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Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
LETTRE OUVERTE AUX PARTICIPANTS AU DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF
Par le
Pr. Begong Bodoli
BETINA
Pr.
Bégong-Bodoli BETINA
Saint-Louis, le 30 novembre 2008
Enseignant-Chercheur/ Écrivain
Université Gaston BERGER
UFR de Lettres & Sciences Humaines
Section Langues Étrangères Appliquées
Saint-Louis, SENEGAL
A Monsieur le Président du Présidium
du Dialogue National Inclusif
Objet : LETTRE OUVERTE AUX PARTICIPANTS
AU DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF
***
POUR LA RENAISSANCE DE LA
RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
Monsieur le Président du Présidium,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes,
Permettez-moi de saisir l'occasion qui nous est offerte, à nous,
Centrafricains, pour vous exposer dans les lignes qui vont suivre mes
préoccupations pour notre cher pays. Ces genres d'occasions sont si
rares que m'en priver pour partager avec vous, ainsi qu'avec tout le
peuple centrafricain mes convictions, serait comme un désintéressement
de ma part des questions nationales. En effet, notre pays va mal, très
mal. Et mon seul souhait en vous envoyant ces réflexions est de secouer
chez chacun de vous votre orgueil, et si ce n'est le cas, au moins votre
prise de conscience de la gravité de cette situation.
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes. Avant même de vous exposer mes préoccupations, deux
faits m'inquiètent quant au caractère véritablement national de ce
dialogue : d'une part la composition des participants et d'autre part la
présidence dudit dialogue. En effet, un dialogue national digne de ce
nom ne peut être concluant qu'en intégrant toutes les composantes de la
nation : la société civile, les travailleurs, les paysans, les ouvriers,
les commerçants, les étudiants, les élèves, les chômeurs, les
Centrafricains de la diaspora. A propos de ces derniers, il est à
souligner qu'on a tendance, chez nous, à ne considérer comme
Centrafricains de la diaspora que ceux vivant en Occident. A mon avis,
il faut dorénavant compter avec ceux se trouvant en Afrique,
singulièrement en Afrique occidentale, dans des pays comme la
Côte-d'Ivoire, le Mali, le Sénégal, etc., et qui non seulement sont
numériquement considérables, mais qualitativement ont des assises
intellectuelles et sociales avérées. Or, à ma connaissance, dans ce
dialogue, la société civile n'est que faiblement représentée, et l'on ne
note que la présence de l'opposition civile et armée face au pouvoir, ce
qui fait craindre une polarisation des débats entre les deux camps, sans
un contrepoids neutre et objectif. Quant à la présidence du Présidium,
je suis persuadé que seul un Centrafricain, ayant des repères
historiques, géographiques, politiques et culturels du pays, serait en
mesure non seulement de découvrir mais surtout d'apprécier à leur juste
valeur les dits et les non-dits des propos des intervenants. Non pas que
je doute de la capacité du Président du Présidium, mais je crains que
les débats sur certaines questions ne traînent en longueur parce que le
Président voudrait s'informer avant de trancher, ou qu'ils ne soient
escamotés parce que le Président, ne disposant de clés nécessaires pour
les décoder, préfère respecter son chronogramme au lieu de les
approfondir. Enfin, dans le registre des regrets, je tiens à souligner
qu'en raison de l'importance de ce Dialogue, et du pourrissement de
notre pays, il aurait été profitable de traiter des sujets aussi variés
que l'unité nationale, la souveraineté nationale, la bonne gouvernance,
l'économie, l'éducation, la santé, la culture, etc., et non se focaliser
sur le seul aspect sécuritaire.
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes. Après vous avoir soumis mes réserves, permettez-moi
de vous exposer mes convictions sur certaines questions nationales qui,
de mon point de vue, font que les Centrafricains ne sont pas visibles
dans le monde, ou qui ruinent l'émergence de la République
Centrafricaine d'abord en tant qu'Etat, ensuite en tant que nation. Ces
points sont les suivants : 1- Les symboles de l'Etat ; 2- La sécurité
nationale ; 3- La souveraineté nationale ; 4- L'Unité nationale ; 5-
L'Économie ; 6- La culture ; 7- Le tourisme, entre autres. En effet,
pour moi, toutes ces questions s'imbriquent et se tiennent. Résoudre
certaines et laisser de côté d'autres, comme cela se profile pour ce
Dialogue National Inclusif, serait comme tuer le loup et laisser courir
les louveteaux.
I. DES SYMBOLES DE L'ÉTAT
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes. La République Centrafricaine est un pays où presque
tous les symboles de l'État, s'ils ne sont pas caducs, ont un contour
flou qui prête à confusion. Je pense que dans une instance comme le
Dialogue National Inclusif, au lieu de nous voiler la face et considérer
ces questions comme taboues, il serait temps de les débattre pour les
contextualiser et créer ainsi une adéquation entre le peuple et son
pays. Car toute ouvre humaine est perfectible. Il serait maladroit,
voire dommageable, de continuer à gouverner au XXIème siècle notre pays
avec des symboles anachroniques du XXème siècle.
La première de ces questions est le nom du pays : République
Centrafricaine. L'identité centrafricaine reste un problème d'actualité.
Bon nombre de centrafricains se posent la question de savoir si la
Centrafrique que prônait feu le président Barthélemy BOGANDA ne se
limitait pas aux frontières actuelles. Or, il parlait plutôt des
Etats-Unis d'Afrique Latine qui regrouperaient les pays de l'AEF
(l'Afrique Equatoriale Française), le Congo Belge (actuelle République
Démocratique du Congo) et l'Angola (pays lusophone). Même si l'idée de
baptiser l'Oubangui-Chari en République Centrafricaine a été maintenue
malgré le constat d'échec de ce projet, il apparaît aujourd'hui, et
depuis toujours, pour la plupart des peuples qui qui se trouvent hors de
notre aire géographique, qu'être Centrafricain c'est appartenir à
l'Afrique Centrale. Difficile d'identifier le Centrafricain lorsque l'on
est à l'extérieur. Il n'est pas rare d'entendre de la bouche des
interlocuteurs étrangers lorsque vous vous présentez comme Centrafricain
des questions suivantes : êtes-vous Congolais ? Camerounais ? Tchadien ?
