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L'arbre à
palabre
Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
La nécessité d'une vision globale pour le pays
par
Thierry
Naka
« Aucune carte du monde n’est digne d’un
regard si le pays de l’utopie n’y figure pas. » Oscar Wilde
Au
moment où les grands enjeux se dessinent au niveau mondial avec
l’accession d’un jeune noir à la Maison Blanche, la crise financière
puis économique, la crise au Darfour, le conflit en République
Démocratique du Congo.
Permettez-moi aujourd'hui de vouloir parler de la République
Centrafricaine sous un angle différent de celui des préoccupations
politiques et sociales internes sur lesquels nous avons l'habitude de
débattre. J'aimerais que nous parlions de la place de notre pays dans le
monde : la place qu'il occupe réellement maintenant et la place qu'il
peut ambitionner d'occuper compte tenu non seulement de tous les atouts
dont il dispose, mais aussi de tous les problèmes qui jonchent la route
de ce que vous avez l'habitude d'appeler son « destin ». La question
essentielle que je pose est celle-ci : quelle vision avons-nous de la
situation globale de notre nation dans la géopolitique et géostratégique
mondiale actuelle et dans le futur?
Je m'interroge. Je me demande profondément si notre pays a une vision
géopolitique, une perception géostratégique de lui-même, si les élites
de notre espace économique et social, si les forces de l'intelligence,
de la recherche, de la foi, de l'esprit et de la culture de notre nation
se préoccupent réellement de notre destin mondial ou du projet que nous
nous devons bâtir pour être un peuple qui compte dans ce monde. Un
peuple sur lequel on peut compter comme sur une grande nation capable de
peser sur la marche globale dans la sous région et pourquoi pas sur le
grand échiquier du nouvel ordre mondial. Sommes-nous conscient tous et
toutes qu'aujourd'hui, un pays ne compte que par sa capacité à imposer
une certaine image dans l'espace international. Une image de dignité, de
respect, de grandeur, de travail constructif et de volonté de changer le
monde à partir des dynamiques internes créatives, de l'organisation des
ses forces vives pour résoudre les problèmes cruciaux de tous les jours,
proposer des réponses concrètes aux soucis des populations et offrir sur
cette base une voie de vie qui puisse servir de modèle aux autres
peuples du monde. Compte tenu de sa situation géographique, de ses
richesses naturelles et de ses ressources humaines, notre pays a une
vocation de rayonnement, une mission de modèle à suivre, un destin qui
le place au cœur de certains enjeux non seulement dans notre sous-région
d'Afrique Centrale, mais pour toute l'Afrique et pour l'espace mondial
dans son ensemble. Le drame aujourd'hui est que cette mission, cette
vocation, personne ne semble vraiment en prendre conscience ni s'en
préoccuper, personne ne cherche profondément à les promouvoir. Cela fait
qu'en réalité, la République Centrafricaine n'est aujourd'hui modèle de
rien du tout géopolitiquement et géostratégiquement parlant.
Le pays n’est que l’ombre de lui même et n'a aucune ambition de
dimension planétaire. Il n'a aucune conscience d'une destinée qui serait
réellement et passionnément mondiale. Son poids géopolitique est
insignifiant, sinon inexistant, du point de vue de l'invention de
l'avenir. Nous ne portons aucun rêve véritablement géopolitique et
géostratégique. Nous ne représentons aucune espérance de forte intensité
planétaire. Nous n'avons aucune stratégie concrète pour incarner une
telle espérance. Notre nation n'est une locomotive dans aucun domaine.
Plus exactement : elle est la locomotive du vide, pour ainsi dire, une
République du vide géopolitique et géostratégique. C'est ainsi qu'elle
se donne à voir, si nous la regardons dans le miroir du monde et des
rapports de forces qui structurent la vie de la planète actuellement.
De plus, la dégénérescence actuelle de la situation comporte d'énormes
risques collectifs irréversibles si le pays dans son ensemble ne se
ressaisit point. Nul doute, les conséquences néfastes qui affectent,
d'ores et déjà, de façon durable et négative la vie des Centrafricains,
leur santé, leur éducation et l'ensemble de leurs activités peuvent
devenir irrémédiables, si l'on n'y prend pas garde.
C'est une vision essentiellement pessimiste me direz-vous. Comment un
tel pessimisme est-il imaginable alors que notre pays attire depuis
toujours d'énormes convoitises et qu'il semble constituer un enjeu
géopolitique capital pour les puissances qui se disputent nos richesses
?
Je ne me situe aucunement dans un point de vue qui consisterait à nous
regarder comme des objets de convoitise des autres. Je veux nous
considérer comme des sujets de l’histoire, des énergies innovatrices
dans la construction de notre destin commun et de l'avenir du monde. Si
nous acceptons que notre destin ne soit que celui d'un espace des
matières premières à exploiter au profit des grandes puissances dont
nous parlons à chaque fois, il est sûr que nous pouvons nous considérer
comme un enjeu géostratégique d'importance, mais nous ne le sommes qu'en
tant que purs objets, non en tant que sujets historiques créateurs.
Quand je dis que nous sommes de purs objets d'un enjeu géostratégique,
je nous donne d'ailleurs une importance exagérée, une importance que
nous n'avons même pas dans la réalité des choses. En réalité, ce sont
notre sol et notre sous-sol qui sont un enjeu de convoitises. C'est
notre espace vital dans ses grandes richesses naturelles et
géostratégiques qui suscite un intérêt vorace dans le monde. Nous, nous
n'existons même pas comme objets d'intérêt. Du point de vue de ceux que
nos matières premières intéressent et attirent, nous sommes perçus soit
comme des obstacles dont il faut se débarrasser pour mieux exploiter le
sol et le sous-sol Centrafricain, soit comme des marionnettes qu'il
convient d'utiliser dans ce même but. Je ne vois aucun intérêt pour les
Centrafricains et Centrafricaines à tirer fierté d'un tel statut. Le
seul statut qui compte, c'est celui de nous assumer comme des êtres
historiquement créateurs, des sujets historiques bâtisseurs d'un grand
destin sur un sol et un sous-sol fabuleusement riches. Malheureusement,
sur ce sol et sous-sol, nous n'avons pu mettre sur pied qu'une
République du vide géopolitique et géostratégique, un pays de farce et
de tragi-comédie aux yeux de beaucoup de dirigeants de ce monde. Un pays
qui n'a pas une vision mondiale de sa grandeur à construire ni de ses
capacités à peser sur les orientations de l'Afrique et du monde. Voilà
comment nous sommes vus sur l’échiquier international d'aujourd'hui.
