L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

REACTIONS A CETTE TRIBUNE         ENVOYER UNE REACTION   


L'Oubangui, le Lac Tchad et Nous

Par
Clément Boute Mbamba

 

Réactions à cette tribune

Ulrich Augustin Wayawo (23/12/2009) : Salut Très Cher compatriote, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre énoncé sur la situation actuelle du lac Tchad mais surtout je partage à 100% votre prise de position sur la question de transporter les eaux depuis nos "SEINS" pour alimenter qui que ce soit surtout que ce problème est général, nous avons tout de même des "LAC TCHAD" chez nous qui tarissent comme mentionné haut dans cet exposé; vers qui allons nous lancer notre SOS ?. Participer ou contribuer dans un tel projet apparait comme une insulte; insulte envers notre connaissance, insulte envers l'intelligentsia Centrafricaine.
Nous avons vu les dirigeants des grands pays POLLUEURS, tenir un langage de non-recevoir récemment lors du sommet de Copenhague; LA Centrafrique n'est pas une VACHE A LAIT ni pour le Tchad encore moins pour ces pays qui pendant tout ce temps se sont acharnés sur cette richesse au point de le mettre à moitié nu de nos jours.
Vous avez souligné ici la question d'une consultation au niveau régional et voire même un referendum; mais je dis haut sur cette tribune qu'il est hors de question; nos décideurs d'aujourd'hui doivent savoir que jamais nous, ainsi que nos générations futures ne leur pardonnerons; admettre ce projet est à mes yeux, une haute trahison et une atteinte à la souveraineté nationale; l'Oubangui fait partie de nos patrimoines et ne doit en aucun cas servir a enrichir nos voisins qui l'ont exploité et dilapidé par la suite.
LA QUESTION DE TRANSFERT DES EAUX DE L'OUBANGUI RESTE ET DEMEURE NOS DROITS LES PLUS FONDAMENTAUX; NOUS LE DEFENDRONS AU PRIX DE NOS VIES.

Allah Tonon (23/12/2009) : Mon cher compatriote, merci de cette analyse documentée, je crois comme toi, que la question de transfert des eaux de l'Oubangui vers le Lac Tchad mérite qu'on y accord plus d'attention, car malheureusement, notre gouvernement n'a pas les compétences pour évaluer l'impact d'un tel projet et comme notre Président fait allégeance au Président du Tchad, il y a des risques que nous sommes contraint de nous soumettre.
Sachez que le terme Oubanguien est valable aussi pour le Tchad, car historiquement le sud du Tchad était appelé Oubangui, mais là n'est pas le plus important, le vrai problème, c'est la responsabilité de nos dirigeants et à ce propos, il ya déjà un précédent, sachez que la construction du barrage à Mobaye a été aussi fait sans avoir les contreparties, aujourd'hui la RCA ne profite de rien, alors que cet obstacle physique qu'est un barrage fait baisser le débit d'eau et le rends pauvre, que gagne la RCA avec le barrage de Mobaye?
Aussi, pour le projet du Lac Tchad, je crois qu'il faut faire des études approfondies et avoir des garanties et surtout en profiter pour relancer certains projets régionaux, en contrepartie, nous avons la possibilité d'exploiter le long des frontières avec le Tchad des gisements pétroliers, cela doit être opérationnel, car ce sont des grands travaux qui devraient avoir des effets bénéfiques pour le développement de nos deux peuples, mais il faut que la RCA exige des contreparties, sachez que la matière première, la plus convoitée aux XXIème siècle est l'EAU.

Isidore Adoum (23/12/2009) : Cet article de notre compatriote doit nous interpeller tous, soyons conscients de ce qui se trame autour de nous. Souvenez vous de la mer d'Aral, comment elle a disparu à cause de l'inconscience des politiques. Le détournement de l'Oubangui ne pourrait que fatalement provoquer un déséquilibre écologique. Tout a été dit pour que je me remette à redire encore une fois de plus ce qui est dit. Soyons vigilants. L'avenir de notre environnement ne dépend que de nous. Qui détient l'eau en ce 21ème siècle tient les autres. Et bientôt l'eau sera la cause des guerres, d'ailleurs observez bien de par le monde. Le Moyen Orient pour ne citer que cette partie du monde. La guerre d'Irak même si la cause principale annoncée est la dictature ou le pétrole, elle ne demeure pas moins à cause du Tigre et l'Euphrate. Le plateau du Golan source du Jourdain est aussi la cause de ce qui se passe dans la région. Le Nil est une source de conflit entre l'Egypte et les autres pays d'où proviennent les eaux de ce fleuve; l'Ethiopie, les régions du grand lac Ouganda, Rwanda, Burundi, là où il y a la source du grand Nil, etc..
C'est une sonnette d'alarme que notre compatriote a tiré. Soyons vigilants.

Thierry Vianney Dappa (23/12/2009) : merci pour tout ce que vous faites pour nous. Soyez bénis.

Henri Paul Akibata Kette (24/12/2009) : Je remercie Clément de ce travail soigné, documenté et surtout important quant à l'avenir tant immédiat que sur le long terme de notre pays.
L'EAU C'EST LA VIE. Cette assertion revêt une importance particulière surtout au début de ce millénaire. Oui, il y aura la bataille de l'eau (Dixit Isidore Adoum). Et TOUS les faibles en pâtiront, comme la Palestine.
Particulièrement dans le cas de la RCA qui a cette richesse parmi les rares pays au monde (Cf. ATLAS Géopolitique & Culturel Editions LE ROBERT en partenariat avec l'EXPRESS) avec plus de 30000m3/hab. d'eau douce, cette richesse ne peut qu'attiser des convoitises. Cette histoire de drainage en est la parfaite illustration. Déjà lors du mini-sommet réunissant les chefs d'Etat de l'Afrique Centrale avec Nicolas SARKOZY avant Copenhague, le Président Tchadien a déclaré qu'il est inadmissible de laisser mourir la Lac Tchad. Une suite lui a été donnée par le Président Français en projetant réunir très bientôt tous les pays riverains de ce Lac afin de trouver une solution.
A mon avis, cette solution promise par les autorités françaises sera celle retenue par les membres de la CBLT. Et ceci pour deux raisons.
La première étant la fixation faite par les autorités Tchadiennes sur cette solution. Cette attitude aussi insensée soit-elle est renforcée par les agissements maladroits et irresponsables des autorités Centrafricaines.
La seconde est que l'on choisisse TOUJOURS le plus faible pour pâtir des turpitudes des autres. Dans le cas en l'espèce, le faible des pays ayant un lien direct ou indirect avec le Lac Tchad, c'est la RCA. Elle s'explique surtout par la relation de quasi féodalité entre le Tchad et la Centrafrique où la seconde doit allégeance au premier.
Cependant ces deux raisons évoquées ci-dessus peuvent s'estomper pour disparaitre amenant les autorités Tchadiennes et la communauté internationale à envisager la piste mise évidence ici par l'auteur de cet article. Il ne reste qu'à nous Centrafricains à donner un autre contour à notre intelligence en hypothéquant point l'avenir de notre pays.
Pour cela, envisageons des solutions nouvelles pour faire d'abord pression sur nos dirigeants même, en les amenant à prendre en considération le désir profond du peuple de se plier aux injonctions maladroites et inconscientes d'un groupe d'hommes (les membres de la CBLT) avec des intérêts égoïstes. L'une des solutions est celle préconisée par Clément à savoir alerter les différents chefs d'Etat ayant en partage l'Oubangui.
Mais ne sous-traitons point nos problèmes. Pour cela, je suggère la signature d'une PETITION ouverte à TOUS les compatriotes qui refusent cette arnaque. Cette pétition signée sera transmise aux autorités Centrafricaines avec ampliation à TOUS les organismes écologiques. Cette action nous placera au cœur d'une lutte qui dépasse le cadre politique quelconque car cela n'est point une lutte contre le régime en place mais seulement garantir notre intégrité territoriale et notre avenir et celui de nos enfants.
Que TOUS Centrafricains conscients tant soit peu de l'avenir de ce pays se lèvent. C'est maintenant ou jamais. Ne laissons point un héritage hypothéqué à nos enfants. Ne nous embrigadons point dans des luttes stériles ou encore que ce n'est que le régime qui doit réagir... La RCA n'est point un régime... C'est hier, c'est aujourd'hui. Et si nous voulons qu'elle soit demain, c'est aujourd'hui que nous devons lui donner cette chance.

SINGUILA MINGUI

Vianey Koyabe (24/12/2009) : La lecture de cet exposé, m'a rappelé mes cours d'histoire et de géographie sur la République Centrafricaine, en classe de CM1/ CM2. Maîtriser l'aspect historique de notre pays, comme le prouve le document du compatriote force l'admiration.

Une fois que cela a été dit, il importe d'aborder le débat (car c'est bien ce qu'a voulu lancer notre compatriote en publiant cet article) par le fonds.

Toute émotion mise à part, ou sentiment « nationaliste » mise à part, j'admets en toute sincérité que c'est un document historique de qualité ; une brillante démonstration, un exposé soutenu comportant des questionnements rationnels et légitimes.

Toutefois, il y'a quand même quelque chose qui me gêne dans cette exposé. C'est «l'esprit de polémique» que j'y dénote ; et cela au risque déplaire à la majorité des intervenants, ou encore de me tromper.

Provoquer un débat national à cet effet ? Oui, cela me semble justifié, même si la majorité de ceux qui interviendront, pourront manquer de l'essentiel dans l'approche spécifique du sujet.

Penser et clamer aussi fort comme je viens de lire dans les réactions postées avant la mienne, que « nous avons des responsables politiques incompétents, incapables » de mesurer l'impact de tels travaux sur l'écosystème et la population, c'est tout de même « fort de café ».

Simplement, nous ne pouvons et ne devons pas aborder un tel sujet avec autant de passion et de certitude.

Il faut reconnaître, et cela ne sera pas la première fois que je le dénonce, que nos gouvernants ont un problème de communication. Quelque soit le régime, les gouvernements ne communiquent pas avec le peuple. Et cela créer des confusions, et engendre des amalgames comme on peux le constater en lisant les réactions précédentes.

Comme le dit notre devise national du « Zo koué zo », « Un homme en vaux un autre ». Nous sommes tous des Centrafricains.

Pour aborder ce genre de sujet, il faut raison garder, aborder tous les aspects de la question.

Tout d'abord, la cause de l'assèchement de la majorité de nos affluents répertoriés à ce jour, ne saurait être expliquée seulement par le risque d'un projet de ce genre.

Deuxièmement, il est quand même temps que le Centrafrique cesse d'être « nombriliste », et croire qu'il est l'Etat le plus riche potentiellement de la sous-région, et que la convoitise de « ses richesses » est l'élément central de toute initiative sous régionale. C'est faux bien évidement, même si les Centrafricains ont horreur qu'on leur rappelle cela. Etant moi-même Centrafricain, j'ai la légitimité pour le rappeler.
La vérité est que nous sommes l'Etat le plus pauvre du point de vue économique, faible sur le point sécuritaire car notre stabilité dépend de notre relation avec nos voisins. En plus de cela, nous avons un pays enclavé, sans ouverture aucune vers la mer, sans chemin de fer, ni autoroute fiable pour ouvrir le pays vers le développement.

Une fois que ces points sont évoqués et cités, est-ce que cela suffirait pour soi-disant « hypothéquer » l'avenir de toute une nation par un projet de telle envergure ? Bien évidement non, car en réalité, telle n'est pas la question.

Il faut aborder le problème d'une manière globale, au risque de ne pouvoir s'en sortir. Ce dont il est question, c'est le réchauffement planétaire et ses conséquences.
Et c'est cela la cause principale de la disparition de nos hippopotames, et de nos rivières, et de la mise en danger de notre écosystème. Rien d'autre !

Avons-nous les moyens de faire face à la question du réchauffement planétaire et ses conséquences et nous en sortir seuls? bien évidement non. Et le risque des interprétations erronées, c'est « d'émousser » les sentiments nationalistes et contre productifs.

Encore une fois, ce dont il s'agit, et qui est constamment reproché aux Chefs d'Etat de l'Afrique Centrale, c'est la question de « l'intégration sous régionale ». C'est-à-dire, comme le font nos « frères » d'Afrique de l'Ouest, se mettre ensemble pour trouver des solutions globales aux problèmes sous régionaux.

Cette intégration sous régionale passe par la « mutualisation » des productions et capacités des Etats membres, pour le bien être globale de la sous région. C'était ce que prônait déjà B. BOGANDA.

Chers compatriotes, encore une fois, toute émotion mise à part, j'en conviens qu'il est impératif de s'interroger sur les répercussions d'un tel projet, ainsi que sur les mesures à mettre en place pour garantir une qualité de vie à la population ; et déterminer les intérêts possibles que pourra retirer notre pays de ce projet.

Il est nécessaire d'intégrer le fait que :

Pour pouvoir engager des projets comme celui concernant le « Lac Tchad », il doit forcement exister des études. Dans le cas contraire, dans le cahier de charges, il est forcement envisagé dans le coût global du projet, une étude dans ce sens.

Ce coût global du projet dont le financement ne pourra forcement être obtenu qu'au niveau des organismes financeurs de développement tels la BAD ou la BDEAC, ou je ne sais quoi encore.

Je me porte en faux, par rapport à la capacité d'un pays comme le TCHAD d'avoir les moyens de financer un projet de telle envergure ; même si c'est un nouveau pays pétrolier. Encore moins la République Centrafricaine.
Rien ne pourra se faire sans les partenaires au développement.

Et lorsque je dis « DEVELOPEMENT », j'entends par là qu'aucun partenaire n'utilisera ses fonds pour appauvrir une nation déjà aussi pauvre comme la nôtre. Les projets de financement doivent produire de la richesse, et obtenir un retour sur investissement. L'utilisation de ces fonds n'est jamais à titre gratuit.

Maintenant que c'est dit, il est nécessaire de savoir que lorsque les gens meurent de faim ou de soif à nos portes, nous ne seront jamais épargnés. Nous ne vivons pas dans une « bouteille ». Et nous n'avons pas les moyens de nous la jouer « perso ».

Ensuite, la déviation d'une partie de nos affluents (et non l'assèchement du fleuve OUBANGUI comme certains semblent le penser) pour à la fois créer des opportunités de développements sous régional n'a aucun impacte sur la nappe phréatique de la République Centrafricaine ; ni un effet désastreux supérieur à ce que le réchauffement climatique crée déjà en ce moment.

La République Centrafricaine ne manquera jamais d'eau, par ce que ce projet serait mis en place.

Le niveau de nos fleuves et de leurs affluents a toujours été dépendant de la pluviométrie ; et rien d'autre.

Et si aujourd'hui, nous Centrafricains, sommes capables d'applaudir à dix doigts lorsque les Etats-Unis promettent à partir de 2012 de nous aider par solidarité, à hauteur de 100 milliards de dollars par an jusqu'en 2020 (afin de lutter contre les effets du réchauffement climatique), nous devons aussi apprendre à faire « la passe » aux « autres ». Car si le projet « Lac Tchad » doit avoir lieu, c'est simplement de la solidarité sous régionale qu'il s'agira dans un premier temps ; puis de projet de développement sous régional dont il s'agira.

Pour finir, sachez chers compatriotes, que pour lutter contre le réchauffement climatique, c'est d'une manière globale qu'il faudra le faire. Qu'on ne vous trompe pas, notre pays n'a pas les moyens de faire cavalier seul.

Brice Goddot Nzonguia (24/12/2009) : Bonjour,

Je salue tout d'abord l'auteur de cette analyse qui a permis d'aborder un débat sur ce projet. Cette analyse à la richesse de citer plusieurs points qui méritent une bonne réflexion sur le plan politique pour l'utilisation future de ce canal, mais elle concentre également des orientations qui laissent à penser une catastrophe générale au niveau du bassin de l'Oubangui.

En effet, les démonstrations et les exemples pris sont pour expliquer des catastrophes et les réactions qui suivent en est le reflet.

Ainsi, pour apporter l'autre version de ce projet présenté par les ETUDES DE FAISABILITE je me permets de vous mettre en ligne (le mardi prochain) les visions scientifiques (de GENIE CIVIL) dans les projections faites sur ce canal.

La seule précision à faire ce jour, est de souligner à tous les lecteurs et intervenants que les eaux à transférer au Lac Tchad ne sont pas celles de l'Oubangui contrairement aux idées qui se font sur ce sujet.
Ces eaux proviennent des barrages à réaliser en amont sur les grands fleuves du RDC (ex Zaïre) pour augmenter justement le niveau des eaux de l'Oubangui (qui n'est qu'un bassin de rétention) avant de les transférer dans le Lac Tchad.
Il n'y a donc pas péril dans le bassin de l'Oubangui car ses affluents (le Mbomou et le Uele) conserveront leurs débits actuels. Naturellement les questions seront d'ordre écologique, car une déviation des eaux ne laissent pas sans impact, l'environnement des riverains; d'ordre politique pour bien définir la part de République Centrafricaine à gagner dans ce projet.

