L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

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Centrafrique : Nécessité de renforcer la structure économique
par un secteur « Non Marchand » significatif !!
par
Francis Kopaye

 

A l’heure où de nombreuses interrogations sont axées sur la promotion et le développement du secteur privé, avec un accent particulier sur l’encouragement des initiatives privées (création de micros entreprises), il me paraît nécessaire de proposer le renforcement du secteur « Non Marchand » en Centrafrique ; un secteur nécessaire à l’équilibre du système économique et social.

En effet, la structure économique centrafricaine est dominée à plus de 80% par des entités commerciales. Cette ossature est, malgré tout, paradoxalement fragilisante. Car l’aspect ou l’objectif « social » du système économique ne présente pas une garantie effectivement solide.

La réflexion qui va suivre n’a pas pour ambition de remettre en question l’incitation ou le développement du secteur privé, bien au contraire. Elle a simplement pour but de relever les points de vigilance d’une telle «politique» ou «orientation» et de proposer un piste complémentaire.



De quoi s’agit-t-il concrètement ?

L’existence prépondérante d’entités commerciales dans un tissu économique aussi déficitaire et dépendant tel que le nôtre, peut présenter des points de faiblesse notoires. Il ne serait pas vain de rappeler ici que toute la politique marketing d’une entreprise commerciale dans son environnement, est axée sur le profit. D’aucuns me diront que n’est-ce pas le but recherché de toute entreprise. Il faut faire la part des choses lorsqu’on se situe dans une structure économique et sociale comme celle de la Centrafrique où deux éléments viennent mettre en exergue la fragilité de celle-ci : la faiblesse du pouvoir d’achat et l’absence de l’Etat dans l’investissement des entreprises présentes sur ses bassins d’emploi.

A ce propos, l’exemple des établissements bancaires est édifiant !!! En Centrafrique les établissements bancaires sont majoritairement voire entièrement commerciaux et dépendent d’autres établissements basés à l’étranger. Cela implique pour ces derniers de concevoir des stratégies marketing non pas seulement liées aux exigences de leur environnement économique et social mais surtout aux orientations liées au chiffre d’affaire et aux principes généraux (les valeurs, les philosophies…) des « Maisons mères ». Dès lors, le principe de départ qui est celui de proposer l’offre en conséquence de la demande, peut être largement biaisé. Car ces opérateurs économiques s’intéresseront, de manière implicite, aux marges bénéficiaires éventuelles plus qu’à la contribution au maintien, à la pérennisation et au développement du paysage économique. Comme évoqué plus haut, la réflexion ici souhaite attirer l’attention sur la faiblesse de la structure économique centrafricaine. Personne n’est sans ignorer qu’une faillite a des conséquences néfastes et significatives sur la structure sociale et fiscale d’un pays, d’un bassin d’emploi.

Les deux éléments précités c'est-à-dire la faiblesse du pouvoir d’achat et l’absence de l’Etat dans l’investissement des entreprises privées, fragilisent non seulement le développement du bassin économique, donc de l’emploi (appauvrissement du paysage économique), mais aussi excluent ou fragilisent les garanties nécessaires à la stabilisation du tissu social.

En d’autres termes, la forte dominance d’entreprises privées dans une structure économique nécessite pour l’Etat une vigilance accrue et une politique de contrôle et de régulation des investissements économiques sur son territoire. Pour palier à ce schéma moins bénéfique, il faut susciter, de manière stratégique, l’existence d’un autre secteur qualifié de « Non Marchand ». Il faudrait sans doute penser dès lors à intégrer des Association, des Coopératives, des ONG et d’autres organisations privées, à but non lucratif, dans le paysage économique. Celles-ci viendront composer ce secteur « Non Marchand » et renforceront ainsi la structure économique.

Car le secteur « Non Marchand », dans une structure économique, joue un rôle d’interface ou de sas. Par sa présence et son importance, ce secteur va générer des emplois donc contribuer à l’existence d’agents économiques réels. Le secteur « Non Marchand », de part sa vocation et ses statuts va autoréguler ou équilibrer la structure économique. L’exemple du Burkina Faso est l’illustration de la démarche que je tente d’expliquer. Les associations, les ONG qui bénéficient naturellement des subventionnements vont, naturellement, s’imposer comme un contre pouvoir à l’hégémonie du secteur « Marchand », et se définir ainsi comme une forme d’autorégulateur ou d’autocontrôleur du système économique. On pourrait aisément penser que l’équilibre de la structure économique de notre pays la Centrafrique passerait nécessairement par l’existence aussi forte, si non plus, d’un secteur « Non Marchand », avec des valeurs qui sont basées sur l’équilibre social et/ou sociétal plutôt qu’économique (le profit). L’Etat doit penser une politique qui irait dans ce sens. Celle-ci lui permettrait d’assurer ou de favoriser l’autorégulation de sa structure économique et, contribuer ainsi à la pérennisation des activités économiques sur le territoire, par la même occasion, garantir des emplois et dynamiser, si possible, le bassin économique.

Comme chacun pourrait le noter, l’intervention de l’Etat et d’autres institutions internationales en terme structurel et financier apparaît, à l’heure actuelle, comme l’une des nombreuses réponses aux questions relatives à la politique du développement du secteur privé, donc de l’emploi en Centrafrique. A cela, il conviendrait d’ajouter des dispositifs adaptés aux réalités économiques et sociales. En guise d’exemple, les établissements financiers actuels, à travers leur mission qui est de financer l’économie et d‘irriguer le système économique, ne sauraient offrir un cadre adapté et pertinent à cette nécessité de promouvoir davantage les initiatives privées. Je ne doute pas que des efforts sont faits dans ce sens mais ils demeurent, à mon avis, insuffisants. Il est urgent, à l’exemple d’autres pays, que la Centrafrique se dote d’un outil qui faciliterait ce processus : la Micro Finance, notamment l’un de ses produits le Micro Crédit, par exemple.

L’industrialisation de la Centrafrique ne sera pas pour les 10 années à venir (sans pessimisme de ma part). Il faut donc investir, de manière significative, le secteur « Non Marchand » qui a déjà prouvé son impact sur le développement économique et social de beaucoup de pays dans le monde, notamment en Afrique.