Dire aussi clairement et aussi crûment cette vérité ne signifie pas être
pessimiste concernant notre poids géopolitique et géostratégique en tant
que sujets historiques. C'est tout simplement nous regarder dans le
miroir du monde afin de prendre conscience du vide que nous représentons
aujourd'hui.
Pourquoi la nécessité d'une vision globale pour le pays ?
La République Centrafricaine fête cette année ses 48 ans d’indépendance.
Lorsqu’on observera la parade du défilé de la fête nationale, ce que
l'on verra, ce que l'on entendra, ce que l'on perçevra comme réalité
absolue de ce pays sera déconcertant comme à l’accoutumé. On entendra
une rhétorique vide concernant l'avenir de la République Centrafricaine
dont le destin dépend entièrement des pays amis. On entendra les «
Remake » qui se sont joués dans telle ou telle capitale. Le peuple
semblera heureux de ne pas s’attacher à un projet porteur d’espoir, une
vision, une espérance qui enfin viendra apporter les écoles, les routes,
la nourriture, les hôpitaux, et tailler le chemin de son développement
dans le roc des misères et des souffrances tant endurées. Ce jour là, on
verra des hommes et des femmes claironner pendant des heures sur notre
histoire sans proposer de nouveaux leviers d'action qui dépendraient
vraiment de notre inventivité comme sujets historiques créateurs.
Un impressionnant défilé d'un peuple complètement inconscient de son
insignifiance géopolitique et géostratégique. Un peuple qui nage dans
l'océan de ses désarrois et se noie dans l'alcool et dans des musiques
délirantes, sans même se rendre compte qu'il est en train de dépérir. On
brassera pour l'occasion des slogans creux, des phraséologies insensées,
sans qu'aucune utopie nouvelle et crédible, aucune ambition dynamique,
aucune vitalité fondée sur nos capacités réelles de créativité et
d'inventivité ne soient forgées et proposées au pays, à l'Afrique et au
monde à partir de chez nous.
Cette année 2009 est l’occasion ou jamais pour les fils et filles de ce
pays de se mettre ensemble pour créer un art, une stratégie, une vision
globale du plan de bataille pour gagner le bon combat. Le pays tout
entier doit lutter contre la misère, l’illettrisme, la famine et offrir
au monde une autre image que celle d’un petit état néo-colonial
corvéable à merci dans l'ordre libéral. Statut contre lequel nous
aurions dû nous aguerrir pour lutter tous les jours contre les
souffrances et les humiliations qui sont notre lot quotidien, afin de
nous imposer comme une grande nation sur laquelle l'humanité peut
compter dans la construction du futur. N'ayant aucune stratégie pour
gagner cette bataille au lieu d’errer dans l'insignifiance d’être à
chaque fois montrer du doigt par le monde. L'image d'une nation grande
et valeureuse, d'un peuple fort, motivé, animé d’un idéal démocratique
reposant sur l’égalité des chances pour tous. C’est là que se situe
notre devenir.
Chaque Centrafricain, chaque Centrafricaine doit savoir qu`à chaque
levée de soleil, sous d’autres cieux, de nouvelles stratégies sont
peaufinées. Les industries, les laboratoires tournent à plein régime et
nous ne pouvons plus rester en marge. L'heure est venue pour que les
Centrafricains prennent conscience, qu’ils soient fiers du pays que Dieu
leurs à donner et c’est à eux seuls d’en définir les contours afin d’en
faire une République florissante. Ayons une certaine dignité et la force
de tirer ce pays vers le haut.
Nombreux critiquent l'attitude peu démocratique des Chinois, des
Nord-Coréens ou encore des Ivoiriens mais vu sous l'œil africain, malgré
les conséquences désastreuses, cela est une façon de se faire respecter
dans le monde. Qu’on le veuille où pas, la main qui donne est celle qui
dirige et dans les relations internationales entre Etat il n'y a jamais
eu une aide de générosité.
La République Centrafricaine se doit d’être une grande nation, les
centrafricains doivent aimer leur terre, celle de leurs ancêtres et à
n'importe quel prix ne jamais accepter de brader cet héritage où de
subir une quelconque domination sous quelque forme que ce soit.
Cette indépendance que nos parents ont voulu n'aura un véritable sens
pour nos populations que lorsqu'elles auront une emprise réelle sur leur
destin, c'est à dire le contrôle de leurs ressources nationales, de
pouvoir s’instruire, se soigner, se loger, se nourrir, s'éduquer...
dignement.
Nous ne pouvons être dignes de nos anciens qui ont subi et combattu la
colonisation que si nous pouvons faire de leurs descendants c'est à dire
les populations centrafricaines actuelles, un Peuple digne par
l'éducation, par la culture, en réglant les problèmes pauvreté,
d’éducation...
De par le monde, nous avons vu des pays utiliser des stratégies de
développement basées sur la production et la vente de ses matières
premières. Certains pays du « tiers monde », sont devenus des pays
émergents et représentent aujourd’hui des puissances économiques et
financières sur lesquelles on peut compter au niveau mondial forçant
ainsi le respect par leur capacité de s’imposer sur les marchés
internationaux.
Puisse un jour ce pays retrouver le chemin de l’effort et du progrès
pour enfin atteindre son développement intégral.
Thierry
Naka
Réactions à cette tribune
Simplice
Solet
(17/11/2008)
: Bonsoir mon cher Thierry,
Je suis de tout coeur avec toi par ton intervention sur le destin de
notre pays, ce sont des vérités, notre pays se trouve nulle part dans le
monde,manque de vision, de volonté, de courage,de vérité et enfin
d'amour entre nous centrafricains.
Le progrès est possible, mais il faudrait que nos compatriotes et nos
dirigeants cessent de mentir, de prodiguer des fausses informations et
de ne pas reconnaitre le pays comme un bien personnel où chacun à son
tour pour bouffer, de mettre pleins les poches et de demander aux autres
d'attendre leur tour pour venir bouffer.
Un pays ne se résume pas à la boufferie, je te rejoins dans ta démarche,
absence de vision.
Je t'en courage à continuer à écrire afin de trouver des solutions pour
sortir notre pays de cette situation.
Jean Bertrand
Lavou
(18/11/2008)
: Nous avons tous l'amour du pays mais pas certains. Le pays ne manque
pas des cadres ni des artisans capables de redresser l'économie et
donner une bonne image du pays mais nous avons des incapables au pouvoir
tous autant qu'ils sont. Il sont incapables de faire quelque chose pour
marquer l'histoire en bien. Merci cher compatriote Thierry pour le
sursaut.