Joyeux Noël à vous.

Singuila.

"Ub.Anguien" (24/12/2009) : Lecteur assidu sur SO ZOWA LÂ, j'interviens pour la première fois dans le débat par rapport à ce sujet. Ce travail qu'a abattu notre compatriote Clément Bouté-Mbamba et le courage dont il a fait preuve en livrant ses observations et sa prise de position tranchée, mérite toute mon admiration et mon encouragement. Et les commentaires qui précèdent sont à la hauteur de l'importance du thème abordé. Certes un travail de cette hauteur comporte des aspects qui ne manquent d'interpeler, mais l'essentiel a été dit. Pour ce, je fais miennes les observations faites par certains qui m'ont devancé.
Cependant, deux interventions ont particulièrement retenu mon attention et, loin de donner la mesure du contraire au compatriote Henri Paul Akibata Kette qui nous suggère sagement de ne pas nous embrigader dans des luttes stériles, je souhaiterais une explication de texte de la part de certains amis.
1.- A propos de la laborieuse et sage mise au point de Monsieur Vianey Koyabe: Cher compatriote, nous avons chacun sa manière de lire entre les lignes et de comprendre ce que l'on nous couche sur le papier. Vous avez relevé quelque part dans le travail de notre concitoyen Clément, un esprit de polémique, et vous vous posez la question dans la foulée sur le débat national sur la question, tout en restant évasif et dubitatif, puis affirmant que les intervenants pourraient manquer de l'essentiel dans l'approche spécifique.
Là, je ne vous suis plus et voudrais être édifié par vos soins. Apporteriez-vous ainsi caution à l'infantilisation des populations de notre pays, en arguant qu'elles ne pourraient ne pas être capables de se prononcer sur un problème qu'ils vivent au quotidien?
Peut-être ai-je mal interprété votre pensée? Moi, je suis fils de paysan, ayant vécu de la force des bras et de la pensée des paysans. Comptant parmi les cadres techniques de notre pays, je ne voudrais pas que les alphabètes se targuent le luxe de monopoliser le débat, en faisant passer leur incapacité à se faire comprendre de leurs concitoyens sur le compte de ceux-ci.
Je suis entièrement d'accord avec vous pour dire que nous ne devrions pas manquer de respect à nos responsables politiques comme nous le faisons, en les traitant d'incompétents. Je vous sais cependant très perspicace pour comprendre que nos amis ne s'en prenaient pas aux valeurs intrinsèques de ces responsables.
Vous conviendrez avec moi que chez nous on dit que le comportement fait de quelqu'un un sorcier au regard des autres, n'est-ce pas? Je crois que ce qui est reproché à nos responsables politiques et à nos technocrates, c'est leur manque de courage et de probité intellectuelle pour faire face à certaines situations de la vie du pays.
Le reconnaître et le dénoncer est-il un péché? Peut-être avez-vous travaillé dans l'administration centrafricaine où y êtes-vous encore, je ne sais, mais ayez le courage de reconnaître que, face à une situation donnée, tant que l'on ne sait pas se positionner pour faire prendre conscience au supérieur hiérarchique, on ne fait rien d'autre que de montrer son incompétence, même si on est bardé de tous les valeureux labels délivrés par les meilleures institutions de qualification.
En reconnaissant que nos responsables manquent de communication avec le peuple, dites-vous autre chose que ce que les autres ont dit avec d'autres mots?
La communication qui fait déjà défaut au niveau-même des administrations devient un parcours de combattant face au peuple. Car nous manquons de méthode d'approche, et notre complexe de supériorité achève de rendre inaccessibles nos messages. Pouvez-vous me dire comment vous qualifierez cela?
Quand vous abordez la question de l'assèchement de nos cours d'eau et du lac Tchad, là carrément je ne vous suis plus.
Le nombrilisme dont vous parlez est, à mon sens, plutôt à chercher au niveau des technocrates qui, nonobstant leur valeur et leur qualité, préfèrent se prostituer que de défendre l'intérêt de l'ensemble de leurs concitoyens. Notre état de pays le plus pauvre de la terre devrait-il faire de nous les marchepieds de la sous-région? De quelle sécurité parle-t-on? Oh, oui! Vous avez raison! Hier, nous étions respectés malgré notre misère. Mais même si ces responsables que vous défendez nous ont tacitement vendus, il nous reste quand même notre honneur que nous défendrons. L'argument sécuritaire n'est que fuite en avant face aux véritables problèmes qu'il convient d'affronter.
Je ne sais pas quand nous cesserons de toujours prendre notre enclavement pour argument suffisant justifiant notre retard de développement. Sommes-nous à travers le monde le seul pays manquant d'accès à la mer? Vous pensez cher ami, que c'est en demeurant sous la dépendance des autres que vous réussirez à doter ce pays de ces infrastructures qui lui font défaut?
En nous refusant le droit de nous interroger sur l'éventualité de la mise en péril de l'avenir de notre pays, par la réalisation d'un projet si important, si tous les paramètres ne sont pas maîtrisés, vous affirmez avec force que le réchauffement climatique seul est responsable de la disparition des hippopotames, de nos rivières, etc. Vous avez sans doute raison de le dire, mais n'ayant pas argumenté pour étayer vos assertions et montrer en quoi cela a consisté, vous ne faites rien de mieux que de donner dans la surenchère, en vous fondant sur cette terminologie fétiche à la mode: réchauffement planétaire. Le diagnostic que vous posez manque de rigueur. En vous attardant sur le réchauffement climatique qui n'est qu'un effet, la thérapeutique que vous nous proposerez risque fort de ne pas nous sortir de notre coma.
Vous êtes libre de penser que les autres font des interprétations erronées, à votre vue. Mais de grâce, ne dites pas que informer les gens sur les risques auxquels ils pourraient éventuellement être exposés, c'est émousser les sentiments nationalistes. Ne croyez pas que votre logique qui consiste à s'en remettre éternellement aux autres soit la meilleure. Le contreproductif, je crois, c'est contribuer à maintenir notre pays et son peuple dans une sorte d'apathie. Ce qui nous caractérise déjà si misérablement.
S'il est quelque chose que je déteste en nous centrafricains, c'est cette appropriation hasardeuse que nous faisons de la personne de Monsieur Barthélémy Boganda. Vous savez, moi je vois en ce regretté homme deux entités. Il suffit de ne pas les confondre et cela nous irait bien.
Il y a l'individu Boganda, qui est l'un de nos devanciers qui s'étaient engagés, au péril de leur vie, à éveiller l'attention de leurs concitoyens, en les sensibilisant sur les aspects de la vie qu'ils ignoraient. Et s'en était suivie la prise de conscience qui a permis de secouer le joug de la dépersonnalisation de l'oubanguien. Ce que font certains de nous aujourd'hui et que pour des raisons qui nous sont propres nous condamnons. Ce Boganda-là est un patrimoine national. Il appartient à tous les centrafricains de toutes conditions, de toutes origines et de toutes obédiences.
Il y a aussi le Boganda idéologue, ou incarnant une certaine forme de pensée politique. Ce Boganda-là, vous pouvez vous le garder. Puisque je vois que l'aliénation dont nous faisons montre vient de ce que nous n'arrivons pas à comprendre que si à un moment donné ce centrafricain a porté l'idéal dont vous parlez, les choses de notre temps ne sont plus les mêmes. Si nous sommes incapables de réaliser que nos errements sont dus au fait que notre héros national et ses compagnons n'ont pas opéré, à temps opportun, le recentrage nécessaire qui aurait pu nous ouvrir des voies nouvelles, comme justement l'ont fait les Senghor, Houphouët-Boigny et autres en Afrique de l'ouest, les carottes sont cuites pour nous.
C'est pour cette raison que je crois que, nous servir le nom de ce fils de notre pays, sans mettre en avant ce qui constitue la trame de fond des valeurs qu'il a léguées, est plus dangereux que de ne rien faire du tout.
Intégration, mutualisation, ces termes resteront pour nous des mots savants et vides de sens, car nous n'en avons qu'une vision floue dans le contexte actuel.
Bref, il me faudrait plus de temps et d'espace pour épuiser les points nombreux et discutables que vous a inspirés le travail de notre compatriote.
Toutefois, j'aimerais relever le point ci-après: Vous affirmez beaucoup de choses qui nécessiteraient des clarifications. Hier, le brave paysan qu'est mon père, pensait que la forêt, l'eau, les animaux, tout ce qui est ressource naturelle, sont des dons gratuits de Dieu. Il n'avait pas tort en cela. Mais là où il avait tort, c'est de dire qu'il pouvait en user et abuser comme bon lui semblait, car Dieu renouvelle toujours sans que l'homme ait à faire quoi que ce soit. Mais aujourd'hui, je suis heureux de vous dire que lui, l'analphabète du fin fond du Centrafrique, ne tient plus le même langage. Il sait que les ressources naturelles ne sont pas inépuisables et qu'il faut les préserver. Et ils sont nombreux aujourd'hui ces paysans analphabètes qui pensent comme lui.
C'est vous dire, cher ami, que lorsque vous prétendez que le niveau des fleuves ne dépend que de la pluviométrie, et que la déviation d'une partie de nos affluents (?) n'a aucun impact sur la nappe phréatique de la République centrafricaine, je ne sais plus à quoi penser.
Les multiples implantations humaines à travers l'Amazonie, dont des autoroutes, des aéroports, même des canalisations, font jaser les populations des Etats impliqués. Pourtant ces réalisations sont faites en interne et pour des intérêts économiques.
Un autre internaute que je crois spécialiste en génie civil, soutient que les eaux à transférer proviendront de la République Démocratique du Congo et n'auront rien à voir avec les eaux de l'Oubangui. Cela réveille ma curiosité. Mais comme il promet d'apporter les éléments d'appréciation, je me range et attends impatiemment qu'il nous démontre comment il fera pour écarter, en temps réel et sur la durée, les eaux de l'Oubangui pour n'envoyer que celles provenant des cours d'eau intérieurs de la RDC.
Mais la fin de l'intervention de notre ami Brice me réconforte car, il me semble, s'il y a des questions d'ordre écologique, ce qui ne saurait être négligé, nous ne pouvons nous permettre d'affirmer d'emblée que les arguments de notre compatriote Clément et des intervenants ne soient que des démonstrations pour expliquer des catastrophes.
Je finirai en lançant moi aussi un appel à nos compatriotes, mais pour dire ceci: le réchauffement climatique est une réalité. Mais en tant que tel, il n'est qu'un effet généré par des causes connues ou non connues. Étant un phénomène planétaire, il ne peut être combattu que si la communauté mondiale s'accorde pour se tracer une ligne d'actions. Ce qu'elle vient de tenter sans grand succès à Copenhague. Mais ne croyez pas, chers compatriotes, que notre pays devrait aller dans ce concert des nations sans initiatives propres. Ce n'est que si nous savons démontrer que nous pouvons faire, que les autres viendront pour nous aider à aller de l'avant. Le contraire sera le déni de personnalité, la mendicité qui fera de nous des soumis, éternels assistés.
La cause de ce projet est peut-être déjà entendue comme certaines interventions ici tentent de nous le faire insidieusement savoir, mais rejetons la résignation et exigeons avant tout que démonstration nous soit faite de la prise en compte de nos préoccupations quant à notre environnement.
Ce genre de lutte n'est facile nulle part.
Recherchons la position de solidarité active plutôt que celle d'éternels assistés.

Kota balao na azi kwè!

Vianey Koyabe (27/12/2009) : Bonjour Cher compatriote,
En règle générale, je ne réponds pas directement aux réactions des autres compatriotes, à propos des réactions que chacun peut être emmené à poster, en relation à un thème précis. Etant donné que votre réaction se focalise uniquement sur mon point de vue face au thème développé par le compatriote Clément BOUTE, je vais vous répondre.
Je voudrais vous préciser que je n'ai pas posté ma réaction pour vous satisfaire, ou vous contredire personnellement. Souffrez d'accepter l'existence d'un point de vue différent du vôtre. Et c'est aussi cela la démocratie.
Contrairement à tout ce qui pourrait se référer ou tourner autour de votre personne (votre père, votre statut professionnel, etc.), à titre personnel, cela ne m'intéresse pas, ni les autres compatriotes. Par contre, le compatriote à l'origine de ce texte et moi, nous nous connaissons, et sommes même des amis. Et nous nous fréquentons. Cela juste pour votre information.
Vous, je ne sais rien de vous, ni vous de moi.
Pour répondre à une de vos questionnements, sachez cher compatriote que je ne suis pas membre du KNK, ni un proche parent du Président BOZIZE. Je ne suis et ne serais jamais fonctionnaire dans l'administration Centrafricaine. Je n'ai même jamais travaillé en Centrafrique.
En écrivant ce que j'ai écrit, que cela vous plaise ou non, je suis conscient de mon droit d'apporter ma caution ou de ne pas le faire, à telle ou telle initiative. Quelle soit gouvernementale ou pas. Et l'auteur de cet article le sait, au regard des relations personnelles que nous entretenons.
L'auteur lui sait de quoi il parle. Lorsque ce dernier fait de la « dénonciation préventive », il prend le temps de se documenter, de constituer un rapport hyper documenté. Car c'est un jeune politique. L'interprétation que certains n'étant pas au fait de la réalité du document projet ou de son historique, risque de sortir du contexte. Et c'est ce que je dénonce par « esprit de polémique ».
Vous avez effectivement mal interprété mes pensées. Que vous vous présentez comme fils de paysan ou comme cadre technique de notre pays n'a aucune importance pour moi personnellement, ni pour aucun des lecteurs de cette tribune.
Je ne rentrerais pas non plus dans un jugement contre telle ou telle personnalité, ou responsable politique présent ou passé. Cela est très réducteur pour le débat lancé par notre compatriote Clément. Ce dernier soulève une question sérieuse et justifiée.
Et cela m'importe peu que vous soyez d'accord avec moi, ou pas. Ce qui m'importe personnellement, c'est que chacune des vues « antagonistes » s'exprime sur la question, et donne la possibilité aux lecteurs de se faire son idée en ayant à disposition tous les contours ou paramètres du sujet.
Pour ce qui concerne la dénonciation ou non du comportement de nos gouvernants, et cela l'auteur de la tribune pourra vous le confirmer ; je me suis toujours employé à lui demander de rester « policé » même dans la dénonciation, car il fait partie des valeurs pour l'avenir politique de notre pays, mais aussi et surtout à cause de l'impacte que ses prises de position pourraient avoir sur les « gens ». Et cela dans toutes les connotations du terme « gens ».
Dénoncer en démocratie n'est pas un « péché » comme vous me le demandez dans votre réaction. Mais se faire poursuivre en justice pour des dénonciations à priori « justifiables », mais qui peuvent être facilement requalifiées en « calomnies », simplement pour insuffisance de preuves ou manque de maîtrise du dossier, fait aussi partie de la démocratie.
L'auteur a fait son « boulot », mais l'effet sur ceux qui réagissent peut déclencher beaucoup de choses malheureuses. C'est la raison pour laquelle je prône la tempérance et la maîtrise de soi, et d'éviter d'inviter la passion dans l'approche de ces sujets.
Loin de moi l'idée de minimiser qui que ce soit, ou encore l'origine de quelque personne que ce soit, lorsque j'évoque le fait de la « non maîtrise » du contour du sujet, c'est simplement par ce que lorsqu'on lit la réaction de certains, on a l'impression que c'est le régime de BOZIZE qui s'est « couché » afin de se faire imposer ce projet par le régime DEBY. Alors que c'est archi faux.
Pour ceux qui sont réellement aux faits de ce projet, ils savent que le projet d'origine a été formalisé au début des années 1990. C'était « the » projet porté par la CEMAC lors de sa création. Et le chef d'Etat chargé de le piloter était le Président Ange Félix PATASSE.
Ce projet prévoyait de barrage des cours de plusieurs rivières importantes du nord-est de la République démocratique du Congo au moyen de barrages de régulation. A cela, il était prévu la soustraction d'une partie de leurs débits pour les amener vers un lac artificiel qui devrait être construit sur l'Oubangui en amont de Bangui.
Une fois ce lac construit, un canal devra conduire ces eaux vers la ligne de partage des eaux entre bassins du Congo et bassin du Chari, à environ 600 mètres d'altitude. Une fois franchi ce seuil, les débits seraient acheminés toujours par canal dans le lit du Chari, et finiraient par alimenter le lac Tchad et toute sa région.
Ce qui à mon humble avis n'a pas aussi été suffisamment présenté, c'est le fait que l'ensemble constituerait en outre une voie navigable internationale importante.
Pour ce qui concerne les prévisions relatives aux volumes de prélèvement, cela tournera autours de 100 milliards de mètres cubes d'eau annuellement ; c'est-à-dire plus ou moins 3 150 mètres cubes par seconde.
Les documents disponibles sur le projet à ce jour, prévoyaient de barrer les tributaires de l'Oubangui, de l'Aruwimi, du Lindi et du Lowa, tous affluents de droite du Congo dans le quart nord-est du Congo-Kinshasa et le sud de la Centrafrique.
Une organisation de suivi a été créé à cet effet, et le siège se trouve à N'djamena au TCHAD. L'un des imminents Ministres des eaux et forêts Centrafricain, en l'occurrence son excellence Monsieur le Ministre GBAFOLLOT y a été affecté au moins durant 5 années successives.
Ensuite, ce projet revient aujourd'hui au devant de la scène car une réunion technique a eut lieu sur la question, à la date du 14/09/2009 à Ndjamena.
Pour ce qui concerne la « prostitution » des technocrates Centrafricains qui, d'après vous, ne défendent pas les intérêts de leur pays, ou encore de la question de complexe de supériorité, cela n'engage que vous. Et je ne saurais jamais quoi y répondre, car vous sortez du contexte.
Concernant l'assèchement de nos cours d'eaux, ma position reste inchangée, au risque de vous déplaire.
Je ne vois pas comment je pourrais vous refuser le droit de vous interroger sur le risque encouru par votre pays ; d'autant plus que je suis Centrafricain comme vous.
Je n'ai aucun pouvoir sur vos certitudes concernant les causes du sous développement de notre pays, où encore les causes de son insécurité. Mais permettez moi aussi d'exprimer mon point de vue sur ces questions, car je ne partage pas les vôtres.
Je n'ai pas de diagnostic à poser, je ne cherche pas à vous convaincre personnellement, je parle de ce que je connais, je défends mes points de vues.
Le réchauffement climatique et ses effets sur le Centrafrique ne sauraient être un sujet de polémique, pour ce qui me concerne.
Au risque de nous éparpiller, et de sortir du sujet de la tribune de notre compatriote Clément BOUTE MBAMBA, je fais le choix d'en rester là !
Mon objectif n'est pas de vous convaincre, mais plus pour vous répondre.
Et si mes réponses ne vous suffisent pas, attendez les documents de notre compatriote Brice GODDOT.
Discuter de ce projet n'a rien à voir avec la question d'éternels assistés.
Sachons dépassionner nos échanges, et évitons des amalgames inutiles, au risque de provoquer des situations incalculables pour la population et pour le pays.