Si non, comment mobiliser et concrétiser les projets de créations d’entreprises sans doter le système économique de dispositifs réglementaires et financiers adaptés aux profils et aux besoins des populations et favoriser ainsi un équilibre économique structurel?

Francis Kopaye
 

Réactions à cette tribune

Thomas Sabopa (26/02/2009) : Bara mö cher Francis,

L'article que vous avez écris est LE sujet le plus important. L'économie est le fer de lance d'une société. Elle permet de mener des projets d'envergure et donc de créer des emplois, de la motivation, de l'intelligence, .
Cependant, il y a des points sur lesquelles je suis en désaccord avec vous. Une fois de plus nous pouvons confronter nos idées et nos points de vue et c'est l'occasion d'apporter des informations supplémentaires.

"Il faut faire la part des choses lorsqu'on se situe dans une structure économique et sociale comme celle de la Centrafrique où deux éléments viennent mettre en exergue la fragilité de celle-ci : la faiblesse du pouvoir d'achat et l'absence de l'Etat dans l'investissement des entreprises présentes sur ses bassins d'emploi."

Effectivement, vous avez raison ces deux points mettent en avant la fragilité du pays mais vous oubliez le point essentiel. A savoir que la Centrafrique est dans la zone F.CFA. Je rappel que le F.CFA est une sous-monnaie de l'euro (anciennement du franc). Cela signifie que la Centrafrique ne possède pas la souveraineté monétaire. Sans cela, un pays ne peut pas se développer car la gestion de cette devise est diriger par le Trésor français. On peut donc dire que l'Etat centrafricain est incapable de gérer l'économie de son propre pays.

"En d'autres termes, la forte dominance d'entreprises privées dans une structure économique nécessite pour l'Etat une vigilance accrue et une politique de contrôle et de régulation des investissements économiques sur son territoire."

Oui c'est cela. Nous remarquons que dans les pays industrialisés une forte régulation «dynamique» est mise en place : augmentation/diminution des taux d'intérêts, augmentation des taxes à l'importation, . Cela n'a rien d'exceptionnel, c'est la protection économique nationale pour empêcher au maximum la fuite des capitaux et la prise en main par l'étranger des secteurs nationaux (cela permet de sauvegarder les emplois). Ce que vous exposez n'est pas un réel problème, c'est tout simplement le comportement économique lorsqu'il y a un désir de sauvegarder la pérennité de l'économie national. Cependant, nous remarquons que cela manque chez nous et c'est normal puisque nous n'avons pas de monnaie souveraine.

"Il faudrait sans doute penser dès lors à intégrer des Association, des Coopératives, des ONG et d'autres organisations privées, à but non lucratif, dans le paysage économique."

De mon point de vue ce type d'organisation est la preuve de l'échec flagrant de l'Etat car elle démontre par leur simple existence que l'Etat n'est pas capable d'assurer ces fonctions. De plus, si une intégration devait se faire il pourrait y avoir un risque que ces fonctions ne fassent plus l'objet de la politique de notre Etat.

"Le secteur « Non Marchand », de part sa vocation et ses statuts va autoréguler ou équilibrer la structure économique."

Cela, n'est malheureusement pas possible je pense. Je comprends bien l'idée que vous évoquez mais si on parle d'économie est-ce qu'on peut vraiment y attribuer le secteur « Non Marchand » ? Si celui-ci ne s'intègre pas à l'économie, est-il vraiment possible qu'il puisse agir sur ce dernier ?

"Il est urgent, à l'exemple d'autres pays, que la Centrafrique se dote d'un outil qui faciliterait ce processus : la Micro Finance, notamment l'un de ses produits le Micro Crédit, par exemple."

Pour ce type de solution je pense qu'elle n'est pas compatible avec l'idée du secteur « Non Marchand » car le but est de générer une économie à une échelle bien spécifique. Cependant, j'ai quelques doutes sur cette idée de Micro Finance. Pour être viable, il faut qu'elle puisse générer des bénéfices. La Centrafrique est confronté au problème du pouvoir d'achat. Donc la solution serait l'exportation (de produits ou de services) mais on en revient au problème du F.CFA dont les taxes à l'exportation sont eux-aussi contrôler par le Trésor français. Dans ces conditions on fait face à une micro-économie c'est-à-dire une économie tourné vers des entités individuelles. De ce fait, elle ne permet pas d'engendrer une véritable économie c'est la même démarche qui consiste à envoyer de l'argent aux familles, cela n'engendre pas d'économie.

"Si non, comment mobiliser et concrétiser les projets de créations d'entreprises sans doter le système économique de dispositifs réglementaires et financiers adaptés aux profils et aux besoins des populations et favoriser ainsi un équilibre économique structurel?"

Vous touchez un point incroyablement important. Sans dispositif réglementaires et financiers adaptés il est évident que les conditions du pays ne peuvent qu'empirer (elles ne vont pas stagner). Si ce point est mise en place nous pourrons atteindre une économie à l'échelle du pays tout entier et de ce fait entrer dans l'ère de l'industrialisation. Mais voilà, c'est toujours le même problème le F.CFA ne nous permet pas de « manipuler » notre système économique. Nous sommes donc coincés. La souveraineté monétaire est la clé qui nous permet d'ouvrir les portes du développement.

Pour conclure, Francis je dirais que l'idée d'un secteur Non Marchand est une théorie qui permet de « paralléliser », l'économie monétaire. Je pense que c'est l'idée que vous avez essayé d'émettre. Ce que je pense, c'est que pour être viable elle devrait d'abord permettre qu'une fois arrivé à un certain niveau de laissé la place à l'économie monétaire pour que celle-ci puisse « parler » à l'international. D'autre part, il se pose le problème humain à savoir que les ONG pourraient profiter de cette situation et par la suite exploiter le secteur. Cela, se rencontre souvent et nous le constatons avec le FMI et la Banque Mondial pour qui le rôle était d'aidé au développement en octroyant des crédits mais finalement.

Salutation compatriote,

Francis Kopaye (26/02/2009) : Cher Thomas,

Je tiens tout d'abord à vous remercier des informations complémentaires que vous avez portées à cette réflexion.
Mais permettez-moi d'apporter une précision qui, me semble-t-il, aura toute son importance à la compréhension et à la poursuite du débat. La notion d'économie invoquée ici concerne «l'économie du marché» non pas « l'économie monétaire ».
C'est pour cette raison que je n'ai pas souhaité faire mention du rôle du Franc CFA dans cette réflexion.
Un Etat, même subventionné à 100% à toute la latitude de concevoir, de réguler et de contrôler son système économique. Car ce sont les dispositions légales qui encadrent un système économique et non les « puissances extérieures ». Loin de moi l'idée de penser que ces « puissances » n'y ont pas un droit de regard !!!!