Cécilia
Ngaïbino-Dossin
(18/11/2008)
: Cher compatriote T. NAKA
C’est avec beaucoup d’émotion et de larmes aux yeux comme à l’accoutumée
quand je lis vos articles sur la réflexion à avoir sur notre pays que je
réponds à votre article
Je vous encourage à nous divertir à ce point par une lecture passionnée
et passionnante, à nous faire verser des larmes, à nous faire réfléchir
parfois, même si nous ne voulons pas l’admettre
Mais quand on sait que vos plaintes, vos directives, vos réflexions ne
font ni réagir, ni prendre conscience sur le sort que nous mêmes
réservons à notre pays, cela me fait de la peine et me chagrine
énormément
A quand une lumière vive, franche, positive sur notre pays à l’instar
des pays émergents qui n’ont pas autant de richesses naturelles que nous
?
Qu’est-il devenu notre devise ?
Rappelons le , et rafraîchissons nos mémoires
UNITE : Posons-nous la question de savoir : sommes-nous unis afin de
construire notre pays ?
DIGNITE : Peut-on prétendre sur la scène internationale être digne de
nos agissements ?
TRAVAIL : Nous nous sommes demandés ou nous nous sommes posés des
questions si le travail pour un Centrafricain aujourd’hui est-il une
valeur sûre de réussite économique et sociale ? de son élévation, de son
bien être et de sa dignité ?
Le jour où chaque Centrafricain se mettra ses trois mots très
significatifs en tête, je crois qu’on pourra avancer.
A force d’attendre et tendre la main, nous serons toujours là à nous
morfondre et être frustrés et ainsi jamais être sur les feux de
projecteurs comme tant d’autre pays aux alentours.
Je ne suis qu’une femme qui essaie tant bien que mal de porter à mon
niveau le nom de mon pays, mais quel entourage peut –t-il prétendre
s’immiscer et s’impliquer à ce combat ?
Ma réponse à cet article est pour la énième fois : un appel désespéré
aux filles et fils de Centrafrique rassemblons nous réunissons nous,
unissons nous
Que l’égoïsme ne soit pas notre combat
Parce que c’est un combat qui divise et l’individualisme ne correspond
ni à notre éducation ni à notre culture, mais le pire de tout c’est
l’égocentrisme qui nous mine et ne rentre dans aucune conception
centrafricaine.
Imitons, mais ne devenons pas une fois encore l’esclave de nos
connaissances acquises.
A quoi ce dernier nous rapporte-t-il pour notre développement propre ?
Je vous invite chers compatriotes à voir et à revoir le complément
d’enquêtes émission du 17/11/08 sur France 2 qui passait tard, mais
important pour tous.
L’intitulé était NOIRS… je crois effet .. OBAMA ou quelque chose de
cela.
Comment les africains du sud se sont battus, se battent encore
aujourd’hui en entreprenant, les noirs américains que font-t-ils.
Les noirs des îles françaises se sont-ils divisés ?
Ceci est un exemple pour nous, à suivre
Ce sont des gens qui se sont unis tous pour un et seul combat
construction d’une identité propre du noir , qui est aussi compétent,
capable responsable, constructif pour l’équilibre économique et social.
Or en Centrafrique c’est le pouvoir, disons le sans amertume, ni ne
dénigrons pas le pouvoir, mais ce pouvoir qu’on aime se mérite par le
travail par des actions.
Chers compatriotes entreprenons, ne soyons pas que ministrables,
présidentiables, mais ENTRPRENEURS
A vous qui aviez fait de longues études, prenez le pouvoir, aimez le
pouvoir rêvez du pouvoir, mais agissez en menant des actions concrètes
en rapport avec ce pouvoir que vous aimiez tant
Il est vrai que chacun de nous à un rêve, comme OBAMA petit en
Indonésie, plus principalement à Djakarta en classe de cm2,où son
institutrice âgée aujourd’hui se souvient encore de lui quand elle leur
a demandé de faire une rédaction et de répondre à cette question « de
quoi rêves –tu quand tu seras grand ? » il avait répondu : « mon rêve
est de devenir président » vous retrouverez les extraits dans OBAMA
PETITE ENCYCLOPEDIE DE MARC KRAVETZ CHEZ DALLOZ
A cette lecture , pensiez vous qu’il s’est croisé les bras, juste envié
le pouvoir , jalousé les uns, les autres et enfin devenir le 44è et le
Premier Président Noir d’une grande puissance mondiale ?
N’a-t-il pas multiplié des petits boulots, s’occuper des plus démunis
que lui, faire ses preuves avant d’avoir cette ascension fulgurante ?
Rêvons, mais rêvons de bâtir une Centrafrique belle et humaine.
La transition ne se fait pas sans préparation , ni actes posés, mais
qu’avec le travail, rien que le travail et à la sueur de nos fronts
qu’on réussira à bâtir notre pays.
Ne soyons pas trop envieux,
N’est ce pas être envieux n’est –t-il pas un des péchés capitaux ?
Le 14/11/08 ;je me suis retrouvée nominée Femmes du troisième millénaire
au SENAT français, j’ai vu Ö combien la Centrafrique n’intéresse
personne si ce n’est que Bangui bien mis en évidence au milieu d’une
table, mais chacun se demandait si j’étais sénégalaise ou camerounaise
?
Que voulez vous que je réponde à cette question qui me dépasse, mais
comme Henri Salvador un grand sourire pour éviter d’autres questions
dérangeantes ou confuses.
Où est la Centrafrique où sont passés ses enfants ?
Qu’allons- nous faire à l’aube du changement des minorités plus que
visibles aujourd’hui ?
Avons-nous appris et acquis des compétences pour palabrer et encore
palabrer , de faire de belles phrases en français qui ne nous donnent ni
à manger, ni à boire proprement ?
Notre destin nous appartient, notre pays nous appartient c’est à nous,
et à nous seul que notre destin se repose.
Qu’on le veuille en bien ou en mal cela dépend de nous, de comment on
veut construire l’histoire de notre pays.
Depuis l’élection d’OBAMA, les voix se lèvent pour comprendre, pour
combattre l’impunité, pour aussi dire que tout est possible, pour
qu’enfin la justice soit la seule arme capable de faire avancer les
esprits malsains dans notre monde, et nous qu’allons nous faire de cet
acte posé ?
Mes chères sœurs et frères, profitons de ce phénomène OBAMANIA,
imprégnons –nous de cet effet papillon , en nous rassemblant par ce
qu’ensemble tout est possible pour construire l’avenir de nos enfants.
