L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

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L’Afrique Centrale, ses Chefs d’Etat et les ONG Internationales

par

Vianey Koyabe

 

Le décès du doyen des chefs d’Etats Africains, l’illustre Omar BONGO ODIMBA laissera un grand vide en Afrique Centrale, et même ailleurs. N’en déplaise aux inquisiteurs de tous bords, pas toujours au fait de la réalité des informations utilisées pour discréditer les personnalités Africaines.

Même si bien sûr, ces derniers ne sont pas toujours des saints. Mais qui l’est vraiment en ce bas monde ?


Certaines facettes de l’occident et leurs relais, tels ces ONG « Africaines » passent par des équations simplistes pour conclure que les populations de certains pays tels le GABON sont pauvres car, le Chef de l’Etat capte la production pétrolière destinée à l’ensemble du pays.
Certaines personnalités occidentales vont jusqu’à comparer le P.I.B du GABON à celui du Portugal, et s’autorisent des jugements simplistes et infondés.

En règle générale, ces raccourcis trouvent leurs sources dans l’analyse erronée des chiffres du FMI et de la Banque Mondiale. L’interprétation de ces indicateurs souvent truffée d’erreurs omet de préciser certaines carences.

Le respect dû aux morts oblige à ne pas poursuivre l’analyse sur le GABON du désormais feu OBO ; mais en prenant plutôt comme exemple le cas d’un pays africain qui ne sera pas cité mais que les plus au fait sauront reconnaître, car producteur de pétrole.

Ce pays typique contre lequel les biens pensants se défoulent, a une population de trois millions d’habitants, et un PIB de l’ordre de 3 milliards de dollars ; soit un PIB par habitant de l’ordre 1000 dollars par an.

En effet, ces chiffres sont bien au-delà du seuil mondial de pauvreté monétaire d’un dollar par jour. Et lorsque ces ONG confrontent ces chiffres aux statistiques de la Banque Mondiale qui évaluent un revenu inférieur à 700 dollars par habitant dans ce pays, beaucoup d’ONG et « d’experts », croient démontrer le haut niveau de corruption dans ce pays.

Certains « experts » ou ONG vont jusqu’à évaluer avec « précision » que 300 dollars par habitant partaient dans la corruption.

Toutefois, et c’est d’ailleurs l’objet principal de cette réflexion, ces « experts » n’intègrent jamais les conditionnalités ou les modalités de partage de la rente pétrolière. En réalité, toutes les statistiques avancées plus haut ne veulent rien dire.

En réalité, la moitié des 3 milliards de dollars soit 1,5 milliards proviennent du pétrole. Ces ressources sont en réalité reversées largement aux compagnies pétrolières, au travers des contrats de partage de rente qui, en réalité ne laissent à ce pays que le tiers du 1,5 milliards de dollars. Soit 500 millions de dollars.

Ainsi, le simple reversement de la part du pétrole revenant à la compagnie pétrolière, amputera donc le PIB, du tiers de sa valeur.

Ensuite, il faudra soustraire le service de la dette gagée sur le pétrole ; soit 258 millions de dollars par an.
Le delta restera ainsi provisoirement au pays producteur ; soit 242 millions de dollars.

Au final, le pays producteur ne dispose en réalité pas des 3 milliards de dollars, mais de 1,7 milliard de dollars. Ce qui équivaut à 566 dollars par habitant et par an.

Visiblement, 40% du PIB soit 1,3 milliard de dollars, s’est donc évaporé rien qu’avec les modalités du partage de la rente pétrolière et de la dette gagée sur le pétrole.

Toutes ces notions n’ont pas été avancées pour défendre ou justifier, voire nier l’existence de la corruption en Afrique. La corruption n’étant pas une spécificité « Africaine » ou des gouvernants Africains, car on pourra en dire autant sur l’occident et ses hommes politiques.

Tous ces points ont été évoqués pour souligner le fait que l’utilisation des indicateurs n’explique pas tout. Surtout si cette utilisation est erronée.