"Ub.Anguien" (28/12/2009) : Je vous ai très bien compris cher ami, et je respecte votre position car mon intervention n'avait point de place pour des considérations d'ordre personnel.

Vous faites bien de me fixer sur vos complicités avec l'auteur de cette tribune. Ce qui en sorte me fait paraître déjà comme un intrus dans cette affaire. Mais sachez que j'ai péché par excès de confiance, car dans mon esprit un débat doit toujours être contradictoire afin que les contributions des uns puissent édifier les autres.

Mais vu le terrain sur lequel insidieusement vous faites glisser les choses, ainsi que les intentions que vous semblez me prêter, je préfère m'en tenir à ça.

Si la logique des interventions sur ce forum, cher compatriote, est cette brutalité à laquelle je viens d'avoir droit de votre part, à quoi me servira à moi le document promis par le compatriote Brice GODDOT?

Je comprends votre souci cher ami, mais retenez que je n'aurais pas du tout rejeté que vous puissiez me convaincre, car ma seule intention est de voir clair dans les questions qui engagent notre pays et son peuple. La contradiction que vous auriez apportée à mes allégations peut-être mal fondées ne devait pas manquer de m'édifier.

Mais qu'à cela ne tienne, je fais avec votre volonté et le débat s'arrête là, car il me semble que nous n'avons pas la même perception.

Je terminerai en vous priant fraternellement de ne pas verser dans la surenchère, au point de penser que des échanges intellectuels entre nous pourraient comporter un quelconque risque provoquer des situations incalculables pour la population et pour notre pays. En tout cas moi je ne dispose pas des motivations et des moyens pour déclencher de telles choses.

Vianey Koyabe (28/12/2009) : Bonjour Cher compatriote,

Si vous vous êtes senti "brutalisé" par mon intervention en réponse à la vôtre, je m'en excuse!

Mais que cela ne vous retienne pas dans "vos contributions" dans les échanges initiées par les uns ou les autres sur ce forum; car je n'ai jamais injurié qui que ce soit, ou tenu des propos malveillants dans mes interventions.

Vous vous êtes adressé personnellement à moi, et je me devais de vous répondre, en apportant des éclaircissements concernant les points qui vous paraissaient "évasifs"; et en défendant mes arguments.

N'y voyez pas ici autres choses, car tout comme chacun d'entre nous, "je ne dispose pas de motivation, ni de moyens pour déclencher autre chose". Simplement, je conseille toujours à notre génération, de la retenue, de la méthode et de la maîtrise de soi, lorsque nous échangeons entre nous sur le web. Question d'image pour notre nation et notre peuple.

La réalité est que très souvent, tout n'est pas toujours soit "blanc" soit "noir".

Pour ce qui concerne les risques incalculables dont j'ai eu à faire référence, il ne s'agissait pas de votre "intervention" sur ce thème.

Sur ce, acceptez que je vous souhaite tous mes vœux les meilleurs pour 2010.

Cordiales salutations.

"Ub.Anguien" (29/12/2009) : Salut, honorable fils de Centrafrique!

Homme de principe et de rigueur, si j'écoutais la voix de ma raison que je n'aurais pas donné suite à votre réaction. Car vous-même aviez déjà donné le ton et circonscrit un espace et un temps pour ce débat, du moins en ce qui me concerne.
Mais mon cour et ma conscience morale l'ont emporté, et je me suis dit que le civisme et le bon sens dont vous venez de faire la démonstration valent le détour.

Vous savez cher compatriote, nul n'est détenteur de l'absolue vérité ici-bas. Tout ce que nous faisons et disons, nous le faisons et disons toujours imparfaitement, même si nous semblons être convaincus de l'irréversibilité de nos arguments et de nos actions.

Combien d'hommes de sciences n'ont-ils pas ainsi été contrariés? Je ne suis pas catéchiste, mais il me plaira de vous rappeler qu'il n'y aura jamais que Dieu pour détenir la véritable vérité.

C'est vrai que vous ne me connaissez pas, que moi je ne vous connais pas, encore moins votre ami Clément Bouté-Mbamba. Vous m'avez certainement découvert là, à l'occasion des débats que vous venez d'initier, mais moi je vous connais virtuellement, aussi bien vous que votre ami Clément, à partir de vos interventions ça et là sur les fora. Nonobstant cela, n'en doutez que nous ayons des choses en commun puisque, comme vous le reconnaissez vous-même, nous appartenons à ce même pays appelé Centrafrique.

Ma réaction à votre mise au point tenait compte de ce que vous sembliez exclure toute suite au débat. Comme je l'ai dit, mon intervention n'avait pas de considération d'ordre personnel.

S'il est vrai, grâce à Dieu, que je suis un insignifiant cadre technique de notre pays, j'ai cependant utilisé dans mes propos des métaphores pour mettre en évidence certaines réalités concrètes de notre quotidien, ce que vous avez compris, à ce qui me semble, comme de l'auto valorisation.

Ce faisant, je n'ai point eu en tête que je m'écartais du thème développé par notre compatriote, et surtout pas de l'esprit soutenu par votre mise au point. Je n'ai, tout au long de mon humble existence, à aucun moment pensé que ma personne devait avoir une autre signification que celle d'une pierre quelconque dans l'édifice appelé Centrafrique.

Je ne suis pas un abonné à SO ZOWA LÂA, bien que je suive assez régulièrement ce qui se dit ici. Mais si j'ai jugé bon de m'inviter dans le débat, c'est tout simplement parce que j'ai estimé qu'il y avait des choses qu'il fallait que nous clarifiions afin de nous donner la chance de nous positionner par rapport à l'enjeu de ce projet. Quand la lumière fait défaut, l'évolution ne sera jamais que aléatoire; et savoir peu est plus dangereux que de ne pas savoir du tout, surtout dans le cas de notre pays et son peuple qui souffrent déjà d'une anomalie naturelle. C'est en tout cas mon cas, et j'ai estimé qu'en fréquentant des esprits aguerris comme vous et les autres, j'aurais la chance de meubler ma tête. Ce qui ne peut se faire que par l'échange de différents points de vue, en se tenant prèt à enregistrer des contradictions qui peuvent des fois heurter. Car retenue, méthode, maîtrise de soi, n'entraînent jamais ipso facto l'unicité des vues.

Car, voyez-vous mon bien-aimé compatriote, malgré le louable effort que vous avez fait, je ne me situe pas encore par rapport à ce fameux projet de transfert des eaux vers le lac Tchad. A ce propos, vous avez fait référence aux imminents (peut-être vouliez-vous écrire éminents?) ministres des eaux et forêts, en citant un certain GBAFOLO.

S'il s'agit bien de ce valeureux fils de Centrafrique, cadre des eaux et forêts bourré de talents, de principes et de rigueur, qui un jour a fait une apparition éclaire dans l'un de ces cercles de sarabande de Monsieur Patassé, et que l'on avait éloigné de Bangui pour calmer le PLD du défunt KOMBO-NAGUEMO, je ne saurais comment vous dire merci. Car je crois le connaître et vous me donnez-là une indication précieuse que je ne manquerai pas d'exploiter, juste pour ma gouverne propre. De ce pas, je vais chercher à le contacter pour savoir mieux.

Car, je vous assure, je ne vois encore que du feu et dans ma tête il se fait que les documents dont on fait état ne seraient peut-être pas les mêmes.

Bref, en m'étendant, je vois que je me suis assez écarté de votre louable démarche.

J'en reviens juste pour vous dire mon admiration pour votre humilité et votre civisme, deux valeurs qui font cruellement défaut à nous générations de ces temps dits modernes.

Permettez-moi plutôt d'envoyer à travers vous mes reconnaissances à vos parents qui ont su vous transmettre ces qualités qui appartiennent aujourd'hui au domaine de l'extraordinaire.

J'assume tout ce que je dis, mais il reste que mon souhait le plus ardent est que nous parvenions à faire en sorte que nos différences, au lieu de nous diviser, prises ensemble, deviennent du ciment pour la consolidation et un ferment pour la croissance de notre unité nationale et de la concorde, pour nous aider à entrevoir des horizons meilleurs pour nous et surtout pour ceux qui vont demain nous suivre.

Que la bienfaisante main de Dieu protège votre chemin et votre famille tout au long de 2010 et des années à venir.

Fraternellement.

Brice Goddot Nzonguia (29/12/2009) :

Vianey Koyabe (30/12/2009) : En tout cas cher cadet, je suis fier de toi!
Ton document, associé à celui du compatriote BOUTE MBAMBA sont des documents de grande valeur pédagogique.

Je te remercie personnellement d'avoir pris sur ton temps pour faire cette "démonstration" que j'ai choisi de ne pas faire, pour ne m'en tenir qu'à l'essentiel. Cela n'a pas été suffisamment compris, mais tu as finalisé.

J'espère que tes explications, plus approfondies que les miennes, seront assez explicites pour que, associées aux démonstrations du compatriote BOUTE MBAMBA, donnent envie aux compatriotes du monde entier d'apprendre à connaître véritablement notre Pays.

Que Dieu bénisse le Centrafrique et ses enfants.

Vianey Koyabe (30/12/2009) : Cher "Ub.Anguien",

Je suis votre compatriote et voudrais être votre ami. Je reste convaincu que ce souhait est "partagé"!

Que nos différences de vues ne nous séparent jamais de l'essentiel; à l'occurrence notre pays!

Je vous remercie pour ces échanges qui, finalement nous ont permis de nous "connaître" et de nous apprécier!

Cordialement,

Albert Namfeï-Koné (30/12/2009) : Sankara a dit un jour: « un militaire sans instruction est un criminel en puissance ». Partant de là, je puis affirmer à mon tour que la connaissance approximative est un lourd handicap et crée beaucoup de dégâts lorsque celle- ci est associée à de la mauvaise foi ou à un égo surdimensionné.

Dans une précédente contribution sur sozowala, j'avais dénoncé le mépris(l'indifférence) avec lequel le compatriote Clément Boute-Mbamba traite ses publications. Il lance souvent de très bons thèmes mais ne revient jamais dans les discussions qui suivent pour éclaircir le lectorat. À quoi bon l'ouvrir si on ne vient pas après pour soutenir ce qui a été dit? C'est ici l'occasion de demander à ce dernier d'entrer dans le débat en cours afin de recadrer les choses car certains se font un malin plaisir en ce moment à réduire sa magistrale démonstration à la manifestation d'une méconnaissance profonde du sujet abordé. Ces apôtres, uniques détenteurs de la bonne pensée, de la bonne méthode d'expression ont promis le 24/12/09 : « Ainsi, pour apporter l'autre version de ce projet présenté par les ETUDES DE FAISABILITE je me permets de vous mettre en ligne (le mardi prochain) les visions scientifiques (de GENIE CIVIL) dans les projections faites sur ce canal. » Au lieu de cela, c'est à dire la ventilation du document même par une démonstration ferme, référencée et documentée, c'est une collection de documents accessibles sur le net et auxquels l'on a fait dire ce qu'on a voulu faire dire. Mais malgré cela, les insuffisances demeurent dans la contribution. Les documents publiés ici ne sont pas les documents du projet en cours dont l'étude de faisabilité n'a pas abouti mais des documents relatifs au Transaqua dont l'objectif n'était pas le même que celui du projet en cours.
Avant que l'on vienne me faire une démonstration qui insulte la logique et l'intelligence; je voudrais juste faire remarquer que si ce projet ne concernait pas l'Oubangui, les experts auraient trouvé une autre dénomination pour celui-ci. Maxwell a dit un jour: « je ne sais pas ce que je ne sais pas ». L'auteur de cette tribune sait assurément de quoi il a parlé. Toutes documentations citées ici sont référencées. Toutes les personnes ressources en rapport avec le projet aussi. Comment donc manifester un tel mépris pour pareille démonstration? Mieux encore, la tribune de ce dernier dépasse le cadre écologique. Il ouvre des perspectives politiques, économiques et socioculturelles.
Enfin, dire ici qu'il n y a pas de menace dans la demeure, c'est grave, trop! Ceux qui lisent et qui savent lire entre les lignes savent qu'au delà des positions prises par les uns et les autres ici, il se joue quelque chose dont la sagacité nous échappe.

Il faut donc que l'auteur de cette tribune se manifeste et rétablisse les éléments à leurs places convenues.

Vianey Koyabe (30/12/2009) : Je voudrais encore une fois revenir sur le sujet du « projet LAC TCHAD », qui à l'origine était d'abord dénommé « Grands projets de transfert d'eau : TRANSAQUA » comme l'a si bien précisé le compatriote Brice GODDOT, pour mettre en exergue les aspects économiques non négligeables pour notre pays.

En effet, déjà à l'époque en 1985, lorsque ce projet a été conçu et porté par la société d'ingénierie italienne Bonifica SpA, et formalisée en 1992 au niveau des institutions internationales ainsi qu'au niveau des pays de la CEMAC et ceux du bassin du lac Tchad, il était déjà question de veiller à ce que les hypothèses émises ne perturbent pas le régime du Congo démocratique (ex Zaïre), et ne pas lui soustraire plus de 8 % de son volume d'écoulement annuel.
Cela a été très bien expliqué par le compatriote Brice GODDOT. Donc, aucun pays ne partirait perdant dans l'affaire. Bien au contraire, les intérêts de chacun seront préservés ; voire même démultipliés. Et c'est là l'objet de ma dernière intervention sur le sujet.

Ces 8 % du volume annuel d'écoulement annuel du régime du Congo Démocratique, amené vers le LAC TCHAD, représenterait 100 milliards de m3 par an. En d'autres termes, cela représente le volume suffisant pour non seulement stabiliser le plan d'eau du lac Tchad, mais aussi pour irriguer entre six et sept millions d'hectares au niveau des pays du bassin du Lac Tchad. Donc, que du potentiel en vue !

Enfin, cet ouvrage prévu pour être réalisé par tranches successives, devrait constituer un système permettant une importante production hydroélectrique estimé à quelques 30 à 35 TWh par an ; sinon plus. Et cela en plus de l'importante voie navigable que ce projet offrira aux pays de la sous région ; voie navigable capable de contribuer au désenclavement (encore une fois) non seulement de la République Centrafricaine, mais aussi de la sous- région.

Singuila

Jean Pakara (30/12/2009) : Je salue l'esprit d'indépendance de notre compatriote Albert Namfeï Koné qui ne se laisse pas influencer par du déjà entendu.