Encourageons-nous, les uns les autres pour construire notre pays, soyons
fiers de ce pays qui n’attend que nous ? ENFIN réunis pour se faire
valoir aux yeux du monde.
En répondant à notre compatriote NAKA, j’en profite pour vous envoyer ce
message, et vous dire que mon cœur saigne quand je me retrouve seule
parmi tant de personnes qui amoureux de son pays et seule dans mon coin.
Je lis et relis tous vos articles concernant notre pays.
Mais une femme venue en aventure avec un militaire français, croit-on en
elle ? La prend-on au sérieux ?
Il est vrai je suis Ngaibino, mais avant toute considération
centrafricaine.
Avant de vous quitter jusqu’à la prochaine lecture de notre cher
compatriote NAKA, je voulais vous dire ceci : 1492 Christoph COLOMB a
découvert l’Amérique et qu’est ce qu’il a ramené « les EPICES »
Que je sois qu’une aventurière, mais une Centrafricaine longtemps, des
siècles après :1992 découvre la France, son seul rêve constituer une
bibliothèque digne de ce nom pour les enfants centrafricains, malgré les
relances des autres pays pour leur donner ce trésor de connaissance et
de savoir, mon seul souci les 45000 exemplaires collectés et stockés au
fond d’un couloir à Strasbourg qui me rend malheureuse de ne pas les
acheminer.
Sinon le reste effet OBAMA.
J’aime vous faire lire c’est pourquoi c’est long.
BONNE LECTURE ET MERCI DE NOUS LIRE.
Francis
Kopaye
(19/11/2008)
: Cher Thierry,
Impossible de rester sans réaction à votre écrit qui est empreint d'une
« sainte colère ». Tout amoureux de la Centrafrique comprendrait
aisément la profondeur de vos pensées.
Nous avons ça et là émis des analyses et fait des propositions afin de
sortir notre Centrafrique de cette position honteuse et intolérable
qu'elle a toujours occupée dans le concert des nations. Comme vous le
dites si bien, malgré ses richesses à la fois humaines et naturelles, ce
pays reste à la traîne.
Il y a quelques jours, en réaction à une tribune sur ce même site, je
proposais l'idée de concevoir un Pôle chargé de Prospectives en
Centrafrique à l'exemple des grandes entreprises qui disposent d'un pôle
Recherche & Développement. J'ai la faiblesse de penser que cette
initiative (gouvernementale) est un premier jalon de géostratégie &
géopolitique. La géostratégie dont vous faites mention devra donc naître
d'abord d'une volonté politique et ensuite portée par tout un peuple.
Dans ma Lettre aux citoyens de Centrafrique, citoyens du Monde, j'ai
invoqué la nécessité de la perception et de l'identification de nos
racines communes. Comment pourrions-nous prétendre à une place
importante sur la scène politique, économique, culturelle mondiale si
nous ne croyions pas à nos capacités mutuelles, à nos valeurs et n'avons
pas une vision d'ensemble de ce qu'est une Nation ? Le rêve dont parlait
Martin Luther King et Oscar Wild (la citation utilisée par vous) est
tout simplement la nécessité pour chaque peuple de s'élever, de croire
en lui, en ses ambitions et doser entreprendre le changement non
seulement de sa vision du monde mais également de la société dans
laquelle il vit. Mohamad YUNUS, Prix Nobel de la Paix (2006), à ce
propos disait ceci : « Chaque être humain a l'énergie nécessaire pour
changer le cours de sa vie ».
Les autres, vous et moi devrons continuer de croire et d'espérer en un
avenir prospère. Cette vision d'ensemble que vous appelez de vos voeux,
doit naître de notre envie à tous de construire ensemble notre
Centrafrique en regardant dans la même direction. La géopolitique et la
géostratégie ne deviendront une réalité que si nous inventions ensemble
une nouvelle manière de concevoir l'avenir avec audace et avec une bonne
dose d'utopie.
Patriotiques salutations
Albert
Namfeï-Koné
(19/11/2008)
: Encore une fois de plus, l'illusion de penser, de se sentir
intelligent et même de rêver, créer un corps spirituel vide de sens qui
vient meubler le palais des illusions d'optique de la RCA et se perdre
dans la marre des hérésies centrafricaines.
S'il est une chose qui soit à la portée de tout le monde, c'est la
dénonciation. Mais il en est une autre qui soit difficile d'accès, c'est
le diagnostic juste.
Avant de rentrer dans le creux de la problématique que suscite ce
pamphlet, il est une question que l'on doit se poser: qui sommes-nous,
pourquoi parlons-nous, que voulons-nous; avec qui, pourquoi, quand et
comment?
Une approche qui n'intègre pas ces paramètres est une dangereuse
illusion pour la cause que nous prétendons tous défendre: la RCA.
À la lecture de la tribune du compatriote Thierry Naka, deux termes
centraux apparaissent: Géostratégique et Géopolitique.
C'est quoi la géostratégie, c'est quoi la géopolitique? La RCA est-elle
un cas d'école d'absence d'approche géostratégique ou géopolitique ?
La géostratégie est l'étude de la fabrication des espaces par la guerre.
Pour faire simple je dirai qu'il s'agit d'un domaine militaire. Elle
implique la géographie de chaque État et sa situation historique et
politique en regard de ses voisins, examinées par le biais d'études
stratégiques qui relèvent de la géopolitique. Il s'agit ici de
géographie politique c'est à dire de territoire, de frontière, de
réseau, de pôle, de lieux symboliques...
La géopolitique est une science humaine qui étudie la fabrication des
espaces par la puissance (politique, militaire, légale, culturelle,
économique...). Il s'agit ici d'enjeux.
Le cadre déontologique posé, il serait intéressant de répondre à
certaines interrogations et affirmations de l'auteur de cette tribune.
Thierry Naka : « La question essentielle que je pose est celle-ci :
quelle vision avons-nous de la situation globale de notre nation dans la
géopolitique et géostratégique mondiale actuelle et dans le futur? »
Albert Namfeï-Koné: la politique globale est définie par le pouvoir
central. Le planteur de coton de Bossangoa, le pêcheur de Mobaye,
l'artisan minier de Carnot... ne peuvent définir cette politique. Même
s'ils détiennent la légitimité, ils confient via le suffrage universel
le mandat aux élus (députés, maires, président (et son administration)
de définir la stratégie qui conduira les ambitions locales, nationales,
régionales et mondiales de la RCA.
