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Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
Ô Centrafrique, reprends ton droit au respect et à la vie
Par
Brigitte
Alima
E ZINGO TI YE
KODRO TI E
"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères,
sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots."
Martin Luther King
Le 7 février 2010, le général André Kolingba s'en est allé retrouver les
siens.
« La sagesse est comme un jardin : non cultivée, elle ne peut être
récoltée ».
Très chers compatriotes, cultivons la sagesse et non le ressentiment.
Il n'est pas question ici, de donner des leçons de morale. Il est
question pour moi de donner une opinion, la mienne. Je tiens à préciser
que, tout au long des pages qui vont suivre, je prends position en
faveur du général Kolingba (de l'homme et de sa politique). Cette prise
de position sous attend des réactions saines et constructives, des
contrevérités et des contre-exemples afin d'éclairer notre société.
Généralement, chez nous, en République Centrafricaine, en période de
deuil, même pour notre propre ennemi, la sagesse est souvent recommandée
: celle qui recommande le droit au respect de nos morts. Oublier d'où
l'on vient, oublier nos racines au nom d'une certaine rancune est tout
simplement ubuesque. Le respect des morts est enraciné dans nos coutumes
et dans nos valeurs humaines et surtout africaines.
Au troisième millénaire, avoir aussi peu de cervelle pour « salir » nos
défunts, la RCA est loin d'évoluer vers la paix. Et c'est ce qui me rend
triste. Les défunts, qu'ils soient morts pour une cause juste ou
injuste, selon qu'on soit d'un côté ou de l'autre, ont droit au respect.
C'est bien vrai ! Quand il ne reste que l'ignominie pour exister et agir
en dépit du bon sens, « voir comme des animaux », alors le mal est trop
profond dans notre société centrafricaine. Et même, certains animaux ne
se conduisent jamais aussi mal que certains de nos compatriotes.
N'oublions pas « les morts ne sont pas morts. ». Nos ancêtres avaient
l'habitude de sacraliser la mort, aujourd'hui, les morts sont bafoués et
ne jouissent d'aucune considération, d'aucun respect de la part des
humains.
De mon point de vue, la mort du général André Kolingba prive non
seulement la société centrafricaine d'un travailleur et homme de paix
indispensable à notre pays, mais perturbe également l'équilibre encore
fragile de notre jeune démocratie. Ses funérailles, par le grand
rassemblement qu'elles ont provoqué à Bangui, doivent permettre à la
société centrafricaine dans son ensemble, et en particulier à tous ceux
qui cultivent l'animosité sur les différents forums, de reprendre la
conscience de soi et d'assurer l'unité du peuple centrafricain.
La critique, si elle est faite dans le respect de l'autre et dans
l'esprit de faire avancer la société centrafricaine, est synonyme
d'intelligence et de sagesse. Tout homme à droit à la critique et à
l'autocritique. En sus des Hommes politiques, toutes celles et tous ceux
qui ont eu à un moment donné la responsabilité de diriger notre pays, se
doivent d'être critiqués et de s'autocritiqués. Mais il ne serait
nullement constructif d'en revenir aux vielles critiques, sans véritable
fondement, négativement stériles, de nos hommes politiques. Il faut que
la critique soit basée sur quelque chose, mais malheureusement, il n y a
rien, sinon que des insultes sur le général Kolingba, tenues par des
soi-disant intellectuels sur les différents forums de discussion.
« A ce propos, il y a quelque désarroi et froid au dos à lire par
exemple le forum des discussions de Centrafrique Presse tant y ont cours
des propos teintés d'une incroyable, insultante, voire haineuse
catégorisation des Centrafricains. C'est de l'engagement politique,
parait-il. Mais, est ce là l'engagement pour la République? Ce sont des
Compatriotes instruits pourtant, vivant la plupart outre méditerranée
dans ces pays où le débat, de niveau élevé, est ailleurs qui tiennent
ces propos » écrivait Michel Gbézéria-Bria dans le Confident.
Quand le vent de la démocratie soufflait sur l'Afrique, des «
intellectuels banguissois » ont, il faut le souligner, manipulé la
population centrafricaine, en privilégiant systématiquement la politique
de tout sauf Kolingba. Que des médecins, professeurs d'université,
syndicalistes, des journalistes, des intellectuels versent dans une
telle démagogie, a de quoi à agacer sérieusement. Des syndicalistes
devenus opposants, pour contribuer à porter au pouvoir leur leader ont
mis en faillite le système éducatif centrafricain. Malgré des
injonctions de la Banque Mondiale et du FMI, exigeant une réduction des
effectifs de la fonction publique en 1990, et profitant des résultats de
l'économie, touchée par la chute des cours de matières premières en
Centrafrique, les « intellectuels banguissois » ont terni l'image de
notre pays et conduit les centrafricains sur le terrain du tribalisme.
La multiplication des journées de grève dans la fonction publique et
dans les hôpitaux au profit des « seigneurs de guerre » nous a détourné
des politiques volontaristes du général André Kolingba en matière
d'économie (autosuffisance alimentaire), de paix et d'unité.
Cette volonté du général à travers son slogan « So Zo La » de mettre
l'homme centrafricain au cour de sa politique, a permis à la RCA de
maintenir son unité entre 1981 et 1993, l'année à laquelle il a quitté
le pouvoir :
- la sécurité était assurée dans tout le pays malgré
quelques attaques des « zaraguinas »
- l'autosuffisance alimentaire était garantie
- l'unité du pays était maintenue.
Un seul exemple: La fête de la moisson organisée à l'époque du général
était le ciment de l'unité du peuple centrafricain. Chaque année les
centrafricains du nord-est, sud-ouest se retrouvaient dans une région
donnée, autour du général pour renforcer les liens de la paix, de la
fraternité, et de l'unité, pour promouvoir l'économie de nos régions et
pour donner à manger au peuple. On pouvait déjà à cette époque parler de
la « décentralisation », même si le terme n'est pas adéquat. A travers
cet exemple, dire que le général est l'auteur du tribalisme en
Centrafrique, c'est faire preuve d'ignorance et de bassesse d'esprit.
Dans les différents gouvernements, toutes les ethnies étaient à peu près
représentées. En 1981, BOZIZE, MBAIKOUA, MOKALO, OUEDANE, SALLE, GUIPI,
LAPOT etc. étaient membres du gouvernement du CMRN dirigé par Kolingba.
Je lance un appel aux historiens centrafricains et aux hommes de bonne
volonté pour nous donner des noms de différents ministres et des
présidents des différentes Sociétés d'Economie Mixte de notre pays qui
ont été en fonction entre 1981 et 1993. Si ma mémoire ne me trahit pas,
Monsieur GONIFEI NGAIBONANOU qui n'est pas Yakoma a été longtemps
ministre du temps du général Kolingba. Il en est de même de Monsieur
Jean-Claude Kazagui, pour ne citer que ceux là.
