L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

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La nécessité d'une vision globale pour le pays
par
Thierry Naka

« Aucune carte du monde n’est digne d’un regard si le pays de l’utopie n’y figure pas. » Oscar Wilde

Au moment où les grands enjeux se dessinent au niveau mondial avec l’accession d’un jeune noir à la Maison Blanche, la crise financière puis économique, la crise au Darfour, le conflit en République Démocratique du Congo.
Permettez-moi aujourd'hui de vouloir parler de la République Centrafricaine sous un angle différent de celui des préoccupations politiques et sociales internes sur lesquels nous avons l'habitude de débattre. J'aimerais que nous parlions de la place de notre pays dans le monde : la place qu'il occupe réellement maintenant et la place qu'il peut ambitionner d'occuper compte tenu non seulement de tous les atouts dont il dispose, mais aussi de tous les problèmes qui jonchent la route de ce que vous avez l'habitude d'appeler son « destin ». La question essentielle que je pose est celle-ci : quelle vision avons-nous de la situation globale de notre nation dans la géopolitique et géostratégique mondiale actuelle et dans le futur?

Je m'interroge. Je me demande profondément si notre pays a une vision géopolitique, une perception géostratégique de lui-même, si les élites de notre espace économique et social, si les forces de l'intelligence, de la recherche, de la foi, de l'esprit et de la culture de notre nation se préoccupent réellement de notre destin mondial ou du projet que nous nous devons bâtir pour être un peuple qui compte dans ce monde. Un peuple sur lequel on peut compter comme sur une grande nation capable de peser sur la marche globale dans la sous région et pourquoi pas sur le grand échiquier du nouvel ordre mondial. Sommes-nous conscient tous et toutes qu'aujourd'hui, un pays ne compte que par sa capacité à imposer une certaine image dans l'espace international. Une image de dignité, de respect, de grandeur, de travail constructif et de volonté de changer le monde à partir des dynamiques internes créatives, de l'organisation des ses forces vives pour résoudre les problèmes cruciaux de tous les jours, proposer des réponses concrètes aux soucis des populations et offrir sur cette base une voie de vie qui puisse servir de modèle aux autres peuples du monde. Compte tenu de sa situation géographique, de ses richesses naturelles et de ses ressources humaines, notre pays a une vocation de rayonnement, une mission de modèle à suivre, un destin qui le place au cœur de certains enjeux non seulement dans notre sous-région d'Afrique Centrale, mais pour toute l'Afrique et pour l'espace mondial dans son ensemble. Le drame aujourd'hui est que cette mission, cette vocation, personne ne semble vraiment en prendre conscience ni s'en préoccuper, personne ne cherche profondément à les promouvoir. Cela fait qu'en réalité, la République Centrafricaine n'est aujourd'hui modèle de rien du tout géopolitiquement et géostratégiquement parlant.
Le pays n’est que l’ombre de lui même et n'a aucune ambition de dimension planétaire. Il n'a aucune conscience d'une destinée qui serait réellement et passionnément mondiale. Son poids géopolitique est insignifiant, sinon inexistant, du point de vue de l'invention de l'avenir. Nous ne portons aucun rêve véritablement géopolitique et géostratégique. Nous ne représentons aucune espérance de forte intensité planétaire. Nous n'avons aucune stratégie concrète pour incarner une telle espérance. Notre nation n'est une locomotive dans aucun domaine. Plus exactement : elle est la locomotive du vide, pour ainsi dire, une République du vide géopolitique et géostratégique. C'est ainsi qu'elle se donne à voir, si nous la regardons dans le miroir du monde et des rapports de forces qui structurent la vie de la planète actuellement.
De plus, la dégénérescence actuelle de la situation comporte d'énormes risques collectifs irréversibles si le pays dans son ensemble ne se ressaisit point. Nul doute, les conséquences néfastes qui affectent, d'ores et déjà, de façon durable et négative la vie des Centrafricains, leur santé, leur éducation et l'ensemble de leurs activités peuvent devenir irrémédiables, si l'on n'y prend pas garde.