Thierry Naka: « Je m'interroge. Je me demande profondément si notre
pays a une vision géopolitique, une perception géostratégique de
lui-même, si les élites de notre espace économique et social, si les
forces de l'intelligence, de la recherche, de la foi, de l'esprit et de
la culture de notre nation se préoccupent réellement de notre destin
mondial ou du projet que nous nous devons bâtir pour être un peuple qui
compte dans ce monde »
Albert Namfeï-Koné: Cette interrogation est un fourre-tout car elle
n'établit pas la cartographie des responsabilités. Que peut faire le
footballeur de Zangonyen si le ministère du sport ne met pas en place
une ambitieuse politique de développement sportif pour lui permettre de
participer à une compétition hors RCA? Que peut faire le sprinteur de
Bambari, si les autorités régionales de la Ouaka n'organisent pas de
compétitions sportives? Ces exemples peuvent être reproduits à l'infini.
Il faut définir la hiérarchie des responsabilités et adresser ces
remarques aux cibles. Ici donc, le «notre pays» perd de sa substance et
la remarque reformulée aux autorités présentes et passées de la RCA.
Thierry Naka: «Sommes-nous conscient tous et toutes qu'aujourd'hui,
un pays ne compte que par sa capacité à imposer une certaine image dans
l'espace international. Une image de dignité, de respect, de grandeur,
de travail constructif et de volonté de changer le monde à partir des
dynamiques internes créatives, de l'organisation des ses forces vives
pour résoudre les problèmes cruciaux de tous les jours, proposer des
réponses concrètes aux soucis des populations et offrir sur cette base
une voie de vie qui puisse servir de modèle aux autres peuples du monde
...Le pays n'est que l'ombre de lui même et n'a aucune ambition de
dimension planétaire»
En définitive, la question fondamentale de cette tribune n'était pas
l'absence d'approche géostratégique et/ou géopolitique. Il s'agit ici de
diplomatie et d'ambition nationale de développement.
La RCA a toujours eu une politique intégrationniste. Boganda, voyait son
territoire via le prisme d'un ensemble plus grand... d'où le non-sens
historique de la République Centrafricaine (RCA) qui continue encore de
nos jours. Les différents régimes qui se sont succédés à la tête de
notre pays ont toujours été (convaincu ou pas) militants d'approches
intégrationnistes: L'OUA, l'OCAM, l'UDEAC, la CEEAC, la CEMAC, l'UA, la
CEN-SAD... et une infinité de protocoles et accords internationaux. Une
diplomatie amovible basée sur une ambition personnelle.
La vision mondiale de la RCA comme institution s'est toujours développée
dans des organismes. Celle de la culture( peuple, art, tradition,
sport...) reste encore à concevoir.
La RCA comme pays sera respectée lorsque les centrafricains se
respecteront. Nous n'avons que les dirigeants que nous méritons. Depuis
50 ans, ce sont les nôtres qui dirigent notre pays. C'est nous qui les
chantons, qui les dansons... qui les divinisons. Ceux qui dirigent la
RCA sortent de nous, de notre milieu. Ils portent en eux les travers de
notre société et de nos traditions. La première étape du renouveau
serait donc celle de l'éveil du peuple pour qu'à l'avenir il puisse
confier le management de son destin à ses fils et filles sur le fond et
non sur la forme. Concomitamment un travail législatif pour consolider
nos institutions est à faire.
Mais l'autre facette du respect est régalienne. Lorsque les
responsabilités de la république ne sont pas assurées, lorsqu'on regarde
toujours dans la marmite du voisin pour prendre des miettes et donner à
manger à ses enfants, lorsqu'on n'entreprend rien de sérieux pour
transformer radicalement les conditions des centrafricains alors que les
autres pays avancent... on finit mécaniquement par devenir la risée de
toute la planète.
Le problème fondamental de notre pays n'est pas institutionnel et encore
moins géopolitique et/ou géostratégique. Il est le continuum de 50
années de mauvaise gestion et de non-sens. Un exemple: alors que
l'histoire nous apprend qu'aucun pays au monde ne s'est développé grâce
à l'aide, tous ceux qui s'amusent à penser la RCA ou à penser pour la
RCA, ne regardent que dans les yeux des bailleurs de fonds, de
partenaires... Alors que 28 années de dialogue politique n'ont rien
donné et que tout porte à croire que celui du mois de décembre ne
donnera rien de mieux, certains jurent encore par lui. Alors que 5
années de gestion Bozizé est catastrophique, nous continuons encore de
le chanter. Alors que 10 années d'aventure politique avec Patassé nous
ont emmenées désolation extrême, il existe encore en RCA des personnes
qui ne rêvent le monde au travers du prisme du Patassisme.
Sur le papier, je ne cesserai de le répéter ici, la RCA est très avancée
en Afrique. Les organigrammes de nos ministères sont établis pour faire
de ce pays un espace stable et en constant progrès. Le plan de
décentralisation et régionalisation initié sous Patassé est l'un des
mieux élaborés en Afrique... Il ne faut donc pas perdre de vue
l'équation à unique inconnue qui se pose à nous: l'alternative. Un demi
siècle d'empirisme politique, des acteurs usés par la navigation dans
les méandres de leurs contradictions... C'est ce cycle en perpétuelle
mutation qu'il faut arrêter.
La RCA ira mieux, sera respectée et sera visible au concert des nations
humaines lorsque arriveront aux pouvoirs de l'état une nouvelle
catégorie de leaders qui comprendra qu'un État pour vivre (ou survivre)
doit s'étendre et se fortifier. À travers ce prisme là, ils mettront en
place une vigoureuse politique qui corrigera les torts causés par 48
année d'apathie.
Le reste n'est que de la littérature pour paraître.
Avec tout mon respect.
Nalé
Toua
(19/11/2008)
: "Awosso lo kwalimon mè alé mbi mènè mon", diraient les Sango. En
d'autre terme: BRAVO Albert! Je n'ai jamais été aussi ému en lisant un
compatriote qui crache tant de vérité. Merci, Albert, pour ce brillant
commentaire. Que dire d'autre! Merci aussi à toi,Thierry, d'avoir
suscité ce débat.
A tous, mes salutations patriotiques.
Thierry
Naka
(21/11/2008)
: Je tiens à présenter mes encouragements à toute l'équipe qui participe
de près ou de loin à la réalisation de ce site. Je tiens à remercier
tous les intervenants et même ceux qui ont lu ce message mais qui n'ont
pas trouvé le temps d'y répondre. Je voudrai faire un petit rappel au
frère Albert, si je puis me permettre, que le titre de mon message
n'était pas la Géostratégie ni la Géopolitique mais bien "La nécessité
d'une vision globale pour le pays". Le but affiché n'était en rien de me
montrer intelligent ou donner des leçons comme il a pu le penser.