Les informations que vous avez émises sont justes. Mais ce que j'essaye de dire dans mon article concerne les dernières actualités de Bangui, où il est question aujourd'hui de promouvoir le secteur privé et inciter les initiatives privées. Ceci est une très bonne chose !! Ma contribution va dans le sens de la nécessité de rechercher et d'intégrer un équilibre dans la structure économique de notre Centrafrique. Comme je l'ai évoqué en guise de conclusion, l'industrialisation de notre pays ne sera pas pour bientôt. Il est donc opportun et nécessaire de concevoir et promouvoir un secteur qui, à la fois créerait des agents économiques mais ne s'inscrirait pas dans une « logique capitaliste » dans le sens strict du terme. Les outils mis à la disposition des centrafricains sont inadéquats à la mise en ouvre effective d'un secteur « Marchand » dynamique pour l'économie centrafricaine qui est encore structurellement peu outillée.

Le secteur « Non Marchand » qui regrouperait les associations, les ONG, les Coopératives et autres, est un vivier important dans une économie du Marché que je qualifierais d'embryonnaire dans notre pays.

Il nous faut une économie du marché conçue sur la base de nos ressources humaines et naturelles, en somme de nos réalités. C'est pour cette raison que je propose une politique économique tournée vers des acteurs économiques engagés. Il est peut-être difficile de concevoir les associations et les ONG comme des acteurs économiques compte tenu de leur structuration. Puisqu'elles créent des emplois, elles deviennent de fait, des entités économiques à part entière. La seule différence est qu'elles sont tournées vers l'humain et son environnement. Ces associations et ONG font constituent le secteur « Non Marchand » parce qu'elles contribuent à l'animation et au développement du système économique sans chercher à engendrer des profits.

La question de l'importance de la monnaie que vous invoquez est sans doute cruciale pour négocier dans une économie du marché mais pas indispensable. Voyez-vous, la plupart des pays dits émergents possèdent des devises monétaires relativement faibles mais apparaissent comme des entités économiquement solides !! Nous pouvons citer la Chine, l'Inde, le Brésil par exemple. Alors la question du CFA n'est pas essentielle.

Voilà cher Thomas, les éléments explicatifs que je souhaitais apporter afin d'étayer mes propos. J'ose espérer avoir répondu à vos interrogations.
N'hésitez pas à m'interpeller si besoin.

Patriotiquement

Thomas Sabopa (27/02/2009) : Bara mö Francis,

"Mais permettez-moi d'apporter une précision qui, me semble-t-il, aura toute son importance à la compréhension et à la poursuite du débat. La notion d'économie invoquée ici concerne «l'économie du marché» non pas « l'économie monétaire ».
C'est pour cette raison que je n'ai pas souhaité faire mention du rôle du Franc CFA dans cette réflexion."

Très bien je le note.

"Un Etat, même subventionné à 100% a toute la latitude de concevoir, de réguler et de contrôler son système économique. Car ce sont les dispositions légales qui encadrent un système économique et non les « puissances extérieures ». Loin de moi l'idée de penser que ces « puissances » n'y ont pas un droit de regard !!!!"

Permettez-moi une petite parenthèse concernant le F.CFA, il ne s'agit pas d'une simple subvention mais d'un véritable contrôle. Donc cela va beaucoup plus loin qu'un simple droit de regards.

"Il est donc opportun et nécessaire de concevoir et promouvoir un secteur qui, à la fois créerait des agents économiques mais ne s'inscrirait pas dans une « logique capitaliste » dans le sens strict du terme."

Très bonne idée. La seule chose que je rajouterai serait dans le fond c'est-à-dire mettre en place des structures de formation pour une qualification portée sur les ressources et besoins intrinsèques de notre pays. La population centrafricaine est assez jeune et l'éducation connaît un déficit pour palier à cela le principe de formation est une bonne chose.

"Les outils mis à la disposition des centrafricains sont inadéquats à la mise en ouvre effective d'un secteur « Marchand » dynamique pour l'économie centrafricaine qui est encore structurellement peu outillée."

Effectivement, mais n'est ce pas le rôle de l'Etat d'accorder des crédits ? Sans compter sur l'Etat, peut-être existe-t-il des solutions :
- Investissements étrangers ;
- Secteur non marchand (comme vous l'évoquez) ;
- Micro-crédit ;

"Il nous faut une économie du marché conçue sur la base de nos ressources humaines et naturelles, en somme de nos réalités. C'est pour cette raison que je propose une politique économique tournée vers des acteurs économiques engagés."

C'est exactement la solution proposée par beaucoup d'intellectuel africain, c'est-à-dire un développement endogène. En gros, partir de notre acquis sans renoncer aux idées extérieures pour permettre de « construire » sur les bases de l'économie (au sens large) actuelle.

"La question de l'importance de la monnaie que vous invoquez est sans doute cruciale pour négocier dans une économie du marché mais pas indispensable. Voyez-vous, la plupart des pays dits émergents possèdent des devises monétaires relativement faibles mais apparaissent comme des entités économiquement solides !! Nous pouvons citer la Chine, l'Inde, le Brésil par exemple. Alors la question du CFA n'est pas essentielle."

L'exemple que vous exposez est parfaitement correct mais il ne répond pas à la question de l'importance de la monnaie. Il est exact qu'une devise n'est pas représentative de l'économie d'un pays. La seule différence avec le F.CFA c'est que les monnaies de la Chine, l'Inde, le Brésil et tous les autres pays sont souveraines. Cela n'est pas notre cas, donc on n'a pas le contrôle de notre monnaie, ce qui pose un problème pour gérer une « économie monétaire ».

Pour finir, je pense avoir bien compris maintenant votre point de vue. Par contre, j'ai une question à vous poser : Est-ce que l'économie de marché est essentiellement intra-muros ?

Salutation,

PS : Bien évidemment, les points que je n'ai pas évoqué ou que je n'ai pas repris sont ceux pour lesquelles je suis en accord avec vous.