Gabonais ?, etc. Et lorsque vous répétez que non, vous êtes
Centrafricain tout court, ils vous rétorquent : mais Centrafricain de
quel pays ? C'est ainsi que la question de cette identité nationale doit
être remise à l'ordre du jour. Il est temps de proposer au peuple
d'opter par référendum, soit pour l'ancienne appellation « Oubangui » en
la mutilant de « Chari » ; seulement, dans notre pays, être Oubanguien
c'est habiter le long du fleuve Oubangui ; soit de créer, en tenant
compte de notre histoire, de notre position géographique et de nos
cultures, une nouvelle dénomination. Dans ce second cas, un appel à
propositions devra être lancé, à l'issue duquel une sélection sera
opérée pour choisir le nom qui reflèterait le mieux notre idiosyncrasie.
Je pense qu'il est nécessaire de relever ce défi de l'identité
nationale, à travers le plus grand symbole de l'État qu'est le nom du
pays, sans quoi nous courons perpétuellement le risque d'être sans
identité remarquable, anonymes, méconnus en tant que peuple différent
des autres peuples de l'Afrique Centrale.
La deuxième question est notre hymne national, la Renaissance. Le
premier vers de cet hymne est « O Centrafrique, o berceau des bantous ».
Je considère que ce vers, en mentionnant expressément le nom « bantou »
porte en lui les germes d'une discrimination au plan national. Même s'il
faut reconnaître l'antériorité du groupe bantou dans le pays, notamment
à travers les pygmées, La République Centrafricaine est un carrefour.
Beaucoup de groupes ethniques y ont trouvé refuge en fuyant les négriers
et les razzias menées par les arabes. En outre, dans sa partie nord et
nord-est, le peuplement dans sa majorité est soudano-sahélien. Faire
chanter à un fils de soudano-sahélien, par exemple, un hymne qui fait
l'éloge d'un autre groupe ethnique au détriment du sien équivaut à ce
que les colons nous ont fait chanter à l'école, à savoir « Nos ancêtres
les gaulois ». Au nom de l'égalité entre tous les fils du pays, une
révision s'impose pour adapter l'hymne national aux réalités
démographiques nationales. Notre pays n'est pas plus bantou que les deux
Congo, l'Angola ou même l'Afrique du Sud, qui n'ont pas dans leur hymne
cette mention discriminatoire.
La troisième question qui, comme le nom du pays, prête aussi à confusion
est le nom totémique des Centrafricains : « Les fauves du bas-Oubangui
». En effet, si dans sa version dans notre langue nationale, le sango, «
A bamara ti gbaza-Bangui », il est clair que « bamara » signifie lion,
la version française ne respecte pas celle sango, et entretient un flou
dans les esprits, comme si aucun Centrafricain n'était capable de
traduire le sango en français. Qu'est-ce qu'un fauve ? En définissant
une bête fauve, Le Petit Robert nous dit ceci : « Bête sauvage au pelage
fauve ». Et il cite comme exemples le lièvre, le cerf et le lion.
Cependant, dans le langage moderne, le même dictionnaire définit le
fauve de la façon suivante : « Félin de grande taille » et il nous
renvoie à « félidés ». Lorsque nous allons à « félidés », après avoir
défini ce mot, il en donne quelques exemples : chat, guépard, jaguar,
léopard, lion, panthère, tigre, etc. Alors, de tous ces animaux, que
sommes-nous ? Des lièvres ? Des chats ? Des lions ? Des panthères ? De
même que lorsque nous disons que nous sommes Centrafricains, on nous
assimile aux Congolais, aux Tchadiens ou aux Gabonais, de même, lorsque
nous-mêmes nous disons fauves, nous entretenons une gigantesque
confusion en nous assimilant à la aux lièvres, aux chats ou aux lions.
Il est temps que nous nous déterminions clairement par rapport à notre
animal totémique et cessions de jouer la rivalité entre ces animaux. Qui
sait si ce n'est pas à cause de ces rivalités qu'aucun animal ne nous
veuille protéger et que nous n'arrivions plus à enregistrer plus de
succès sportif ?
Je me permets de relever le drapeau centrafricain en dernière position
parce que, de mon point de vue, c'est le seul symbole de l'État qui est
à la fois unificateur et d'actualité. En effet, avec ces cinq couleurs
(Bleu, blanc, vert, jaune et barré de rouge), il concentre en lui seul
la diversité démographique, la diversité géographique, la diversité
climatique, la diversité végétale, la diversité des ressources
naturelles, la diversité agricole, et même la diversité linguistique.
Dans le drapeau tous les Centrafricains, de quelques origines qu'ils
soient, se sentent détenir une portion du pays ou un bien propre au
pays. Voilà un symbole digne d'être interprété et enseigné à nos
enfants, même si dans sa conception originelle, il reflétait une réalité
géographique beaucoup plus vaste que notre quadrilatère. Mais il est
heureux de constater que notre pays est un concentré de tous les
symboles qui y sont représentés.
II. DE LA SÉCURITÉ NATIONALE
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes. La sécurité nationale constitue un casse-tête face
auquel tous les pouvoirs qui se sont succédés dans notre pays ont eu à
buter. Mais cette situation n'est pas la conséquence d'un hasard. Elle
est due à un certain nombre de dysfonctionnements parmi lesquels je peux
citer le mode de conquête du pouvoir, le mode d'exercice du pouvoir et
le traitement inégal du peuple par les dirigeants.