Combien même le copier/coller de Wikipédia parle de Géographie, de
politique, d'histoire, de culture, d'économie, d'armées, d'enjeux...
N'est ce pas que le mot "Global" peut engranger le tout? j'ai déclaré au
départ vouloir parler du pays autrement que par des petites phrases. Je
ne sais pas comment le frère Albert ressent les choses quand il parle de
son pays natal mais de là ramener ma perception des réalités du pays à
de la Diplomatie et faire l'étymologie tel ou tel mot, c'est un peu
facile. Il y a le cri de cour, il y a aussi le cri qui vous vient des
entrailles à cause d'un mal profond qui vous brûle de l'intérieur comme
un feu. Pour moi, évoquer ce pays c'est ça. j'ai vu aussi qu'au final,
on était sur la même longueur d'onde.
Plus sérieusement, bientôt un demi-siècle d'indépendance, le bilan du
fonctionnement de la République Centrafricaine est nécessaire pour mieux
saisir les nouvelles opportunités historiques qui s'offrent à elle dans
l'ouvre de reconstruction nationale, afin d'envisager l'avenir avec plus
de discernement et de clairvoyance. La République porte des stigmates
dans l'âme et les populations, les élites et les dirigeants passent
beaucoup de temps dans les couloirs à faire des pas perdus. Nous ne
voyons toujours pas poindre à l'horizon des perspectives claire pour
notre futur. En tout état de cause, la logique conduit à la question sur
une vision claire et globale sur le pays.
Madame Cécile, permettez moi de vous féliciter pour l'honneur que vous
rendez à votre nation. Il est écrit quelque part que "nul n'est prophète
chez soi". Ces talents que nous ne vous avons pas reconnu, la nation
Française a su vous les reconnaître. Madame, ce petit pas que vous avez
effectué est un pas de géant pour votre nation dont vous en êtes la
fierté. Un conseil, c'est le zéro qui ne compte pas, rayez à tout jamais
le mot "aventurière" de votre langage. Ne vous sous-estimez jamais.
Pensez aux grandes réalisations qui jalonnent vos lendemains.
Merci à tous, je reviendrai!!!
Claude
Sizoua Ziadhou
(22/11/2008)
: permettez moi de vous féliciter cher Naka de soulever cette réflexion
honorable et que toutes les filles et fils de la République
Centrafricaine, démocrates, patriotes. PENSONS A NOTRE PAYS
Henri Paul
Akibata Kette
(23/11/2008)
: Au-delà de la tribune et du débat suscité, je rejoins le compatriote
Nalé TOUA pour encourager cette justesse d'intervention du compatriote
Albert Namfeï-Koné, excepté bien sûr quelques allusions qui peuvent
dévier une intervention cohérente et constructive pour le pays.
Singuila mingui
Francis
Kopaye
(24/11/2008)
: Chers compatriotes,
S'exprimer c'est se dévoiler, se mettre à nu. L'exercice auquel tout un
chacun s'adonne ici n'est pas anodin. Si d'autres pensent qu'il ne faut
plus établir des analyses, qu'il ne faut plus s'offusquer de la
situation de notre pays et attendre qu'une nouvelle génération arrive à
la tête de l'Etat pour opérer un changement, je crois qu'on est encore
loin de ce qu'il conviendrait d'adopter comme attitude.
Comment prétendre opérer des changements dans une organisation si l'on
ne prend pas le temps d'examiner les contours, d'aborder méthodiquement
les problématiques, se les expliquer et faire un peu de « littérature »
? Nos gouvernants ont parfois péché par impréparation. Nous parlons tous
d'un manque de vision. N'est ce pas l'étape du diagnostic, de l'analyse
et de l'explication (littérature) qui a été négligée ? La vision n'est
rien d'autre que la projection établie à partir d'un ensemble d'éléments
observés, compris et maîtrisés.
Sur ce même site, un compatriote disait « qu'il faut que le discours
précède l'action. ». C'est absolument juste. L'empirisme de nos jours ne
doit plus être la règle car il montre parfois ses limites. Mon
compatriote Albert dans l'une de ses interventions disait ceci : « La
différence entre nous et nos pères est au niveau de la méthode. Je sors
une idée, je l'aligne sur la réalité, je la chiffre, je la présente et
la rend crédible... partant de là, je me rends aussi crédible. ». Ce que
je partage entièrement. Partant donc de ce principe, ne pourrions-nous
pas admettre que les uns fassent de la « littérature » et que d'autres
traduisent concrètement cette littérature avec des données fichées ?
Toute organisation a besoin de ces deux profils (Bureaucrate &
Technocrate).
De ce qui précède, je souhaitais juste dire qu'il n'est point négatif de
discourir. Je m'insurge contre l'idée d'attendre passivement que ce soit
notre tour au jeu de la chaise musicale. Concevoir une relève ce n'est
pas opérer un changement radical à un instant T. C'est de la transition
qu'il s'agit. Nous devrions nous préparer en étant des agents actifs du
processus. Merci Thierry pour votre cri du coeur !!! L'engouement que
suscitent chacune de nos réactions sur les différents sujets abordés sur
ce forum, est à mon sens la preuve d'une prise de conscience mutuelle
quand au besoin de transformer notre Centrafrique. Le chantier est
immense, le chemin long et rude, mais seules notre audace et notre
détermination nous conduiront vers ce changement longtemps espéré.
Sincères salutations
Cécilia
Ngaïbino-Dossin
(24/11/2008) : bonjour Thierry,
satisfaite de votre suite donnée à ma réaction, je vous réitère mes
salutations patriotiques
votre réponse m'est tout à fait rassurante,
je suis agréablement surprise de ce clin d'oeil (familial), j'avais un
doute, je n'en ai plus
ce clin d'oeil est le fruit de la sagesse, de me faire prendre
conscience de cette négation qu'est le mot "aventurière" que je me colle
à la peau comme veulent bien ceux qui voient en moi cette négation
dans tous les cas, ce clin d'oeil c'est de dire en un mot "avoir
l'estime de soi, qui n'est autre qu'une prise de risque, de croire en
ses capacités d'aimer ou non son pays, d'avoir l'audace de croire,
d'évoquer, d'entamer le processus d'un changement et surtout d'incarner
le changement
ce changement doit s'opérer comme vous faites si bien dans vos analyses
en créant des situations, où les individus se sentiront appréciés et
compétents
d'avoir des valeurs communes qui sont la richesse de la diversité des
personnes sur tous les plans aventurières, intellectuels ou personnes
vulnérables, cela dit c'est aussi une autre manière de redécouvrir la
proximité culturelle (famille, professionnelle) pour qu'ensemble
construire ce changement
clin d'oeil à notre compatriote Francis pour cette synthèse limpide qui
vient redorer le blason, encouragement à vous deux
cher Francis, votre sujet sur la situation de la femme centrafricaine,
nous a réunis quelques filles de Centrafrique, comme quoi, les débats ne
sont ni utopiques, ni stériles
cordiales salutations.
