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REACTIONS A CETTE TRIBUNE
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Radioscopie de l’année 2009
et esquisses des enjeux politiques du 21ème siècle :
prisme d’un centrafricain à l’étranger, Cayenne le 26 décembre
par
Jean-Pierre
Redjekra
Article dédié à Maître GOUNGAYE NGANATOUA
Wanfiyo
Je m’adresse à vous en tant que citoyen de
Centrafrique. C’est parce que j’aime ce pays viscéralement. Lorsqu’on en
est éloigné par les circonstances de la vie professionnelle, comme dans
mon cas, « la plume » et « l’encrier » peuvent être avec les nouvelles
technologies, le moyen de se relier « charnellement » en cette période
de l’année à la mère patrie.
Il ne faut jamais oublier en effet que nous détenons tous une
parcelle de pouvoir (le bulletin de vote). C’est ce lien politique
qui a besoin d’être éclairé au préalable par les réflexions des « élites
» et des « acteurs », et même des opinions argumentées de citoyen
ordinaire. Cette responsabilité permanente et historique motive ces
quelques lignes en cette fin d’année.
L’année 2009 reste marquée par une amorce de mutations mondiales, de «
changements » en Afrique, et d’évolutions des droits des peuples dont le
peuple centrafricain :
L’élection de Barack OBAMA, le repositionnement de notre continent dans
la nouvelle architecture géostratégique mondiale G8-G20, les
prolongements de la crise de la « bulle » financière mondiale et le
scandale Madoff dont les répercussions sont parvenues chez nous, la
crise née des ambitions « nucléaires » iraniennes et le dilemme du
proche orient, la disparition du président BONGO, l’offensive
diplomatique et l’accroissement de la présence et des investissements de
la Chine et de l’Inde sur notre continent, les balbutiements d’une
résurgence de la civilisation noire dans le monde, bref, un monde qui
doit changer pour préserver les grands équilibres mondiaux, les
atermoiements de la justice pénale internationale…
Tous ces éléments montrent que le monde a changé et qu’il y aura
davantage de changements plus rapides et plus accélérés dans les
décennies qui viennent.
Au milieu de tout cela, je ne peux que nous interroger sur le devenir de
notre pays, la République Centrafricaine dans une sous région Afrique
centrale, en panne de leadership incontestée (après le décès du mollah
Omar). Puisque je n’appartiens à aucune chapelle partisane, je refuse
comme le postule Monsieur Michel GBEZERA BRIA (ancien premier ministre),
que nous nous contentions nous, centrafricaines et centrafricains, d’un
Etat centrafricain zéro, ou zéro moins dirais-je !
Je postule également que l’évolution et la transformation de la
République Centrafricaine, sera fonction essentiellement de la
gouvernance politique, de la dynamique économique et de l’adhésion
active de tous les compatriotes au projet politique commun. C’est un
enjeu du plein exercice de notre souveraineté, sur nos ressources
exploitées et exploitables.
La première des richesses d’un pays étant celle des hommes et des
femmes, je suis confiant sur la capacité des compatriotes à relever le
défi. Vivant à l’étranger depuis 15 ans, j’ai retrouvé quantitativement
et qualitativement, des compatriotes de valeurs en Europe, en Amérique
latine et sur tous les côtés de notre continent.
Personne n’a pris le temps et la mesure de centaines de centrafricaines
et de centrafricains qui sur la planète, contribuent à son édification,
sans que le moindre retour sur investissement au pays ne soit évalué. Un
de mes interlocuteurs à Bangui récemment essayait de comprendre pourquoi
la diaspora, dans ses compartiments divers, compte de travailleurs, de
fonctionnaires bi-nationaux français et centrafricains, de
fonctionnaires ou contractuels internationaux (système des nations unies
notamment) … sans que cela ne constitue un atout concret immédiatement
pour le pays ! Je convenais avec lui que presque tous consentent à faire
quelque chose pour le pays, mais qu’au final les connexions ne
s’établissent jamais, et pour cause !