En tant qu’Africain, nous nous devons de faire un peu plus preuve d’intelligence vis-à-vis de ces organisations qui ne défendent pas toujours vraiment les intérêts de l’Africain moyen. Mais plutôt en règle générale, l’intérêt de lobbys et autres puissances politiques et financières. Surtout depuis que la Chine « pointe son nez » en Afrique, et que certains décideurs occidentaux semblent réaliser le « danger » de cette nouvelle relation, accusant la Chine de tout ce dont l’occident a passé des siècles à faire en Afrique.

Encore une fois, l’Afrique serait dans l’attente des grands « chevaliers blancs » devant voler à son secours, ayant aussi le rôle de distributeur de bons et de mauvais points ; et à qui il ne faudra jamais demander des comptes ou de repentir par rapport au passé.

Le maintient perpétuel de la masse dans l’ignorance par les dirigeants Africains ; l’opacité de la gestion des revenus des ressources naturelles, sont des situations facilement manipulables par ces « bien-pensants ». En réalité les choses sont loin d’être aussi simples que pourrait penser l’homme de la rue.

Participer ou jeter le discrédit sur nos leaders, en nous basant sur les théories des inquisiteurs qui cassent du sucre sur le dos du continent Africain pour exister, n’installera jamais le dialogue. Quelque soit le type ou la génération de Chefs d’Etat Africains car les choses sont plus compliquées qu’on ne le pense.

Mais qui d’autres que les Leaders Africains eux mêmes, auraient la responsabilité d’expliquer ces choses à leurs peuples ? Cela pose d’autres questions de comportements et de mode de fonctionnement au niveau des gouvernants Africains. Il y’a encore des efforts à faire au niveau de la communication.

Vianey Koyabe
 

Réactions à cette tribune

Bewann Lala-Gomana (29/06/2009) : Excellente analyse Vianey ,
A travers l'exemple de la répartition de la rente pétrolière tu a mis en évidence l'incapacité d'une économie dominée par la logique de la rente à enrichir sa population .
Mais je pense que tu minimises un peu la responsabilité des gouvernements Africains dans cette incapacité à créer les conditions favorables à l'accumulation du capital.
Depuis l'indépendance la question pertinente à laquelle tout gouvernement africain se doit d'apporter une réponse est de savoir Comment sortir de la logique de la rente?
Comment substituer une logique de redistribution par une logique de production ?
Il semblerait que 40 ans de règne au Gabon n'ait pas suffit au président et à son équipe gouvernementale pour sortir l'économie Gabonaise de la logique de la Rente .
C'est le même constat pour la majorité des pays africains .
De combien de temps ont ils besoin finalement?
100 ans? 1000 ans? 10 000 ans ?
Parce que pendant ce temps le niveau de vie des populations de ces pays se dégrade de jours en jours.
Pour exemple les pays du Sud Est Asiatiques sont devenues des NPI (Nouveaux Pays industrialisés ) en moins de 20 ans sans pétrole ni Uranium et manganèse!