De ce point de vue, les différentes déclarations de l'opposition de
l'époque s'inscrivaient sans retenue, dans le seul et unique but de
faire tomber le général André Kolingba. Des médecins, passés dans
l'opposition systématique au général Kolingba, avaient choisi la méthode
de « non-traitement », que l'on appelle communément « débrancher les
malades » afin de monter la population centrafricaine contre Kolingba.
Or le général avec l'aide des pays amis avait réussi à construire deux
grands hôpitaux à Bangui (Communautaire et Amitié) notamment pour
assurer une bonne santé au peuple centrafricain. Au lieu de s'occuper
des malades, la plupart des médecins ont préféré descendre dans la rue,
laissant nos compatriotes malades mourir comme des bêtes sur leurs lits
d'hôpitaux. Le serment d'Hippocrate était devenu serment d'Hypocrite.
Est-ce normal ? Et dire que tout ça se faisait au nom de la lutte pour
la démocratie.
Nonobstant l'accord d'un troisième plan d'ajustement structurel et le
rééchelonnement d'une partie de la dette par le Club de Paris, par pur
égocentrisme et par des attitudes belliqueuses et indignes de certains
envers le général Kolingba, les charognards qui ont complètement perdu
le principe de solidarité nationale, ont fait descendre des milliers de
banguissois acquis à leur cause dans les rues pour demander
l'instauration du multipartisme. On se souvient encore des opérations
villes mortes. Nous déplorons effectivement la mort du Docteur Conjugo,
décédé lors des manifestations de protestation contre l'ouverture du
Grand Débat National en 1992. La perte d'un éminent médecin, quelque
soit les circonstances, est à déplorer. Le général aurait dû mettre en
place une commission d'enquête, chargée de faire la lumière sur les
circonstances de ce drame.
Ces manifestations ont eu pour conséquences des arriérées de salaires
sans précédent. La démagogie des uns et des autres a fait basculer la
RCA dans le tribalisme.
Il y a eu certes de nombreuses arrestations de leaders syndicaux, mais
le général Kolingba, homme de paix avait permis à la RCA d'éviter un
bain de sang.
Le multipartisme, fer de lance de la lutte contre le général, devenu à
l'époque incontournable pour le BIEN des africains a-t-il été bénéfique
pour l'Afrique et en particulier pour la RCA ?
Bien évidemment, je ne suis pas contre le multipartisme, mais dans le
fond est ce que le moment était bien choisi pour imposer le
multipartisme en Afrique ? Ce n'était pas l'histoire de diviser pour
mieux régner ? J'aimerais également qu'on y réfléchisse, tous ensemble,
à cette notion de multipartisme. Des réflexions et des jalons doivent
être posés, et la réflexion doit rester sur des rails pour pouvoir se
dérouler en toute tranquillité. Après presque 20 ans du multipartisme
quel bilan pouvons-nous en tirer ? Le multipartisme en Afrique a été et
reste pour moi, un partage du pouvoir en dosage ethnique au lieu d'être
une richesse tirée de projets communs.
Est-il normal que pour une population estimée à environ 4 millions
d'individus il puisse y avoir plus quarante partis politiques ? Le
multipartisme signifie dans ce cas précis que les hommes se regroupent
autour des personnalités de leurs régions et non autour des idées. Une
ethnie, un parti politique ! On ne défend plus des idées, on se focalise
à élire un membre de sa région en espérant bénéficier de quelques
étrennes au lendemain des élections. Ils deviennent par la suite des
godillots au service de leur maître. D'autres, en créant un parti
politique (au nom du multipartisme bien sûr) espèrent tout simplement
jouir des alliances politiques pour occuper des postes ministériels. Une
fois ministres, ils jouent l'ostracisme à fond pour se maintenir le plus
longtemps possible dans leurs fonctions et profitant de l'ignorance dont
fait part les jeunes de leurs régions, ils les rendent belliqueux pour
faire outrage aux autres. Tout cela au nom de la démocratie et du
multipartisme!
.
En 1982, après le coup d'Etat raté du général François Bozizé, le
général Kolingba n'avait pas demandé à une armée étrangère de venir
massacrer tous les Centrafricains se réclamant du général Bozizé. Aucun
ressortissant du nord, sud est et ouest de la RCA n'a subit ni menace,
ni torture, ni viol. Je peux me tromper, puisqu'à l'époque je n'avais
que neuf ans. Mais je n'ai jamais entendu dire qu'il y avait une chasse
aux sorcières déclenchée par le général Kolingba contre les
ressortissants du nord, du sud de l'est ou de l'ouest de la RCA.
Justifier ce que Monsieur Patassé a fait subir à une certaine catégorie
de la population centrafricaine par le simple fait que Kolingba ait
reconnu la paternité du coup manqué en 2003 est une ignominie grotesque.
Dans l'homélie de l'ancien archevêque de Bangui, Monseigneur Joachim N'Dayen
à l'occasion des obsèques à Paris du général Kolingba, celui-ci a
souligné ce fait qui dissocie le général Kolingba des vrais putschistes.
D'abord la mort de Christophe Grélombé et de son fils Martin. Qu'ont-ils
fait pour mériter cette mort atroce ? Comment peut-on arriver à
commettre de telles horreurs ? Christophe Grélombé avait su marquer les
consciences par son intelligence vive, toujours en mouvement et ses
immenses qualités de pédagogues, sachant s'adapter à des situations et
des auditoires les plus divers à l'occasion de rencontres qu'il n'a
cessé de faire sur l'ensemble du pays pour assurer la sécurité et la
paix au peuple centrafricain. Les centrafricains se rappellent aussi de
ce serviteur fidèle et attentionné, hors de tout esprit sectaire. Je
lance un appel à toutes celles et tous ceux qui l'ont côtoyé d'apporter
des témoignages sur l'homme, sur sa méthode de travail et pourquoi pas
aussi des critiques (constructives) pour permettre à nos enfants de ne
pas l'oublier.
On pouvait évoquer l'assassinat de Monsieur Théophile Touba.
Un devoir de mémoire s'impose.
Ensuite, les évènements de 2001, que je qualifie de « Jihad » lancé par
le pouvoir en place à l'époque contre une partie de la population
centrafricaine. Plusieurs témoignages ont démontré que le général
Kolingba n'était pas impliqué directement dans l'organisation de ce coup
d'Etat. Certes il a fini par le revendiquer. Mais est-ce vraiment une
raison pour lancer un « jihad » contre une frange de la population
centrafricaine?
« La République Centrafricaine a essuyé de nombreuses tentatives de
prises de pouvoir par la force depuis son accession à l'indépendance en
1960. A.F PATASSE lui-même en a commandité une en 1982. Aucun des
présidents en exercice y compris Jean-Bedel BOKASSA, ne s'était pris à
ce point aux paisibles citoyens et à l'ethnie des putschistes. »
écrivait Monsieur Jean-Bosco Peleket en août 2001.
Ce passage et ce message méritent d'être médités par les uns et les
autres.
Un autre sujet : le népotisme. Certes, il y a eu du népotisme dans
l'environnement du général. Cela se fait un peu partout dans le monde.