C'est une vision essentiellement pessimiste me direz-vous. Comment un tel pessimisme est-il imaginable alors que notre pays attire depuis toujours d'énormes convoitises et qu'il semble constituer un enjeu géopolitique capital pour les puissances qui se disputent nos richesses ?

Je ne me situe aucunement dans un point de vue qui consisterait à nous regarder comme des objets de convoitise des autres. Je veux nous considérer comme des sujets de l’histoire, des énergies innovatrices dans la construction de notre destin commun et de l'avenir du monde. Si nous acceptons que notre destin ne soit que celui d'un espace des matières premières à exploiter au profit des grandes puissances dont nous parlons à chaque fois, il est sûr que nous pouvons nous considérer comme un enjeu géostratégique d'importance, mais nous ne le sommes qu'en tant que purs objets, non en tant que sujets historiques créateurs. Quand je dis que nous sommes de purs objets d'un enjeu géostratégique, je nous donne d'ailleurs une importance exagérée, une importance que nous n'avons même pas dans la réalité des choses. En réalité, ce sont notre sol et notre sous-sol qui sont un enjeu de convoitises. C'est notre espace vital dans ses grandes richesses naturelles et géostratégiques qui suscite un intérêt vorace dans le monde. Nous, nous n'existons même pas comme objets d'intérêt. Du point de vue de ceux que nos matières premières intéressent et attirent, nous sommes perçus soit comme des obstacles dont il faut se débarrasser pour mieux exploiter le sol et le sous-sol Centrafricain, soit comme des marionnettes qu'il convient d'utiliser dans ce même but. Je ne vois aucun intérêt pour les Centrafricains et Centrafricaines à tirer fierté d'un tel statut. Le seul statut qui compte, c'est celui de nous assumer comme des êtres historiquement créateurs, des sujets historiques bâtisseurs d'un grand destin sur un sol et un sous-sol fabuleusement riches. Malheureusement, sur ce sol et sous-sol, nous n'avons pu mettre sur pied qu'une République du vide géopolitique et géostratégique, un pays de farce et de tragi-comédie aux yeux de beaucoup de dirigeants de ce monde. Un pays qui n'a pas une vision mondiale de sa grandeur à construire ni de ses capacités à peser sur les orientations de l'Afrique et du monde. Voilà comment nous sommes vus sur l’échiquier international d'aujourd'hui. Dire aussi clairement et aussi crûment cette vérité ne signifie pas être pessimiste concernant notre poids géopolitique et géostratégique en tant que sujets historiques. C'est tout simplement nous regarder dans le miroir du monde afin de prendre conscience du vide que nous représentons aujourd'hui.

Pourquoi la nécessité d'une vision globale pour le pays ?

La République Centrafricaine fête cette année ses 48 ans d’indépendance. Lorsqu’on observera la parade du défilé de la fête nationale, ce que l'on verra, ce que l'on entendra, ce que l'on perçevra comme réalité absolue de ce pays sera déconcertant comme à l’accoutumé. On entendra une rhétorique vide concernant l'avenir de la République Centrafricaine dont le destin dépend entièrement des pays amis. On entendra les « Remake » qui se sont joués dans telle ou telle capitale. Le peuple semblera heureux de ne pas s’attacher à un projet porteur d’espoir, une vision, une espérance qui enfin viendra apporter les écoles, les routes, la nourriture, les hôpitaux, et tailler le chemin de son développement dans le roc des misères et des souffrances tant endurées. Ce jour là, on verra des hommes et des femmes claironner pendant des heures sur notre histoire sans proposer de nouveaux leviers d'action qui dépendraient vraiment de notre inventivité comme sujets historiques créateurs.
Un impressionnant défilé d'un peuple complètement inconscient de son insignifiance géopolitique et géostratégique. Un peuple qui nage dans l'océan de ses désarrois et se noie dans l'alcool et dans des musiques délirantes, sans même se rendre compte qu'il est en train de dépérir. On brassera pour l'occasion des slogans creux, des phraséologies insensées, sans qu'aucune utopie nouvelle et crédible, aucune ambition dynamique, aucune vitalité fondée sur nos capacités réelles de créativité et d'inventivité ne soient forgées et proposées au pays, à l'Afrique et au monde à partir de chez nous.