Max Hervé Déa (02/07/2009) : la rente pétrolière, le diamant, le bois tropical, et autres il faut savoir les gérer dans le temps pour garantir une meilleure vie à la génération future. Il n'y pas un modèle standard de développement, chaque pays africain ou du tiers monde en général se doit de mettre en place un système institutionnel qui permet d'éviter les abus des hommes d'Etat véreux qui s'enrichissent au détriment de leur pays. Les pays occidentaux sont des fois complices de cette situation mais ils ne sont pas les principaux générateurs, ce sont nos dirigeants. Si je prends l'exemple de notre pays la Centrafrique les présidents ne sont pas riches mais au contraire ce sont les premiers ministres et les divers conseillers qui ont des actifs et ça personne ne trouve anormal. Sous le régime du président ANGE FELIX PATASSE et du président ANDRE KOLINGBA beaucoup des hauts fonctionnaires favoris des régimes ont abusé de biens et fonds publics. Le gouvernement de GABRIEL JEAN EDOUARD KOYAMBONOU, ANICET GEORGES DOLOGUELE, MARTIN ZIGUELE méritent d'être poursuivis un jour par l'Etat centrafricain pour crime économique et détournement des biens de l'Etat et leur culpabilité serait facile à démontrer. Force est de constater que ces premiers ministres dont j'ai cité les noms n'ont jamais été inquiétés et circulent librement sur le territoire centrafricain. Monsieur ANICET GEORGE DOLOGUELE malgré ses multiples détournements continue d'être maintenu au poste de directeur général de la Banque de Développement des Etats de l'Afrique Centrale (BDEAC) par le régime du président BOZIZE alors qu'il y a des jeunes cadres centrafricains dynamiques qui pouvaient représenter dignement notre pays à la BDEAC. Il en est de même pour Martin ZIGUELE qui en plus de ses détournements s'est permis de mettre sa candidature pour être président de la république, lui qui n'était même pas en mesure de payer les salaires de fonctionnaires centrafricains, c'est malheureux et vraiment malheureux pour notre pays. Mais ayant foi au sacrifice du PRESIDENT FONDATEUR BARTHELEMY BOGANDA et l'Etat leur demandera compte un jour.

Francis Kopaye (02/07/2009) : Bonjour Vianey,

Ta réflexion est correcte. Je suis de ceux qui pensent intimement que le problème du développement économique voire social de l'Afrique n'est pas qu'une question de « sous » ou de «l'hégémonie» occidentale.

Quelques d'africains sont d'accord aujourd'hui pour dire que leur continent regorge de richesses. Mais ce qui manque à notre cher continent c'est une vision prospective audacieuse et ambitieuse. Nous avons tout ce qu'il faut pour développer significativement l'économie africaine et répercuter ses produits à l'échelle des Etats. Mais la cupidité de nos dirigeants occulte foncièrement les possibilités qui s'offrent au continent et la vision à long terme des perspectives socio économiques.

A mon avis, les conditions nécessaires au développement effectif du continent, donc des Etats, se trouvent dans la gestion concertée des richesses pétrolière, minière etc. il s'agira pour les dirigeants du continent de spécifier et de déterminer, par zone géographique, l'industrialisation du continent par exemple. Cet esprit de gestion concertée peut se traduire par la capitalisation, la mise en commun de la formation et de la recherche universitaire :
- Assurer la formation des étudiants et des cadres africains dans les universités et grandes écoles implantées sur le continent.

Il faudrait aussi créer des dispositifs institutionnels capables de réguler et d'organiser ne fus que le fonctionnement des systèmes économiques :
- Créer un organe qui va coordonner, sur le plan économique, les missions des CEMAC, CEDEAO etc.

En d'autres termes, si les Africains ne souhaitent plus vivre ce sentiment de « néocolonialisme » occidental, de subir la fuite de cerveau et des capitaux (des richesses), ils se doivent d'unir leur force à l'exemple des Etats asiatiques. La plupart des chefs d'Etats et responsables africains ont vécu en occident. Mais lorsqu'on compare l'organisation de leurs communautés à celle des communautés asiatiques, il n'y a pas photo !! Le sens de la solidarité, le patriotisme sont les vecteurs d'une meilleure organisation. L'exemple de la stagnation voire de l'échec du projet des Etats-Unis d'Afrique est l'illustration parfaite de ce manque de solidarité, de cohésion et de vision d'ensemble des perspectives africaine. B. BOGANDA et ses compères avaient compris cette nécessité à leur époque. Cette piste me semble être l'axe d'orientation d'une économie africaine outillée et galvanisée !!