Christian
Touaboy
(26/11/2008) : CHERS FRERES
J'ai lu un peu intrigué les diverses interventions, sur la tribune et le
mot qui ne cesse de me passer par la tête est <Internet a révolutionné
la révolution >. Nous ne sommes point avare en théorie mais prompts à
tourner le dos quand il s'agit de l'action, il est aisé de rester
derrière son clavier au chaud et à l'abri, de critiquer et d'avoir le
narcissique plaisir de se lire. Nous sommes tous indignés de ce qui se
passe, nous sommes déçus de la direction que prend le pays (qui ne le
serait pas ?)mais nous continuons, lâches peuples que nous sommes, a ne
point nous unir (sinon en théorie). Nous continuons à blâmer le
gouvernement ou l'état en oubliant que le gouvernement n'est que
l'émanation du peuple que nous sommes, nous parlons de géostratégie en
oubliant que notre armée est réduite à la garde présidentielle,
incapable de défendre l'autonomie de la RCA, nous ne savons même pas
quelles sont les priorités de notre cher pays, mais nous continuons à
écrire... à écrire... à écrire... mais quand est-ce que nos vains mots
se transformeront-ils en action ?L'autosuffisance alimentaire est un but
que nous pouvons atteindre sans l'aide du gouvernement, nous pouvons
nous réunir et nous battre pour la gratuité de l'école, la lutte contre
le sida en nous réunissant en créant des ONG, nous pouvons avec la force
du nombre atteindre ces buts mais nous ne pouvons pas que parler....
j'ai laissé parler mon coeur en oubliant les règles... loin de moi
l'idée de réduire le débat à une utopie? Mais au fait que sont les
paroles sans actions ? Thomas Sankara était un rêveur qui est passé à
l'action. Aucun leader n'est resté qu'à l'étape de la vaine théorie,
Ghandi, King et tous les autres ont vu la nécessité de transformer les
mots en action, mais peut-être que c'est trop vous demander ?
Francis
Kopaye
(26/11/2008) : Cher Christian,
Juste vous féliciter pour votre réaction que je juge nécessaire à la
poursuite du débat.
J'ai à maintes reprises sollicité une rencontre de tous les
Centrafricaines et Centrafricains qui aiment leur pays et formulent le
voeu que ce pays sorte du gouffre. Depuis le mois de février 2008 que
j'ai lancé cet appel à l'union pour l'action, seulement 2 personnes ont
répondu positivement - j'en profite pour les remercier une fois de plus.
Je me joins à vous pour dire qu'il est temps de passer à l'action, de
contribuer à l'effort collectif. Il est plus aisé de continuer à
critiquer les actions du gouvernement, de déplorer la misère dans notre
pays sans lever le petit doigt!!
Si d'autres comme vous et moi sont prêts à agir afin de soutenir
l'effort en faveur du développement économique et social dans notre
pays, alors je suis disponible pour m'engager avec toutes celles et tous
ceux qui y croient.
Je ne pense pas que le peuple centrafricain soit lâche. J'ai toujours
pensé qu'il s'agit d'un manque d'audace et d'ambition. Nous pouvons mes
chers compatriotes aider notre pays à sortie de cette crise. Pour
paraphraser M. YUNUS, Prix Nobel de la Paix 2006 je dirais ceci : chaque
peuple a la capacité nécessaire pour changer le cours de son destin.
Notre pays a besoin de nous !! J'ai dit un ensemble de choses dans la
Lettre que j'ai adressée à tous (publiée sur ce site). Je souhaite que
tous ceux qui ont le temps et la possibilité matérielle, puissent la
relire. En réaction à cette Lettre, un compatriote m'interrogeait sur
comment faire pour opérer cette transformation ? Je n'ai point de
réponse toute faite, si ce n'est de lui dire et de vous dire que nous
devons nous réunir et réfléchir aux pistes d'actions et faire des
propositions à ceux qui sont à la tête du pays. Seule notre
détermination pourra faire changer les choses.
Soyons un peuple audacieux et ambitieux. Il n'y a pas de secret !!!!! Je
suis intimement persuadé que l'audace est le moteur de toute
transformation.
Sincères remerciements
Albert
Namfeï-Koné
(26/11/2008)
: Balao na ïtâ kwé,
Mal définir les choses, c'est ajouter du malheur au malheur, c'est ce
qui a motivé ma participation à la tribune du compatriote Thierry.
Il existe trois niveaux d'intervention et/ou d'action dans la vie d'un
citoyen:
- le politique;
- l'économique;
- le culturel.
Tous ces niveaux participent à la mise en place d'une masse critique
pour être dans la société et de la société. Les participations
alarmistes des compatriotes Touaboy et Kopaye me font rire car cela
prouvent qu'ils se sont trompés de cible.
Le politique: il y a une importance essentielle lorsqu'on fait de
la politique, c'est l'appareil autrement dit les partis politiques. Ils
ont pour vocation et ambition de prendre le pouvoir de l'état et
d'influencer le destin des nations par les politiques mises en oeuvres.
Or ce forum, bien qu'étant intéressant car il ouvre des perspectives
d'échange et de dialogue, n'est pas l'endroit pour faire la politique et
se lamenter que les gens aiment discourir au lieu d'agir. Je suis
d'accord avec le compatriote Kopaye lorsqu'il dit que s'écrire, c'est se
mettre à nu. Faire son bilan, le bilan des actions posées, les raisons
du succès, les causes de l'échec... en tirer de nouvelles orientations
et s'ajuster en conséquence. Pourquoi depuis février 2008 le compatriote
Kopaye n'a t'il eu que 2 réactions à son initiative? Était-ce la
meilleure approche? Sozoala.com était-il le meilleur endroit pour le
ventiler? Etc...