Cordialement

Brice Goddot Nzonguia (30/12/2009) : M. Albert NAMFEI-KONE, bonjour

Je comprends ce qui porte à confusion votre pensée sur ce qui est dit sur ce site. En effet vous vous attendez à une note sur « les Etudes d’Exécution » plutôt que les « Etudes de Faisabilité ». Ce qui m’emmène à donner les éléments suivants, pour éclairer les terminologies utilisées. Lorsqu’on veut construire un ouvrage, la maîtrise d’ouvrage (le client) constitue une équipe (la maîtrise d’œuvre) composé d’Architecte, d’Economiste (pour le chiffrage), de Bureau d’Etudes de Structures, de Bureau d’Etudes de Fluides, de Bureau de Contrôle et de Coordonnateur de Sécurité (et pour ne citer que ceux-là)

Cette maîtrise d’œuvre à plusieurs missions successives : Etudes de Faisabilité, Avant Projet, Avant Projet Définitif, Projet, Assistance des Contrats de Travaux, Exécution et Dossier d’Ouvrages Exécutés.

Etude de faisabilité : Elle consiste à identifier les problèmes, à identifier les solutions, à recommander la meilleure solution et à faire une approche de mise en œuvre.

Avant Projet : D’une manière un peu simple, c’est une première matrice du projet.

Avant projet Définitif : On affine les études précédentes.

Le Projet : On sort les quantitatifs et les estimatifs (économiste), les plans et notes de calculs (Bureau d’Etudes), les Etudes de Sol et plus.

Assistance des Contrats de Travaux : Ce sont les appels d’offres, l’ouverture des offres, analyse des offres, désignation des entreprises suivant les critères (mieux disant, moins disant, meilleure offre, ..) et contrats.

Exécution (chantier) : Mode de construction, dimensionnement des ouvrages, plans d’exécution et travaux des entreprises retenues (plusieurs entreprises ou une entreprise générale)

Dossier d’Ouvrages Exécutés : C’est la fourniture, par l’entreprise retenue, des derniers plans des ouvrages qui ont évolué avec les contraintes d’exécution, du reportage photos à la maîtrise d’œuvre pour l’archivage.

Outre la définition de l’Etude de faisabilité, les autres ne sont que des résumés pour vous aider à comprendre que le projet s’affine suivant les étapes. Une étude rigoureuse sera donnée par les entreprises lors de la phase d’exécution. Vous remarquerez que, même si des études ont été faites par la maîtrise d’œuvre, l’entreprise d’exécution doit refaire ses propres études (sous la validation du Bureau de Contrôle) pour assurer la garantie de l’ouvrage. Il existe d’autres phases de projet qui ne sont pas citées mais qui peuvent être retenues dans les cahiers de charges de la maîtrise d’œuvre.

Tous les documents précités ne sont disponibles que lorsque les ouvrages seront réalisés. Par contre, la définition du projet que fait la maîtrise d’ouvrage à la base et diffusée sur Internet (ou sous forme papier) ont permis l’auteur et moi-même, de clarifier nos points de vue.

Les visions scientifiques de génie civil dans la phase « Etudes de Faisabilité » ne sont donc qu’une confrontation des hypothèses avec les réalités du terrain avec des relevées du  tracé, une fois que les problèmes sont repérés et des solutions sont préconisées. C’est ce dont je vous explique par l’identification de l’assèchement du Lac Tchad, la solution de canaliser (par la RCA) les eaux issues des barrages au RDC, le franchissement de la ligne des eaux et donc LA FAISABILITE du Projet sur la carte du relief et de l’hydrographie de la RCA.

Il n’y a donc aucune raison de parler de mépris des publications, de mauvaise foi ou d’ego sur la qualité du travail de l’auteur de cet article que je connais très bien pour avoir fréquenté (quelques fois) les mêmes milieux.

Par ailleurs, les perspectives politiques, économiques et socioculturelles de ma contribution sont à la hauteur de la richesse des thèmes abordés par l’auteur. Elles permettent une meilleure appréciation de ce projet et élargie le débat.

Vous avez peut être raison de parler de l’assèchement de l’Oubangui, je vous laisse donc le soin de nous expliquer (si vous le voulez bien) les causes d’autant plus que ce fleuve  conserve  naturellement, l’intégralité des débits de ses affluents.

Bonne fête à vous et recevez mes honorables salutations.

Singuila

Yves Nguengo-Baliakado (30/12/2009) : Mes chers compatriotes,

Je me permets de rentrer dans ce débat que j'observe depuis un moment et notamment depuis la publication de l'article du compatriote CBM (CLEMENT BOUTE MBAMBA) sur le Lac Tchad. Je dis ouvertement que ma volonté est de dénoncer l'hypocrisie qui guide le pas de certains compatriotes sur cette tribune. Avant d'aller plus loin, sachez que de toutes choses, il y a le fond et la forme. Et ma réaction va porter clairement sur la forme.

Sur la forme :
Je suis d'avis du compatriote Albert Namfei-Koné. Certains compatriotes que je me fais le plaisir de taire les noms ici et qui se reconnaitront bien évidemment, au nom de quelle logique je ne sais, s'octroient le luxe de caporaliser les réactions des uns ou des autres sur cette tribune. Comme des Régulateurs de tensions (équipement électrique), ceux-ci veulent à tout prix (vaille que vaille) Réguler la pensée humaine sur cet espace d'échanges. De par ce comportement, ils influencent fortement les réactions qui suivent et confisquent même les débats. Et comme si cela ne suffisait pas, on peut assister à des échanges vifs, teintés de menaces avec la brutalité que je leur laisse le soin d'entretenir ou de qualifier bien naturellement.

Franchement, il faut arrêter avec ce petit jeu (vas-y que t'es mon pote, et ceci et cela, gniagniagni gniagniagna.) Je sais que le ridicule ne tue pas mais quand même restons sérieux. Si nous aimons tant notre pays, soyons à ce titre force de propositions. Nous représentons la nouvelle génération donc de grâce évitons de tomber dans les travers comme nos aînés de 10 ou 20 ans plus âgés que nous. J'écrirai personnellement à Louis Gelin pour justement l'alerter. Cet espace doit permettre à tout un chacun d'apprécier « librement » les sujets publiés ou les thèmes abordés. Pourquoi prendre les gens en otage. Que les gens soient des passionnés, cela ne me dérange en rien. Que les débats ou les échanges soient contradictoires, cela va de soi. Mais que l'on tombe aussi facilement dans la pagaille comme c'est le cas ces temps-ci, franchement cela devient insupportable pour une intelligentsia, du moins ceux qui y aspirent ou se le réclament. Je sais au-dedans de moi que pour certains, réagir sur cette tribune est devenu leurs hobbies. Très bien ! Mais allez-y doucement (mollo) les gars ! Enfin je ne m'étonne guère de cette attitude typiquement Centro. Et après on se plaint du retard qu'accuse le pays pour son développement. Un sous développement déjà humain dans le comportement à afficher.

Un mot tout de même sur le fond :
Tout le monde sait très bien que, ni l'article de CLEMENT BOUTE MBAMBA, ni celui de BRICE GODDOT, ni les autres éclaircissements n'auront aucun incident sur le choix de réaliser ou pas ce « putain » projet de transfert d'eau afin de sauver le Lac Tchad. L'objectif de ces publications était ou est bien entendu d'éclairer la diaspora, c'est-à-dire de porter à la connaissance des uns ou des autres, l'existence de tel projet, un point un trait. Mais pourquoi en faire un jambon à cuire. Je peux toutefois comprendre le besoin de chasser l'ennui en alimentant les polémiques pour enrichir la tribune, c'est le jeu qui vaut la chandelle.

Si sozowala a l'avantage d'être le site web Centro qui rencontre le plus d'audience, ce n'est pas le fruit du hasard. Et même si tel est le cas, alors tant mieux pour nous autres Centro. En cette veille de nouvel an (2010), gardons ce précieux avantage pour améliorer la qualité des débats, loin de toute passion, hors copinage et de ne point tomber dans l'Abjection, pire le Ridicule.

Néanmoins bonne et heureuse année 2010 : recevez mes vœux de sérénité !

NBONY

Albert Namfeï-Koné (31/12/2009) : Compatriote Yves Nguengo-Baliakado; le sujet développé dans cette tribune est d'une importance capitale et ne saurait subir le sort que certains, pour des considérations qui leurs sont propres, se sont arrogés le droit de réduire son importance. Il ne s'agit pas non plus d'un concours du style « Mo yinga beafrika kodoro ti mo nga la? » ou d'une démonstration de maîtrise de terminologie du monde des BTP ou encore les amusements du genre « je connais très bien celui-ci, donc...» Non, le débat initié par notre compatriote, l'histoire le dira, mérite mieux que ce que certains avec beaucoup de maladresses et d'insuffisance tentent de démontrer. On va reprendre des données sur le net sans être à mesure de les intégrer dans un argumentaire structuré ou d'avoir l'audace d'en donner la source. Tout cet activisme qui s'apparente à de la spiritualité masque quelque chose de sournois. Cette triste déviation à laquelle nous assistons répond à un code qui nous échappe.
Pour lever toute équivoque il faut donc croiser les affirmations des uns et des autres pour se faire une opinion juste.
Avant de m'exercer à cela, je voudrais simplement m'élever en opposition à votre affirmation qui suit: «Tout le monde sait très bien que, ni l'article de CLEMENT BOUTE MBAMBA, ni celui de BRICE GODDOT, ni les autres éclaircissements n'auront aucun incident sur le choix de réaliser ou pas ce « putain » projet de transfert d'eau afin de sauver le Lac Tchad. »... Non, compatriote Yves Nguengo-Baliakado, par l'acte d'un homme ou d'un groupe d'hommes, l'histoire peut changer, nous avons de nombreux exemples à cet effet. Il faut donc définir l'action , sa stratégie et ses moyens pour voir les résultats. Comme nous autres, ne savons pas de quoi nous parlons, laissons la parole à ceux qui ont la charge du projet afin de nous éclairer là-dessus. Ces mots qui suivent et que l'auteur de la tribune attribue au SG de la CICOS devraient nous éclairer: « le cours pourvoyeur (Oubangui:NDLR) subit lui-même des étiages sévères... » L'auteur de l'article affirme, et cela n'est un secret pour personne, que la baisse du niveau des eaux a réduit la navigabilité de l'Oubangui à 145 jours en moyenne par an. En outre, il a été relevé que les études de la CBLT n'auraient pas tenu compte des incidences du projet sur le barrage d'Inga en RDC. [c'est le patron de la CICOS qui parle ici svp]
Pour lever définitivement toute équivoque, croisons les mots du chef du projet et la projection hydrographique de l'auteur de la tribune. Mana Aboubacar, chef du projet: « C'est deux bassins. Il faut alors maintenant traverser une crête qui les sépare. Il faut explorer ça. Il y a un barrage pour stocker de l'eau. On a identifié à cet effet, le barrage de Palambo qui va soutenir l'étiage pour la navigation du côté de l'Oubangui. Et ensuite, réserver de l'eau pour pouvoir envoyer cette eau là vers le Lac Tchad. »
CBM: « Au sud, l'Oubangui n'est que le prolongement de la rivière Ouélé. De ce point de vue, on peut estimer qu'il s'étend depuis les sources de l'Ouélé aux limites de l'Ouganda sur environ 2270 km. »

Le cadre du projet posé, voyons donc ce qui est reproché à la tribune du compatriote CBM et ce qu'il a écrit.

A: Tout d'abord, la cause de l'assèchement de la majorité de nos affluents répertoriés à ce jour, ne saurait être expliquée seulement par le risque d'un projet de ce genre... En effet, les démonstrations et les exemples pris sont pour expliquer des catastrophes et les réactions qui suivent en est le reflet.

Tribune CBM: Mais nous savons également que la déforestation accélérée génère les érosions et nuit profondément à l'environnement; enfin les mouvements de populations consécutifs aux implantations anarchiques suite à des mouvements démographiques non maîtrisés, le Barrage de Mobaye, etc., sont des causes qui ont depuis inscrit certaines modifications dans l'écologie du bassin de l'Oubangui. N'avons-nous pas déjà ainsi fort à faire pour la propre survie de nos populations et de leur environnement?... Que l'on soit à Yakoma en RDC, à Ouango-Bangassou, Mobaye, Kouango, Bangui, Zinga ou Mongoumba, ou à l'intérieur du pays c'est à dire dans les villes traversées par les principaux affluents de l'Oubangui, à savoir Bria, Bambari, Sibut, Mbi, Mbata, on peut se rendre compte, sans instrument de mesure, de deux choses:
- la baisse drastique du niveau des rivières;
- le développement du phénomène d'ensablement sur l'ensemble du bassin versant de l'Oubangui.
La conséquence est la navigabilité de l'Oubangui de Kinshasa/Brazzaville, à Bangui/Zongo, Kouango, Mobaye qui n'atteint même pas le tiers d'une année dans cette zone où il pleut en moyenne 6-8 mois sur 12.

B: Deuxièmement, il est quand même temps que le Centrafrique cesse d'être « nombriliste », et croire qu'il est l'Etat le plus riche potentiellement de la sous-région, et que la convoitise de « ses richesses » est l'élément central de toute initiative sous régionale. C'est faux bien évidement, même si les Centrafricains ont horreur qu'on leur rappelle cela. Etant moi-même Centrafricain, j'ai la légitimité pour le rappeler.
La vérité est que nous sommes l'Etat le plus pauvre du point de vue économique, faible sur le point sécuritaire car notre stabilité dépend de notre relation avec nos voisins. En plus de cela, nous avons un pays enclavé, sans ouverture aucune vers la mer, sans chemin de fer, ni autoroute fiable pour ouvrir le pays vers le développement.

Tribune CBM: A ceux qui seraient tentés d'élever des protestations sans m'avoir bien compris, je voudrais rappeler l'évidence. Avec le Tchad, nous avons bien de choses en commun. Nous appartenons à la grande famille de la CEMAC. Mais je refuse de croire que dans cet espace, mon pays puisse être celui dont les intérêts nationaux soient subordonnés à ceux des autres composantes de cet espace. Pour donner à boire à la maison Tchad, je voudrais tout simplement que l'on agisse en étant conscients de ce que nous sommes et de ce que nous avons. Puis, souverainement, nous devrions mûrir la solution à proposer à nos voisins...

C: Une fois que ces points sont évoqués et cités, est-ce que cela suffirait pour soi-disant « hypothéquer » l'avenir de toute une nation par un projet de telle envergure ? Bien évidement non, car en réalité, telle n'est pas la question.
Il faut aborder le problème d'une manière globale, au risque de ne pouvoir s'en sortir. Ce dont il est question, c'est le réchauffement planétaire et ses conséquences.
Et c'est cela la cause principale de la disparition de nos hippopotames, et de nos rivières, et de la mise en danger de notre écosystème. Rien d'autre !
Avons-nous les moyens de faire face à la question du réchauffement planétaire et ses conséquences et nous en sortir seuls? bien évidement non. Et le risque des interprétations erronées, c'est « d'émousser » les sentiments nationalistes et contre productifs.

Tribune CBM: La solution au problème de l'assèchement du Lac Tchad peut-être régionale. Le schéma qui consiste à regarder exclusivement vers le bassin de l'Oubangui n'est, à mon avis, que du pis aller. Elle ne peut pas être, sur le long terme, la meilleure approche. Le Niger, le Nigeria et le Cameroun, tous riverains directs eux-mêmes du Lac Tchad, possèdent plusieurs cours d'eau, dont le transfert partiel vers le Lac Tchad est économiquement et techniquement plus facile...Dans ces conditions, la décision tendant au transfert des eaux de l'Oubangui vers le Lac Tchad, même si cela ne porte que sur seulement 3200 m3 par seconde et par jour soit 100 milliards de mètres cube par an, ne peut engagé sans le consentement éclairé des Centrafricains, des Congolais et des Soudanais pour ne citer que ceux-là... Je propose qu'une consultation référendaire soit organisée, si à l'issue de l'Etude de faisabilité; la CBLT et la CICOS opteraient pour le projet du transfert des eaux de l'Oubangui vers le Lac Tchad.

D: L'auteur a fait son « boulot », mais l'effet sur ceux qui réagissent peut déclencher beaucoup de choses malheureuses. C'est la raison pour laquelle je prône la tempérance et la maîtrise de soi, et d'éviter d'inviter la passion dans l'approche de ces sujets

Tribune CBM: C'est pourquoi, en ma double qualité de citoyen Centrafricain et riverain de l'Oubangui, je me permets d'interpeller solennellement le président François Bozizé-Yangouvonda, ses homologues du Congo démocratique et de la République du Congo, du Soudan et de l'Ouganda, ainsi que les parlementaires, les intellectuels et la société civile de ces pays.
Accepter de nous laisser dicter continuellement des décisions concoctées ailleurs et au service d'autres intérêts est non seulement une abjuration citoyenne mais c'est aussi et surtout un déni de souveraineté. Un acte que les générations de demain ne nous pardonneront pas.