Le problème que tu évoques dans ta réflexion trouve, à mon humble avis, son origine dans le manque d'organisation du continent. C'est peut-être réducteur de le dire de manière aussi hâtive, mais cela me semble une des nombreuses problématiques freinant le développement de la plus grande partie de notre cher continent. Quand la majorité d'africains comprendra que l'origine du problème ne se trouve pas à l'occident, alors nous pourrons faire comme les asiatiques : industrialiser nos bassins économiques à grande échelle.

Voilà ce que je souhaitais apporter en guise de contribution à ta réflexion.

Patriotiquement

Brice Paterne Kitiyi Kapou (02/07/2009) : Mes bien-aimés chers compatriotes ,

Voilà encore de plus une analyse faite par un africain sur le devenir de notre continent et surtout de notre pays la République Centrafricaine.

J'ai toujours constaté que la majorité des hommes politiques africaines et en particulier des politiques centrafricains n'ont aucun programme à long terme sur le plan socio-économique bien avant leurs arrivées à la rêne de l'Etat.

De surcroît , j'ai pu comprendre qu'ils n'ont même pas des fichiers des membres de leurs partis par rapport à leurs différents domaines de formations pour pouvoir leurs faire appel au moment opportun afin de conduire la destinée de leurs pays.

C'est ainsi que nous voyons le pur amateurisme dans la gestion des choses publiques, une fois qu'ils sont arrivés au pouvoir.

Mon frère qui m'ont précédé, en commençant par le promoteur de cette analyse nous poussent à une réflexion sincère basée sur la conscience dans le processus du développement socio-économique de l'Afrique et de Centrafrique en particulier.

Je pense que ces derniers se manquent éperdument de nous lorsqu'ils lisent nos analyses. Mais, pour ma part, je suis entrain de voir l'éveil de certains valeureux ressortissants africains qui réfléchissent au devenir meilleur de leur continent.

Pour cela, j'aimerais en revanche, leur souhaiter beaucoup de courage tout en leur disant :
- Est ce bien de continuer de faire des analyses sans grand intérêt de nos politiques ?
- Pourrions-nous pas opter pour une autre stratégie afin de réussir à faire passer nos messages directement auprès de nos dirigeants africains ?

Car depuis, la création de notre site de sozowala, aucun homme politique centrafricain a essayé de participer à nos discussions pour donner son point de vue sur un sujet, à part la brève intervention de Monsieur Moîse KOTAYE sur le Guichet Unique que je félicite de passage.

Mes chers compatriotes, réfléchissons à ces moyens pour nous permettre de porter haut et fort nos idées et revendications dans la lutte d'un avenir meilleur de l'Afrique et plus particulièrement de Centrafrique.

Bien à vous !

Flavien Hervé Koliatene (03/07/2009) : Chers ami(e)s, balao!
Il ressort de cette analyse un constat amer. Mais ça ne peut se faire autrement en état actuel des choses. Je m'explique ; nous ne discutons pas d'égal à égal, bien que potentiellement riche, avec les investisseurs et ceci dans de nombreux domaines. Tout simplement, par manque de compétences, car nous ne pouvons capitaliser ces richesses à notre niveau. A partir de ce moment, vu que chaque pays joue solo, les entreprises régulent à leurs guises et tirent leur épingle du jeu. Les personnalités qui dirigent nos pays marginalisent cet aspect « c'est un fait exprès ». Ce rapport d'inégalité, de dominant-dominé permet de maintenir les relations nord-sud, fruit du colonialisme et ne profite qu'aux dirigeants. La vraie richesse d'un pays est sa ressource humaine qualifiée. L'exemple d'Allemagne est édifiant, sans ressource du sous-sol mais avec une économie puissante et solide. La sous-région (CEMAC) ne dispose pas d'un cadre de formation digne de ce nom « du style polytechnique : économie, hydrocarbure, mines,.». Comme l'a souligné un intervenant, les états doivent faire de la formation une cause nationale. Pas que dans les discours démagogiques, comme à l'habitude mais dans les faits. Avoir des cadres compétents est le seul moyen d'atténuer ces inégalités.
Singuila