En effet, dans notre pays, hormis la première élection du président
Ange-Félix Patassé en 1993, toutes les autres conquêtes du pouvoir ont
été entachées d'irrégularités, y compris celle de David Dacko en 1960
suite à la disparition tragique de notre président fondateur Barthélemy
Boganda. La norme pour accéder au pouvoir en Centrafrique est soit un
tripotage électoral, soit un coup d'État, soit un rétablissement au
pouvoir par les services spéciaux de l'ex-puissance coloniale, soit
enfin, un accompagnement au pouvoir par les forces armées d'un pays
frère avec la bénédiction de la même ex-puissance coloniale. Dans ces
conditions, le fait de bafouer la voie démocratique de conquête du
pouvoir crée des frustrations qui, dès le lendemain de la prise de
celui-ci, se transforment en revendications puis en contestations
pacifiques ou armées du pouvoir. Fait aggravant, cette situation devient
d'autant plus insupportable qu'humiliante lorsque, ces forces armées du
pays frère, devenues mercenaires, prennent leurs ordres directement du
pays qui les a envoyés et, non seulement piétinent et massacrent le
peuple centrafricain, mais négligent les autorités qui les ont appelées
à la rescousse. Ce sont là les tristes réalités que vivent, et le peuple
centrafricain et les autorités centrafricaines, faisant du pays entier
une région d'un pays frère et de la haute autorité nationale un
gouverneur de province. Or, tout cet asservissement du pouvoir et du
peuple aurait pu être évité si le mode de conquête du pouvoir obéissait
aux normes démocratiques.
Mais un des problèmes les plus épineux, qui mettent dos à dos, et nos
dirigeants qui accèdent au pouvoir par tripotage électoral, par coup
d'État, par voie démocratique ou par parachutage par les forces armées
d'un pays frère, est le mode d'exercice du pouvoir. Quand j'étais
étudiant, il m'a été donné de suivre le premier discours du président
socialiste français François Mitterrand. Dans ce discours, en dépit de
ses plusieurs échecs électoraux et des décennies passées dans
l'opposition, le nouveau président français a déclaré ceci : « Nous
sommes venus pour convaincre, et non pour vaincre ». Dans notre pays, il
est lamentable de constater que, même si quelqu'un accède
démocratiquement au pouvoir, son objectif principal est de vaincre non
seulement l'ancien régime, mais aussi tous les groupes sociopolitiques,
ethniques ou régionaux qui ont soutenu de près ou de loin ce régime. En
témoignent les destructions de commerces, d'habitations, d'entreprises,
y compris d'hôpitaux et d'écoles appartenant aux dignitaires de l'ancien
régime ou se situant dans les régions des dignitaires de l'ancien
régime. Dans ces conditions, comment voulez-vous que le Centrafricain
investisse dans son pays ? Tout pays qui ambitionne de se développer
doit d'abord compter sur les investissements de ses propres fils. Or,
lorsque non seulement les citoyens d'un pays évitent d'investir chez
eux, voire même de construire leur propre maison chez eux, de peur de se
retrouver, en cas de changement de régime, du jour au lendemain sans
commerce ou sans toit, mais surtout même les hauts dirigeants du pays,
conscients de leurs forfaits, préfèrent construire leurs résidences
principales dans un pays tiers, nous faisons là face à une crise de
confiance dans notre propre pays. Même le pouvoir que nous recherchons,
nous ne le faisons pas pour développer le pays mais pour remplir nos
poches et, au premier coup de vent, aller rejoindre nos résidences
achetées ou construites avec l'argent de la sueur de nos compatriotes
sous d'autres cieux. C'est dire que si parfois conquérir le pouvoir est
facile parce qu'on a tripoté ou fait un coup d'État, ou qu'on a été
parachuté par une force étrangère, l'exercer se révèle trop compliqué.
Parce que exercer le pouvoir c'est s'efforcer de satisfaire les besoins
de ses concitoyens. Et quiconque parvient à le faire, et essaie de créer
autour de lui un consensus sur les questions d'intérêt national, n'a
aucune raison de redouter les foudres de ceux-ci s'il perd le pouvoir.
Malheureusement, la question d'exercice inique du pouvoir a été moult
fois posée et reste toujours d'actualité.
Le dernier problème lié à la sécurité nationale est celui du traitement
inégal du peuple. Cette discrimination, qui était peu perceptible dans
les deux premières décennies de notre indépendance, a fait une irruption
fracassante dans les sphères politiques de notre pays, avec l'accession
au pouvoir du général André Kolingba. En effet, alors qu'auparavant on
ne parlait dans l'administration centrafricaine que le français et notre
langue nationale le sango, et que y parler une langue vernaculaire
causait la honte, la langue maternelle du chef de l'État a impudiquement
eu droit de cité dans la plupart des services administratifs, y compris
dans l'armée, reléguant ainsi les citoyens qui ne savaient pas
s'exprimer dans cet idiome en seconde zone. La célérité d'une prestation
de service dans l'administration était liée à l'expression du demandeur
dans cette langue. Cette pratique, qui a provoqué l'indignation du
peuple centrafricain et a été décriée par tous, s'est poursuivie avec le
régime du président Ange-Félix Patassé. Avec le régime du général
Bozizé, tout semble indiquer qu'elle s'est érigée en règle. Conséquence
de cette situation, les autres citoyens se sentent marginalisés donc peu
concernés par les problèmes nationaux et, par ricochet, aux questions
liées à la sécurité nationale. Dans le même ordre d'idées, on peut
souligner la généralisation du népotisme dans tous les régimes précités.
Or, chez nous, pouvoir rime avec enrichissement accéléré. Le fait de
s'entourer majoritairement de parents, ou de nommer des parents à des
postes stratégiques économiquement, politiquement et militairement,
signifie les sortir du néant et faire d'eux des multimillionnaires ou
des milliardaires sans qu'ils aient à justifier de leur compétence dans
ces domaines. De telles promotions ne peuvent avoir que des conséquences
fâcheuses sur le patriotisme des concitoyens, les rendant insensibles
aux problèmes de sécurité nationale et, parfois, les transformant en «
zaraguinas », pour pouvoir gagner autrement ce que l'État ne veut pas
leur octroyer méritoirement. On voit donc, à travers ces quelques
exemples, que la sécurité nationale n'est pas exclusivement dévolue aux
forces de l'ordre et de sécurité. Elle relève aussi, et surtout, des
actes que posent les hautes autorités de l'État en bien ou en mal.