Commentaire personnel: Il y a encore tellement de choses à dire sur certaines réactions et construire l'argumentaire en partant des éléments exposés ici pour prouver la vacuité de celles-ci. Mais le but n'est pas de dire que tel a raison et que tel a tort. Il est impératif de se poser toutes les questions comme l'a si bien suggéré l'auteur de cette tribune. Son travail est formidable à plus d'un titre non seulement dans la forme mais aussi dans le fond. Tout ou presque a été dit sur ce projet dans cette tribune. C'est dommage que les apôtres du canal ne touchent même pas un seul mot sur les solutions préconisées par CBM. Le projet du transfert d'une partie des eaux de l'Oubangui n'est que le commencement de quelque chose dont l'envergure nous échappe totalement et au cœur duquel se trouvent les territoires de la RCA et de la RDC avec leurs potentialités minières mais surtout hydrauliques et foncières... alors sachons garder notre calme pour étudier toutes les possibilités qui s'offrent à nous pour notre développement et notre intégration.

Henri Paul Akibata Kette (31/12/2009) : "Mieux encore, la tribune de ce dernier dépasse le cadre écologique. Il ouvre des perspectives politiques, économiques et socioculturelles". Cette phrase du compatriote Albert Namfeï-Koné est essentielle si l'on reprend les différents éléments remontés à la surface par l'auteur de l'article. Chose qui a été occultée et que les uns et les autres s'acharnent à étouffer à coup d'argumentaires souvent limités. Et s'en suit des discussions sans profondeur ni densité si ce n'est que de prendre position et exister ? Et là, resurgit le défaut souvent reproché aux Centrafricains. C'est-à-dire occulter l'essentiel pour s'appesantir sur les détails malgré des potentialités évidentes.
Pour sortir de cet embrigadement de connaissance d'une personne ou encore d'un domaine, il est vital de s'élever pour considérer un fait posé dans sa globalité et chercher des solutions appropriées.
Les uns ont fait une approche de cette tribune sous l'angle "scientifique" (Génie Civil), d'autres sous une approche -même si c'est limite- géopolitique. Ces deux approches ne peuvent suffire à reléguer le problème posé par le biais de cette tribune au silence. Car, l'aspect politique, économique, socioculturel n'est point abordé ici. Et encore, sous l'angle géopolitique nous nous percevons comme une nation qui ne doit dire mot de tout ce qui touche directement à son intégrité et son avenir... Cela n'est point recommandé.
Aujourd'hui la RCA traverse un moment difficile. S'il est "le plus" faible de l'espace CEMAC, rien ne peut le condamner à le rester définitivement. La situation d'aujourd'hui ne sera celle de demain. Et pour cela, une responsabilité nous incombe. Et un moyen de l'assumer est donné à tout un chacun à travers ce problème du transfert des eaux de l'Oubangui vers le Lac Tchad.
Comme préconisé dans ma précédente intervention, il faut débattre et ceci profondément. Analysons tous les aspects (écologique, environnemental, politique, économique, socioculturel) de ce projet. Ne partons point avec des à priori qui risqueraient de nous induire en erreur. Creusons le débat contradictoire et complémentaire. Et lorsque nous nous rendons compte que la RCA sera lésée à travers ce projet, il faut faire place à l'action.
Cette action sera un ensemble de solutions que nous devrons mettre en application courageusement. Une partie a été donnée par l'auteur de l'article. Et précédemment, j'ai évoqué la possibilité d'une pétition pour influer sur les décisions et de nos dirigeants et de ceux de la sous-région. Nous pouvons faire changer les choses, c'est une réponse donnée au compatriote Yves Nguengo-Baliakado.
Oui nous pouvons faire changer le cours de l'histoire si nous voulons nous mobiliser. De la réflexion à l'action, l'occasion nous est donnée d'ouvrir une brèche dans la mentalité du Centrafricain. C'est-à-dire compter sur nous, pour nous et par nous.
Je suis persuadé que les uns et les autres ont des capacités de recul, d'analyses pour se recadrer et trouver l'essentiel. L'essentiel est le pays. L'essentiel, c'est l'avenir du pays. Cet essentiel ne DOIT QUE NOUS REUNIR et non nous faire stagner sur des positions, qui plus ne sont que partielles...
Soyons persuadés que s'il est prouvé que notre pays sera lésé dans ce projet, et que nous n'agissons point en nous contentant de "bavarder", de faire des démonstrations de qui connait qui, de qui connait quoi, ce sera une honte sur notre génération.

SINGUILA MINGUI

Vlassov (31/12/2009) : Bonsoir à tous! Une question fondamentale se pose à nous: ce projet est-il bénéfique pour le peuple oubanguien ou non? A la lecture de l'article de Monsieur BOUTE-MBAMBA, la réponse s'impose d'elle-même. Et, cette réponse n'est pas une question de politique politicienne comme certains veulent bien nous faire croire. L'évidence est là: la réalisation de ce projet entraînera des conséquences désastreuses pour toute la sous-région. Que certains pensent que l'environnement est lié forcément à l'économie, ils commettent une erreur d'appréciation. Qu'ils prennent la peine de regarder autour de nous pour constater que même les "meilleurs d'entre nous", les experts se trompent. Alors, écartons les fausses courtoisies et soyons humbles.
Pour la loyauté des débats, épargnez-nous des discours tenus en dehors du site, les apartés.
Bonne et heureuse année à tous.

Brice Goddot Nzonguia (31/12/2009) : M. Albert NAMFEI-KONE, Bonjour.

En vous donnant la définition de ces terminologies, cela vous a permis de comprendre ce dont on parle ou de situer à quel  niveau se trouve ce projet. Il n’est pas ridicule d’apprendre, au moins nous serions d’accord sur ce point. Par contre, je remarque que vous « naviguez » très bien sur Internet, je pense que vous êtes en mesure de trouver les documents relatifs à ce projet et de faire une bonne lecture. Ainsi vous garderez votre propre arbitre au lieu faire des copier-coller (qui ne nous avance en rien) et de les appuyer par des raisonnements du genre : « c’est le patron de la CICOS qui parle svp »

Vous avez cependant cité des incohérences, des insuffisances ou des maladresses mais je n’ai pas encore jusque là, perçu ce dont vous pointez du doigt. Cette tribune perdra sa richesse si vous n’expliquez pas en quoi ce que l’autre à dit est incohérent ou reste insuffisant. PROCLAMER des incohérences, des insuffisances ou des maladresses sans les énumérer et les argumenter est un discours vide et proche de l’insulte. Je vous l’ai souligné plusieurs fois sur ce site qui permet un débat (échange d’idées contradictoires) et non une dispute.

En réponse à votre question sur les solutions proposées par l’auteur, je vous dirai tout d’abord que je ne suis  pas en bataille avec l’auteur comme vous avez l’air de croire. Ma contribution était d’apporter un élément de ce projet (les barrages au RDC) sans lequel, l’interprétation des données disponibles perd sa raisons. Mais comme vous insistez sur une réponse, vous trouverez les éléments suivants :

Sur la gestion : « il est impérieux de mettre en chantier un système de gestion de la ressource, avec pour objectif de réduire l’impact des pratiques dûment identifiées, en minorant sensiblement la dépense urbaine et agricole de la région par rapport à ce lac »

En quoi faisant, en interdisant à la population (35 millions) qui N’ONT QUE CETTE SOURCE EN EAU de limiter de boire, de se laver, de puiser de l’eau, de laver les voitures ou d’arroser leurs jardins. Cette ironie vous permettra de peser la nécessité de sauver ce lac qui est vital à cette région.

Les autres éléments cités font partie de la mission de la CBLT (Commission du Bassin du Lac Tchad) mais qu’on est-il aujourd’hui ? On pourra peut-être interroger le patron de la CBLT.

Sur la diversification : Proposer des pluies artificielles (pour ne prendre que ce cas de figure) à la place du canal, c’est aussi faire tomber du ciel la même quantité d’eau (3150m3/s). Même si cela est possible pour un tel besoin en eau, ce sera le déluge.

Aller planter des arbres (adaptés) dans un milieu identifié SANS EAU, c’est proposer de reboiser le désert. 

Je vous l’ai dit M. Albert NAMFEI KONE, les études de faisabilité consistent à recommander la meilleure proposition.

Cependant, j’attends de votre part des explications sur l’assèchement de l’Oubangui et je vous remercie de vos éléments de réponse sans nous citer les paroles évangéliques de MANA Aboubacar. 

Singuila.

"Ub.Anguien" (01/01/2010) : Il y a des amitiés qui parfois n'en sont pas du tout.

Monsieur Brice Goddot Nzonguia, dans sa première intervention, parlant du travail de Monsieur Clément Bouté-Mbamba, écrivait ceci: «Cette analyse a la richesse de citer plusieurs points qui méritent une bonne réflexion sur le plan politique pour l'utilisation future de ce canal, mais elle concentre également des orientations qui laissent penser (à) une catastrophe générale au niveau du bassin de l'Oubangui. »
«En effet, les démonstrations faites et les exemples pris sont pour expliquer des catastrophes et les réactions qui suivent en (sont) le reflet.»
«Ainsi, pour apporter l'autre version de ce projet présenté par les ETUDES DE FAISABILITE je me permets de vous mettre en ligne (le mardi) les visions scientifiques (de GENIE CIVIL) dans les projections faites sur ce canal.»

En écrivant ce qui vient d'être rappelé, notre ami avait entretenu le suspense, et on s'était pris à penser qu'il devait exister une vérité qui aurait échappé au compatriote Clément qu'il se chargeait de rétablir, afin de bannir de nos petites têtes de profanes l'idée de catastrophe.

C'est vrai qu'il rabâche des choses qui peuvent enthousiasmer ceux qui veulent, mais ne voyant pas l'autre version (par rapport à quoi?) du projet, encore moins la « bonne réflexion sur le plan politique», les démonstrations de l'apport économique demeurant lamentablement sèches, je crois simplement que l'éléphant qui devait détruire la baraque n'est qu'une souris qui tient à peine debout. Car la contradiction attendue ne transparait nulle part.

Pire, en affirmant certaines choses du genre: « En RCA, rien n'a été démontré sur la baisse du niveau des eaux de l'OUBANGUI. L'écoulement de ses affluents reste le même, il n'existe aucune raison de parler de son assèchement », le contradicteur de ces autres intervenants taxés de passionnés, non seulement montre ses limites de la connaissance de son propre pays et son environnement naturel, mais aussi et surtout son mépris du concept de la dynamique écologique et son amateurisme dans l'analyse de la situation qu'il donne l'impression de maîtriser.

Ne me comprenez pas mal si j'ose affirmer que mon père, pêcheur au village Bomboko et mon cousin lui aussi pêcheur à Zinga-Mongoumba, ne voient pas la situation du même œil. C'est le cas aussi pour mon neveux pêcheur installé au bord de la Liwa du côté de Bambari.

Et ne me traitez pas de fou si je vous disais que La Kouanga était un marigot dans lequel, enfant, je me baignais, il y a encore trente années, de même pour Sayévoar, et que les secteurs de Yapélé, Terre Noire, derrière l'école Pétévo, de la villa Kolongo au Collège Préparatoire International, Damala et une bonne partie de Galabadja et Combattant, une importante partie de Kpétènè et l'actuel marché Pétévo, etc., étaient, il n'y a pas si longtemps, des marécages qui se maintenaient même en saison sèche. Et j'ai d'autres souvenirs de ce genre dans la Basse-Kotto, dans le Mbomou, la Ouaka, le compatriote Clément m'ayant volé ceux de la Vakaga et du Bamingui-Bangoran. Enfin.

Notre ami, imitant le Dr Abdulahi de la CBLT lors de son point de presse à Bangui sur cette question, cite des réalisations en Chine et ailleurs pour nous convaincre. Peut-être ignore-t-il que ces travaux ont, en leur temps, connu là-bas des oppositions et fait des victimes et continuent pour certains d'en faire, même si leur importance socioéconomique est établie?

Parlons de ce qui est à notre portée. Pourquoi ce féru spécialiste du Génie civil, qui méprise la dynamique et les effets cumulés générant l'assèchement climatique, ne cherche-t-il pas une solution au problème chronique d'alimentation en eau des agglomérations de Berberati et Mbaïki, pour ne citer que ces deux-là compte tenu de leur importance économique et historique? Pourquoi ne s'implique-t-il pas dans la recherche des solutions pour la maîtrise des réseaux torrentiels à Bangui, Bambari, Berbérati, Mbaïki, Kembé, etc., qui induisent d'importants et parfois spectaculaires dégâts et défigurent notre environnement, que d'adhérer maladroitement à un projet dont il semble avoir une connaissance si approximative? Vous me direz que vous n'êtes pas en Centrafrique? Alors rangez vos ordinateurs et laissez le pauvre centrafricain subir le sort que les plus forts veulent bien lui imposer, et ne venez pas, sous le prétexte d'être centrafricains, ajouter à sa souffrance.

Considérez vous-même la conclusion de votre avant-dernière intervention et dites-moi si vous êtes sérieux d'abord avec vous-même. Il m'arrive des fois de survoler à très haute altitude ce que je lis. Peut-être que cette fois aussi cela a été le cas car, après vous avoir lu et relu, je n'ai pu retenir nulle part les éléments permettant d'entrevoir ces «perspectives politiques, économiques et socioculturelles» dont vous parlez.

Pensez-y un instant cher ami! Ce que vous nous demandez dans la dernière partie de votre conclusion est-il logique? Certains parlent du risque d'assèchement, tandis que vous soutenez la thèse contraire, dont vous n'apportez pas les données justificatives et vous demandez aux autres de s'expliquer?

Enfin, bref! J'ai déjà suffisamment apporté risque une fausse note aux interventions fort constructives des compatriotes Albert Namféï-Koné et Henri Paul Akibata Kette, dont je salue la maturité et la clairvoyance. Car leurs contributions constituent, à mon sens, la véritable « valeur pédagogique » de cette tribune, puisque ayant planté le véritable décor et donné clairement la véritable orientation que nous aurions dû prendre, ceux opposés à la finalité de cette tribune y compris.

Certains ont souhaité qu'intervienne le compatriote auteur de la tribune, mais je crois pour ma part qu'il ne faudrait pas que nous pensions qu'il détient lui, la vérité et qu'il pourrait avoir le dernier mot. Je ne vois dans tout ce qui a été dit, aucune contradiction fondamentale à ce qu'il a énoncé. Il pourrait participer aux débats pour exprimer un point de vue s'il était interpelé, mais pas plus, car je ne vois pas ce qu'il doit défendre par rapport à ceux que l'on serait tenté de prendre pour ses contradicteurs, que ne l'auraient déjà fait les apports des deux intervenants précités.

La face cachée des intentions de notre ami Brice a fini par se montrer dans sa dernière intervention. Puisqu'il perd pédale en voulant prendre à contre pied Monsieur Namféï-Koné qui a relevé des incohérences dans son analyse. A son tour, il cherche à mettre en évidence « SES » incohérences dans l'étude du compatriote Bouté-Mbamba. Pour cela, il préfère une lecture biaisée pour espérer tourner en dérision ce qu'a envisagé ce dernier par des amalgames gratuits. Un peu de respect pour les consommateurs qui eux ne manquent pas de jugeote.

Après avoir lu votre dernière mise au point, je suis reparti revoir le texte de Monsieur Bouté-Mbamba. Je me dis qu'en tant que spécialiste du Génie civil, travaillant en France, où partout vos collègues sont à pied d'œuvre pour trouver des solutions afin d'épargner leur environnement, soit vous faites exprès ou bien votre envie de paraître vous fait tomber en analphabétisme de retour. D'abord chacun qui l'a lu vous dira que Clément parle de dépendance et non de dépense. Mais vous, vous trouvez cela anormal et ironisez avec et croyez en avoir assené à Monsieur Namféï-Koné. Le ridicule qui ne tue pas!

Vous êtes volontiers réducteur de la pensée louable de l'auteur, mais je me répète, ayons un peu de respect pour ceux qui nous lisent. L'auteur en proposant ces solutions sait très bien de quoi il parle. Je ne sais pas quelle qualification il a, mais je suppose, vu la solidité de sa contribution, qu'il ne doit pas être ignorant des données naturelles au Niger, Nigeria, Cameroun, et même au Tchad.

En nous envoyant au désert planter des arbres, vous n'apportez pas une part logique au débat. Vous faites semblant cher ami car vous ne devez pas ignorer l'important travail fait en matière d'afforestation en Lybie, un pays désertique. Arrêtez de nous distraire.

Je sais que vous savez très bien qu'il y a eu d'importants travaux d'irrigation dans les pays tributaires du lac Tchad. Que au Tchad même, non seulement sur les bords du lac, mais surtout en son sein-même de nombreux polders ont été créés, pour répondre aux besoins agricoles et d'élevage, qui ont amputé sur la superficie de la partie en eau. C'est louable votre intention de vouloir coûte que coûte sauver le lac Tchad. Cela n'échappe pas aussi à l'attention de Monsieur Bouté-Mbamba, à ce que je vois..

