingénieux
dans leur sens d'éducation et de formation. Mais ils manquent d
imagination et d'audace pour entrainer un vrai changement de
comportement et de mentalité dans notre pays.
Nous y reviendrons.
Merci!
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