Brice Goddot Nzonguia (27/02/2009) : Bonjour,

Je me permets d’apporter les points suivants :

Etablissements Bancaires
Monsieur Francis KOPAYE, à mon avis, a bien cadré le problème lorsqu’il explique que ces Etablissements, filiales des Banques Etrangères n’ont pas une « stratégie de marketing liées aux exigences de l’environnement économique local »
Ces Banques font des bénéfices (Profit) et ne favorisent pas l’offre (Les Micro Crédits) au bénéfice de la population locale. Les conditions d’obtention d’un crédit sont tellement rigoureuses, qu’il est difficile d’entreprendre.

La Trésorerie de l’Etat
Elle est à sec et l’Etat ne pourra pas financer à son tour, les Micro Crédits. La conséquence est d’ailleurs le manque (au lieu de la baisse) du Pouvoir d’Achat. L’exemple de la crise économique aux USA aujourd’hui permettra de mieux comprendre les manœuvres de l’Etat s’il avait une trésorerie. La France a investi dans l’automobile ou le BTP pour redynamiser l’activité.

Le Secteur Non Marchand
Au vu de la position des Banques en Centrafrique et de la situation de la Trésorerie de l’Etat, il faut bien trouver un moyen par lequel, le secteur privé se développera et améliorera le tissu économique du pays.
C’est pourquoi, lorsqu’une Association ou une ONG réussit à importer en Centrafrique un tracteur qu’elle donne aux habitants d’un petit village pour créer une coopérative de culture du riz (par exemple), l’Economie (le secteur privé) connaîtra une avancée locale ou ponctuelle, par cette activité.
L’autre exemple est d’offrir une Poste de Soudure, une Charge Batterie ou une Caisse à Outils à la place des chemises, jeans et MP3
Ou encore, lorsque les Western Union serviront à entreprendre au lieu de financer, le secteur privé se développera (Monsieur Thomas SABOPA : « De ce fait, elle ne permet pas d'engendrer une véritable économie c'est la même démarche qui consiste à envoyer de l'argent aux familles, cela n'engendre pas d'économie »)

Politique de Contrôle et de Régularisation des Investissements Economiques
Des taxes sur l’Exportation : La RCA ne peut que subir les conséquences de l’Exportation, de nos jours. De toute façon, la liste des produits exportés est vide à l’exception de l’or et le diamant dont l’Exportation concerne peu, les taxes douanières et ce, depuis 1975. Le manque de moyen de production et de moyen d’acheminement est la principale cause.
Des taxes sur l’Importation : La conséquence du manque de production locale sera de réviser à la baisse ces taxes à la frontière puisque le pays dépend totalement des produits importés.

Lorsqu’un Turc achète un article en Europe pour amener en Turquie, il payera certainement plus cher les taxes sur l’importation. Ceci dans l’objectif d’encourager la consommation locale (Production locale) et protéger les emplois.
Quel est le cas de la RCA, si un individu veut descendre avec un groupe électrogène pour faire tourner une entreprise de soudure à temps plein et indépendamment de coupures de courant ?
Je laisse à tout le monde de formuler sa réponse, mais ce que je souligne est que, l’article sera surtaxé à l’aéroport pour entrer la recette et l’on oublie ce que cela représente pour le fonctionnement de l’Entreprise.
Ainsi les dispositions en matière de régulation économique (actuelle) ne seront pas favorables au développement des activités économiques, si les produits viennent de l’extérieur et surtaxés par la suite.

Faut-il penser que le FCFA, dérivé de l’Euro, ne permet pas à l’Etat d’avoir le monopole de son système économique ?
Pas directement, l’Etat peut concevoir et contrôler son système économique malgré l’impact de ce cas de figure.

Singuila !

Francis Kopaye (02/03/2009) : Cher Thomas,

Pardon de vous répondre avec un peu de retard.

La question de la monnaie, notamment du CFA que vous évoquez est assez complexe. Le FCFA a bien évidemment son importance voire son influence sur l'économie centrafricaine, surtout si l'on parle « d'Economie de Marché ».
Mais la politique économique d'un Etat ne pourrait se limiter uniquement autour d'une devise. Une devise, par définition, est le moyen par lequel les échanges économiques sont concrétisés. A ce titre, le CFA fait partie des maillons de notre économie, pas son élément central. Mais il serait important de préciser que paradoxalement, compte tenu de son adjonction à la devise européenne (Euro), le CFA bénéficie d'une stabilité que n'ont pas d'autres monnaies dites « souveraines ». Cette stabilité lui confère une force sur le Marché grâce à la garantie de sa valeur liée à sa parité avec l'Euro. Je vous renvoie au Traité de Maastricht qui a repris et organisé le franc CFA, après sa création au lendemain de la 2ème Guerre.

Je voudrais aussi vous dire que le rôle de l'Etat n'est pas d'accorder des crédits aux particuliers ou aux entreprises. Cette fonction est dédiée aux établissements financiers. L'Etat ne peut intervenir dans ce cas et seulement celui-là, que si ces établissements ne peuvent assurer leur mission compte tenu des conjonctures. La crise économique mondiale actuelle et les tentatives de solutions qui y sont apportées, sont l'illustration parfaite d'une condition d'intervention de l'Etat. Faille-t-il encore que l'Etat en ait les moyens financiers nécessaires. Par ailleurs, dans le cadre de la Micro Finance, l'intervention financière et humaine de l'Etat peut être conçue comme une orientation politique.

Que non !! L'économie de marché ne saurait être qu'intra muros. En tant que système économique, elle est essentiellement axée sur l'échange basé sur un équilibre entre la production et la consommation. A ce titre, l'économie de marché se développe sur les règles du marché et dans un environnement concurrentiel appelé à s'ouvrir au delà des frontières géographiques. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est vital pour l'économie centrafricaine de concevoir une politique visant à équilibrer le marché intérieur et, par voie de conséquence, consolider l'entrée sur le marché extérieur des produits et/ou services centrafricains répondant aux besoins mondiaux. Le développement du secteur tertiaire est une solution. L'économie indienne s'est galvanisée avec la promotion et le développement des services aux personnes et la sous-traitance, par exemple.