Est-ce qu'une approche personnelle qui intègre cette démarche a t'elle
été adoptée? Nous nous trouvons dans un monde a-historique, sans repère,
sans mémoire. Cette tradition se retrouve dans toutes les initiatives
car l'initiateur est persuadé d'être seul au-dessus de tout soupçon et
de dire la vérité. Enfermé dans une tour, il n'écoute pas la question de
l'autre. Il recommence les mêmes erreurs se satisfait de lui-même et de
son miroir aux alouettes et au final c'est la manufacture des chimères
où seule la parole reste prolixe .
On a des dirigeants qu'on mérite, je ne le dirai jamais assez. Le
premier endroit pour changer une société reste et demeure les partis
politiques car ils ambitionnent le pouvoir de l'état. Et ce dernier est
le cadre qui englobe nos destins. Se mettre en association ou groupement
de pression ne change rien. Les associations agissent là où l'état a
failli. Or pour un pays comme la RCA où tout est à faire, le meilleur
rempart reste et demeure l'Etat... investissons donc les partis
politiques et changeons les choses de l'intérieur.
Il est naturel de rêver. Cependant, nos enthousiasmes ne doivent pas
nous empêcher de voir la réalité. Il y a de l'espoir car il existe une
issue de secours : toutes constructions chez les espèces humaines et
animales en sont dotées. Mais le problème ici c'est que les crises
centrafricaines conduisent à l'intellectualisme coupable et à la
fabrication des pôles de compassion aseptisée. Ainsi on perd de vue
l'essentiel et le pays se distrait dans le regard de ses élites et de
ses leaders où l'intelligence est bloquée.
« Si d'autres comme vous et moi sont prêts à agir afin de soutenir
l'effort en faveur du développement économique et social dans notre
pays, alors je suis disponible pour m'engager avec toutes celles et tous
ceux qui y croient. »
Je ris jusqu'à perdre le nord lorsque je lis cette affirmation qui
précède. Ensuite me vient à l'esprit une interrogation à son rédacteur:
agir pour faire quoi, avec qui, quand, où, dans quelle cadre?
L'on peut et doit continuer à critiquer le gouvernement car ce sont eux
les maçons aux pieds du mur. L'on ne peut pas critiquer le maçon qui
fait son apprentissage au lycée technique car il n'a pas d'actif. Par
contre le vieux maçon de Malimaka peut-être critiqué car il a 25 maisons
à son actif. Je reviens ici sur la remarque que je faisais dans ma
précédente contribution à savoir qu'il ne faut pas perdre de vue
l'objectif principal: l'alternative.
En effet compatriote Kopaye, la méthode dont il est question ici exige
que nous ne discourons pas simplement car l'essentiel est ailleurs. Il
faut poser le diagnostic juste. Tu remarqueras que je ne me suis pas
aligné contre le contenu de la tribune du compatriote Thierry mais
contre le contenant(cadre) qui déroute. Ce que ce dernier appelle le
copier/coller wikipedia était le cadre déontologique autorisé pour
fermer la porte à toute tentative de tourner en dérision ma remarque.
Ceux qui veulent investir dans le monde des affaires ne viennent pas
discourir sur le net comme nous autres. Ils y vont. Ceux qui veulent
faire la politique pour changer les choses affrontent les réalités
politiques de notre pays et du monde. Nous qui discourons à longueur de
journée ici, que voulons nous?
Je finirai en reprenant ces mots du compatriote Touaboy que je lui
renvoie:
« L'autosuffisance alimentaire est un but que nous pouvons atteindre
sans l'aide du gouvernement, nous pouvons nous réunir et nous battre
pour la gratuité de l'école, la lutte contre le sida en nous réunissant
en créant des ONG, nous pouvons avec la force du nombre atteindre ces
buts mais nous ne pouvons pas que parler.... j'ai laissé parler mon
coeur en oubliant les règles... loin de moi l'idée de réduire le débat à
une utopie? Mais au fait que sont les paroles sans actions ? Thomas
Sankara était un rêveur qui est passé à l'action. Aucun leader n'est
resté qu'à l'étape de la vaine théorie, Ghandi, King et tous les autres
ont vu la nécessité de transformer les mots en action » serait-ce
trop te demander de nous dire ce que tu as fait ou compte faire ?
Avec tout mon respect.
Christian
Touaboy
(27/11/2008) : NAMFEI-KONE
J'AI TOUJOURS EVITE UNE CHOSE LA PERSONNALISATION DU DEBAT OU M'ADONNER
A UNE QUELCONQUE GYMNASTIQUE RHETORICIENNE AFIN DE TOURNER EN RIDICULE
CELUI QUI NE PENSE PAS FORCEMENT COMME moi (ceci étant la logique de la
démocratie ou chacun a droit à son opinion). Cela est D'AILLEURS L'UN
DES BATS QUI A BLESSE LA RCA (nul n'est sans savoir que Mr ABEL GOUMBA
ET DAVID DACKO ONT LONGTEMPS JOUE A CE JEU).MON BUT N'ETANT POINT DE
JETER UN DISCREDIT SUR LE DEBAT QUE NOUS MENONS (j'y participe aussi),
mais de le hisser au niveau suivant celui de l'action qui somme toute
sera la finalité si nous tenons à réellement changer le pays comme nous
l'entendons. Quand au manque de réaction qui a suivi l'annonce du frère
KOPAYE, je vis aux USA précisément à Dallas dans le Texas et je n'ai su
l'existence de cette plateforme que dans la moitie de cette année par
l'entremise de mon frère ainé. Les partis politique cher KONE ne peuvent
fonctionner que dans un espace démocratique (la RCA n'en est pas une
pour l'instant, voir ma définition sur le site
www.zohoko.com) et
si je me permet de le souligner tout parti politique a pour finalité
l'accession au pouvoir (vous le mentionnez si bien) dont l'exercice (du
pouvoir ) est pure action j'espère que tu en conviendras avec moi.
Nous avons tout simplement deux visions différentes même si la mienne
vous est risible. Vous la française qui consiste a discourir et attendre
l'état, moi l'américaine qui consiste a se mettre en oeuvre et être
indépendant. Loin de moi l'idée de créer des groupes de pressions (c'est
être lunatique que de penser que un civil comme moi peu changer les
choses là où des rebelles armés jusqu'au dents échouent ). La gratuité
de l'école est un voeu qui m'est cher et envoyer une lettre dans ce sens
au ministre de tutelle n'est en aucun cas mettre de la pression Mr Kone.
vous apprendrez à me connaître et en toute simplicité je me relèverais.
humblement.
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