Lionel Floris Daworo Soganamofet (06/07/2009) : Merci mes frères pour vos interventions pertinentes. C'est déjà un début de solution pour l'Afrique. Seulement n'abordons pas le problème comme nous l'avons fait dans le passé pour plonger la RCA voire toute l'Afrique dans le passé. Nous sommes tous coupables car nous les avons vu voler, détruire et compromettre notre avenir avec la bénédiction de leurs "dirigeants" les occidentaux, qui en bénéficient énormément. Nous avions rien fait donc ce n'est pas aujourd'hui que nous devons nous attarder déçu. Prenons conscience et changeons de stratégie d'actions. Nous savons tous comme l'a si bien dit le compatriote Vianey, que l'occident utilise nos dirigeants pour commettre le péché et les discrédite après, pour les maintenir sous leurs dictats. Autre stratégie est de diaboliser tout leader africain qui pense d'abord à son peuple. C'est ainsi que les vrais fils d'Afrique et chefs d'Etats crédibles comme QADHAFI, MOUGABE, DADIS CAMARA de la Guinée Konakry sont beaucoup critiqués par la RFI. Mais maintenant que nous connaissons la position de chaque leader par rapport au bonheur des Africains, je pense qu'il est temps de soutenir nos vrais leaders et de converger nos efforts pour sortir l'Afrique de l'impasse car nul ne fera le bonheur de l'Afrique si ce n'est pas les Africains eux-mêmes. Nous devons nous unir. Nous devons amener les peuples d'Afrique à incarner ce besoin avec la communication de proximité. Pour moi tous les Africains doivent soutenir le projet des Etats Unis d'Afrique et soutenir QADHAFI dans sa démarche. Ecoutez ce qu'il a osé dire quand les décideurs africains ont créé l'autorité africaine au 13e sommet de l'UA:"Nous avons décidé la création d'une autorité qui parlera d'une seule voix au nom de l'Afrique. Nous commençons avec sérieux une nouvelle étape. Celui qui ne se soumettra pas à la volonté africaine en paiera le prix, car nous n'aurons pas pitié de lui".C'est ça la démocratie! Il est temps de passer à l'action.

Célestin Loutomo (08/07/2009) : J'apprécie a sa juste valeur toutes les contributions apportées par les compatriotes sur la réflexion de Vianey. Ceci prouve à suffisance qu'aujourd'hui le Centrafricain n'est pas seulement celui qui œuvre à freiner son pays par des actes répréhensibles (destruction, animosité, jalousie, etc.) mais qui pense aussi à son avenir. Ma réflexion voulait porter ici sur le 13e sommet de l'UA à Syrte, lequel a signé l'acte de naissance d'une Autorité Africaine. A ce sujet, l'histoire ne donne-t-elle pas raison au Président Fondateur de la République Centrafricaine avec son projet de Etats-Unis d'Afrique? A ce propos, dans quelle mesure les Etats parties pourront abandonner une partie de leur souveraineté si c'en est réellement le cas? Considérant les disparités socio-économiques existant entre les Etats, de quels moyens d'intervention disposera cette Autorité pour se faire entendre, ceci a l'instar de la commission africaine qui n'a pu atteindre ses objectifs? En dépit de ces interrogations, l'esprit de cette initiative est à saluer, si cela peut ne fusse qu' aider notre continent à régler certains de ses problèmes.

Prince M'bosso (09/07/2009) : Salut cher Vianey,
Je suis agréablement surpris de voir ton analyse sur une situation aussi délicate que le sujet évoqué. J'apprécie également la transversalité faite entre, d'une part, les réelles intentions des ONG présentes sur le continent Africain, et d'autre part les carences de la politique économique des gouvernements Africains. Un clin à ceux qui ont réagi, de ces échanges ressortiront des programmes concrets.