L'homme de part sa nature a toujours tendance à favoriser les membres de
sa famille et les membres de son entourage. Mais la différence, à mon
avis, du général avec ses successeurs se résume au niveau de la
compétence. Les membres de son cabinet, en passant par les différents
présidents des établissements publics et parapublics étaient des hommes
et des femmes compétents et qualifiés. En RCA, il n'y avait pas de
concours pour entrer dans la fonction publique pendant la présidence
Kolingba. Les règles établies par les gouvernements de l'époque ne
permettaient pas de lutter de manière efficace contre le népotisme. A
tous les niveaux de la fonction publique, il y avait du favoritisme.
Dans la société centrafricaine toute entière, ce phénomène existe. Les
sociologues sont bien placés pour nous expliquer l'origine et la
pérennité de ce système. Le directeur de l'école résidant dans le même
quartier que vous et moi, et avec qui nous sommes en bon terme, va
inévitablement favoriser l'inscription de notre enfant au détriment d'un
autre enfant qu'il ne connaît pas. Il va même nous faciliter la
procédure de l'inscription et ira jusqu'à affecter l'enfant dans la
meilleure classe, tout simplement parce que nous nous connaissons depuis
de longue date, etc. Mais ce phénomène n'est pas uniquement l'apanage
des pays africains. En France, Claude Chirac était conseiller «
communication-opinion » de son père : « Elle semble avoir une influence
importante sur le président de la République, notamment pour ce qui
concerne son apparence extérieure, ainsi que dans certains choix
politiques. Certains lui prêtent une part déterminante dans le choix des
slogans sur la « fracture sociale », qui jouèrent un rôle non
négligeable dans la victoire de son père en mai 1995 » peut-on lire.
Sarkozy a même tenté de faire passer en force la candidature de son fils
à la présidence de l'EPAD. Des exemples, il n'en manque pas.
Pour combattre ce phénomène, (combattre, le mot est peut être trop
fort), pour essayer de réduire cet olibrius, il faut instaurer dans
notre société des règles simples, transparentes et contraignantes pour
tous.
Notre constitution, cette loi suprême dont le contenu doit rester «
inviolable », doit s'imposer à chaque centrafricain fut-il président de
la république. Je pense qu'il est temps de mettre en place un comité
chargé de revoir tous les articles de cette loi mère, sans aucune idée
partisane. Chaque centrafricain devrait être garant du respect de notre
constitution. Comment voulez vous que le président, garant suprême de la
constitution, et qui fait n'importe quoi avec cette loi, puisse demander
aux centrafricains de respecter les institutions de notre pays. C'est au
chef de famille qu'incombe la responsabilité de l'éducation des enfants.
Si le chef de famille est voleur, il y'a de grande chance que les
enfants deviennent voleurs. Et si la tête est pourrie, le reste du corps
ne sert pas à grand-chose.
En étant affecté à un poste de responsabilité, tout centrafricain doit
être guidé par une volonté ferme, intelligente, partagée, de faire
réussir son équipe, sa société, son ministère. Nous devons refaire notre
propre éducation personnelle, et admettre ce dicton : « l'homme qu'il
faut à la place qu'il faut ». Si nous devons placer notre fils, notre
cousin à un poste de responsabilité, la première interrogation est celle
de savoir si ce fils ou ce cousin a les compétences nécessaires pour
pouvoir occuper ce poste. S'il a les compétences, et si nous respectons
les règles établies pour que notre cousin puisse occuper ce poste, alors
je ne vois pas en quoi, les autres pourraient parler de népotisme. Plus
encore au niveau politique. Au niveau politique, il faut en plus de la
compétence, de la confiance.
Arrêtons avec la bassesse d'esprit :
- Que nos intellectuels, les vrais, puissent écrire pour éveiller
notre conscience. Je pense à Jean Claude Kazagui, Michel Gbézéra-Bria,
Alexis Moyoudokana, Narcisse Komas, Pierre Sammy Mackfoy, Gaston N'guérékata,
Jean Paul Ngoupandé, Jean-Pierre Mara, Martin Zigulélé, Célestin Leroy
Gaombalet, Cyriaque Gonda, Désiré Kolingba etc., tous les anciens
ministres depuis l'indépendance à nos jours pour parler de leurs
expériences en tant que ministre, raconter les difficultés rencontrées
et parler des projets qu'ils ont contribués à mettre en place, des
différentes missions à l'étranger, des contacts avec leurs homologues
étrangers, comment ils ont réussi à convaincre leurs homologues
étrangers dans le domaine de l'économie, de la santé, des finances, etc.
- Que nos historiens, les vrais, nous racontent sans partie pris,
l'histoire de notre République, de nos institutions, de nos hommes
politiques etc.
- Que la diaspora centrafricaine de France ou d'ailleurs, raconte de
manière très simple les difficultés de la vie à l'étranger et non de se
complaire dans des vielles habitudes à savoir mentir à leurs
compatriotes restés à Bangui, qu'ils ont des doctorats, qu'ils vivent
dans des maisons se trouvant dans les beaux quartiers de Paris, qu'ils
touchent 4500 euros par mois etc. Bref ! S'endetter pour aller jouer le
boss et l'intello à Bangui. Les intellos de France devraient, à mon
avis, contribuer au risque de me répéter, de manière intelligente au
développement de leur pays. En France, il y a combien d'écrivains
centrafricains, de professeurs, de magistrats, de cadres ? Il va falloir
avoir des statistiques précises dans ce domaine là aussi. Et savoir qui
est qui. Quand on fait un tour sur le site sozowala, l'annuaire classé,
on voit à quel point le centrafricain aime mentir, en parlant de
diplômes.
- Que notre ancien président Ange Félix Patassé lègue à nos enfants
et nos petits un livre sur la politique centrafricaine et sa gestion des
affaires couvrant la période des indépendances à nos jours. Ce serait un
bel exemple pour nos prochains chefs d'Etat. David Dacko, Jean Bédel
Bokassa, Abel Goumba et André Kolingba n'ont rien laissé comme écrits à
nos enfants. Ils auraient dû nous parler des relations internationales,
de la diplomatie, de la finance, de l'économie, des institutions de
notre République, des institutions internationales (FMI, Banque Mondiale
etc.), de leurs relations avec la France etc. Ce qu'ils n'ont pas fait
et c'est très dommage. Il nous reste Ange Félix Patassé et François
Bozizé, j'espère de tout cour qu'ils vont nous délivrer quelques
mystères de leurs passages à la tête de l'Etat Centrafricain avant le
grand saut.
Dire la vérité aide les autres à grandir.
La haine « est une répulsion intense éprouvée à l'égard de quelqu'un
(ou de quelque chose). Elle consiste en une intention de détruire
l'objet visé (être vivant ou chose) ». Dixit Wikipédia.
En politique ou dans la vie de tous les jours, notre vie est rythmée par
des sentiments et des passions, des amours et des haines. Avoir de la
haine même pour la personne qu'on aime, c'est possible. Mais se laisser
dominer par ce sentiment au point de tuer moralement ou physiquement
relève du domaine de la folie. Je pars du principe que tout homme bien
équilibré, peut arriver à contrôler ses sentiments.