Je rappelais pourtant à mon compatriote et aîné, que l’histoire de
l’humanité nous renseigne sur ce que les uns et les autres ont trouvé
ailleurs et rapporté dans leur pays : le manioc brésilien qui est devenu
notre plat national, les historiens pourraient confirmer que le poulet
n’est pas européen encore au 14ème ou 15ème siècle, et maintenant c’est
un plat quasi international…
Le monde que nous recevons en héritage aujourd’hui et que nous devons
léguer à nos petits enfants aura une dynamique féconde, que par ses
enrichissements mutuels des cultures du monde que « normalement » la
diaspora porte et transporte…
Je crois enfin que les générations montantes, doivent s’impliquer dans
une lecture et une connaissance approfondie, sans cesse renouvelée des
nouveaux combats de notre temps :
- L’enjeu de l’écologie politique à l’échelle mondiale,
continentale, sous régionale, nationale et locale…
- L’enjeu de la recomposition des grands équilibres
entrent les puissances économiques et militaires traditionnelles (USA,
Russie, Union Européenne) et les pays émergents tels que la Chine, le
Brésil, l’Inde, le Nigéria et l’Afrique du sud
- L’enjeu de la réduction de la fracture numérique qui
en ce qui nous concerne, est un défi pour l’accès à de nouveaux espaces
de liberté, à l’économie de la connaissance, à la rencontre d’autres
cultures et civilisations du monde pour enrichir la notre…
- Je crois compatriotes, qu’il nous faut « enterrer »
au plus vite les velléités du recours à la force armée pour conquérir ou
se maintenir au pouvoir. Il y aura un qui sera toujours le plus fort
mais toujours un autre le dépassera à un moment ou à un autre. Il faut
que le jeu démocratique s’exprime sans entraves, en toute transparence
et surtout en toute responsabilité…
- Au début des années 90 a éclos dans notre pays une
véritable sphère indépendante, celle de la société civile : syndicats,
la ligue des droits de l’homme, les ONG et associations diverses, les
confessions religieuses organisées…Elles ont participé aux côtés des
forces politiques d’estudiantines à l’enracinement de quelques libertés
: liberté de la presse, liberté de se constituer en parti ou en syndicat
; il faut une seconde étape à ce projet de construction d’une
démocratie constitutionnelle.
Il y a aujourd’hui des enjeux majeurs pour le relèvement durable de
notre pays et pour le faire avancer dans le concert des nations. Pour
cela, il faudrait promouvoir :
1) L’indépendance de la justice et l’autonomie
fonctionnelle des juridictions, gages de la démocratie et des libertés,
sans que l’on ne se dirige vers un « gouvernement des juges »
2) La sécurité juridique des droits et la fin de
l’impunité pour les crimes notamment sous couvert de l’autorité légitime
de l’Etat
3) Le respect et la réalisation des droits à caractère
économique et sociaux (la création d’entreprises, d’auto entreprise, la
garantie des droits de ceux qui travaillent ou qui ont cessé de
travailler)
4) La liberté d’aller et de venir (sur toute l’étendue
du territoire s’établir avec toutes les facilités possibles pour
produire pour vendre, construire pour vendre ou louer, créer une
activité génératrice de revenus), l’intégrité physique et morale des
personnes…
Je voudrais redire le rôle central du pouvoir étatique, de la
puissance publique. Cette machine qui doit favoriser la prospérité
au lieu de l’empêcher. C’est à nous tous de veiller à ce qu’il ne se
transforme pas en « fabrique » à grande échelle des injustices et des
inégalités. Ou encore qu’il ne soit pas une source d’enrichissement
illicite d’une ethnie, d’une famille ou d’un homme…
Je constate encore une fois que dans les pays développés ( ceux du G20,
du G8), la crise financière qui a démarrée en septembre 2008 aux USA a
révélé une chose : seul l’Etat a été le garant ultime de la pérennité du
système financier. Ce même Etat incapable d’être le porteur d’une
cohésion sociale, permettant à tous et à chacun, de vivre dignement dans
un pays « civilisé »
J’ai observé avec circonspection comme vous, l’abandon des logiques
doctrinales du FMI et de la banque mondiale à ce moment là : moins
d’Etat, libéralisation tous azimuts, interdiction de subventionner
notamment aux agriculteurs, la réduction des investissements dans les
services publics non rentables à court terme (Ecole, santé), mais aussi
dans les infrastructures de base, plafonnement des déficits des comptes
publics, endettement…toute chose que les gouvernements occidentaux se
sont empressés de faire, il faut sauver le capital…
Il nous appartient de retrousser les manches compatriotes, pour nous
engager chacun dans son domaine de compétences et avec ses talents
propres, à l’œuvre de reconstruction d’une nation centrafricaine dont
l’âme a besoin d’une seconde « renaissance » comme je tentais de le
justifier précédemment. Je compte pour ma part, plus que jamais me
lancer dans un projet de réseau pour l’éducation et la formation des
jeunes centrafricaines et centrafricains, dans les années qui viennent.