III. DE LA SOUVERAINETÉ NATIONALE
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes. S'agissant de la souveraineté nationale, force est
de constater que la République Centrafricaine n'en a jamais connu depuis
son accession à l'indépendance. En effet, une partie de l'explication de
la cause de disparition tragique de notre président fondateur Barthélemy
Boganda se trouve dans ses velléités d'indépendance et de souveraineté.
Or, en l'éliminant précocement, et en imposant à la République
Centrafricaine dès ses premiers pas un jeune homme peu préparé
intellectuellement et novice politiquement, en la personne de David
Dacko, l'ex-puissance coloniale a annihilé toute prétention à la
souveraineté nationale. Elle avait entre ses mains une marionnette, un
béni-oui-oui à sa solde, ignorant les intérêts du peuple. Conséquence de
cela, dès les premières années de notre indépendance, les Centrafricains
considéraient la politique comme un fléau. On les avait initiés à s'en
désintéresser. Et ce n'est pas le coup d'État de Bokassa qui arrangera
les choses, car en éliminant tous ceux qui pouvaient lui faire de
l'ombre, qu'ils soient civils ou militaires, il a semé la panique au
sein du peuple centrafricain. Certains hauts cadres civils et militaires
ont dû abandonner leurs postes pour devenir de simples cultivateurs afin
d'éviter qu'il ne les rencontre sur son chemin. On voit donc que, dans
ce contexte de psychose généralisée, parler politique pour développer sa
conscience nationale devenait une gageure. Or, la souveraineté nationale
n'est pas l'apanage des dirigeants. Dans certaines situations où les
autorités d'un pays sont humiliées, c'est le peuple qui se lève pour
laver cet affront et refuser sa mise sous tutelle par une puissance
étrangère. L'Espagne en constitue un exemple éloquent lorsque tous les
espagnols se sont levés pour lutter contre l'occupation de leur pays en
1808 par Napoléon 1er, lequel a forcé le roi Charles IV à abdiquer et a
donné la couronne d'Espagne à son frère Joseph Bonaparte. Une émeute
sanglante, connue sous le nom de (Dos de Mayo, 2 mai), a marqué le début
d'une insurrection qui conduira à bouter dehors l'armée napoléonienne et
à restaurer la souveraineté de l'Espagne. Tout près de nous, le
soulèvement du général De Gaulle, suivi par la grande majorité des
français pour résister contre l'occupation nazie constitue une leçon
historique pour tous les peuples du monde. Malheureusement, en
République Centrafricaine, tant du côté des autorités que de celui du
peuple, nous ne développons pas encore cette fierté nationale qu'est la
souveraineté de notre pays. Certains, pour conserver le pouvoir,
d'autres, pour le conquérir, font appel à des mercenaires
infréquentables qui non seulement pillent nos biens qu'ils acheminent
chez eux, mais encore violent sous nos yeux nos femmes et nos filles. Il
suffit de lire Le prince de Machiavel pour savoir que le recours à de
mercenaires est porteur en soi des difficultés futures d'un régime et
aliène la souveraineté d'un pays. Le fait que la plupart de nos pouvoirs
ne survivent que grâce aux mercenaires est une sorte d'hypothèque de
notre pays aux étrangers et un assujettissement de nos autorités à
ceux-ci. Cela correspond à un abandon de souveraineté nationale.
IV. DE L'UNITÉ NATIONALE
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes. Aujourd'hui, l'unité nationale est ébranlée. Elle a
cédé la place aux clivages ethno-régionaux. Les différents régimes qui
se sont succédés ces dernières années ont utilisé la division comme
instrument politique et du pouvoir. On note même, au niveau de la
capitale, une occupation des quartiers par provenance ethnique ou
régionale. Pire, les langues vernaculaires ont tendance à supplanter le
Sango, notre ciment de l'unité nationale dans l'administration. Il est
urgent de restaurer l'unité nationale à tout prix. Pour ce faire, je
suggère qu'une nouvelle capitale moderne soit édifiée, ou, à défaut, que
Bangui soit progressivement détruite et reconstruite selon des normes
modernes. Que l'occupation des habitats et des zones urbaines ne se
fasse plus en fonction des provenances régionales ou ethniques de nos
populations, mais uniquement sur la base de critères objectifs qui
doivent être définis. Tout comportement ethno-régional mérite d'être
sévèrement sanctionné. Je propose qu'un projet de loi soit soumis à
l'Assemblée Nationale à cet effet, et que tout acte népotiste ou
ethnocentrique avéré soit passible de lourdes peines. Je pense que le
pays doit avoir une association de toutes les compétences de ses fils au
pouvoir et non un partage du pouvoir basé sur des intérêts népotistes et
sectaires. L'Etat doit plutôt se poser comme un organe de régulation
sociopolitique qui facilite la recherche de la cohésion nationale dans
un contexte de fragmentation et de désordre où se trouve notre pays
aujourd'hui et donc permettre la réalisation de l'unité du peuple.
V. DE L'ÉCONOMIE
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes. Permettez-moi de vous parler maintenant de
l'économie, non pas en termes techniques, mais sous son aspect général.
Depuis toujours, dans notre pays, on nous parle de l'existence sous
notre sol de l'or, de diamants, de l'uranium, du pétrole, du fer, du
ciment et j'en passe. Mais de ces ressources nationales, pour celles qui
sont déjà ou en cours d'exploitation, le Centrafricain lambda n'en note
aucune incidence sur sa vie quotidienne. Or, c'est un secret de
polichinelle que d'affirmer que certains pays bien africains ont vu leur
PIB renforcé et le niveau de vie de leur population augmenté rien qu'à
cause des diamants ou de l'uranium. Sans nous attarder sur « L'Affaire
des diamants », plusieurs décennies se sont écoulées depuis lors, tout
comme plusieurs régimes se sont succédés, mais les conditions de vie du
Centrafricain sont restées les mêmes. Pire, elles se sont aggravées
puisque l'espérance de vie du Centrafricain est tombée à trente-neuf ans
(39 ans) alors que quelques décennies plus tôt elle était supérieure à
ce chiffre. Quant aux ressources qui ne sont pas encore exploitées,
qu'attendons-nous pour le faire ? Aujourd'hui, le prix d'un sac de
ciment se situe entre treize mille cinq cents (13.500 FCFA) et quatorze
mille cinq cents francs CFA (14.500 FCFA). Par moments, il atteint des
pics qui vont jusqu'à dix-sept mille (17.000FCFA) ou dix-huit mille
francs CFA (18.000 FCFA). Quand on sait que le SMIG dans notre pays est
de quinze mille francs CFA (15.000 FCFA), soit moins que l'équivalent
d'un sac de ciment, comment voulez-vous qu'un Centrafricain qui ne «
rallonge » pas son salaire puisse posséder une maison digne de ce nom ?