Cette année 2009 est l’occasion ou jamais pour les fils et filles de ce pays de se mettre ensemble pour créer un art, une stratégie, une vision globale du plan de bataille pour gagner le bon combat. Le pays tout entier doit lutter contre la misère, l’illettrisme, la famine et offrir au monde une autre image que celle d’un petit état néo-colonial corvéable à merci dans l'ordre libéral. Statut contre lequel nous aurions dû nous aguerrir pour lutter tous les jours contre les souffrances et les humiliations qui sont notre lot quotidien, afin de nous imposer comme une grande nation sur laquelle l'humanité peut compter dans la construction du futur. N'ayant aucune stratégie pour gagner cette bataille au lieu d’errer dans l'insignifiance d’être à chaque fois montrer du doigt par le monde. L'image d'une nation grande et valeureuse, d'un peuple fort, motivé, animé d’un idéal démocratique reposant sur l’égalité des chances pour tous. C’est là que se situe notre devenir.
Chaque Centrafricain, chaque Centrafricaine doit savoir qu`à chaque levée de soleil, sous d’autres cieux, de nouvelles stratégies sont peaufinées. Les industries, les laboratoires tournent à plein régime et nous ne pouvons plus rester en marge. L'heure est venue pour que les Centrafricains prennent conscience, qu’ils soient fiers du pays que Dieu leurs à donner et c’est à eux seuls d’en définir les contours afin d’en faire une République florissante. Ayons une certaine dignité et la force de tirer ce pays vers le haut.
Nombreux critiquent l'attitude peu démocratique des Chinois, des Nord-Coréens ou encore des Ivoiriens mais vu sous l'œil africain, malgré les conséquences désastreuses, cela est une façon de se faire respecter dans le monde. Qu’on le veuille où pas, la main qui donne est celle qui dirige et dans les relations internationales entre Etat il n'y a jamais eu une aide de générosité.
La République Centrafricaine se doit d’être une grande nation, les centrafricains doivent aimer leur terre, celle de leurs ancêtres et à n'importe quel prix ne jamais accepter de brader cet héritage où de subir une quelconque domination sous quelque forme que ce soit.
Cette indépendance que nos parents ont voulu n'aura un véritable sens pour nos populations que lorsqu'elles auront une emprise réelle sur leur destin, c'est à dire le contrôle de leurs ressources nationales, de pouvoir s’instruire, se soigner, se loger, se nourrir, s'éduquer... dignement.

Nous ne pouvons être dignes de nos anciens qui ont subi et combattu la colonisation que si nous pouvons faire de leurs descendants c'est à dire les populations centrafricaines actuelles, un Peuple digne par l'éducation, par la culture, en réglant les problèmes pauvreté, d’éducation...

De par le monde, nous avons vu des pays utiliser des stratégies de développement basées sur la production et la vente de ses matières premières. Certains pays du « tiers monde », sont devenus des pays émergents et représentent aujourd’hui des puissances économiques et financières sur lesquelles on peut compter au niveau mondial forçant ainsi le respect par leur capacité de s’imposer sur les marchés internationaux.
Puisse un jour ce pays retrouver le chemin de l’effort et du progrès pour enfin atteindre son développement intégral.

Thierry Naka
 

Réactions à cette tribune

Simplice Solet (17/11/2008) : Bonsoir mon cher Thierry,

Je suis de tout coeur avec toi par ton intervention sur le destin de notre pays, ce sont des vérités, notre pays se trouve nulle part dans le monde,manque de vision, de volonté, de courage,de vérité et enfin d'amour entre nous centrafricains.
Le progrès est possible, mais il faudrait que nos compatriotes et nos dirigeants cessent de mentir, de prodiguer des fausses informations et de ne pas reconnaitre le pays comme un bien personnel où chacun à son tour pour bouffer, de mettre pleins les poches et de demander aux autres d'attendre leur tour pour venir bouffer.
Un pays ne se résume pas à la boufferie, je te rejoins dans ta démarche, absence de vision.
Je t'en courage à continuer à écrire afin de trouver des solutions pour sortir notre pays de cette situation.