Dans ma jeunesse, j'ai été confronté plusieurs fois à ce sentiment de
haine : une félonie de ma copine, la mort d'un être cher (haine contre
Dieu) etc. Et je ne suis pas le seul. Beaucoup de nos compatriotes ont
connu des atrocités durant les différentes périodes de troubles qu'a
connues notre pays. Des vies entières ont été brisées. Et cela peut
pousser à la révolte, à la haine. Cette intention de détruire est
omniprésente chez bon nombre de nos concitoyens. Et plus chez nos «
intellectuels ». Nous savons que pour certains, seul le temps pourrait
permettre de calmer leurs douleurs, « d'effacer » ce sentiment de haine.
Pour d'autres, ils ont déjà tourné la page, ils vont de l'avant et
essaient de ramener la paix autour d'eux.
J'ai eu a fréquenté avec des centrafricains de tout bord, venant des
quatre points cardinaux de la RCA. Je salue le courage et l'honnêteté
des uns et des autres de mes amis, qui ont su faire triompher notre
amitié. Nous avons su prendre de la hauteur face aux dérives des années
90 et 2001. Pendant ces évènements, nous avons eu des discussions très
vives, voire très partisanes et très idéologiques de fois. Mais tout au
long, nous avons privilégié notre amitié face à l'ethnicisation qu'on
nous proposait à l'époque.
Nos « intellectuels » et hommes politiques ont préféré et préfèrent
utiliser ce sentiment de haine pour assouvir leur basse besogne dans le
seul et unique but d'arriver au pouvoir. Quand on sait qu'ils avaient
distribué (loyalistes et mutins) des armes sophistiquées aux délinquants
qui n'hésitaient pas à appuyer sur la gâchette, quand on sait qu'ils
recrutaient des enfants dans certains quartiers pour les envoyer
combattre, nous ne pouvons qu'être déçus. Ils ont réussi à détruire
l'unité de notre pays.
La politique exige un minimum de savoir faire. Tout le monde n'est pas
appelé à faire de la politique. En politique, il existe des coups bas,
la notion même de félonie est présente en politique. La notion même de
haine est présente dans la politique. L'Europe aussi a vécu des périodes
de guerre et de haine. Aujourd'hui, le peuple européen a réussi à former
un bloc pour faire face à la mondialisation. Aujourd'hui les français
créent des lois pour mettre dehors les étrangers qui ne veulent pas «
s'intégrer » pour sauvegarder leur culture et leur unité.
Le clientélisme existe bel en bien en Europe, ainsi que le favoritisme
et j'en passe. Mais cela se fait dans l'idée et dans l'obligation que la
personne ait des compétences nécessaires et suffisantes pour remplir son
devoir vis-à-vis de la personne qui l'a aidée. En Centrafrique, des
militaires compétents que l'Etat centrafricain a financé à 100% leur
formation, ont été écartés du commandement de l'armée. Des médecins, des
professeurs, des cadres centrafricains compétents sont obligés
d'immigrer pour sauver leur peau. Des docteurs en droit sont devenus des
agents de sécurité en France alors qu'ils ont les compétences
nécessaires pour enseigner à Bangui.
Certains ministres centrafricains en mission en France se font héberger
par des « cousins », sans aucun respect de leur rang et de leur
fonction. Ils ne participent même pas aux débats pour lesquels ils sont
venus, tout simplement parce qu'ils n'ont pas le niveau ou les
compétences nécessaires.
- Osons le rassemblement et le retour de la paix dans notre pays. Ne
laissons pas le sentiment de la haine, de la vengeance nous dominer.
Respectons les valeurs qui ont fondé notre culture. Respectons les
morts.
- Osons l'homme qu'il faut à la place qu'il faut. Ce n'est pas
interdit de nommer son cousin ou son fils à un poste de directeur d'une
Société d'Economie mixte, le seul critère valable est de savoir si ce
cousin là a les compétences pour occuper ce poste. Le général Kolingba
avait nommé son neveu Jonathan N' Kouet à la tête de Pétroca à l'époque.
Ce dernier avait les compétences et tout le monde s'accorde aujourd'hui
pour dire que celui-ci avait eu des résultats honorables. La gestion de
Pétroca par Jonathan doit rester un exemple pour la génération future.
C'est une occasion pour nous tous d'apporter nos contradictions et
d'essayer de mettre en valeurs ce que cet homme nous a laissé. En
faisant, tous ce travail, nous contribuons au développement des idées,
qui vont permettre à notre pays de continuer sa marche vers une
démocratie apaisée et vers son unité.
"Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche"
Michel Audiard
Réactions à cette tribune
Bienvenu
Mony Beya
(22/03/2010) :
Dans tout œuvre humaine il y a de bons et de mauvais. On ne dira jamais
assez que notre pays avec sa petite population regorge d'intellectuels
dignes de faire marcher ce pays pour le hisser au diapason des autres
(même de la CEMAC). Depuis BOGANDA, DACKO, BOKASSA, KOLINGBA, PATASSE et
aujourd'hui BOZIZE nous avons eu que de bon PRESIDENTS mais à chaque
fois "l'ENTOURAGE" en a fait de mauvais présidents.... Ce qui a fait
tomber les anciens n'a jamais servi d'exemple pour les suivants... On
diabolise toujours tout. On a toujours tendance à se dire qu'en
Centrafrique TOUT LE MONDE veut être PRESIDENT pour mieux faire. En
contribution réelle "c'est le NEANT" rien que la critique pour saper le
moral de ce peuple qui est toujours près à tout pardonner à son élite
pour espérer un meilleurs devenir... Les anciens ministres de ce pays
sont bien placés pour éviter que les mêmes choses reviennent. Comme tu
le dis KOLINGBA a fait ce qu'il pouvait il a même mis à coté de lui des
gens qui le critiquaient mais avec quel résultat si ce n'est que la
politique du ventre venir se servir et non servir la nation... trop a
été dit pour quel résultat? Notre pays a besoin de la force de tous ses
fils pour sortir de l'impasse.
Que ceux qui ont gouverné ce pays écrivent ce qu'ils ont vécu et fait
pour changer le pays cela est un bon devoir de mémoire... A ce jour il
nous reste PATASSE et BOZIZE qui ont et continuent de présider à la
destiné de ce pays que dire de leurs actions de leur idéologies. Allons
attendre leur mort pour dire de choses... Non... PATASSE disait après
son retour qu'il avait été induit en erreur par son entourage c'est
preuve que ce fléau disparaitra pas de sitôt... Voyons comment se passe
la période électorale pour comprendre que le CENTRAFRICAIN manque de
repères... Dans la vie tout le monde n'est pas appelé à être MINISTRE,
DG... on a toujours besoin de balayeur, marmiton pour que le pays aille
de l'avant. Tout gravite autour du "MANGEMENT c'est à dire TENGÔ YE". On
se fabrique de futur petits riches qui n'investissent même pas dans le
circuit économique.