La plupart de nos concitoyens, même des fonctionnaires, croulent dans
des maisons en banco avec des toits en tôles ondulées qui, dès qu'une
tornade s'abat sur le pays, se retrouvent avec les oreilles assourdies
comme s'il y avait un concert de fanfare sur leur toit. Et on nous dit
que nous disposons du ciment non loin de Bangui ! Vous vous rendez
compte ? Cet exemple est aussi valable pour le pétrole, le fer et l'or,
celui-ci n'étant exploité qu'artisanalement par les trafiquants de tous
bords. Je propose, qu'au cours des travaux de ce Dialogue National
Inclusif, non seulement il y ait un atelier consacré à l'économie, mais
qu'une décision soit prise pour Organiser des Etats Généraux de l'Economie
afin d'engager le débat sur le type de croissance idoine de tous les
secteurs économiques (primaire, secondaire et tertiaire) susceptibles de
porter la croissance du PIB à des niveaux significativement supérieurs
aux taux de croissance démographique et ainsi réduire la pauvreté. Je
sollicite une attention particulière des participants sur l'agriculture.
Savez-vous que notre pays était autosuffisant alimentairement en 1963 ?
Il est difficile de savoir ce qu'il en est aujourd'hui. Cela était
essentiellement dû à une géographie et une répartition climatique
variées et équilibrées. Mais nous ne tirons pas suffisamment profit de
cette manne que nous ont léguée nos ancêtres et nous nous focalisons
surtout sur les cultures de rente, alors que nous sommes très
concurrencés sur ce terrain par les pays industrialisés qui
subventionnent leurs agriculteurs. Il est temps de diversifier les
cultures et moderniser ce secteur, même si le coton et le café sont les
produits d'exportation assez rentables pour notre économie.
VI. DE LA CULTURE
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes. La culture de notre pays est méconnue à l'extérieur.
Et pourtant, la République Centrafricaine est un pays aux richesses
culturelles multiples et variées. Pourquoi ne pas en faire un espace
culturel rayonnant dans la sous-région, en Afrique, voire dans le monde
? Il suffit pour cela d'en avoir la volonté. Par exemple, notre musique
n'a pas de lisibilité en Afrique et dans le monde. Comme je l'ai dit
plus haut, en parlant de l'identité nationale, lorsque nos musiciens
passent sur les radios ou télévisions étrangères, ils sont
systématiquement assimilés aux musiciens congolais. En Afrique Centrale,
si au début des indépendances, la plupart des musiciens pratiquaient la
rumba, aujourd'hui, tous les autres pays ont trouvé leur propre voie,
sauf la République Centrafricaine. Le Cameroun a été le premier à s'en
démarquer avec la « Makosa » ; le Gabon en a fait de même dans les
années quatre-vingt, et le Tchad leur a emboîté le pas tout
dernièrement. Inutile de parler des pays de l'Afrique Occidentale comme
le Mali, la Côte-d'Ivoire ou le Sénégal, qui ont su se faire une place
au soleil musicalement. Pourquoi ne ferions-nous pas autant en relançant
et en modernisant nos musiques et danses traditionnelles comme celles
des Broto, des Pygmées, des Zandé, des kaba, etc., notamment le
yangba-bolo, le gbayora, etc.). A cet effet, pour encourager les
musiciens les plus originaux et les plus créatifs, des prix pourraient
être créés qui consisteraient en l'octroi de bourses d'études dans des
instituts de musicologie les plus réputés au monde. Et il en va de même
pour les arts (dessin, art plastique, sculpture, etc.). Quant à la
littérature, la République Centrafricaine foisonne d'écrivains qui,
faute de maison d'édition, empilent leurs manuscrits dans des tiroirs.
Comment expliquer qu'il y ait des dizaines de maisons d'édition au
Cameroun, dans les deux Congo, au Gabon et au Tchad, et seule la
République Centrafricaine n'en possède pas une seule ? Le rayonnement
d'un pays, si les politiques sont défaillants, peut venir de la culture
et des sports. Le Cameroun nous en administre quotidiennement une
admirable leçon, et nous sommes quasiment les mêmes peuples (les bantous
et les soudano-sahéliens). Pourquoi les Centrafricains n'émergent ni
culturellement, ni sportivement ? Sommes-nous maudits ? Mais maudits par
qui ou par quoi ? Voilà autant de questions que je me pose et que je
souhaite, Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles,
Messieurs, Chers compatriotes, que vous vous les posiez avec moi et
qu'au sortir de ce Dialogue National Inclusif, nous retrouvions un
nouveau souffle pour inscrire et positionner notre chère patrie parmi
les Nations qui comptent.
VII. DU TOURISME
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes. La RCA dispose d'un potentiel touristique d'autant
plus enviable que très varié. Sa faune, son avifaune, sa flore, ses
chutes, son artisanat, sont d'une variété rare. Même la variété des
peuples et des cultures qu'on y trouve constitue en soi des attractions
touristiques. En dehors des parcs à animaux existants (Gounda
Saint-Floris, Dzanga Ndoki et la réserve spéciale de Dzanga-Sangha), la
création de parcs à oiseaux, à papillons, à reptiles (lézards, serpents,
tortues, crocodiles, etc.), qui pourront constituer des spécificités du
tourisme centrafricain serait d'une grande utilité pour le pays.