Jean Bertrand Lavou (18/11/2008) : Nous avons tous l'amour du pays mais pas certains. Le pays ne manque pas des cadres ni des artisans capables de redresser l'économie et donner une bonne image du pays mais nous avons des incapables au pouvoir tous autant qu'ils sont. Il sont incapables de faire quelque chose pour marquer l'histoire en bien. Merci cher compatriote Thierry pour le sursaut.

Cécilia Ngaïbino-Dossin (18/11/2008) : Cher compatriote T. NAKA

C’est avec beaucoup d’émotion et de larmes aux yeux comme à l’accoutumée quand je lis vos articles sur la réflexion à avoir sur notre pays que je réponds à votre article
Je vous encourage à nous divertir à ce point par une lecture passionnée et passionnante, à nous faire verser des larmes, à nous faire réfléchir parfois, même si nous ne voulons pas l’admettre
Mais quand on sait que vos plaintes, vos directives, vos réflexions ne font ni réagir, ni prendre conscience sur le sort que nous mêmes réservons à notre pays, cela me fait de la peine et me chagrine énormément
A quand une lumière vive, franche, positive sur notre pays à l’instar des pays émergents qui n’ont pas autant de richesses naturelles que nous ?
Qu’est-il devenu notre devise ?
Rappelons le , et rafraîchissons nos mémoires
UNITE : Posons-nous la question de savoir : sommes-nous unis afin de construire notre pays ?
DIGNITE : Peut-on prétendre sur la scène internationale être digne de nos agissements ?
TRAVAIL : Nous nous sommes demandés ou nous nous sommes posés des questions si le travail pour un Centrafricain aujourd’hui est-il une valeur sûre de réussite économique et sociale ? de son élévation, de son bien être et de sa dignité ?
Le jour où chaque Centrafricain se mettra ses trois mots très significatifs en tête, je crois qu’on pourra avancer.
A force d’attendre et tendre la main, nous serons toujours là à nous morfondre et être frustrés et ainsi jamais être sur les feux de projecteurs comme tant d’autre pays aux alentours.
Je ne suis qu’une femme qui essaie tant bien que mal de porter à mon niveau le nom de mon pays, mais quel entourage peut –t-il prétendre s’immiscer et s’impliquer à ce combat ?
Ma réponse à cet article est pour la énième fois : un appel désespéré aux filles et fils de Centrafrique rassemblons nous réunissons nous, unissons nous
Que l’égoïsme ne soit pas notre combat
Parce que c’est un combat qui divise et l’individualisme ne correspond ni à notre éducation ni à notre culture, mais le pire de tout c’est l’égocentrisme qui nous mine et ne rentre dans aucune conception centrafricaine.
Imitons, mais ne devenons pas une fois encore l’esclave de nos connaissances acquises.
A quoi ce dernier nous rapporte-t-il pour notre développement propre ?
Je vous invite chers compatriotes à voir et à revoir le complément d’enquêtes émission du 17/11/08 sur France 2 qui passait tard, mais important pour tous.
L’intitulé était NOIRS… je crois effet .. OBAMA ou quelque chose de cela.
Comment les africains du sud se sont battus, se battent encore aujourd’hui en entreprenant, les noirs américains que font-t-ils.
Les noirs des îles françaises se sont-ils divisés ?
Ceci est un exemple pour nous, à suivre
Ce sont des gens qui se sont unis tous pour un et seul combat construction d’une identité propre du noir , qui est aussi compétent, capable responsable, constructif pour l’équilibre économique et social.
Or en Centrafrique c’est le pouvoir, disons le sans amertume, ni ne dénigrons pas le pouvoir, mais ce pouvoir qu’on aime se mérite par le travail par des actions.
Chers compatriotes entreprenons, ne soyons pas que ministrables, présidentiables, mais ENTRPRENEURS
A vous qui aviez fait de longues études, prenez le pouvoir, aimez le pouvoir rêvez du pouvoir, mais agissez en menant des actions concrètes en rapport avec ce pouvoir que vous aimiez tant