Et à dire que le concours d'entrée à la fonction publique peut résorber
le clientélisme, et le régionalisme? les stigmates du passé demeurent...
A un moment MEDECINS ET INTELLECTUELS ont délaissé le bureau pour la rue
conséquence la RCA au lieu d'aller de l'avant a fait plus de quinze an
en arrière... Si maintenant nos intellos en Europe sont réduits à faire
le gardiennage pour vivre, à qui la faute? Tous on est habitué à "m'a tu
vu" qui voudra se sacrifier pour le pays? En Afrique de l'ouest même les
plongeurs en France envoient de quoi nourrir tout une ville. Combien de
centro le font? A la une les enfants de Berbérati souffraient de famine
quelle a été la réaction de la diaspora? rien que des accusations...
Les funérailles du grand K étaient l'occasion donnée aux Centrafricains
de se voir dans un miroir pour dire qu'avons nous fais de l'héritage du
"RDC"? les résultats du congrès de Berbérati sont que des papiers bons
pour la poubelle...va t'on recréer la roue?
Ca fait mal de voir l'état de nos routes, de nos villes de provinces, le
découragement de la population paysanne... quel avenir pour notre pays?
S'il est vrai que l'on bâti sur le passé il est aussi bon de se situer
dans le contexte du moment... en ce sens que parler de "JIHAD" pour
décrire les fait qui se sont passés c'est oublier combien de fois la
haine est aveugle... On a perdu des hommes valeureux (ex GRELOMBE,
TOUBA...)c'est du passé apprenons à dépasser ce clivage et rassemblons
nous autour d'un seul but "LA RCA"
Ta conclusion donne beaucoup plus d'espoir pour un renouveau et un
décollage réel...
Pourvu que cette voix soit entendue.
Un sage africain disait " LE BONHEUR, ON NE S'EN REND COMPTE QUE
LORSQU'ON L'A PERDU"
Adda Gagoula
Gourbangouli
(24/03/2010) : Je salue le travail qui est accompli ici, ainsi que
tous les compatriotes centrafricaines et centrafricains qui, au travers
de ces différentes tribunes nous permettent de garder allumée la flamme
de la patrie. Je ne saurais par contre me taire devant la gravité de ce
qui se lit ici en commentaires! Je veux souligner qu'aucun contexte ne
saurait légitimer la chasse et le massacre d'une partie de la population
de la République! C'est grave! Ce que j'ai pu lire dans cette tribune
sont des faits, des faits historiques dans leurs grandes lignes, pouvant
être situés dans le temps et dans l'espace, l'espace Centrafrique. L'on
ne peut pas admettre que de lâches et ignobles assassinats sans aucune
forme de procès de compatriotes centrafricains appartienne au passé!
L'on ne peut pas non plus se taire devant une telle considération par
rapport à l'assassinat des innocents! C'est extrêmement grave! Les
rappeler c'est éduquer afin d'épargner la République de ces horreurs
d'un autre âge. C'est cela l'histoire qui enseigne, c'est cela bâtir en
tenant compte du passé. Faille t-il citer le cas (récent) de la
disparition du Colonel Charles Massi? Les Mandet, Grélombé et autre
Kolignako sont-ils morts pour rien? Néanmoins, la RCA n'a eu que de bons
présidents depuis son indépendance mais c'est la faute à l'entourage,
dit-on. Mais qu'est ce que c'est qu'un bon président quand son autorité
et sa capacité à se séparer des entourages, tueurs de la République est
une somme nulle?
Ô Centrafrique, Ô berceau des Bantou, reprends ton droit au respect,
reprends ton droit à la vie, reprends ton droit à la dignité! Ô
Centrafrique, Ô berceau des humains, reprends ton droit au respect, au
respect de la vie humaine et la lumière brillera de tes ténèbres, ai-je
envie de partager avec vous tous...
Patriotiques salutations.
Brigitte
Alima
(26/03/2010) : Je ne vais pas comparer le nazisme avec ce qui s'est
passé chez nous. Mais si la communauté juive de France continue de se
battre pour sauvegarder la mémoire de la de la Shoah, c'est justement
pour éviter que se reproduisent les pires atrocités commises par HITLER.
J'ai décidé de parler de ces crimes crapuleux, c'est justement pour
éviter à notre pays de vivre des moments noirs comme on a connu dans le
passé. Aujourd'hui Patassé est rentré à Bangui, il va de nouveau
solliciter le suffrage universel du peuple centrafricain. On oublie tout
ce qui s'est passé pendant ses précédentes mandatures d'un revers de
main, toutes les crimes qui on été commises, et on repart de zéro, c'est
du passé, dira-t-on ? L'histoire concerne les hommes, elle est racontée
et écrite, elle transmise et donne sujet à réflexion. Lorsqu'on cherche
un sens, une raison au passé, nous pensons à la reconnaissance des
erreurs à ne plus commettre. L'histoire ou le passé rentre dans un
domaine d'aide pour l'homme pour progresser, pour s'améliorer.
Je veux bien l'accepter, mais ne nous occultons pas. Je propose qu'on y
réfléchisse sérieusement. Le chef de famille, c'est celui qui pilote
l'avion. Il est de la responsabilité du chef de l'Etat dans un premier
temps respecter la constitution et ensuite de fixer les règles du
fonctionnement de son cabinet et d'essayer de tenir le cap. Le président
de la République est le garant des institutions de la République. Il
doit être le premier à respecter ces institutions. Il faut qu'on arrête
de dédouaner les uns et les autres. Nous avons certes beaucoup de choses
à reprocher à l'entourage, mais il faut savoir hiérarchisé les
responsabilités. Le président de la République nomme ou choisit son «
entourage ». Celui-ci doit lui rendre des comptes, et non l'inverse. Il
ne devrait pas y avoir des « intouchables » dans le circuit du palais de
la République. Le président doit être ferme et exigent à l'égard des
Hommes qui l'entourent et c'est là la clé de sa réussite. Mon rêve de
préside!
nt serait de voir qu'après ma mort, mes bonnes ouvres puissent rester
dans la mémoire collective comme l'a été BOGANDA, SANKARA. En
choisissant de devenir président, c'est justement pour rentrer dans
l'histoire de mon pays à travers ma politique de justice sociale, de
justice pour tous.
Le directeur ou chef de service est au service du peuple et non
l'inverse, le président est service de son peuple. Il n'est pas au
service d'un clan ou des « intouchables ».
Je crois fermement que le premier problème de la RCA c'est d'abord ses
dirigeants. Pour preuve THOMAS SANKARA est resté (si ma mémoire est
bonne) seulement 4 ans à la tête du Burkina Faso, mais il a réussi à
faire évoluer les mentalités des burkinabés tout simplement en donnant
l'exemple. Il était le premier à arriver au bureau, le premier à tout
faire. BOGANDA aussi à son époque faisait pareil. Ils se battaient
d'abord pour leurs peuples.
Dans la bible il est t'écrit ««Si ton œil droit est pour toi une
occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est
avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps
entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour
toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est
avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps
entier n'aille pas dans la géhenne». Donc si l'entourage de nos
présidents est pour eux une occasion de chute pour eux, ils doivent les
virer afin de sauver leur peuple.