Voilà quelques éléments en réponses à vos questions.
Cordialement

Max Loïc Ouayot (07/03/2009) : je me permets très sincèrement de réagir à vos propositions ayant pour axe prioritaire d'impulser une dynamique de développement réel en république centrafricaine par un intégration du secteur non marchand.

Comme vous le savez bien, et peut-être plus que moi cher monsieur, le problème actuel auquel s'est confrontée l'économie mondiale et dont l'économie centrafricaine se pose sans conteste en terme managérial donc de gestion; ceci dit, l'option pour une stratégie de développement impulsée par une restructuration formelle du secteur non marchand serait peut être l'une des solutions lointaines avec des effets peu induits sur la création des richesses. A mon humble avis, je ne pense pas que cette politique soit une panacée pour l'heure pour des raisons plus simples:

    - l'économie centrafricaine souffre encore de nombreux maux qui la gangrènent et paralysent sa croissance pour ne pas parler de développement. Je voudrais parler ici de la corruption, du clientélisme, du népotisme, du chauvinisme, du vol des détournements de fonds, d'absence de la liberté d'expression bref de l'instinct du mal mis en avant comme méthode de travail par la succession des régimes politiques en Centrafrique (il faut commencer à combattre le mal par sa racine).
     - que vous inspire par exemple la nomination de Jean Serge Ouenfio comme Directeur Général du trésor public alors que celui-ci avait déjà fait l'objet d'une malversation financière lorsqu'il assurait la direction de l'Enerca?
     - que vous dit par exemple à un moment donné la nomination cumulative de Sylvain Ndoutigaï comme ministre des mines et ministre des finances?
     - comment comprendre que l'ex-président Ange-Félix Patassé détenait à lui seul 60% de la superficie minière?
     - comment croire que l'ex-président André Kolingba nommait ses proches parents sur les 26 entreprises stratégiques d'état alors que l'économie n'en disposait que 36?
     - trouvez-vous normal que ça soit le citoyen moyen qui paye chèrement le prix de l'aide au développement en terme de malnutrition, de la faim, du chômage, du sida alors que les dirigeants politiques s'enrichissent?
     - que vous dit le détournement de 4000 tonnes de ciment par un ministre du gouvernement de Patassé resté impuni alors que ces sacs de ciment offerts par le Japon au titre d'aide en nature étaient destinés à éponger les arriérés de salaire de nos pauvres parents sous forme de compensation?
     - l'heure est à l'économie de marché qui impose à toute économie de nouvelles règles de gestion; le souci de l'équilibre des comptes car notre crise n'est pas économique mais structurelle, à cet égard trouvez-vous raisonnable que dans les entreprises publiques on ne puisse pas amortir les immobilisations?
C'est le principal souci de l'ENERCA par exemple qui dispose d'une forte intensité capitalistique alors que c'est une simple société commerciale.
Vous allez convenir avec moi que si son actif immobilisé était réellement amorti, l'Enerca aurait moins eu de problèmes de financement afin d'acquérir de nouvelles turbines. Les difficultés actuelles de délestage dans le pays donnent une parfaite illustration d'une absence d'un système de gestion bien intégré.
Voici quelques exemples qui illustrent à suffisance la mauvaise gestion du patrimoine politique centrafricain par les équipes au pouvoir.
C'est donc un problème d'une parfaite délicatesse qui nous oblige tous à avoir l'unanimité dans nos proposition respectives car les différences d'appréciation nous divisent, nous éloignent, nous affaiblissent et offrent l'occasion à nos prédateurs que sont les équipes dirigeantes de nous maintenir dans leur orbite.

Francis Kopaye (09/03/2009) : Cher Max Loïc,

En réponse à votre réaction, je souhaitais apporter quelques précisions. Tout d'abord, je crois que rien ne nous oppose sur le fond, puisque nous essayons, chacun à son échelle, de faire des propositions suite aux analyses et conclusions unanimes que nous avions tirées de la situation socio économique voire politique de notre Centrafrique.

Les difficultés auxquelles est confronté notre pays et notamment son économie, sont diverses à tel point qu'il n'est pas aisé d'avoir des appréciations unanimes. Il est une chose où il ne fait aucun doute, c'est ce constat d'échec commun. Notre système économique souffre de cette fragilité née de sa structuration qui n'est pas du tout adaptée à l'environnement sociologique et aux caractéristiques macroéconomiques.

Vous évoquez la situation économique mondiale, c'est juste. Compte tenu de cet état de chose, nous devons concevoir et penser une restructuration de notre système économique qui sera plutôt tournée vers l'éducation, l'animation de la vie socio économique par des acteurs pas seulement consommateurs mais citoyens. La présence d'un secteur "Non Marchand » dans l'économie centrafricaine permettrait de créer des acteurs réels, engagés et mus par l'objectif de contribuer, à une certaine échelle, à l'existence d'un système équilibré.

Contrairement à votre vision, je pense qu'un secteur « Non Marchand » constitué d'acteurs économiquement engagés, aurait non seulement un impact immédiat mais créerait par la même occasion de la richesse. Le secteur « Non Marchand » emploierait du personnel. La question qui se pose à notre économie est celle de sa capacité à recruter et à créer des emplois. Baisser le taux de chômage c'est augmenter la richesse !! Car les personnes embauchées auront des revenus et donc pourront consommer. Si elles consomment, elles font rentrer des recettes dans les caisses de l'Etat en occurrence, et créent par la même un système économique dynamique. Schématiquement, c'est l'objet de ma proposition.

Quelqu'un disait que « c'est la situation socio économique de l'homme qui détermine sa manière de penser ». Lorsque notre économie créera des agents économiquement indépendants, le népotisme, clientélisme, la corruption, etc. cesseront.

Quant à la nécessité d'avoir des managers compétents, la question ne devrait même pas se poser !! J'ai rédigé, au mois de septembre dernier, un ensemble de propositions relatives à la politique d'emploi à envisager dans notre pays. Vous le savez mieux que moi que l'on ne peut évoquez ou concevoir une politique macroéconomique sans y inclure la question de l'emploi.

Je reste disponible pour vous apporter d'autres éléments de réponses que vous jugeriez nécessaires.

Patriotiquement

Thomas Sabopa (15/03/2009) : Bara mö,

Je répond un peu tard mais après avoir bien réfléchi.

"Mais la politique économique d'un Etat ne pourrait se limiter uniquement autour d'une devise. Une devise, par définition, est le moyen par lequel les échanges économiques sont concrétisés."