Pourquoi ne pensons-nous pas à ces choses ? Naturellement, le tourisme
va avec la paix. J'espère qu'au sortir de ce Dialogue National Inclusif,
une paix durable s'instaurera, entre le pouvoir et nos frères qui ont
pris les armes, afin de permettre la réalisation de ce genre
d'activités. En outre, et de façon subsidiaire, il est essentiel de
créer aussi une atmosphère de paix et de tranquillité propice à cette
activité dans tout le pays par la neutralisation à tout prix des «
zaraguinas » et des braconniers. Sur le plan administratif, il est
important que l'État encourage les particuliers à s'investir dans ce
domaine en facilitant les procédures d'autorisation dans le cadre du
tourisme. Enfin, et en concertation avec les autres États, envisager la
création d'un visa touristique de la CEMAC pour rendre plus larges les
offres touristiques.
Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes, voilà succinctement exposés mes regrets, ainsi que
ce que je pense de notre pays, de nos gouvernants, de nous-mêmes, pour
que nous puissions nous sortir de l'opprobre dans laquelle nous nous
trouvons si longtemps comme si nous nous complaisions dans cette
situation. Personne ne viendra secouer le joug de l'esclave à sa place.
Par conséquent, personne ne viendra nous octroyer gracieusement notre
indépendance, notre souveraineté, notre unité, si nous-mêmes ne sommes
pas engagés à le faire. Et pourtant le faire, c'est simplement nous
rendre doublement fiers : vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis de notre
pays.
Pr. B. B. BETINA
Réactions à cette tribune
Francis
Kopaye (07/12/2008)
: Cher Bégong-Bodoli BETINA,
C'est avec une réelle attention que j'ai lu votre article. Il
conviendrait de féliciter l'ampleur du travail effectué. Votre article
est une analyse de plus aux nombreuses qui ont été faites sur la
situation de notre pays. A la lecture de votre travail, il m'a semblé
que vos suggestions arrivent un peu tard. Nous sommes au jour J-1 de
cette Grande Réunion Nationale. Ceci dit, vos apports ont toute leur
importance.
Mais mon intervention à votre article se situerait sur son essence même,
c'est-à-dire, être une proposition quant à l'objet même du Dialogue
Politique Inclusif.
Voyez-vous cher compatriote, au-delà de toutes les problématiques
connues de notre pays, leur aspect sécuritaire demeure de loin, la
problématique centrale et charnière aux restes. Ce qui est l'objectif de
ce Dialogue, me semble-t-il.
Mais comment pourrions-nous créer des conditions d'une Souveraineté
Nationale effective, d'une Indépendance réelle, d'une Economie porteuse
de fruits et créatrice d'emploi, d'une Culture visible, affirmée et
identitaire, d'une Unité Nationale convaincue et d'un Tourisme attrayant
sans au préalable se réunir, se concerter et définir ensemble une vision
future de notre société, de notre pays ?
De mon point de vue, les participants à ce Dialogue doivent traiter,
sans économie de temps ni de vision, la question de sécurité à
l'intérieur de notre Centrafrique. On ne peut décemment pas évoquer tous
ces problèmes en 15 jours chrono!! Il ne s'agit pas de fonder tout
l'espoir sur l'issue de ce Dialogue mais de souhaiter de tous nos voeux
qu'il soit enfin une solution et un tournant décisif pour le peuple
centrafricain tout entier. Certaines de vos remarques sont justifiées et
nécessiteraient une attention particulière.
Pour ma part, j'aurais tendance à suggérer la mise en place, au
lendemain de cette assise, d'un Secrétariat d'Etat chargé de la mise en
ouvre de toutes les recommandations nées de ce forum. Il faudrait
adjoindre à ce Secrétariat d'Etat un Pôle chargé des Prospectives et
d'évaluations des politiques de l'Etat. Ce pôle aurait en charge
l'analyse, l'identification, la conception et l'évaluation des grands
chantiers à mettre en ouvre. A ce propos, j'ai émis un ensemble de
propositions détaillant les missions de ce Pôle. Parmi ces missions, la
nécessité de concevoir une politique spécifique relatives aux actions de
la diaspora centrafricaine dans les domaines culturel, économique et
touristique.
Quant à l'idée du changement du nom de notre pays et de certaines
paroles de notre hymne national, je pense qu'elle ne traduit pas les
préoccupations quotidiennes de nos concitoyens, mais ne demeure pas
moins importante.
Au risque de me répéter, une vision future porteuse d'espoir résolument
tourné vers l'avenir doit avoir pour base notre union dans la
concertation, le dialogue. Permettez de vous proposer la lecture de mon
article intitulé « Lettre aux
citoyen centrafricains, citoyens du monde » publié sur ce site.
Patriotiquement
Désiré
Mbata Ngombe (07/12/2008)
: J'ai lu avec attention l'article de notre compatriote Bodoli. Je suis
d'avis avec lui qu'il faut changer le nom de la République
Centrafricaine avec Oubangui-Chari ou Oubangui. Je suis 100% d'accord
avec.
Aubin Sosthène
Yengali (08/12/2008)
: la RCA en grand ,la RCA ensemble.
aujourd'hui, ce qui est en en cause, c'est l'idée même que nous nous
faisons de l'homme, de ses droits, de sa dignité.
nous avons trop longtemps rêvé du modèle de développement importé; il
est temps que nous fassions preuve d'imagination pour trouver notre
vraie voie, et il faut que chaque Centrafricain sache que sa terre
promise, c'est la RCA et que nulle part ailleurs il retrouvera un
bonheur supérieur à celui dont il jouit en centrafrique.
la RCA en grand la RCA ensemble.
tél:00228.979.19.80 - mon blog est sur le site
étudiant centro aù TOGO - Kara
Elvis Fanny
De Matima (08/12/2008)
: Cher compatriote Betina, je vous remercie pour cette analyse et
projection,surtout consacrer un moment pour sa patrie n'a pas de prix et
s'est ce que vous avez fait, ça me touche particulièrement car j'en rêve
que les choses vont dans le bon sens c'est-à-dire la Solidarité
nationale, Transparence de la chose publique, La Justice... qui sont des
composantes de la démocratie, j'exhorte nos compatriotes de lire avec
beaucoup d'intérêt votre tribune, vous essayez de lire ce que le
compatriote Kopaye vous a invité à lire c'est intéressant, moi j'ai lu
avec d'espoir, que notre nation manque pas des Idéaux, ni gens capables
et compétents car pour l'instant nos gouvernants n'ont pas cette volonté
de changer, Mais je vous dis que la Patrie a besoin de ses enfants
valeureux et courageux car la partie n'est pas jouer. Que le Bon Dieu
vous Bénisse et votre Famille ainsi que le peuple Centrafricain.