Merci !
Ghislain
Follot Ngbandy Zeba
(18/04/2010) : Pour ne pas être juge et partie, étant donné que en
ce que pour ma part je suis pas adhérent encore d'une formation
politique; aucune.
Toutefois devant ces faits qui vont marquer l'histoire de l'arrivée de
la démocratie avec le multipartisme en Afrique en 1993 au pays, vous
savez Brigitte ALIMA j'évoque seulement ce qui est passé vraiment. Il y
a eu beaucoup de choses innombrables pour commencer avec les retraités
n'ont pas eu les pensions de leurs retraites chaque 3 mois.
Les étudiants de l'université au pays qui n'ont pas eu leurs bourses
d'études.
Les arriérés de salaire des fonctionnaires de l'Etat tous et toutes se
comptent plusieurs mois par mois impayés.
Loin de parler de tribaliste tous et toutes se sont levés en 1992 pour
finir avec ce parti unique aux votes.
Quant au gouvernement formé que par les militaires officiers et généraux
bien avant sa dissolution qui est le CMRN a sans doute fait des preuves
ce comité; de bonnes reformes au bon moment et là ou il faut. Très chère
Brigitte, cependant on ne va pas seulement évoquer que le bon coté des
choses de ce comité CMRN?
Il faut être aussi inhumain(e) ,insouciant(e),de fermer l'œil sur le
nettoyage de population de certaines communes dans la préfecture de
l'OUHAM PENDE dans le nord. et alors.
La violation du droit de l'exilé politique en asile de YANGOUNVOUNDA
BOZIZE François président de la République chef de l'Etat, qui est
attaché par une corde et envoyé au destinataire. Dieu, avec les gardiens
et lui même savent ce qui lui est arrivé en prison.
Lorsque "la tête est pourrie, le reste du corps ne sert pas à grand
chose." Néanmoins c'est la tête qui commande tout le corps.
Des gouttes qui ont fini par faire déborder le récipient.
Là où le gouvernement chavire avec les membres c'est là justement que
les oppositions récupèrent les promesses de mensonges fait au peuple
pour battre compagne dans différentes régions dans tout l'étendu du
terroir en septembre 1993 et bien avant c'est en 1992 l'évènement passé
au sein de la famille du Docteur CONJUGO. A cette époque tous et toutes
au trésor les pensionnaires sont appelés sous le soleil ardent pour
donner que le simple bon de caisse tous et toutes fonctionnaires sont
pas bancarisés.
Dis donc ! Celles et ceux qui ont commencés depuis 1945 à 1981.
Concernant la démocratie ou le multipartisme qui nous a emmenée en
Centrafrique et dans les pays de l'Afrique n'est pas encore émergée au
pays depuis 20 ans certes. Ce qui est bien au pays Centrafrique
singulièrement c'est:
L'intégration aux fonctions publique de ceux et celles qui sont
diplômés. Quant aux diplômes non falsifiés la vérification reste un
problème encore difficile dans nos écoles et université à cause des
revendications justes; le système informatique n'y est plus.
Le concours sont pour les Ecole Militaire des Enfants de Troupe, ENAM,
l'armée, gendarme, police, au consulat de l'ambassadeur de la France;
pour ne citer que cela.
Le moment où sommes nous tous et toutes n'est pas de nous indexer mais
de nous unir pas par la divergence. L'analyse de avec minutie des
conséquences va non seulement corriger les lacunes aussi faire des
projets avenirs.
Singuila.
Brigitte
Alima
(02/07/2010) : Bonjour,
Nous ne possédons pas la vérité, nous essayons de faire vivre des
entités ou de part de vérité.
Il s'agit pour nous, d'apporter des « témoignages » non pas pour
incriminer telle ou telle personne, telle ou telle ethnie, mais rappeler
comme l'a dit M. ADDA : « Les rappeler, c'est éduquer afin d'épargner la
République de ces horreurs d'un autre âge ».
L'histoire de notre pays doit être enseignée par de vrais historiens
centrafricains. Mais ont-ils les moyens de faire des recherches
scientifiques pour nous éclairer? Et que dire de nos journalistes ?
Faute justement de documents scientifiques sur les faits qui ont marqué
les années 80 dans notre pays, nous apportons que des « témoignages »
subjectifs, sans un apport de preuves tangibles ou de rapports
scientifiques qui puissent soutenir nos arguments. Mais cela dit, il ne
faut pas non plus jeter à la poubelle les contributions des uns et des
autres. Il y a certainement une part de vérité dans nos différentes
contributions.
Quand vous dites je cite : « .j'évoque seulement ce qui est passé
vraiment. Il y a eu beaucoup de choses innombrables pour commencer avec
les retraités n'ont pas eu les pensions de leurs retraites chaque 3
mois.
Les étudiants de l'université au pays qui n'ont pas eu leurs bourses
d'études.
Les arriérés de salaire des fonctionnaires de l'Etat tous et toutes se
comptent plusieurs mois par mois impayés. »
Avez-vous posez la question de savoir pourquoi les retraites, les
salaires et les bourses n'étaient pas payez ?
De 1981 à 1990, donc avant l'avènement du multipartisme, imposé aux pays
africains, la RCA sous le régime Kolingba n'a jamais connu d'arriérés de
salaires. Devant certaines difficultés de remboursement des dettes par
les pays africains, la Banque Mondiale et le FMI ont imposé les fameux
Plan d'Ajustement Structurel qui ont pour objectif d'assainir les
finances de l'économie des pays concernés. Notre pays s'est évidemment
soumis aux ordres venus de ces institutions. On se souvient par exemple
des plans de départs à la retraite anticipée etc. Vient ensuite la
pression extérieure pour imposer le multipartisme. Face à la réticence
du Général Kolingba à ce propos, l'opposition centrafricaine va se
saisir de cet fait pour lancer l'offensive à travers les nombreuses
grèves nationales. D'où les retards de salaires.
Voici ce qu'on peut lire aujourd'hui concernant les PAS : « Le directeur
du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, est le premier
à reconnaître l'impérieuse nécessité pour l'institution financière de
redorer son blason, à l'occasion d'une conférence en Tanzanie qui
s'achevait mercredi sur l'impact de la crise financière en Afrique.
"Il y a un problème d'image (. . . ) C'est un des buts de cette réunion.
Ca atteint un niveau qui nous empêche de faire notre travail", a reconnu
M. Strauss-Kahn devant la presse.
Les récents progrès économiques du continent ont été minés par la hausse
des prix alimentaires et du pétrole à laquelle vient s'ajouter à présent
l'impact de la crise financière mondiale.
Loin des 5,4% de croissance enregistrés en 2008, les prévisions de
croissance pour le continent tournent autour de 3%.
"Le FMI nous a mis dans cette situation", "comment pouvons-nous lui
faire confiance?" Des représentants de la société civile n'ont pas
manqué de pointer, avant la conférence, le divorce consommé entre les
opinions publiques africaines et l'institution.