Je tiens à rappeler que le problème des eaux de l'Oubangui ne date pas d'aujourd'hui. Nos compatriotes acquis au projet du transfert, comme quelqu'un l'a dit, ne se réfèrent qu'à l'un des ancêtres du projet en cours d'élaboration. Car le projet de transfert des eaux de l'Oubangui vers le lac Tchad s'appelle bien de ce nom et non Transaqua. Ceci montre que nous ne parlons presque pas de la même chose et que la véritable motivation de certains se situe ailleurs et pourrait être cherchée au fin fond de leur complicité ou amitié avec Monsieur Bouté-Mbamba qu'ils clament.

J'aimerais informer, pour terminer, ceux qui font peu cas des éventuels risques à redouter, que dans les années quatre-vingt-dix, sous la férule du prestigieux fils de l'Oubangui-Chari qu'est le Professeur Gaston Mandata Nguérékata, alors ministre en charge de l'environnement et de la recherche scientifique du temps du général Kolingba, avait été organisé à Bangui un séminaire international sur l'environnement. Y avaient pris part certaines sommités scientifiques en matière d'écologie, de l'environnement et de la forêt que comptait la terre à l'époque. Ce séminaire précédait le sommet de la terre de Rio de Janeiro de 1992 qui a développé Lagenda 21.

Que nos amis retiennent que déjà en ce temps-là, Palambo et les eaux de l'Oubangui avaient constitué l'une des évocations ayant entrainé des débats vifs et passionnés. La question a été reprise lors des états généraux de la défense sous le président Patassé par la communauté des pêcheurs de Centrafrique.

Il ne s'agissait alors que d'une initiative visant à améliorer le vivier du centrafricain, mais les dégâts occasionnés par les ouvrages de Boali sur la végétation, ainsi que les modifications conséquentes au barrage de Mobaye, laissaient planer des doutes quant à l'opportunité d'une opération de ce genre à grande échelle.

Parlons développement, économie, intégration régionale et autres salamalecs à consonance rébarbative, mais ne perdons pas de vue que tout cela se fait et se consolide par les hommes et pour les hommes.
Même si notre ami réussissait un jour à faire en sorte que toutes les eaux qui traversent le pays d'Alphonse Blagué, de Prospère Tafanguéré, d'Igna Toam Bona, de l'abbé Fatran et de ces autres anonymes oubliés, deviennent internationales comme il souligne avec force, qu'il retienne que toute économie qui se construit au détriment de la sueur et du sang de l'homme n'est autre chose qu'un crime.

En présence d'une opération tendant à diviser systématiquement le Centrafrique en deux, avec une ligne sud-nord de l'envergure de l'Oubangui, comment un fils digne du pays peut-il rester indifférent et se murer derrière des principes soi-disant régionaux qui ont déjà montré, pour nous centrafricains, tant de limites?

Je m'attendais à ce que la contre analyse publiée, qui d'ailleurs le souligne, nous offre les voies et moyens dont on pourrait disposer pour conjurer les éventuelles pertes et autres menaces de modification de certains écotypes. Mais je n'ai vu que du vent.

Voilà pourquoi je donne entièrement mon aval à la proposition soutenue par le compatriote Henri Paul Akibata Kette, dans le sens des indications fournies par notre frère Albert Namféï-Koné.

Nos égos sont infiniment petits. Taisons-les pour que prévalent les intérêts légitimes et souverains du Centrafrique et des générations à venir.

Brice Goddot Nzonguia (01/01/2010) : Ub Anguien

La vision scientifique d’un projet est la manière de selon laquelle le projet doit être envisagé. Elle est donnée dans les études de faisabilité comme j’ai défini précédemment. Sans vouloir vous vexer, il ne faut pas tenter des explications sur des choses qui ne sont pas à votre portée. A priori, ce groupe de mot vous impressionne mais cela ne reste que le jargon utilisé dans ce domaine (cf. dico bat)   N’attendez pas de cela une science astronomique (bref)

Ce qui a échappé à l’auteur est de citer les barrages au niveau de la RDC. Ce qui change toutes les données du fait que l’on ajoute de l’eau dans le bassin de l’Oubangui. Expliquer aux lecteurs qu’on veut retirer 3150 m3/s d’eau de l’Oubangui qui a un débit moyen de 4092 m3/s pour les conduire au Lac Tchad et PROCLAMER la sécheresse, c’est susciter des réactions comme les vôtres.

Les explications (encore une fois) sont les suivantes : les barrages apportent des quantités d’eau supplémentaires qui sont reportées au Lac Tchad. Les affluents de l’Oubangui gardent leur flux (débits). Voici comment je justifie que le cas de l’Oubangui ne représente pas la catastrophe que vous citée.

Alors comment justifiez-vous cette sécheresse due au canal ? J’ai comme l’impression que cette question vous met en difficulté, bien au contraire elle devait vous permettre de réaliser que ce projet parle de TRANSFERT.

Les explications par les marigots de La Kouanga ou du CPI qui ont disparu, et qui serait la preuve d’assèchement au niveau de l’Oubangui (j’espère que je vous ai mal compris) montre encore une fois certaines limites. Car voyez-vous, lorsque vous avez de l’eau en surface et qu’il existe un canal à proximité dont la profondeur du lit augmente avec l’érosion, la nappe phréatique ruisselle dans le canal quand le fond de celui-ci est plus bas que le niveau de cette dernière. Donc les marigots disparaissent. Les photos ci-après montrent l’intersection du canal à Sica-Castors et celui qui prend naissance à Kokoro en passant par Kpètènè. La taille des ouvriers qui travaillent vous permettra de réaliser la profondeur de ce canal. Alors dites-moi, comment pensez-vous obtenir des marigots à la surface du sol, lorsque le fil d’eau dans le canal est plus bas. Regardez les canaux dans certaines villes du nord et vous remarquerez que le fait de maintenir les eaux dans le canal est pour quelque chose.

   

Nul ne conteste les variations des débits d’eau dans les rivières Mbomou, Ouaka, Kotto et les autres, mais elles continuent d’alimenter l’Oubangui c’est pour cela qu’on vous dit que ce fleuve conserve ses affluents. Il y a eu des études faites sur 58ans sur les rivières de la RCA. Ces études ont noté une période de sécheresse et parlent en même temps d’un équilibre dans les bassins. Par ailleurs, ne citer pas les eaux de Bamingui, Bangoran et celle de la Vakaga qui n’ont rien à avoir avec l’Oubangui au risque de penser que vous non plus, vous ne connaissez pas votre pays. Par contre si cet exemple à été pris pour souligner la sécheresse, alors merci de croire que ce canal dont le tracé épouse les rivières qui drainent vers le Chari, apporte de l’eau dans ces bassins et cela n’est pas une perte en eau supplémentaire pour les Centrafricains. Le Bamingui et le Bangoran se jette dans le Chari.

Enfin, le transfert des eaux ne représente pas une science de souvenir et d’amalgames tels que faits dans votre récit qui montre certains limites d’une part et soulèvent à nouveau ce que Vianney K. vous à déjà dit : « vous vous adresser personnellement à moi »

Ceci étant, votre aval ne restera qu’une goutte d’eau dans ce canal dont les accords ont été ficelés en 2005 et que les études de faisabilité sont en cours.

Sur le plan politique, l’auteur a voulu signifier ‘les limites des prestations’ en les citant sur le plan juridique et économique lorsqu’il parle du barrage de Palombo. Pour ma part, j’ai situé son idée sur le plan politique (de la sous région) en proposant une solution technique de construire deux ports, à l’entrée et à la sortie du territoire centrafricain. Ainsi les eaux peuvent être internationales et le sol restera centrafricain. La politique en elle-même ne m’intéresse pas, mais pas du tout alors, je fais place aux intéressés.

Ub Anguien : « en présence d'une opération tendant à diviser systématiquement le Centrafrique en deux, avec une ligne sud-nord de l'envergure de l'Oubangui, comment un fils digne du pays peut-il rester indifférent et se murer derrière des principes soi-disant régionaux qui ont déjà montré, pour nous centrafricains, tant de limites?

La rivière Kotto dont le bassin est identique à l’Oubangui, divise bien le pays en deux parties puisqu’il part depuis le Massif des Bongo et se jette dans l’Oubangui, vous ferez mieux de consulter une carte de votre pays. Ce constat permet d’écarter les commentaires inutiles (de contestation) car vous voyez en cela, un fils indigne à son pays (réaction normale puisque vous ne voyez que des catastrophes partout). Mes observations concernaient le nombre de ponts et même le TYPE pour éviter la construction des petits ouvrages comme les ponts sur le réseau routier actuellement. Vous verrez par la suite que ces ouvrages vous donneront une vue imprenable et peuvent susciter des intérêts touristiques. Pour votre gouverne, le fleuve Congo qui est plus grand que l’Oubangui divise le pays en deux, mais reste un trait sur la carte à l’échelle du pays et qu’il existe plusieurs pays au monde qui ont des rivières en diagonale. Cela ne fait pas des fils indignes ! (merci de limiter vos injures)

Ub Anguien : Pourquoi ce féru spécialiste du Génie civil, qui méprise la dynamique et les effets cumulés générant l'assèchement climatique, ne cherche-t-il pas une solution au problème chronique d'alimentation en eau des agglomérations de Berberati et Mbaïki, pour ne citer que ces deux-là compte tenu de leur importance économique et historique? Pourquoi ne s'implique-t-il pas dans la recherche des solutions pour la maîtrise des réseaux torrentiels à Bangui, Bambari, Berbérati, Mbaïki, Kembé, etc., qui induisent d'importants et parfois spectaculaires dégâts et défigurent notre environnement, que d'adhérer maladroitement à un projet dont il semble avoir une connaissance si approximative?

En vous lisant, j’avais de l’estime mais voyant que vous vous attaquez en ma personne en plus de ce qui est dit avec Vianney K. (ce que je trouve dommage dans ce débat) je me permets de vous dire ceci : Par vos ‘clic’ vous êtes parvenu à connaître mon domaine d’activité, ce que je n’avais jamais mis en avant pour justifier un raisonnement (style : C’est le patron de la CICOS qui parle svp). Par ailleurs les connaissances approximatives que vous m’accordez sont utilisées par d’autres, dans les pays que vous avez cités sur d’autre projet d’envergure. Ce qui devait vous interpeller à cogiter plusieurs fois avant de vous lâcher. Pour ma part, je reste disponible et intéressé à intégrer de manière ponctuelle (car moi aussi, j’ai choisi de travailler à l’extérieur) l’équipe qui étudie les solutions aux problèmes d’alimentation en eau de nos agglomérations..

Et pour la suite, je préfère échanger avec des personnes qui acceptent un débat contradictoire dans le respect de l’autre et qui assume leurs identités, si vous ne voyez pas d’inconvénient.

Singuila.

Albert Namfeï-Koné (02/01/2010) : Bonjour à tous ceux qui participent à ce débat. Je souhaiterai poser une question au compatriote BOUTE MBAMBA et à toute autre personne susceptible de m'éclairer sur ce point. En dehors du lac de retenue de Palambo, des barrages de régulation, quelles sont les engagements fermes projetés dans ce projet? Je parle du projet du transfert des eaux de l'Oubangui et de rien d'autre. Prière donc aux brasseurs de vent d'ignorer mon interpellation, merci.

"Ub.Anguien" (03/01/2010) : Qu'ainsi la messe soit dite.

1.- « Le débat initié par le compatriote, l'histoire le dira, mérite mieux que ce que certains avec beaucoup de maladresses et d'insuffisances tentent de démontrer.» (dixit Albert Namféï-Koné).
2.- « Qu'ils prennent la peine de regarder autour de nous pour constater que même les ''meilleurs d'entre nous'', les experts se trompent. Alors écartons les fausses courtoisies et soyons humbles.» (dixit Vlassov)
3.- « Et pour la suite, je préfère échanger avec des personnes qui acceptent un débat contradictoire dans le respect de l'autre et qui assument leurs identités, si vous ne voyez pas d'inconvénient.» (dixit Brice Goddot-Nzonguia).

Au regard de ce que certains compatriotes ont dit, j'ai, en intervenant encore une fois, presque honte de donner l'impression de vouloir faire de cette tribune une affaire personnelle. Que les amis me pardonnent!

Je me suis amusé, avant de me remettre devant mon ordinateur, à faire une statistique par rapport à cette tribune. Un examen rapide m'a ainsi donné le résultat suivant:
*Nombre d'intervenants: 12
* Les avis favorable: 10=83,33%
* Les avis défavorables: 2=16,67%
* Neutres : 0.

Ce constat parle. Il me permet d'affirmer que je ne rougirai jamais, si ma nature le permettait, de ce que mon aval reste une goutte d'eau dans ce canal si cher à notre ami.

Darlan, Fatran, Guériot, Mbongo, Obrou, Méya, Kenguélèwa, Banza, Tafanguéré, Blagué, Elisabeth Domitien et j'en passe, avaient, eux aussi, exprimé des avis qui étaient restés dans les canaux des intérêts de certains d'entre les fils de Centrafrique. Mais rien ne me dit, de l'histoire sociopolitique et économique de notre Centrafrique, qu'ils aient eu tort. Bien au contraire.

Il n'y a rien de nouveau à cela sous le ciel centrafricain, mais le soleil, si Jésus ne pose pas avant ses divins pieds sur le Mont des Oliviers, poindra bien un jour, même si, comme eux, je ne serai pas là pour jouir de sa lueur.

J'aime et respecte beaucoup chaque centrafricain, quel qu'il soit. Par conséquent je ne peux me permettre de continuer à jouer à ce jeu puéril de « m'as-tu vu », autour de sa misère.
Le prix, que notre peuple a payé et paie encore à ce jour pour son existence, ne mérite pas ces exhibitions bon marché. Il y a mieux à faire.

Vous parlez de débats contradictoires? Un débat n'est contradictoire que lorsque les opinions des uns font l'objet des critiques, constructives ou peu constructives, des autres, dans un esprit de conciliation pouvant mener à la réalisation d'une entente autour d'un compromis qui valorise un idéal.

Dans ma petite tête de cultivateur, je crois l'avoir déjà dit, nul, au cours d'un débat sur un thème donné, ne devrait, à partir des préjugés défavorables et des a priori du genre de ce que nous lisons, croire détenir seul le monopole du véridique, au point de vouloir coûte que coûte l'imposer aux autres, la majorité sur le coup, en interdisant tout questionnement, toute remise en cause.

Si on ne peut pas soutenir des remarques acerbes, ce qui est courant quand des matières grises sont en présence, on n'a qu'un seul espace où on peut évoluer sans courir ce risque: notre cuisine. Là au moins on ne risque pas de croire qu'un mal puant intellectuel de mon espèce s'en prend à nous ou s'attaque à notre personne, alors que seuls les points de vue que l'on défend intéressent.

J'ai beau être le cultivateur centrafricain que je suis, ce dont je suis fier, je sais lire, analyser et comprendre ce que l'on écrit, grâce justement à un certain GODDOT qui me façonna en me transmettant d'indéniables valeurs citoyennes à travers ses leçons de Morale et d'Instructions Civiques, dans l'un des établissements scolaires de Bangui. Je n'ai pas besoin de réaliser des clics pour faire une déduction et catégoriser quelqu'un si mu par le souci de paraître.

J'aime réfléchir et avancer des propos à l'emporte pièce, car je suis un embarrassé naturel qui cherche un illuminé pour le porter vers la lumière du savoir et les sommets de la connaissance. Instruction ne pouvant forcement s'acoquiner avec intelligence encore moins avec sagesse.

Comme tel, je me demande: Qui, de ces premiers hommes arrivés sur ce territoire appelé aujourd'hui Centrafrique, avait ouvert le passage emprunté par le cours de la Kotto? Paul Langba, mon bi-arrière-grand père à Fouloumbala, l'actuel Kembé, et mon grand oncle Honoré Kongbo à Bria, se tromperaient-ils en croyant et faisant croire à leurs descendances, que la Kotto, au même titre que la Ouaka, le Chinko, le Mbali, le Mbomou, etc., sont ouvres de Dieu pour que les hommes en vivent? « Ngu agwe lo oko aba! », dira l'imense cerveau centrafricain, Albert WILIBIRO-PASSI.

Comparons des choses comparables cher ami. La Kotto n'a rien modifié et ne constituera jamais un risque de modification du paysage et de l'écologie du Centrafrique, dont elle est partie intégrante selon le plan du Créateur, contrairement à votre canal. C'est ici notre souci. Rien d'autre.

Ne nous voyons pas en centres de l'univers et ne croyons pas que nous nous trouvions en présence des personnes ignorantes des sciences et des techniques dont nous voulons paraître porteurs exclusifs, encore moins des réalités actuelles de notre terroir commun.