Je souhaite que des compatriotes et de bonnes volontés se joignent à moi
pour en arrêter les modalités d’action.
Un bond économique, une liberté de la création culturelle, une certaine
fierté patriotique retrouvée, ne peuvent surgir de nulle part. Elles
doivent « fermenter » dans une « educaré » une « élévation » des jeunes
de enfants de Centrafrique. Ce sont les ingrédients de ce nouveau départ
dont je rêve pour la décennie 2010-2020. Elle sera centrafricaine dans
la sous région CEMAC, je le pense de toutes mes forces…
Je vous souhaite une bonne année 2010, à chacune et chacun qui aura lu
ces quelques lignes. Un compatriote vivant en plein cœur de l’Amazonie
française, la Guyane, qui adore son pays la République Centrafricaine,
vous adresse ses chaleureuses salutations. Balao !
jp-redjekra@hotmail.fr Guyane française
0694284393
Réactions à cette tribune
Fernand Paul
Sadam
(28/12/2009)
: Bonjour monsieur Jean Pierre Redjékra,
Je profite également par le truchement de ce forum, pour vous adresser à
vous et à votre famille mes vœux les meilleurs pour cette année 2010.
Que cette dernière vous comble de bonheur, de succès et surtout de
réussite dans toutes vos entreprises à venir.
Cher compatriote, nous sommes dans la même galère, nous ne devons pas
baisser les bras, il est de notre devoir de jouer notre rôle de force de
propositions. Même si pour le moment, certaines personnes pensent que
nous ne sommes que des doux rêveurs et que nous prêchions dans le
désert.
Nous ne le dirons jamais assez, un pays dans lequel la justice est
foulée au pied est un pays qui fait le lit à toutes les malversations
possibles et inimaginables.
Sous de faux prétextes la machine infernale peut être déployée pour
asservir de paisibles citoyens qui ne demandent qu'une bonne gestion de
la chose publique et de la cité.
La paix que nous recommandons de vive voix dans notre pays est pour le
bien de tous. Il est vrai, chacun a le droit d'avoir des ambitions, mais
ces dernières ne doivent pas aller à l'encontre des intérêts de la
population. Mesdames et messieurs donnez vous un peu de la peine pour
mettre en place des institutions fortes, efficientes et surtout
indépendantes. Faites en sorte à ce que les opportunités soient diverses
et variées dans tous les secteurs de la vie politique, économique et
sociale. Parce que, en matière de ressources humaines nous avons du
potentiel qui ne demande qu'à faire ses preuves...Ne nous limitons pas
seulement à ses échanges stériles et inutiles du genre: vous qui êtes à
l'étranger que faites vous là-bas? La lutte est ici au pays. De quelle
lutte parlez-vous? Si c'est la lutte pour le pouvoir, non merci. Par
contre , si c'est la lutte pour la vie dans le but de chercher à
améliorer dans la légalité son mieux être d'accord. La politique dans sa
noble acceptation peut aussi se faire "AUTREMENT"...
Nous pouvons tous ensemble, ceux de loin ou de près, ceux d'ici ou
d'ailleurs, ceux de l'intérieur ou de l'extérieur relever le défi du
développement de notre pays, en unissant nos efforts et en mettant
également toute notre intelligence au service de la nation
centrafricaine, si vraiment nous sommes des patriotes. Borlami na a ita
kwé!!!
Alexis
Waterlo
(01/01/2010)
: Bonjour J P
Tout en te souhaitant une bonne et heureuse année 2010; je salue ton
point de vue. Le développement de notre pays est un défi de tous les
centrafricains.
Que cette année 2010 soit une année de paix.
A bientôt.
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