"Pour des raisons politiques, c'est devenu impossible pour certains
gouvernements de dire a la population de leurs pays qu'ils vont
s'adresser au FMI", constate le patron du FMI.
Dans les années 80 et 90, les prêts du FMI et de la Banque mondiale
étaient assortis de conditions drastiques, sous forme d'"ajustements
structurels".
Les détracteurs de ces "ajustements" ont dénoncé des privatisations
ayant mis à mal l'accès des populations aux services publics de base,
des réformes agraires orientées vers des agricultures d'exportation au
détriment de la sécurité alimentaire de ces pays et des règles
budgétaires draconiennes, destinées notamment à assurer le remboursement
des prêts. » Jeune Afrique N°2581 du 27 juin au 3 juillet 2010. Titre :
L'Afrique méfiante face au FMI et au souvenir des "ajustements
structurels. Intéressant non ?
Sur ce qui est de la population de l'Ouham-Pendé dans le Nord, c'est
dommage que vous n'apportez pas assez d'éléments pour comprendre, de
votre point de vue, ce qui s'est passé là-bas. Et c'est pour cette
raison que j'exhorte nos intellectuels d'apporter leur contribution par
rapport à ces évènements.
J'ai cru comprendre qu'après un coup d'Etat manqué, organisé par à
l'époque par le Feu Général MBAÏKOUA, l'ex-président de la République
Ange Félix Patassé et l'actuel président de la République le Général
Bozizé. Suite à ça il y aurait eu des règlements de compte. J'avoue que
je n'ai pas assez d'éléments pour me permettre de parler de cette
époque. Par contre si cela s'avère effectivement vrai, qu'il y a eu
massacre dans le Nord de notre pays par les « éléments » du CMRN, il est
de notre devoir de condamner ces actes de barbarie. Il en de même pour
le régime du Général Bozizé concernant les exactions et les exécutions
commises dans le Nord-Ouest.
Pour finir, je vous remercie de m'avoir éclairé sur le concours de la
Fonction Publique à Bangui. Je croyais ce concours était obligatoire
pour toutes les banches de la Fonction Publique Centrafricaine.
Merci pour votre contribution !
Bernard
Soukoukette
(17/08/2010) : Il y a des moments dans la vie où le silence des
victimes encourage l'arrogance de leurs anciens bourreaux. Ces derniers
se mettent à exécuter devant nous leur dance macabre, leur dance de
mort. Conscients de l'impunité de leurs actes criminels, ils ont
l'audace de vouloir faire avaler au peuple centrafricain tout entier la
pilule de l'amnésie collective.
Je vous interpelle chère compatriote Brigitte ALIMA car j'ai lu
attentivement votre tribune et j'ai fait un constat. De deux choses
l'une, soit vous avez une mémoire sélective, soit vous n'êtes pas de ces
centrafricains qui ont été victimes du pouvoir de 1981 à 1993. En vous
lisant j'ai eu l'impression que vous parlez de GANDHI, MANDELA ou encore
Martin Luther KING, mais non vous parlez bien du feu Général André
KOLINGBA .
Il ne s'agit pas pour moi d'être le porte-parole des victimes de tel ou
tel régime mais simplement un humble témoin de mon époque. Pour le
reste, les historiens, les vrais comme vous le dites si bien pourraient
discuter entre eux.
S'il vous plait chère compatriote j'aurais aimé que vous ayez une pensée
pour ces éternels oubliés, ces victimes qui sont dans la population
avant de mettre en ligne votre réflexion. Pensez à ces enfants qui se
sont retrouvés orphelins, ou à ces femmes devenues veuves à cause des
caprices du prince. Pensez à ces familles qui ont perdu des leurs ou des
biens simplement parce qu'elles appartiennent à telle ou telle ethnie.
Aujourd'hui vous êtes en train de canoniser le général KOLINGBA, demain
quelqu'un le fera pour le président PATASSE, après sera le tour du
général BOZIZE. Mais à quand le tour du peuple centrafricain éternelle
victime?
Un jour viendra ou le peuple centrafricain écrira son histoire, ça ne
sera pas l'histoire qu'on enseigne à partie prise dans tel ou tel parti
politique ou dans telle ou telle ethnie ou famille, mais ça sera
l'histoire des victimes de tous ces régimes, une histoire faite de
dignité et de fierté mais surtout d'espoir. Car nous savons que l'on
peut tromper tout le peuple un certain temps ou tromper une partie du
peuple tout le temps mais jamais on peut tromper tout le peuple tout le
temps.
Pour ma part, le général KOLINGBA n'est pas le pacifiste que vous avez
décrit. Il peut avoir fait tout le bien possible mais sachez chère
compatriote qu'un bien demeure un bien que lorsqu'il ne génère pas ou ne
précède pas un mal qui est plus grand lui. Je garderai en mémoire la
revendication du coup d'état manqué du 28 mai 2001. Rarement une
tentative de coup d'état n'aura été aussi peu défendable que celui qui
avait ensanglanté Bangui dans la nuit du 28 mai 2001. Les putschistes
car il faut bien les appeler ainsi et celui qui a cru bon de prendre
leur commandement n'avaient aucun soutien, ni dans la population ni dans
l'opposition encore moins dans l'armée. Ils ont fait planer des menaces
de représailles collectives sur les ressortissants de leur région.
Quelle excuse pouvait on leur trouver si ce n'est une forme de maladie
africaine cocktail de haine et de soif inextinguible du pouvoir. Mais
quelle mouche à piqué le général PACIFISTE à prendre le commandement
d'un putsch qui était visiblement voué à l'échec? Lui que rien
n'inquiétait tant sur sa sécurité personnelle que sur ses biens.
La colère du pouvoir de l'époque a vite cédé la place à la vengeance. La
suite se passe de commentaires car on sait tous ce qui s'est passé.
Rien que pour ces victimes ma chère compatriote, je ne pourrais partager
votre réflexion.
Dans la mémoire collective centrafricaine le général KOLINGBA restera
malheureusement l'homme du colonel MANSION et du 28 mai 2001. Les fêtes
de moissons et autre CMRN ne sont que des souvenirs ténus. Merci.
Que Dieu bénisse le peuple centrafricain.
Brigitte
Alima
(05/10/2010) : Je vous remercie pour votre contribution à cette
tribune. Je m’excuse si j’ai mis long à vous répondre.
Votre analyse témoigne de l’intérêt que nous avons les uns et les autres
de faire avancer la notion de démocratie de notre pays. Le dépassement
de soi face aux différents arguments, la recherche de compromis, le
recherche de la vérité, l’acception de ce qui est juste chez l’autre,
sont des chemins que nous devons emprunter pour avoir un débat sain et
constructif.
La clarté de votre analyse me touche. Votre analyse « juste » et
sensible retient toute mon intention.
Je suis tout fait d’accord avec vous pour dire « un jour viendra où le
peuple écrira l’histoire, ça ne sera pas l’histoire qu’on enseigne à
partie prise dans tel ou tel parti, dans telle ou telle ethnie ou
famille, mais ça sera l’histoire politique de tous ces régimes, une
histoire faite de dignité et de fierté mais surtout de l’espoir ».