J'aimerais nous voir avec nos études de 58 années sur les rivières de Centrafrique, ici sur le terrain pour en discuter. Je parle, moi, du vécu avec un œil averti. Et je puis humblement et avec connaissance de cause, dire à mes compatriotes, que depuis fort longtemps, les dispositifs mis en place du temps de l'Oubangui-Chari, pour les observations sur les cours d'eau de Centrafrique, entretenus vaille que vaille du temps de Bokassa, ont vécu. Mais on trouve encore ça et là leurs vestiges, qui sont à ce jour des témoins suffisants pour renseigner sur l'évolution de l'étiage de nos rivières, singulièrement celui de l'Oubangui. Toute tentative de démonstration par l'absolu n'est que vain mensonge.

J'ai entendu un jour mon oncle, adjudant ancien de la deuxième guerre mondiale, dire que « le terrain commande le combat.»
.
Le doute que rapporte le compatriote Bouté-Mbamba dans son analyse de la part du haut responsable de la CICOS, à savoir que « les experts de la CBLT ne disposaient d'aucun instrument pour savoir si l'Oubangui avait encore assez d'eau pour pouvoir alimenter le lac Tchad », est assez éloquent et ne laisse nullement de la place pour des spéculations scientifiques hasardeuses, depuis l'Hexagone, à partir des données surannées.

J'ai entendu qu'en France, même l'installation des éoliennes poserait problème et des hommes se soulèveraient contre, car défigurant le paysage. Rien que ça!

Les cas relevés des anciens cours d'eau et des marécages au sein de l'agglomération Banguissoise, ne le sont pas pour justifier l'assèchement de l'Oubangui, mais comportent des éléments d'appréciation expliquant les problèmes d'étiage de l'Oubangui que certains méconnaissent ou minimisent.

Mais je ne veux pas déplaire davantage en disant que la démonstration par le niveau des canalisations, dont la majorité est fort récente, qui auraient drainé les eaux puisque plus bas que la nappe phréatique, est un peu courte car ignorant la réalité du terrain.

Cher frère Albert Namféï-Koné, je fais mienne votre question. Mais laissez-moi vous dire, avant que le compatriote Bouté-Mbamba ou quelqu'un d'autre ne vous réponde, je doute fort que notre brassage du vent ne nous permette pas de voir ces choses. Car les incohérences que vous aviez relevées demeurent et se compliquent même, en dépit des définitions de terminologies diffusées. Puisque nous disons faire ressortir des données d'une étude de faisabilité ayant fait l'objet en 2005 d'accords, tout en soutenant dans le même temps que ladite étude est en cours de réalisation.

Pour terminer, je voudrais humblement mais fermement rassurer le citoyen Brice Goddot-Nzonguia que peut m'en chaut qu'il préfère ou non échanger avec moi, ici ou nulle part ailleurs! Il y a bien plus de quatre millions d'âmes en Centrafrique.

Chacun de nous comprend Machiavel et s'en inspire suivant les intérêts poursuivis.

Je suis de ceux qui placent le Centrafrique avant tout. Point, barre!

Balao mingui kota zo!

Abel Armand Ayezo Aligne (03/01/2010) : Chers compatriotes, bonjour et bonne année 2010.
Depuis la parution de cette tribune, je suis avec intérêts les interventions et les réactions. Le débat est très intellectuel et cela fait naitre en moi un sentiment de fierté vis à vis de mes frères de Centrafrique. J'ose croire qu'avec l'intelligence et la science que nous possédons et maitrisons si bien aujourd'hui, le développement de notre pays n'est pas loin... Seulement, je conçois mal que disposons de connaissances de cette envergure, ce soient encore "les autres" à décider ou mieux déterminer les contours de notre futur. Je le dis parce que d'aucuns avancent comme raison du sort qui nous est réservé soit la convoitise de nos immenses ressources naturelles soit la misère de la Centrafrique comparée aux autres pays de la région (pour ne pas dire sous-région). Quelqu'un ira même jusqu'à affirmer qu'il ne travaillera jamais dans l'administration de son (notre) pays et prétend quand même défendre "ses intérêts"!!! Je n'ai aucune intention de m'en prendre à qui que ce soit mais pour l'amour du ciel, je nous supplie à un minimum de sagesse. En cela je donne raison à Rabelais quand il dit: "science sans conscience n'est que ruine de l'âme".
L'Oubangui est notre âme: c'est ce fleuve qui a donné naissance à notre patrie, c'est lui qui, indiquant le chemin vers l'arbre repère (MBANGUI) a donné existence à notre capitale, c'est lui qui a accouché notre langue le Sango et qui l'a fait croitre grâce à son lit et c'est encore lui qui donne aujourd'hui souffle de vie à notre nation. Mon intervention sera sans doute taxée de sentimentale, O.K ! Mais au nom de quels intérêts économiques ou politiques pourrait-on arguer que le lit de l'Oubangui ne constituera qu'un bassin de rétention pour les eaux qui finiront par << faire vivre le lac Tchad>> ? Tout en sachant bien qu'à l'allure ou va notre planète, rien ne laisse augurer que les débits des rivières visées par ce projet ne subiront aucun changement dans 10, 20 ans. Ne faisons pas les apprentis sorciers avec des connaissances sur papiers, lorsqu'on n'a pas la moindre idée que la Bangui-Ketté, la Bamba et la Ouara sont aussi des affluents de l'Oubangui qui souffrent déjà. Un barrage à Mobaye puis un autre à Palambo et l'Oubangui en aval de Bangui ne sera plus qu'une vaste autoroute de sable pour les dromadaires en provenance du Sahara à destination du Kalahari et je suis fier d'être Centrafricain, petit frère de BOGANDA.
En Italie où je vis, il ya des traces de fleuves qui ont disparu depuis des siècles (dans la région de la Basilicata, il suffit de voir ces grandes vallées restées vides pour savoir qu'elles abritaient jadis des cours d'eau...). Alors je me suis posé une question: pourquoi l'Italie qui est si baignée de mers n'a pas pu faire revivre ces cours d'eau par un simple drainage des eaux de mers ? et cela en dépit du développement dont elle jouit ? Veuillez éclairer ma lanterne chers amis qui soutenez ce projet. Selon vous d'où proviennent les sources de toutes ces rivières ici mentionnées. Des mers ? Des océans ? Peut-être, pensé-je, des nappes phréatiques ou simplement du cycle de l'eau. Comme je suis ignorant !
Je salue tout de même quelques esprits sages qui ont su évoquer les tarissements dont souffrent les eaux de nos cours d'eau depuis un certain temps. Ce phénomène témoigne que la solution à la disparition du lac Tchad n'est pas celle d'y drainer les eaux d'un quelconque fleuve. La raison est que la nature elle même est entrain de fermer ses robinets, depuis que nous sommes devenus si scientifiques et que nous apprenons davantage à lui manquer de respect. Je veux du bien à nos chers frères consanguins du Tchad mais dommage! Ils sauront reconnaitre que la faute n'est pas Centrafricaine.
MBI BARA ALA KOUE.

Félicien Ndarata (04/01/2010) : Bonjour chers compatriotes,
Je lis et suis le débat avec toutes les attentions possibles depuis la parution de cette tribune. Comment en tant que centrafricain qui connaît le quotidien de ses compatriotes ne peut s'interroger sur un projet de telle envergure? Excusez-moi s'il vous plaît. Je me demande si ce ne sont pas des tchadiens qui se sont déguisés sur cette tribune pour nous persuader à adhérer à ce projet? Ceux qui se prennent pour des connaisseurs du niveau des cours d'eau en Centrafrique se foutent éperdument de la gueule de nos compatriotes qui vivent sur le terrain. Moi, suis habitant, mes oncles et ma mère qui vivent encore le long de la Kotto. Mon dernier voyage dans la Kotto remonte en 2001. La Kotto et le Mbomou se rencontrent au niveau du village Limassa. Dans les années 1980 la navigation était facile et même bien avant cette date, il y avait des petits bateaux qui entraient dans la Kotto. À l'heure où je vous parle lorsque tu prends une petite pirogue à partir de Limassa pour remonter jusqu'à Kémbé, la navigation devient quasiment impossible avec de grosses pirogues surtout au mois de Février et Mars. Et pourtant un peu plus bas vers Mobaye, il y a un barrage qui en principe devrait augmenter le niveau d'eau des rivières comme la Kotto et autres qui se trouvent vers le haut mais c'est le contraire qu'on observe. Dire encore détourner une partie de l'Oubangui vers le Tchad, quel sort nous voulons réserver à la prochaine génération? De plus dire que la Kotto divise la RCA en deux pour justifier la construction de ce canal me paraît hasardeux. Jusqu'à présent combien de ponts ont été construits sur la Kotto? Quand bien même nous voulons avoir plus. Quel est exactement le nombre de ponts qui seront construits sur ce Canal? Avons-nous les garanties suffisantes? Ou bien ce sont les forts qui cherchent seulement à prendre nos eaux par l'intermédiaire de leur marionnette, faire de ce qu'ils veulent et laisser notre population dans la boue à leur triste sort? Est-ce que la Kotto cause un impact écologique sur la RCA comme le cas du Canal qui sera construit? Ne faites pas de copie coller sur internet pour faire comprendre aux gens que vous connaissez votre pays. Le quotidien du centrafricain qui souffre sur le terrain est différent de ce que vous racontez gnèingnèin ici!!!!!!!! Je vous prie d'aller au pays et voyager sur le fleuve Oubangui afin de vous rendre compte de l'étiage de nos eaux afin d'accepter de verser une partie vers d'autres horizons s'il vous plaît chers entrepreneurs internationaux. En vous lisant, je me suis dit comme ils sont gentils ces centrafricains? Je crois pour la meilleure des choses que nous devrons faire, est de nous mobiliser pour empêcher un tel projet. Je ne vois pas en quoi ce canal nous servira. D'ailleurs le fond de l'Oubangui a besoin des travaux personne n'en parle. Et déjà c'est difficile aux Bateaux de naviguer dans ce fleuve. Si ce projet venait à aboutir comment les autres bateaux vont naviguer à partir de Brazzaville pour entrer dans ce Canal dit selon vous international? Le Tchad exploite son pétrole, il ferait mieux de mettre la main dans la poche pour assurer une gestion rigoureuse afin de rehausser le niveau du Lac en eau au lieu de gaspiller de l'argent dans la corruption et l'approvisionnement en arme. Imaginez vous si s'était l'inverse, les tchadiens vont se laisser faire aisément comme je les entends dire dans le reportage que vous aller suivre? Chers amis réfléchissons un peu afin d'apporter notre quotient à un tel projet sinon la prochaine génération nous demandera des comptes.
J'en profite pour vous laisser le lien du reportage lié au Lac Tchad, peut-être le compatriote Clément Boutè Mbamba s'est inspiré de ça pour nous mettre cette tribune. http://www.france24.com/fr/20091204-lac-tchad-environnement-copenhague-eau-frade-helene

Je vous remercie

Vianey Koyabe (04/01/2010) : Mon cher compatriote Abel Armand Ayezo Aligne,

Tout d'abord, recevez mes voux les meilleurs pour cette nouvelle année 2010.

Loin de moi, tout esprit de polémique.
Je me permet de répondre, car sans me nommer, vous m'aviez cité dans votre intervention, par les lignes suivantes :
« Quelqu'un ira même jusqu'à affirmer qu'il ne travaillera jamais dans l'administration de son (notre) pays et prétend quand même défendre "ses intérêts"!!! ».

Je vous réponds par souci de clarté, afin d'éviter l'inférence. Je ne « prétends » pas défendre les intérêts de mon pays. Je défends effectivement les intérêts de mon pays, et les défendrais toujours.

Si j'affirme encore une fois aujourd'hui, tout comme j'ai eu à le faire dans mes précédentes interventions que je ne travaillerais jamais dans l'administration Centrafricaine, c'est simplement par ce que j'ai fait le choix de plutôt apporter à mon pays, ma modeste contribution, lorsque le moment sera venu, comme opérateur économique. Jamais comme fonctionnaire de l'Etat.

Je suis de ceux qui cultivent l'ambition d'y intervenir en tant que créateur de valeur ajoutée, car cela correspond à mon tempérament, mais aussi à ma formation et mon cursus professionnel actuel. Je reste convaincu qu'il y'a des Centrafricains plus qualifiés pour occuper les postes à responsabilité dans l'administration Centrafricaine. Moi, je ne me considère pas comme tel. Point !! N'y voyez pas là autre chose.

Voilà pourquoi je ne serais et ne voudrais jamais devenir fonctionnaire dans l'administration Centrafricaine.

Pour ce qui est de la défense de mon point de vue sur le « Projet Lac Tchad », qu'elle soit interprétée autrement ; ce qui est normal dans un débat ou échange d'idée et je vous le concède, ma position reste la même, mes craintes aussi. Et les différentes craintes exprimées par les uns et les autres ici le confirment.

Toutefois, sachez que ce n'est pas pour cela qu'il faut penser que j'occulte les points de vue exprimés par chacun d'entre nous. En fait, je retrouve tout ce que j'exprimais comme craintes.

Très poliment, car vous l'aviez été à mon égard en vous interrogeant sur mes points de vues, je vous prie de considérer qu'a titre personnel, et cela encore une fois ma position reste la même :
 . Je considère et confirme que le document du compatriote est un document de grande qualité, à la fois de par la forme que par le fonds,
 . Je confirme mes craintes soulignées lors de ma première intervention par « l'esprit de polémique » que je me devais de dénoncer. Cela n'engage que moi, et je l'ai fais en prenant soin de préciser que l'auteur de l'article et moi sommes des amis, afin de souligner le fait que ce n'est pas par animosité primaire que j'ai mis un bémol par rapport à certaines des « affirmations » du compatriote BOUTE MBAMBA, mais plutôt par échange intellectuel. Peu importe que cette prise de position fût interprétée autrement par certains des intervenants,
 . Je considère toujours que toutes les interrogations et craintes de tous les compatriotes qui se sont exprimé sur la question sont justifiées, et que je le partage en grande majorité,
 . Je pense aussi que chacun d'entre nous s'est exprimé, dans l'intérêt de notre nation, même si nous ne partageons pas tous les mêmes points de vue sur la question.
 . Enfin, je ne change rien, même pas un mot sur mes interventions, simplement par ce que je crois que chacune des interventions de nos compatriotes sur cette tribune, aussi virulentes qu'elles puissent être, ont aidé à faire le tour de la question.
Je partage vos craintes, et persiste sur le fait que si ce projet devrait être réalisé, il ne le sera jamais au détriment de notre nation.
Sachez que je respecte vos craintes et points de vue !

Très Cordialement,

Henri Paul Akibata Kette (08/01/2010) : En revenant sur cette tribune ayant entrainé une série de réactions pleine de leçons, c'est pour essayer de donner une suite CONCRETE à ce qui a déchainé tant les passions que la raison des compatriotes : L'AVENIR DU PAYS CENTRAFRIQUE.
Tour à tour des arguments ont été avancés. Des inquiétudes remontées à la surface. Tout cela témoigne d'un attachement à ce pays que quiconque ne peut dénier à l'autre. Puisque nous sommes TOUS des Centrafricains et que, à ce titre, l'avenir du pays nous importe, il est plus que temps de donner une envergure à ce débat. C'est-à-dire analyser les différents éléments de cette tribune, nous rapprocher de la CBLT pour connaître la teneur réelle de ce projet, et dénoncer HAUT cette attitude en complétant les solutions de l'auteur de la tribune par une série de mesure à étudier.
Si mes souvenirs sont bons le compatriote Clément est dans le Génie Civil. Son point de vue a été exposé clairement sur ce projet. Le compatriote Brice GODDOT lui aussi dans le même domaine a un son de cloche différent.
Déjà les deux peuvent travailler ensemble avec des éléments propres à ce projet pour avoir un document à nous exposer. Nous pouvons nous réunir à travers ce site pour mettre en place une équipe à travailler sur le plan économique, une autre sur le plan écologique et une dernière sur le plan politique (et même géopolitique).
Avec ces différents travaux, nous pouvons tirer les conclusions qui s'imposent et quel genre d'action à mener efficacement. Cette proposition vise à mettre l'Homme Centrafricain au cœur de son avenir.
La frontière entre pareille action, qui est citoyenne et salvatrice si d'aventure les inquiétudes émises ici sont avérées, et l'action politique est mince. Toutefois l'intelligence dont les uns et les autres ont fait preuve ici (à travers les différentes réactions) est suffisamment dense pour ne pas franchir le rubicond. Nous devons franchir en ce début d'année 2010 un nouveau pallier dans notre attachement à ce pays en donnant, comme je l'ai dit ci-haut, de l'envergure citoyenne à nos idées, à nos inquiétudes et à nos vœux les plus justes pour ce pays.
Comment pourrions-nous justifier un débat si riche, dense et ne pas penser un seul instant à des actions ? Comment comprendre que la somme de ces intelligences et du savoir, de la sagesse, de la passion exprimé ne puisse avoir une portée ? Quel est le vecteur de ce débat ? Et son corolaire ? Nos préoccupations pour le pays se limitera ici à un étalage de ce que l'on sait sans pour autant les réunir afin que la somme ait une résultante digne d'ouvrir une brèche dans les mentalités tant au niveau du pays que pour le reste de notre continent ?
Aujourd'hui nous sommes au carrefour de nos idéaux, de nos vœux pour le pays. Ne faisons pas comme les autres fois où l'occasion s'était présentée et que nous ne nous sommes montrés à la hauteur de celle-ci. Ceci était le cas lorsque, au début de l'année 2008 (14/01/2008) le compatriote Vianey KOYABE a été l'auteur d'une tribune intitulée "Le passeport centrafricain ou la théorie du "y a pas de carnet"!". Cette tribune avait drainé maintes réactions. Pareillement j'avais proposé des idées à amender afin d'en faire une proposition en la transformant en pétition. Cette idée n'avait que but d'endiguer les pratiques dénoncées dans ladite tribune. Cette proposition a été ignorée par les uns et les autres. Et les pratiques dénoncées restent monnaie courante jusqu'aujourd'hui.
Puissions-nous pour cette année coupler les bonnes idées à de l'action pour aider le pays, les dirigeants à ne point se retrouver seuls face à des situations qui engagent une parcelle de chacun de nous ?