Mr. Francis Kopaye, le F.CFA n'est pas une devise mais une sous monnaie de l'euro. Je ne parle pas du F.CFA en tant que devise mais en tant que monnaie. C'est une erreur de pensez à la devise d'une monnaie.

"A ce titre, le CFA fait partie des maillons de notre économie, pas son élément central."

Cela est faux. La monnaie est l'élément central d'une économie et pas un maillon. D'ailleurs, il n'existe pas sur cette planète de politique crédible sans souveraineté monétaire. En d'autres termes la crédibilité monétaire apporte la crédibilité politique.

"Mais il serait important de préciser que paradoxalement, compte tenu de son adjonction à la devise européenne (Euro), le CFA bénéficie d'une stabilité que n'ont pas d'autres monnaies dites «souveraines». Cette stabilité lui confère une force sur le Marché grâce à la garantie de sa valeur liée à sa parité avec l'Euro. Je vous renvoie au Traité de Maastricht qui a repris et organisé le franc CFA, après sa création au lendemain de la 2ème Guerre."

Vous parlez de la fixité des parités mais pouvez-vous me dire ce qu'il faut pour la maintenir ? La réponse n'est pas complexe, il faut que l'Etat centrafricain verse des sommes très importantes au trésor public français. Cependant, puisque vous semblez connaître le Traité de Maastricht je vous renvois à ce dernier dont les 4 principes qui régissent la zone F.CFA (la parité fixe en fait partie) y sont énumérés et de me donner un seul argument positif pour l'utilisation du F.CFA. Si vous comprenez bien ce qu'il y a dans ce traité, vous devriez comprendre que la zone F.CFA est une zone complètement impropre au développement.

Je ne comprends toujours pas pourquoi aujourd'hui comment des africains peuvent défendre ce genre de dépendance monétaire. Les pays de la zone F.CFA sont une véritable exception dans ce monde et cela n'a pas l'air d'inquiéter bon nombre d'africain.

"Que non !! L'économie de marché ne saurait être qu'intra muros. En tant que système économique, elle est essentiellement axée sur l'échange basé sur un équilibre entre la production et la consommation. A ce titre, l'économie de marché se développe sur les règles du marché et dans un environnement concurrentiel appelé à s'ouvrir au delà des frontières géographiques."

Comme, je l'ai déjà dit dans d'autres messages, je comprends l'idée d'une économie non marchande. Cependant, avant de penser au marché extérieur, le marché intérieur doit tout d'abord être acquis. S'il n'y a pas de marché intérieur fructueux aussi bien du côté du consommateur et du producteur, comment espérez obtenir un développement extérieur ?

De plus, je pense que le marché international est incompatible avec l'économie non marchande. Ce marché est soumis à une forte concurrence et sans parler du F.CFA l'absence d'économie monétaire et d'économie de marché intérieur montre que l'on ne possède pas des ressources nécessaires pour développer un véritable marché international.

"C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est vital pour l'économie centrafricaine de concevoir une politique visant à équilibrer le marché intérieur et, par voie de conséquence, consolider l'entrée sur le marché extérieur des produits et/ou services centrafricains répondant aux besoins mondiaux. Le développement du secteur tertiaire est une solution"

« Equilibrer le marché intérieur » ? Je préférerais le terme « développez » le marché intérieur. Cependant, avant de pensez aux besoins mondiaux, il faudrait tout d'abord pensez aux besoins des centrafricains. L'autosuffisance est la clé pour entrevoir une vision externe. Lorsque vous parliez d'économie non marchande je la voyais comme un moyen d'arriver à l'autosuffisance pour ensuite passer à une véritable économie de marché. Je suis totalement contre le fait que l'économie non marchande perdure car elle ne nous mènera pas vers l'autosuffisance. Néanmoins, si elle utilisée en tant que tremplin vers une économie de marché, cela ne pourra être que bénéfique.

"L'économie indienne s'est galvanisée avec la promotion et le développement des services aux personnes et la sous-traitance, par exemple."

Oui pour l'Inde mais la Centrafrique dispose contrairement à L'inde de ressource importante. Le meilleur moyen de développer un pays est de partir de ces qualités intrinsèques. Ce sont nos ressources (intellectuelles, naturelles, culturelles) qu'il faut développer et non se substituer à un développement extérieur.

"Quelqu'un disait que « c'est la situation socio économique de l'homme qui détermine sa manière de penser ». Lorsque notre économie créera des agents économiquement indépendants, le népotisme, clientélisme, la corruption, etc. cesseront."

Vous faites l'assertion que l'économie est opposée à la corruption. Je n'ai pas besoin d'argumenter pour vous dire que cela est faux. L'économie engendre la corruption pour la faire cesser c'est sur l'homme qu'il faut agir et non sur ce concept symbolique. Ce qui définit la manière de penser de l'homme n'est pas la situation économique mais le paradigme dont la culture et l'éducation en font partis.

Pour finir, Mr. Francis Kopaye j'ai quelques questions à vous poser :
- L'économie non marchande permet-elle (dans une certaine mesure) de couvrir la demande, c'est-à-dire de palier au problème du pouvoir d'achat ?
- L'économie non marchande permet-elle une transition dans l'économie de marché (marché intérieur) ?

Max Loïc

"je me permets très sincèrement de réagir à vos propositions ayant pour axe prioritaire d'impulser une dynamique de développement réel en république centrafricaine par un intégration du secteur non marchand.

Comme vous le savez bien, et peut-être plus que moi cher monsieur, le problème actuel auquel s'est confrontée l'économie mondiale et dont l'économie centrafricaine se pose sans conteste en terme managérial donc de gestion; ceci dit, l'option pour une stratégie de développement impulsée par une restructuration formelle du secteur non marchand serait peut être l'une des solutions lointaines avec des effets peu induits sur la création des richesses. A mon humble avis, je ne pense pas que cette politique soit une panacée pour l'heure pour des raisons plus simples:
[.]"

Quelle serait la solution ?
- Développez l'éducation ?
- Faire la révolution ?

Les cas historiques de changement profond d'une société ont toutes été effectués avec la révolution. Puis, s'en ait suivie une « campagne » d'éducation. Je ne sais pas si ces deux éléments sont forcément liés mais peut-être que cela mérite d'être creusé un peu plus.