Magloire
Kongbo-Wali-Gogo (08/12/2008)
: la question que je me pose est-ce que ces gens là avaient une ambition
pour la nation?
vive le KNK pour ses actions de clientélisme et népotisme. Amen.
le serpent d'airain
Rodouan
Abakar (09/12/2008)
: Pourquoi tant d'espoir dans le Dialogue Politique Inclusif alors que
les résolutions du Grand dialogue National n'ont pas été appliquées?
Rodouan
Abakar (09/12/2008)
: Je voulais apporter quelques remarques et éclaircissement a votre
lettre malgré le fait que je partage quasi totalement vos suggestions et
critiques ;
Concernant la participation au DPI (dialogue Politique Inclusif), je
pense que l'intention des instigateurs de ce forum était de concentrer
le débat au niveau politique. C'est-à-dire les participants sont les
acteurs même de la crise, ils doivent se parler entre eux d'abords et
proposer de solutions. Le principal but est de ramener la sécurité et la
paix dans notre pays. Contrairement à un forum National ou la
participation doit être nationale avec tous les sujets sur la table.
C'est en tout cas ce que je pense.
Concernant les symboles j'en conviens avec vous pour une révision totale
afin de s'adapter à la réalité actuelle de la RCA, mais encore une fois
je pense que cela seul suffirait à faire connaitre notre pays. Nous
avons un problème d'identité culturelle, notre culture est mal connue et
vous l'avez même souligné. Et je dis ceci parce que la Centrafrique est
mieux connue dans le passé qu'aujourd'hui. Alors même si on change le
nom, les gens continueront à demandés ou se trouve ce pays.
Vous dite que la sécurité est casse tête pour tous les pouvoirs qui ce
sont succéder, avec tous le respect je pense que le mot sécurité en
Centrafrique signifie la libre circulation du centrafricain ordinaire
sur toute l'étendue du territoire, ainsi que leur bien. Et ça n'a été
jamais un casse-tête pour personne.
Je suis d'accord de la manière ou vous avez présenté la discrimination
dans notre pays, mais je dirai plus. La discrimination est la manière ou
les Centrafricains se considèrent les uns les autres, je veux dire
l'intellectuel voyant l'illettré, le riche contre le pauvre, ceux qui
habitent SICA, Benz-vie, Centre ville etc. contre les habitants de
Gobongo, Combattant etc. Le citadin et villageois, bref ça c'est une
forme de discrimination qu'il ne faut pas négliger. Je dis ceci parce
que je suis ressortissant de la Vakaga, et si la RCA est pauvre, la
Vakaga est le double. Rien n'a été fait tout simplement parce que c'est
une Préfecture lointaine composée pour la plupart des musulmans souvent
qualifié d'étranger. Pire, les fonctionnaires de l'Etat sont envoyés
qu'à titre de sanction. Le détournement de certains fonds de
développement se fait souvent sous cette base ; ce sont des villageois
alors qu'est ce qu'ils feront avec un centre culturel ? Ou encore le cas
des éleveurs Peuhls agressés par les Zaraguinas etc.
Martial Nathan
Kambassio (12/12/2008)
: bonjour à tous mes compatriotes résidant ou non sur le territoire
national.
Le dialogue politique c'est important. Maintenant la question que nous
devons nous poser est celle de savoir ce que le peuple centrafricain ou
la population fatiguée par les troubles peut bénéficier de ce dialogue
étant donné que ce sont ces mêmes gens depuis l'antiquité qui continuent
à semer les troubles.
Maintenant à ce stade ce qui a lieu de faire c'est de se fier au thème
où le noeud du problème se permettent de demander la destitution du
président or ils étaient là dans les temps postérieurs ils valaient
rien. Donc le mieux c'est de fermer leur bec et laisser la paix
retrouvée en RCA je vous remercie.
Aubin
Nguirango (15/12/2008)
: Je me pose 3 questions principale.
1-) La RCA appartient elle au parti politique ou à l'ensemble du peuple
centrafricain?
2-) La RCA est elle que le pays de BOZIZE, KOLIGBA, PATASSE, DEMAFOUTH
et autre comédiens dont on ose pas citer le nom?
3-) Pourquoi un dialogue national juste au moment où le pays semble en
train de reconstruire un bon programme pour relancer l'économie en 2009?
Je réponds à la troisième question, je crois que c'est parce que nous
avons été toujours égoïste et n'aimons pas notre pays.
Alors arrêtons de dire que nous aimons le pays alors nous ne pensons
qu'à nos intérêts en faisant passé la nation en avant.
Alors OBAMA a dit we change. Yes I can.
We can changed centrafricain.
Prenons conscience.
Alfred
Somonézi (15/12/2008)
: Bonjour à tous mes compatriotes Centrafricains.
Mon frère B.B.BETINA, je vous tire le chapeau par rapport à votre regard
critique sur la manière de gouverner par des dirigeants de notre beau
pays la RCA. Ce qui m'incombe un peu c'est que les présidents du parti
politique actuel nous considèrent (les peuples Centrafricains) comme des
marionnettes. Hier ils étaient au pouvoir qu'est ce qu'ils ont faits
pour les peuples Centrafricains ? et aujourd'hui ils voulaient se faire
montrer comme ceux qui vont mieux gouverner . Vraiment nous les peuples
Centrafricains nous sommes fatigués de vos bêtises, nous voulons la
Paix. Ce pays appartient aux peuples Centrafricains et pas à vous.