SINGUILA MINGUI

Barouki Ombeyadouri Nyako (09/01/2010) : Enfin une note sage et impartiale dans cette tribune!

Cher compatriote Henri Paul, vous avez tout mon soutien. Assez de verbiage inutile car ça ne sert pas à notre pays. J'appartiens au peuple d'éleveurs de la Ouaka. La question pour nous autres est la suivante: est-ce que ce canal pourrait-il permettre de trouver une solution au problème de sédentarisation des éleveurs mbororos? On me dira que je suis hors sujet, mais c'est aussi un problème récurrent en Centrafrique. On pourrait y réfléchir, car chaque année il y a conflit entre éleveurs et agriculteurs à cause des pâturages et de l'eau. Et il y a bien d'autres domaines de la vie du pays qui exigent des solutions radicales et urgentes. Ce qui tarde à se faire, les différents régimes préfèrent regarder à autre chose.
La France est, depuis le retrait de l'ORSTOM, très peu visible sur le terrain spécifique du développement rural et la CEMAC pratiquement y est absente. Comment expliquer que nous devrions nous appuyer sur le principe de régionalisation et de la tutelle française pour ce projet?

Je félicite le compatriote à l'origine de cette tribune. Je prie cependant les autres à nous épargner l'économie de leurs raisonnements trop scientifiques.

La question est simple: devrons-nous aider à solutionner le problème que pose l'éventuel assèchement du Lac Tchad? Si oui, la meilleure solution est-elle ce canal pour le transport des eaux de l'Oubangui, en ignorant sciemment le déterminant rôle qu'a joué et que peut encore jouer le fleuve Oubangui dans l'histoire et la vie de chaque instant de notre pays?

Je crois pour ma part que le moindre risque d'aggraver la situation sur l'Oubangui peut être suffisant pour nous pousser à regarder dans d'autres directions pour venir en aide à nos amis tchadiens.

N'oublions jamais qu'en dépit de la densité du réseau hydrographique, l'Oubangui restera pour nous ce qu'est le Nil pour l'Egypte.

Vous avez dit ce que nous devrons faire compatriote Henri Paul. Je suis favorable au schéma que vous proposez. Je réserve mes points de vue pour ce travail d'intérêt national.
Je veux dire que vous pouvez compter sur ma contribution pour faire bouger les choses.

Que chacun sache que ce n'est pas aller en guerre contre le Gouvernement de notre pays que de vouloir exiger que lumière soit faite sur ce projet.

Le Président André Kolingba avait dit un jour: "TI MBI KODORONI NDE AYEKE SOWA? KODORO TI MBI OKO GUI CENTRAFRIKA". Je n'ai peut-être pas bien transcrit, mais l'essentiel est dans cette confession de l'ex-premier des centrafricains.

Aucun autre peuple membre de la CEMAC n'est prêt à transiger avec l'avenir de son pays. Pourquoi faudrait-il que seuls nous centrafricains le fassions?

Pour paraphraser l'ami UB. Anguien, je dis que la solidarité active vaut mieux que la solidarité passive. Nous devons savoir ce que coûte l'effort que nous déploierons pour venir au secours des autres, si nous devons le faire.

MBI BARA ALA KOUWE

Alain Massangué Megba (12/01/2010) :

Chrysost (13/01/2010) : Si les instances politiques de la CEMAC travaillaient comme ceux d'Afrique de l'Ouest nous ne devrons pas arriver à des promesses crapuleuses de soi-disant hommes politiques centrafricains, à ma connaissance c'est un patrimoine partagé par plusieurs pays, pour une telle décision les instances nationales, sous-régionale ( CEMAC et écologie, eaux et forets...), Africaines et les nations unies devraient se retrouver pour analyser et étudier un tel projet. Et nous qui avons l'opportunité de dénoncer une telle catastrophe, ne laisser notre pays aux mains des politiciens corrompus.
SOYEZ sur vos gardes.

"Ub.Anguien" (17/01/2010) : Merci Professeur!
La clarté de votre contribution ne laisse pas de place à la dispersion intellectuelle. En complétant magistralement notre compatriote auteur de cette tribune, vous venez d'ouvrir une importante fenêtre sur ce problème. Cela suffit je crois, pour permettre de se faire une idée sur ce projet. Surtout que vous avez su montrer que notre Oubangui, en tant que tel, est déjà un grand malade. Il a donc, à son niveau, besoin de prise en charge au travers d'une thérapeutique non plus préventive, mais curative et qui pourrait s'avérer de longue haleine.

Nous ne pouvons pas nier qu'à l'allure où vont les choses aujourd'hui, ce projet ne pourrait que se réaliser. Que ne peut l'homme déterminé s'il sait compter avec les grands de cette terre et qu'il dispose des arguments pour? Nous savons pertinemment qu'il y a beaucoup de non-dits autour de cette question. Ils participeront à fermer non seulement les yeux, mais aussi les oreilles et la bouche à nos experts sur les risques à propos desquels nous aurions dû être en droit de demander préalablement des mesures efficaces d'accompagnement. Mais comme vous le dites si bien, nous avons le droit de savoir où l'on veut nous conduire, et à quel prix.

Mais cette triste réalité ne m'empêchera pas de penser, que cet argument des 8% qui ne toucheraient pas le potentiel de l'Oubangui, soit par trop fallacieux. Comme fallacieux aussi est l'idée de croire, qu'en ces temps d'incertitude, l'on puisse entreprendre et mener à terme des travaux d'une si grande envergure dans le Nord-est de la République Démocratique du Congo, aux entournures si inconstantes et peu incontrôlables. Surtout, qu'en regardant de près les cours d'eau visés, on note que deux sont tributaires du fleuve Congo (Aruwimi et Lindi) et n'ont rien en commun avec l'Uélé. Ils sont situés dans l'Ituri dont l'évocation peut faire frissonner les connaisseurs de cette partie du grand Congo. Détourner les cours respectifs de ces rivières pourrait ne pas s'avérer simple et emporter l'adhésion sans conditions de ceux de là-bas.

Vous faites par ailleurs bien de mettre en évidence ce problème d'étiage qui a réduit substantiellement la navigation sur l'Oubangui, en seulement trente petites années. Là, il n'y avait pas de charges supplémentaires. En outre, la liste des utilisations futures que vous donnez est effarante. Ajoutée à ce que j'ai pu voir à partir du documentaire dont le compatriote Félicien Ndarata a fourni le lien, ça en fait trop. On peut alors se demander, comment feront-ils pour réussir que seuls ces 8% soutirés sur le fonds congolais puissent se retrouver dans le lac Tchad, nonobstant la déperdition par infiltration et évapotranspiration!
Car il faut bien tenir compte du climat et des sols dans les zones que devra emprunter le tracé de ce canal.

Les images que vous nous montrez de Palambo et de Bonguiswa sont assez évocatoires. Elles soulignent l'importance du phénomène d'ensablement que l'on retrouve dans les lits des différents cours d'eau du pays. Dans mon esprit, cette vue de Palambo qui n'est pas sans suggérer celle de la mare de Gata montrée par le compatriote Clément Bouté-Mbamba, est tout simplement hallucinante. Dire qu'il y a environ trente ans, je passais par là en Challans jusqu'à Béma dans le Mbomou!

Vous nous apprenez cher Professeur, que nos frères de la République du Congo sont à pied d'œuvre pour examiner la possibilité de donner un prix au mètre cube qui sera transféré. C'est une bonne chose. Cela prouve au moins qu'ils voient concrètement ce problème du point de vue purement congolais.

Mais est-ce que cela suffit-il? La préoccupation que les Congos et le Centrafrique auraient pu avoir n'est-elle pas avant tout la viabilité de ce cours d'eau à long terme, ainsi que l'état de sa navigabilité?

Pour une rivière chargée d'histoire et qui a servi, durant une bonne partie des deux siècles derniers, à ouvrir nos contrées au monde et à faire la liaison entre nos trois Etats et même le Tchad, vouloir s'attendre à ce que son rôle se réduise à celui de réservoir d'alimentation du lac Tchad, est à mon sens un peu surréaliste. Mais je leur fais confiance à mes frères congolais; car, connaissant la valeur des responsables de ce côté-là et leur engagement à défendre le grand bassin du Congo et les intérêts de leur nation, je crois qu'ils ne se laisseront pas facilement griser par l'appât d'un hypothétique apport financier. Il y a donc lieu de les encourager à s'atteler avec tout le sérieux que requiert ce problème, dans l'étude d'impacts, si toutefois c'est à eux-mêmes que cela revient.

Mais j'aimerais dire que les deux Congos ont peut-être suffisamment du fric pour ouvrir et maintenir, à travers leur jungle respective, des routes lourdes bien consolidées et équipées en remplacement de l'Oubangui pour rallier les localités de la Likouala et du nord de la province de l'Equateur. Ce qui n'est pas, jusqu'à preuve du contraire, le cas pour la RCA.
Mais, même les Congos feraient mieux de s'interroger. Car, à ce que je sache, leurs réseaux routiers, particulièrement dans les régions desservies par l'Oubangui, ne sont pas des plus enviables. Qu'est-ce qui, dans ce cas-là, remplacera l'Oubangui s'il venait à subir le phénomène d'endiguement?

Vous avez dit catastrophiste? Point du tout! Plutôt réaliste.

Voyons! La contribution de notre compatriote met en évidence qu'il y a bien «péril dans la bouteille Oubangui». Par contre, rien aujourd'hui ne permet scientifiquement d'attester que le lac Tchad soit voué à une disparition radicale, ou que la baisse du niveau se poursuivra encore et au même rythme. Le souci de nos frères du Tchad et du bassin du lac Tchad, il me semble, est tout simplement la remise en activité des multiples ouvrages d'art destinés à soutenir l'agriculture, qui sont actuellement désaffectés.

Nous centrafricains sommes bien placés pour comprendre que depuis que le chemin de fer Congo-Océan est dans l'impasse, et que l'Oubangui est rendu incapable de jouer son rôle en matière de communication, l'approvisionnement des marchés de notre pays et l'évacuation de nos produits à l'export se sont amenuisés et sont devenus prohibitifs. Cela est-il peu de chose?

Je pense que rien, a priori, ne peut nous empêcher de voir, que le terrain de lutte pour notre survie à nous-mêmes d'abord, puis pour nos frères tchadiens, ne peut être ce principe du transfert des eaux que l'on a projeté. Comme vous le démontrez, la mère Nature n'aime pas que l'on la brutalise. Quand on ne lui donne pas le coup de pouce dans le sens qui lui convient, elle finit toujours par se venger. Ce qui peut conforter dans cette pensée que la Nature n'a pas changé et elle ne changera jamais. Ce n'est que l'homme qui change. C'est ce changement incessant suivant les besoins de l'heure, qui nous amène à nous voiler la face souvent, et nous empêche de nous poser les bonnes questions. Et l'humanité, à Rio de Janeiro en 1992, avait déjà posé les bases pouvant nous amener à éviter de tomber dans ces travers préjudiciables avec l'Agenda 21. Quel sort lui avons-nous réservé à ce jour?

Je crois que c'est cela le sens que prennent les suggestions du compatriote Bouté-Mbamba que vous avez fort judicieusement complété cher Professeur. Comprenons que le but de cette tribune n'est pas de vouloir coûte que coûte parvenir à ce que soit empêchée la réalisation de cet ouvrage. A moins que l'auteur ne me contredise, la préoccupation est de s'assurer que cette opération ne puisse comporter des envers à court ou à long terme, de nature à porter un coup fatal au faible tissu socio-économique, politique et culturel du pays. Et le moindre indice, dans ce sens, pourrait alors être suffisant pour que l'on prenne le temps de la réflexion.

J'ai cru comprendre, de notre Constitution, que le Président de la République oriente la politique du pays, mais qu'il la définit à partir des éléments que lui fournissent les experts disséminés au sein des différents départements ministériels et des organismes privés et non gouvernementaux. Dans ce sens, je crois que les hommes de sciences de Centrafrique, l'Université de Bangui, ce qu'il y a d'ONG sur la place en matière d'environnement et d'économie durable, devraient se sentir concernés et œuvrer en vue de mettre à la disposition du Gouvernement de notre pays, tous les paramètres d'appréciation de ce projet. Pour l'intérêt de notre pays, pour la justesse et la portée historique des actes posés par notre Président. Je suis pour ma part prêt à contribuer techniquement à ce genre d'action, si des études parallèles à celles de la CBLT s'avéraient nécessaires.

Du courage dans votre difficile mission de formation de l'avenir de notre pays!

Wilfrid (26/01/2010) : Salut mes frères, vous savez je loue la façon avec la quelle vous vous battez pour ce beau pays. Depuis quand, la Centrafrique et le Tchad partagent-ils l'argent du pétrole tchadien? On est des pays voisins mais cela ne veux pas dire qu'on doit laisser le Tchad nous dicter certaines choses. Domage pour moi que je ne maitrise pas bien la géographie de la RCA . Ce pays (Tchad) exploite du pétrole c'est bien tout ça, s'il voit que d'un coté il y a un manque, il faut qu'il utilise sa manne financière dans la partie ou il n'y a pas. Et comme l'a si bien dit mon compatriote, chez nous c'est pas du pétrole mais de l'eau (pétrole centrafricain). Et je voudrais que vous sachiez une chose, si aujourd'hui il n'y a pas de conflit, tout simplement parce qu'on a pas encore notre main dans leur gueule mais attendez vous allez voir. Seul l'avenir nous le dira!

Yann Ndélé (27/01/2010) : Bonjour Wilfrid,
Quand on parle du lac Tchad, ce n'est pas du Tchad qu'on parle. Il s'agit de 4 pays et 30 000 000 d'habitants dépendants de ce lac. Bref... Il me semble que dans les années 95-98, un ministre des affaires étrangères du Tchad disait publiquement que la population centrafricaine est composée de 70% de leurs ressortissants et de ce fait ils étaient en droit d'intervenir dans nos mutineries pour protéger leurs ressortissants. Les libérateurs de 2003 en majorité étaient des tchadiens. Tous les observateurs savent que le Tchad, aguerri de 30 ans de guerre civile, peut nous envahir... Enfin la défense de l'Oubangui est beaucoup plus importante et on peut quand même avoir un peu d'humour. Non ce n'est pas un Tchadien déguisé...
Comme répondait un zaraguina à l'époque, entre Bria et Birao, lorsque M Patassé les critiquait sur les ondes " A sala tené mingui ka na Bangui. A ga a tené gué" Avec un fort accent étranger. Tout ça pour vous dire que si nous ne sommes pas en mesure d'assumer notre souveraineté, comment peut on mettre notre main dans leur gueule? Singuila

Wilfrid (29/01/2010) : bonjour yann, le Tchad a 30 années de guerre derrière lui et alors? Qu'est-ce qu'on a à foutre!!! Toute façon il n était pas le seul pays à intervenir en Centrafrique et je te rappelle que s'il n'intervenait pas en RCA d'autres pays devraient le faire, cet argument à mon sens est moins fiable. Ce projet mérite la consultation du peuple centrafricain et si je dis le Tchad c'est tout simplement parce que ceux qui viennent discuter de ce projet sont des responsables tchadiens. Voilà. Ciao!

 

Réagir à cette tribune :
(si votre message est long, rédigez le avec word, notepad, wordpad,... puis faites un copier/coller
ou adressez-le en pièce jointe à webmaster@sozowala.com )

 Nom et prénom
 Adresse e-mail
 

Votre réponse

.

© sozowala.com. droits réservés.