Salutation,

Thomas Sabopa (16/03/2009) : Rectification,

Mr. Francis Kopaye ma première question est très mal posée, je la corrige :

"- L'économie non marchande permet-elle (dans une certaine mesure) de couvrir la demande, c'est-à-dire de palier au problème du pouvoir d'achat ?"

- L'économie non marchande pourra-t-elle permettre de s'adapter au problème du pouvoir d'achat tout en maintenant un certain bénéfice pour le producteur ?

Salutation,

Cyrille Gounfio Herlin (17/03/2009) : Bonjour a tous !
Vraiment c'est depuis plus de deux semaines que je me réservais à suivre et à comprendre le fond de ce débat si pertinent sur notre économie centrafricaine qui souffre de beaucoup de maux projetés par notre Frère Francis. Mais avant de montrer mon point de vue, j'aimerais trouver des réponses à des questions suivantes :
Que veut dire d'une manière claire Le Secteur NON MARCHAND? Que faut-il pour une mise en place effective de ce secteur? Quelles sont les composantes intégrées de ce secteur ? Retracer encore d'une manière schématique son fonctionnement et ses répercutions en 5 années d'exercice et voir même projeter son inconvénient en d'autre terme les risques que notre économie pourra être exposée ? Et en finir pouviez vous me donner un exemple existant d'une ONG dite non Marchande en Afrique avec ses effets ? Pour ne pas exagérer aussi est -il possible si vraiment comme vous le présentez si bien dans votre article que ce chemin pourrait être un jalon fort de l'essor de notre économie aviez vous déjà penser a un type de projet que ensemble nous pouvons nous mettre ? Vraiment mes compatriotes je veux savoir et comprendre par quel moyen pouvions nous avoir l'espoir d'une sortie de gouffre de notre économie. Car il ne faut tout faire sauf refuser la mort prochaine. Merci de vos réponses qui pourront d'avantage nous éclairer.

Francis Kopaye (18/03/2009) : Cher Thomas,

Je crains que votre dernière intervention nous éloigne définitivement de l'essence de l'article dont il est question ici.

Au risque de me répéter, j'ai volontairement éludé la question de la monnaie dans cette réflexion car ma démarche consistait à évoquer le système économique centrafricain. Dans ce cas, invoquer la monnaie lorsqu'on analyse un système économique peut devenir bancal. Pour ma part, je considère qu'un système économique est par définition l'ensemble des mécanismes (dispositif législatif, structures, environnement, acteurs, règlements.) mis en ouvre pour favoriser les échanges économiques. La monnaie qui est un outil intervient dans ces mécanismes au moment des échanges. Ce qui suppose, au préalable, qu'on ait conçu le système dans lequel une devise ou des devises vont circuler. Vous constaterez comme moi que lorsque nous effectuons un séjour à Bangui, nous n'avons quasiment plus besoin de changer l'Euro contre le CFA pour nos achats !!!

Bien entendu, la question que vous soulevez quant aux statuts de notre monnaie (CFA) a toute son importance dans notre capacité à négocier sur les marchés extérieurs. Mais il n'en demeure pas moins qu'un système économique ne peut se limiter ou se baser sur cette question. L'Histoire nous a enseigné que les échanges économiques se faisaient avec d'autres moyens que l'argent, et pourtant ces sociétés traditionnelles avaient leurs systèmes économiques qui fonctionnaient!!!

De mon point de vue, notre pays a besoin d'un système économique plus actuel, plus conforme à nos réalités et besoins. La conception d'un secteur « Non Marchand » est une étape essentielle, j'en suis convaincu. Avec ce secteur, nous pouvons créer une économie « engagée » avec des acteurs plutôt citoyens que « bisnessmen » ; en l'état actuel des choses, l'essentiel n'est pas de créer des activités qui vont générer d'énormes bénéfices. Je pense qu'il serait intéressant et nécessaires de créer des activités pourvoyeuses d'emplois, ce qui va, mécaniquement, faire naître des agents économiques pourvus de pouvoir d'achat, puisque salariés. Notre économie a besoin d'être irriguée et financée. Alors il n'en serait rien si la question de chômage, de manque d'emploi se pose avec acuité.
L'objectif de ce « nouveau » secteur est double :
- Créer des agents économiques engagés
- Contribuer à équilibrer la structure économique qui est à l'heure actuelle essentiellement commerciale.

Enfin, comme je l'ai évoqué dans une autre intervention, l'industrialisation de notre bassin économique n'est pas pour demain, alors il nous faut des alternatives économiques telles que des activités associatives structurées, des services à la personne développés et efficace. En guise d'exemple, les plateformes téléphoniques ont été pour beaucoup dans l'essor économique des pays tels que le Maroc et l'Inde.
Pour finir, je reprendrais l'idée que j'ai déjà suggérée sur ce site : la mise en place d'une Structure d'Insertion par l'Activité Economique (SIAE) est l'exemple le plus concret d'une activité dans un secteur « Non Marchand ». Une volonté politique audacieuse et affirmée est une condition incontournable pour la mise en place de ce secteur.

Cordialement

Thomas Sabopa (19/03/2009) : Bara mö Francis,

"Je crains que votre dernière intervention nous éloigne définitivement de l'essence de l'article dont il est question ici."

Ah bon ? C'est peut-être parce que vous focalisez uniquement sur la partie « F.CFA » de mes interventions.

"Au risque de me répéter, j'ai volontairement éludé la question de la monnaie dans cette réflexion car ma démarche consistait à évoquer le système économique centrafricain. Dans ce cas, invoquer la monnaie lorsqu'on analyse un système économique peut devenir bancal."

Faux, dans le cas qui est le nôtre quelque soit notre système économique est ce que notre monnaie peut permettre un développement à l'échelle national ?

Je pense que votre erreur est de voir la monnaie comme.de « l'argent ». La monnaie remplit plusieurs fonctions (3), vous pourrez facilement trouver la lecture adéquate sur Internet. Pensez-vous qu'il est possible de concevoir un développement (quelque soit le marché) sans économie ?

"Pour ma part, je considère qu'un système économique est par définition l'ensemble des mécanismes (dispositif législatif, structures, environnement, acteurs, règlements.) mis en ouvre pour favoriser les échanges économiques. La monnaie qui est un outil intervient dans ces mécanismes au moment des échanges. Ce qui suppose, au préalable, qu'on ait conçu le système dans lequel une devise ou des devises vont circuler."