Pour ma part, j'ai toujours cette impression qui veut que l'Africain traitent ses problèmes en agissant sur les « conséquences » et non sur « les causes ». Je m'explique:
Beaucoup parlent de Politique générale, de politique économique, de formation des ressources humaines..... et je suis tout à fait d'accord avec eux. Toutefois, il ne faut pas se leurrer, des africains formés, il y en a à la pelle sur le continent et surtout en dehors.
Il y a deux choses importantes qu'il nous faut pour se développer à mon avis.
Premièrement, il nous manque des Patrice Lumumba, des Barthélémy Boganda, des Thomas Sankara.....en somme des LEADERS. Des gens avec des convictions et prêts à mettre leur vie en jeu pour pérenniser leurs idées. Des gens qui viennent au monde pour être au service des autres. Des gens qui savent fédérer les autres autour d'une idéologie (donc il faut qu'elle soit logique forcément).
Il n'aurait pas eu la Révolution française en 1789 s'il n'y avait pas de leaders. Si Sieyès (en France) et autre n'avait pas sorti la théorie de "la séparation des pouvoirs", l'occident n'aurait pas eu un système politique équilibré, d'où en découle aujourd'hui une politique économique bien huilée.

Deuxièmement, il faut savoir que nous vivons dans un monde capitaliste dans lequel le plus fort écrase le plus faible, et ce système est normal; si on inversait les rôles, nous, les africains, aurions tout fait pour que l'occident reste notre "vache à lait".
Seulement, dans ce monde capitaliste, combien d'africains à titre individuel ont tiré leur épingle du jeu? Aucun. Il existe plus de partis politiques en Afrique que de sociétés à capital important. Et qu'on ne me pas qu'il faut sortir de l'ENA pour réussir, c'est une question de culture, il faut inculquer aux enfants l'envie de réussir sa vie et non de devenir Docteur en Droit ou je ne sais quoi comme notre génération l'a subi avec les parents.
Aussi, on croirait presque que pour exister, il faut être président d'un pays. Regardons l'occident, les plus puissants ne sont pas les Présidents, mais ces hommes qui ont la puissance financière. Si aujourd'hui un dirigeant Africain décide de jouer la carte du « nationalisme » et qu'il se fait attaquer par des présumés rebelles qui se trouvent être des ressortissants du pays voisin, qui d'un autochtone est capable de devenir le "mécène"????
Voilà pourquoi aujourd'hui le système qui existe ne changera pas de si tôt.

Par contre, il faut se construire financièrement à titre individuel et se faire un chemin, ensuite nous serons capables de défendre les prochains leaders, nous pourrons accéder à des postes de responsabilité avec l'envi de changer les choses et non de s'enrichir, nous pourrons préparer la future génération, c'est à dire nos enfants, car nous leur paierons les meilleurs formations et eux viendront appliquer nos idéologies.....etc, etc.

Mais vous savez, on pourra en débattre tout une année comme on sait le faire, mais laissons la place à l'action!!!
Bien à vous

Albert Namfeï-Koné (10/07/2009) : Merci Prince d'avoir recadré les choses. J'ai constaté que nous nous préoccupons plus du contenu que du contenant.
Or la formule d'une offre de contenu doit impérativement s'axer autour d'un Contenant. C'est ce qui est déplorable dans la plupart des idées émises ici et là.

Parmi ceux qui prennent sur leur temps pour accoucher des pensées ici sur ce site ou ailleurs, il y en a qui peuvent capitaliser autour de leur audace, la marge nécessaire pour lancer une initiative crédible dont le but final serait de transformer radicalement notre pays. J'en ai même vu un (un parisien), il y a quelques mois dans un quartier de BANGUI en précampagne.