Evidemment, qui pourra le nier ? Le peuple centrafricain a souffert dans
sa chaire des crimes commises sous les différents régimes. Les victimes
sont nombreuses. Dans ma tribune j’ai effectivement parlé des victimes :
« Beaucoup de nos compatriotes ont connu des atrocités durant les
différentes périodes de troubles qu’a connues notre pays. Des vies
entières ont été brisées. Et cela peut pousser à la révolte, à ,la
haine…. Nous savons que pour certains, seul le temps pourrait permettre
de calmer leurs douleurs, « d’effacer » ce sentiment de haine » voilà ce
que j’avais écrit dans ma tribune. Nul ne peut ignorer la douleur et la
souffrance des victimes. Ne pas les évoquer, c’est faire preuve d’une
amnésie sélective, ce que je réfute.
Pour quelles raisons le général a-t-il cru bon de prendre le
commandement d’un putsch qui était voué à l’échec ? Pourquoi cette
revendication si tardive? En tant que général, avait-il mesuré les
conséquences d’un tel acte ? Etait-il membre de l’organisation de ce
putsch ? Qui étaient les autres membres ? Quelle mouche l’avait piqué
pour revendiquer ce coup d’Etat ?
Nous avons le droit de nous poser ces questions. ET personnellement, je
n’ai pas de réponses à toutes ces questions. Il s’agit encore une fois
de demander à ceux qui ont participer à l’organisation de ce putsch, ou
qui ont vécu de l’intérieur la préparation de ce coup d’Etat, de
témoigner et d’apporter leurs contributions afin de faire émerger la
vérité et ceci pour un retour de paix de notre pays.
Lors du décès du général, des compatriotes ont voulu profiter de ce
moment de deuil, pour salir le défunt et sa famille. C’était à cette
occasion, que j’avais voulu apporter ma réflexion pour dire dans un
premier, que les morts ont droit au respect, et aussi de dire que cet
homme a servi notre pays et a contribué, même si tout n’a pas été
parfait, au développement de notre pays.
Par ailleurs, j’avais voulu interroger les uns et les autres sur les
évènements qui ont suivi cette revendication. J’avais écrit ceci : «
Plusieurs témoignage ont démontré que le général Kolingba n’était pas
impliqué directement dans l’organisation de ce coup d’Etat. Certes il a
fini par le revendiquer. Mais est-ce vraiment une raison pour lancer un
« Jihad » contre une frange de la population centrafricaine ? « La
République Centrafricaine a essuyé de nombreuses tentatives de prises de
pouvoir par la force depuis son accession à l'indépendance en 1960. A.F
PATASSE lui-même en a commandité une en 1982. Aucun des présidents en
exercice y compris Jean-Bedel BOKASSA, ne s'était pris à ce point aux
paisibles citoyens et à l'ethnie des putschistes. » écrivait Monsieur
Jean-Bosco Peleket en août 2001. »
Kolingba a revendiqué ce putsch, il aurait fallu lancer un mandat
d’arrêt international contre lui. Je ne comprends pas le pourquoi de
cette vengeance à l’encontre de toute une frange de la population
centrafricaine. Y a-t-il une explication logique à cette barbarie ?
Notre constitution stipule ceci : « L'usurpation de la souveraineté par
coup d'Etat ou par tout autre moyen constitue un crime imprescriptible
contre le Peuple centrafricain. Toute personne ou tout Etat tiers qui
accomplit de tels actes aura déclaré la guerre au Peuple centrafricain.
»
Kolingba avait voulu, à travers cette revendication, usurper la
souveraineté de l’Etat centrafricain, c’était donc un crime contre le
peuple centrafricain, il devrait être seul responsable de ses actes. Le
peuple centrafricain est constitué de plusieurs ethnies, et c’est à ce
peuple souverain que Kolingba devrait rendre compte. Or, « la colère du
pouvoir de l’époque a vite cédé la place à la vengeance », c’est ainsi
que nous avons assisté ce « Jihad » qui a fait de nombreuses victimes.
Le fils peut-il être tenu coupable du délit commis par son père ? Une
ethnie peut-elle être tenue responsable d’un acte commis par un tiers
tout simplement du fait que celui-ci est appartient à cette ethnie.
Personnellement je ne le pense pas. Ni les enfants de Kolingba, ni sa
femme, ni les membres de sa famille et plus grave ni l’ethnie à laquelle
il appartient, doivent être tenus responsables d’un délit dont le seul
responsable est André Kolingba. Et cette règle est valable pour
l’ensemble des centrafricains. Donc l’acte posé par le général devrait
être traité par la justice centrafricaine et être sanctionné comme tel.
Kolingba n’avait pas revendiqué ce coup d’Etat au nom d’une ethnie ou de
nom de sa famille. C’était à son nom propre.
Alors est-il vraiment responsable des représailles collectives sur les
ressortissants de sa région ? Face aux victimes il va falloir éclaircir
ce point. Je pense qu’ils ont vraiment besoin de savoir pourquoi ils ont
été victimes de ce « Jihad ».
Nous avons le devoir de ne pas oublier les victimes. Nous avons le
devoir de parler de ces choses pour éviter au peuple centrafricain tout
entier et surtout à nos enfants de d’avaler la pilule de l’amnésie
collective.
Merci
Brigitte ALIMA
Fernand Paul
Sadam
(12/10/2010) : Bonjour Madame,
J'ai lu avec attention votre analyse sur certaines situations qui
freinent le processus de développement de notre cher et beau pays. Je ne
peux que vous encourager, vous avez bien fait de soumettre sous l'arbre
à palabres notre part de responsabilité à nous centrafricains(es) dans
ce que nous vivons présentement. Pour ce qui est de vos points de vue
subjectifs sur le règne du président Kolingba, vous n'avez pas à vous
excuser... Certes, vous étiez très jeune, mais le fait de vous poser des
questions et de demander aux témoins de ces évènements; sociologues,
historiens et autres "intellectuels" d'éclairer la lanterne de la
jeunesse centrafricaine est déjà très louable. Vous le dites bien "C'est
justement pour éviter à notre pays de vivre les moments noirs comme on a
connu dans le passé".
Vous attirez également notre attention à nous tous sur la responsabilité
de chacun par rapport aux actes qu'il pose dans sa vie publique ou
privée. Il est inconcevable de s'en prendre à la famille de quelqu'un,
au groupe ethnique et apparentés voire encore aux ressortissants de sa
région parce qu'il a violé la loi. En agissant de la sorte, on ne peut
qu'attiser les frustrations et la haine des uns contre les autres. Le
passé fait partie des mille feuilles de notre histoire, il faudrait le
garder sous nos yeux afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Par
contre, nous avons une communauté de destin et notre mission, c'est de
faire en sorte que nous puissions mettre notre intelligence au service
de notre pays. Nous devons tous œuvrer pour la paix et la construction
d'un Centrafrique où il fait bon y vivre.
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