Je suis d'accord pour la définition mais la question des devises n'est pas très importante comme vous l'avez déjà souligné dans un autre message.

"Vous constaterez comme moi que lorsque nous effectuons un séjour à Bangui, nous n'avons quasiment plus besoin de changer l'Euro contre le CFA pour nos achats !!!"

- Est-ce une bonne chose ?
- Qu'est ce que sous-entend le fait d'utiliser une monnaie non souveraine pour des échanges locaux (tout en prenant en compte la devise) ?
- Cette situation s'est-elle déjà produite dans l'histoire ?

Je connais la réponse à ces questions et je vous invite cher Francis à trouver les réponses.

"Bien entendu, la question que vous soulevez quant aux statuts de notre monnaie (CFA) a toute son importance dans notre capacité à négocier sur les marchés extérieurs."

En fait, je ne me pose pas encore la question pour le marché extérieur. C'est bien sur le marché intérieur que je me focalise.

"Mais il n'en demeure pas moins qu'un système économique ne peut se limiter ou se baser sur cette question."

Peut-être je ne sais pas. Mais il faut savoir une chose, l'indépendance monétaire apporte l'indépendance politique.

"L'Histoire nous a enseigné que les échanges économiques se faisaient avec d'autres moyens que l'argent, et pourtant ces sociétés traditionnelles avaient leurs systèmes économiques qui fonctionnaient!!!"

Effectivement, mais vous faites encore une erreur la monnaie ce n'est pas de l'argent c'est un concept symbolique. Les autres moyens utilisés peuvent aussi être appelé « monnaie » même si ce n'est pas de l'argent. Néanmoins le point important dans ce paragraphe est ceci :
"
leurs systèmes économiques qui fonctionnaient!!!"

Il y a une erreur mais je ne la relève pas. Vous dites bien « LEURS », par définition ce qui leur appartient. Le F.CFA ne nous appartient pas.

"De mon point de vue, notre pays a besoin d'un système économique plus actuel, plus conforme à nos réalités et besoins. La conception d'un secteur « Non Marchand » est une étape essentielle, j'en suis convaincu. Avec ce secteur, nous pouvons créer une économie « engagée » avec des acteurs plutôt citoyens que « bisnessmen » ; en l'état actuel des choses, l'essentiel n'est pas de créer des activités qui vont générer d'énormes bénéfices. Je pense qu'il serait intéressant et nécessaires de créer des activités pourvoyeuses d'emplois, ce qui va, mécaniquement, faire naître des agents économiques pourvus de pouvoir d'achat, puisque salariés. Notre économie a besoin d'être irriguée et financée. Alors il n'en serait rien si la question de chômage, de manque d'emploi se pose avec acuité.
L'objectif de ce « nouveau » secteur est double :
- Créer des agents économiques engagés
- Contribuer à équilibrer la structure économique qui est à l'heure actuelle essentiellement commerciale."

Oui mais je pense qu'il est important d'avoir en ligne de mire une transition du marché non marchand avec une véritable économie de marché permettant le développement au niveau national.

"Enfin, comme je l'ai évoqué dans une autre intervention, l'industrialisation de notre bassin économique n'est pas pour demain, alors il nous faut des alternatives économiques telles que des activités associatives structurées, des services à la personne développés et efficace. En guise d'exemple, les plateformes téléphoniques ont été pour beaucoup dans l'essor économique des pays tels que le Maroc et l'Inde."

Non ! Pourquoi toujours fonctionner avec des alternatives ? Si l'industrialisation économique n'est pas pour demain, que faut-il faire ? Rien ? Non, il faut s'y atteler quitte à faire des erreurs, après tout cela nous permettra d'apprendre.

Cependant, je ne vois pas l'économie non marchande comme un système alternatif mais comme une transition pour une véritable économie de marché.

"Pour finir, je reprendrais l'idée que j'ai déjà suggérée sur ce site : la mise en place d'une Structure d'Insertion par l'Activité Economique (SIAE) est l'exemple le plus concret d'une activité dans un secteur « Non Marchand ». Une volonté politique audacieuse et affirmée est une condition incontournable pour la mise en place de ce secteur."

Oui, le SIAE est une bonne chose mais il faut savoir que bien que le SIAE permet de développer une activité économique ; que se soit en tant que production ou de service son objectif est de permettre
une réinsertion professionnelle. Cela, est effectué par l'intermédiaire de l'économie non marchande. Mais le but de manière globale est bien d'apporter une compétence et de l'expérience pour permettre de faire fonctionner une véritable économie de marché. Donc on se retrouve avec cette idée de transition. Cependant, il me semble qu'une convention avec l'Etat doit être établie donc vous faites bien de dire qu'il faille une volonté politique. Par ailleurs, vous savez bien comment fonctionne la politique chez nous. Vous voyez le problème ?

Francis, vous avez de bonne idée mais vous les prenez trop isolément. Lorsque l'on parle d'économie (marchande ou non-marchande), il faut prendre en compte les composantes monétaires ainsi que politique. Je suis tout à fait d'accord pour développer une économie non marchande mais dans le seul but qu'elle permette une transition dans une économie de marché fondé sur nos réalités économiques et socioculturelles. Nos réalités sont :
- Nos ressources naturelles ;
- Nos ressources intellectuelles ;
- Nos ressources culturelles ;

Cela est généraliste mais une économie marchande ou non marchande doit être fondé sur ces 3 principes ainsi, en maîtrisant notre environnement socioculturel et socioprofessionnel nous serons apte à suivre la voie du développement et de l'industrialisation.

Salutation,

Thomas Sabono (19/03/2009) : Mr. Brice Goddot Nzonguia, dans un de ses messages disait ceci :

"Faut-il penser que le FCFA, dérivé de l'Euro, ne permet pas à l'Etat d'avoir le monopole de son système économique ?
Pas directement, l'Etat peut concevoir et contrôler son système économique malgré l'impact de ce cas de figure."

Je ne saurai répondre à cela. Je ne sais pas si l'Etat peut véritablement contrôler son système économique peut-être faudrait-il ouvrir un nouveau sujet de réflexion ?

Salutation,

 

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