Il est vrai que chacun de nous à un rêve, comme OBAMA petit en Indonésie, plus principalement à Djakarta en classe de cm2,où son institutrice âgée aujourd’hui se souvient encore de lui quand elle leur a demandé de faire une rédaction et de répondre à cette question « de quoi rêves –tu quand tu seras grand ? » il avait répondu : « mon rêve est de devenir président » vous retrouverez les extraits dans OBAMA PETITE ENCYCLOPEDIE DE MARC KRAVETZ CHEZ DALLOZ
A cette lecture , pensiez vous qu’il s’est croisé les bras, juste envié le pouvoir , jalousé les uns, les autres et enfin devenir le 44è et le Premier Président Noir d’une grande puissance mondiale ?
N’a-t-il pas multiplié des petits boulots, s’occuper des plus démunis que lui, faire ses preuves avant d’avoir cette ascension fulgurante ?
Rêvons, mais rêvons de bâtir une Centrafrique belle et humaine.
La transition ne se fait pas sans préparation , ni actes posés, mais qu’avec le travail, rien que le travail et à la sueur de nos fronts qu’on réussira à bâtir notre pays.
Ne soyons pas trop envieux,
N’est ce pas être envieux n’est –t-il pas un des péchés capitaux ?
Le 14/11/08 ;je me suis retrouvée nominée Femmes du troisième millénaire au SENAT français, j’ai vu Ö combien la Centrafrique n’intéresse personne si ce n’est que Bangui bien mis en évidence au milieu d’une table, mais chacun se demandait si j’étais sénégalaise ou camerounaise ?
Que voulez vous que je réponde à cette question qui me dépasse, mais comme Henri Salvador un grand sourire pour éviter d’autres questions dérangeantes ou confuses.
Où est la Centrafrique où sont passés ses enfants ?
Qu’allons- nous faire à l’aube du changement des minorités plus que visibles aujourd’hui ?
Avons-nous appris et acquis des compétences pour palabrer et encore palabrer , de faire de belles phrases en français qui ne nous donnent ni à manger, ni à boire proprement ?
Notre destin nous appartient, notre pays nous appartient c’est à nous, et à nous seul que notre destin se repose.
Qu’on le veuille en bien ou en mal cela dépend de nous, de comment on veut construire l’histoire de notre pays.
Depuis l’élection d’OBAMA, les voix se lèvent pour comprendre, pour combattre l’impunité, pour aussi dire que tout est possible, pour qu’enfin la justice soit la seule arme capable de faire avancer les esprits malsains dans notre monde, et nous qu’allons nous faire de cet acte posé ?
Mes chères sœurs et frères, profitons de ce phénomène OBAMANIA, imprégnons –nous de cet effet papillon , en nous rassemblant par ce qu’ensemble tout est possible pour construire l’avenir de nos enfants.
Encourageons-nous, les uns les autres pour construire notre pays, soyons fiers de ce pays qui n’attend que nous ? ENFIN réunis pour se faire valoir aux yeux du monde.
En répondant à notre compatriote NAKA, j’en profite pour vous envoyer ce message, et vous dire que mon cœur saigne quand je me retrouve seule parmi tant de personnes qui amoureux de son pays et seule dans mon coin.
Je lis et relis tous vos articles concernant notre pays.
Mais une femme venue en aventure avec un militaire français, croit-on en elle ? La prend-on au sérieux ?
Il est vrai je suis Ngaibino, mais avant toute considération centrafricaine.
Avant de vous quitter jusqu’à la prochaine lecture de notre cher compatriote NAKA, je voulais vous dire ceci : 1492 Christoph COLOMB a découvert l’Amérique et qu’est ce qu’il a ramené « les EPICES »
Que je sois qu’une aventurière, mais une Centrafricaine longtemps, des siècles après :1992 découvre la France, son seul rêve constituer une bibliothèque digne de ce nom pour les enfants centrafricains, malgré les relances des autres pays pour leur donner ce trésor de connaissance et de savoir, mon seul souci les 45000 exemplaires collectés et stockés au fond d’un couloir à Strasbourg qui me rend malheureuse de ne pas les acheminer.
Sinon le reste effet OBAMA.
J’aime vous faire lire c’est pourquoi c’est long.
BONNE LECTURE ET MERCI DE NOUS LIRE.