Chers amis, chers compatriotes ; tant que nous n'intégrerons pas (je peux me tromper à ce niveau en terme de référence) dans nos actions la nécessité d'un changement générationnel et social pour créer la transformation sociétale, toutes nos initiatives seraient pertes de temps car au final les partisans du statuquo continueront à prendre en otage nos ambitions légitimes. Après nous avoir fait croire que le DPI était la solution aux problèmes du pays (je fais parti de ceux qui ont dit non au DPI), ils ont vite tourné le regard vers les élections. Or tout le monde sait que non seulement les problèmes auxquels nous sommes confrontés ici n'ont pas trouvé un début de réponse dans le cadre du DPI mais que dans l'état actuel des choses, les élections ne changeront rien. Pire, j'ai même peur qu'elles engendrent un nouveau cycle de violence que ceux connus jusqu'à ce jour.

« A un moment donné, il faut prendre le risque et entrer dans l'histoire. » avait écrit un des intervenants de ce site.

Osons !
C'est la seule arme dont nous disposons.

Lionel Floris Daworo Soganamofet (10/07/2009) : Merci encore une fois de plus. Le débat devient de plus en plus constructif. Je dis et je le redis: Nous pouvons changer l'Afrique. Nos décideurs ont tous les moyens pour s'imposer. Pour preuve, ils ont refusé la comparution de El BECHIR devant le TPI avec toutes les conséquences que cela peut engendrer. Pourquoi? Parce que après El BECHIR ce sera leur tour. Donc ils ont la capacité de dire non aux puissances occidentales.
"Tant que nous n'intégrerons pas dans nos actions la nécessité d'un changement générationnel et social pour créer la transformation sociétale, toutes nos initiatives seraient pertes de temps car au final les partisans du statuquo continueront à prendre en otage nos ambitions", a dit un compatriote intervenant. C'est une vérité dont nous ne sommes pas conscients. Je suis gêné de la réaction d'un communicateur centrafricain avec qui j'ai discuté dernièrement de la situation de la RCA. Pour lui, il est convaincu que la solution au problème de la RCA consiste d'abord à montrer la bonne image de la RCA aux bailleurs de fonds, pour venir nous donner des aides. C'est pour moi un sacrilège de constater que nos élites continuent à penser de cette manière comme si la RCA a vraiment besoin des aides pour se développer. Au lieu de passer leur temps à inculquer la mendicité aux Centrafricains, je pense qu'ils peuvent orienter leur communication de manière à pousser les Centrafricains à se prendre en charge, à défendre leur pays au prix de la mort, à reconnaître leurs forces et à prendre conscience de l'uranium qui peut faire d'eux une puissance nucléaire, de ces diamants de qualité qui peuvent faire d'eux des richards, de leur sol fertile qui peut leur donner à manger, du gisement de ciment qui peut les aider à construire une maison pour chaque centrafricain etc. etc.
Nous devons nous réveiller. Que vous le voulez ou non nous sommes appelés à mourir un jour. Alors pourquoi avoir peur d'oser pour libérer la RCA? Aujourd'hui si nos dirigeons nationalistes sont coincés, c'est parce que le peuple n'existe pas. Constituons-nous en société civile. Prenons des initiatives concrètes dans chaque domaine. Agissons dans l'immédiat pour combler la carence dans la politique du Gouvernement.
C'est pourquoi je loue l'initiative de la SOLIDEC. Mais seulement depuis ce temps rien ne se passe sauf erreur de ma part. En outre, pour corriger les erreurs de communication sociale en Centrafrique, je propose la création d'un mensuel d'information édité et financé par la diaspora, dont le fonds s'orientera vers une éducation citoyenne et patriotique. Ce mensuel sera distribué gratuitement dans les écoles, les maisons de jeunes et à l'université. Je propose également une plate forme d'éducation au développement et au patriotisme par les images (Cinéma, bande dessinée, dessin animé etc.) et par les arts (théâtre etc.) L'objectif est de préparer nos compatriotes à faire face aux défis réels afin de tirer la RCA du trou. Je crois que vous avez d'autres solutions pour attaquer notre mal par sa racine. Je suis entièrement disposé à mettre toutes mes compétences et toute mon énergie en jeux pour contribuer à la libération de mon pays. Vive la RCA! Vive la révolution!