L'histoire a trahie votre image, nous sommes pas des aveugles pour vous
conduire au pouvoir. Nous voulons la paix.
Pr. Begong Bodoli
BETINA (10/01/2009)
: Chers Compatriotes,
Je tiens à vous remercier sincèrement de toutes vos réactions, suite à
ma contribution au Dialogue National Inclusif. Celles-ci prouvent que
bien que dispersés et faibles, nous restons tous attachés à notre
patrie, que nous souhaitons un havre de paix. En outre, avant de me
prononcer sur certaines de vos réactions, je tiens à m'excuser du
silence que j'ai observé depuis la parution de cette contribution. Ce
n'est dû à une quelconque discourtoisie à votre égard, mais simplement à
une contingence qui m'a rapproché de l'hôpital et éloigné de mon
ordinateur.
Cela dit, j'ai lu avec beaucoup d'attention vos réactions, et voici ce
que j'en pense :
1- Au compatriote Kopaye :
Cher Compatriote,
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et vos observations et votre article «
Lettre aux citoyens centrafricains, citoyens du monde ». Celle-ci, dans
son essence, est un plaidoyer pour notre unité en vue de la construction
de notre pays. Sur ce point, il y a plutôt convergence entre votre vison
et la mienne. Et je suis flatté de savoir que certains compatriotes
prennent quand même leur temps pour sensibiliser nos concitoyens sur la
nécessité de l'unité. En outre, ce que vous avez évoqué sur vos origines
et vos relations, que j'appellerais « L'Unité dans la diversité », n'est
pas propre à vous. La plupart des centrafricains sont comme vous, moi en
tout premier lieu. Pour vous en convaincre, voici deux aspects de ma vie
: 1- Mon père est Souma, ma mère Kaba ; le père de mon épouse est Banda,
sa mère Ngbaka : n'avez-vous pas dans ma famille ici la synthèse de la
RCA ? 2- En ce qui concerne mes lieux passés et présents de résidence,
observez cet itinéraire : Bozoum-Paoua-Yaloké-Bangui-
Dakar-Montpellier-Paris-Niamey
(Niger)-Saint-Louis-Madrid-Saint-Louis(Sénégal) : n'est-ce pas que je
reflète à la perfection non seulement la « panafricanité », mais
également la citoyenneté du monde ?
S'agissant de vos observations, j'en ai retenue une sujette à débat.
Lorsqu'en parlant de mon point de vue sur les symboles de l'État, vous
dites que cela ne fait pas partie des préoccupations quotidiennes des
Centrafricains, je vous signale qu'un livre sacré a dit que « L'homme ne
vivra pas de pain seulement. » Autrement dit, le pain est important,
mais le manger dans la dignité, la sérénité et la fierté l'est autant.
C'est en cela que je vous suggère de lire la réaction du compatriote
Rodouan Abakar.
En conclusion, pour vous attester que vos préoccupations sont les
miennes, je vous suggère de lire ma nouvelle intitulée « Ama Africa »
(pp. 179-186), écrite depuis 1990 quand je vivais au Niger, patronyme de
mon recueil de nouvelles Ama africa, paru aux éditions l'Harmattan en
2007. En outre, si cela ne vous dérange pas, je pourrais vous envoyer
pour la Tribune le texte d'une conférence que j'ai présentée à
l'université de Bamako en 2005 sur l'intégration africaine. C'est le
prolongement, au plan africain, de ma vision sur la RCA.
C'est ma façon de vous saluer patriotiquement et je vous encourage à
continuer dans cette voie.
Pr. B. B. BETINA
2- Désiré Mbata Ngombé, Aubin Sosthène Yengali :
Chers Compatriotes,
Si je vous ai mis à deux, c'est parce que vous semblez dire la même
chose. Ma conviction est que l'identité d'un peuple peut passer par le
nom de son pays. Quand le compatriote Yengali parle de « modèle de
développement importé», lorsque le nom même de votre pays est importé,
parce que en français (Centrafrique), comment voulez-vous que vous
puissiez sérieusement penser à un développement endogène ? La chose la
plus simple c'est d'abord de s'appartenir, à travers sa langue et ses
symboles nationaux, dont le nom du pays.
Patriotiquement,
Pr. B. B. BETINA
3- Elvis Fanny de Matima
Cher compatriote,
Je vous remercie de vos compliments. J'ai lu l'article du compatriote
Kopaye dont vous m'aviez parlé et je vous prie de trouver la réponse que
je lui ai adressée ci-haut.
Patriotiquement,
Pr. B. B. BETINA
4- Rodouan Abakar
Cher compatriote,
Je salue votre réaction et vous signale, en ce qui concerne
l'ethnocentrisme ou la discrimination, de relire ma contribution. J'y ai
suggéré aux autorités d'envisager une loi qui pénaliserait toute
personne coupable de ce genre d'acte. Et les musulmans centrafricains
traités d'étrangers dont vous parlez entrent dans cette catégorie. Il
faut que l'exemple d'Obama aux Etats-Unis, et même celui de Sarkozy en
France nous serve de leçons.
Pr. B. B. BETINA
5- A tous les autres :
Chers compatriotes,
Je suis très content de toutes vos réactions. Que ceux qui ont des
opinions différentes de la mienne sachent que c'est un exemple de
pratique démocratique. Et je souhaite que cette tribune maintienne sa
diversité d'opinions et ne se transforme jamais en une caisse à
résonance comme notre assemblée nationale. « De la discussion jaillit la
lumière ». Merci à vous tous.
Pr. B. B. BETINA
NB. : Pour ceux qui veulent débattre avec moi en dehors de cette tribune
:
Pr. Bégong-Bodoli BETINA
Enseignant-Chercheur/ Ecrivain
Université Gaston BERGER
UFR Lettres et Sciences Humaines
Section Langues Etrangères Appliquées
BP. 234 Saint-Louis
SENEGAL
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Adresse privée :
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Courriel : begongb@yahoo.com
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