Joël-Alex Bombo-Konghonzaud (12/07/2009) : Salut Vianney,
Merci beaucoup pour ce texte qui éclaire de nombreux points obscurs.
Je compte réagir dans un texte un peu plus succinct.
Bonne continuation.
Ton frangin Jojo

Yvano Sana Pounguenza (11/09/2009) : Salut Vianey
Albert Bernard bongo, devenu El hadj Omar Bongo, puis Ondimba amis de tous les dirigeants français, depuis De Gaulle. Agent de services secrets français. Voila comment on peut appeler le feu président Gabonais Bongo.
Certes, chez nous les bantu, on respecte la mémoire des morts. Mais, il faut à un moment briser cette fine règle de nos traditions et se jeter à l'eau.
Si Mr Vianey s'est limité à faire une analyse totalement impartiale sur le bilan de bongo, en l'habillant d'un costume et le déguiser à une simple victime, moi je vais aller loin.
Quant, De Gaulle arrive au pouvoir en 1958, il s'est confronté au mouvement mondial anticolonial avec la pression des USA et de URSS. De Gaulle décide d'accorder l'indépendance à toutes les colonies françaises dont le Gabon. Dans la même période, il charge l'homme de toutes les activités parallèles du gaullisme Jacques FOCCART de maintenir par tous les moyens la dépendance. Le système Foccart a eu un fonctionnement totalitaire en ce sens que tous les éléments de la vie politique, et économique et sociale, financière, policière, militaire diplomatique et culturelle ont été maintenus dans le giron français. Contrairement à la Grande-Bretagne qui est restée présente économiquement dans ses colonies, on a installé dans les Etats africains des chefs d'Etat que j'appelle des Gouverneurs à la peau noire, dont un certains nombre d'entre eux ont la nationalité française. Bonnement certains sont issus des services secrets. Omar bongo par exemple. Cette stratégie évidemment a permis de maintenir le système de domination et d'exploitation coloniale, tout en donnant l'impression qu'il y'a bien indépendance, puisque c'est un homme originaire du Pays qui gouverne. Omar Bongo s'est fidélisé à ce système par ce qu'on lui avait accordé comme tous autres, une sorte de chèque en Blancs, une autorisation de puiser presque sans limite dans les caisses publiques. Ce qui sans doute laisse des conséquences économiques lourdes. Ces dirigeants dont Bongo avec leurs réseaux avaient tout un réseau de financement à travers de petites ou de grandes entreprises. Les plus célèbres : Elf, Total, etc. Ces gouverneurs à la peau noire dont Bongo savaient que ce qu'ils font est illégal. Illégal, puisque sont mis en place dès le départ des mécanismes de détournements d'argents, de présences parallèles militaires, policières, tortionnaires. Derrière tous ces crimes économiques continus et cachés, il y a l'impunité. Quelqu'un a dit et a cité en exemple les ex Premiers ministres centrafricains.
Avec 39 propriétés immobilières en France et des comptes en Banque dont une évaluée à 18 million d'euros, Bongo et son beau père SASSOU, qui aussi détient 112 comptes en banque en France ont été blanchi par le parquet de paris après une plainte déposé contre eux en France. Oui, il est protégé, il est tenu à bout de bras par l'armée française et ses réseaux françafricains. En 42 ans de pouvoir, il n'a construit que deux université au Gabon. Je pense à mon humble avis que 18 million d'euros peut construire une bonne université au Gabon. Tans des exemples à cités, mais j'attends les réactions des autres.
Dans tout ce qui se passe en Afrique, je pense de ma part, puisque les Députés ne font pas leur travail, qu'il ne faut plus donner d'autres occasions à ceux qui sont encore vivants. Les associations, les intellectuels, les personnalités, nous devons substituer à eux et donner de points de vu critique très sévères. Puis qu'ils été complice. Ne leur faisons pas de cadeau ils ont trahis l'Afrique.
A vous.

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