Francis Kopaye (19/11/2008) : Cher Thierry,

Impossible de rester sans réaction à votre écrit qui est empreint d'une « sainte colère ». Tout amoureux de la Centrafrique comprendrait aisément la profondeur de vos pensées.
Nous avons ça et là émis des analyses et fait des propositions afin de sortir notre Centrafrique de cette position honteuse et intolérable qu'elle a toujours occupée dans le concert des nations. Comme vous le dites si bien, malgré ses richesses à la fois humaines et naturelles, ce pays reste à la traîne.
Il y a quelques jours, en réaction à une tribune sur ce même site, je proposais l'idée de concevoir un Pôle chargé de Prospectives en Centrafrique à l'exemple des grandes entreprises qui disposent d'un pôle Recherche & Développement. J'ai la faiblesse de penser que cette initiative (gouvernementale) est un premier jalon de géostratégie & géopolitique. La géostratégie dont vous faites mention devra donc naître d'abord d'une volonté politique et ensuite portée par tout un peuple. Dans ma Lettre aux citoyens de Centrafrique, citoyens du Monde, j'ai invoqué la nécessité de la perception et de l'identification de nos racines communes. Comment pourrions-nous prétendre à une place importante sur la scène politique, économique, culturelle mondiale si nous ne croyions pas à nos capacités mutuelles, à nos valeurs et n'avons pas une vision d'ensemble de ce qu'est une Nation ? Le rêve dont parlait Martin Luther King et Oscar Wild (la citation utilisée par vous) est tout simplement la nécessité pour chaque peuple de s'élever, de croire en lui, en ses ambitions et doser entreprendre le changement non seulement de sa vision du monde mais également de la société dans laquelle il vit. Mohamad YUNUS, Prix Nobel de la Paix (2006), à ce propos disait ceci : « Chaque être humain a l'énergie nécessaire pour changer le cours de sa vie ».

Les autres, vous et moi devrons continuer de croire et d'espérer en un avenir prospère. Cette vision d'ensemble que vous appelez de vos voeux, doit naître de notre envie à tous de construire ensemble notre Centrafrique en regardant dans la même direction. La géopolitique et la géostratégie ne deviendront une réalité que si nous inventions ensemble une nouvelle manière de concevoir l'avenir avec audace et avec une bonne dose d'utopie.

Patriotiques salutations

Albert Namfeï-Koné (19/11/2008) : Encore une fois de plus, l'illusion de penser, de se sentir intelligent et même de rêver, créer un corps spirituel vide de sens qui vient meubler le palais des illusions d'optique de la RCA et se perdre dans la marre des hérésies centrafricaines.

S'il est une chose qui soit à la portée de tout le monde, c'est la dénonciation. Mais il en est une autre qui soit difficile d'accès, c'est le diagnostic juste.

Avant de rentrer dans le creux de la problématique que suscite ce pamphlet, il est une question que l'on doit se poser: qui sommes-nous, pourquoi parlons-nous, que voulons-nous; avec qui, pourquoi, quand et comment?
Une approche qui n'intègre pas ces paramètres est une dangereuse illusion pour la cause que nous prétendons tous défendre: la RCA.

À la lecture de la tribune du compatriote Thierry Naka, deux termes centraux apparaissent: Géostratégique et Géopolitique.

C'est quoi la géostratégie, c'est quoi la géopolitique? La RCA est-elle un cas d'école d'absence d'approche géostratégique ou géopolitique ?

La géostratégie est l'étude de la fabrication des espaces par la guerre. Pour faire simple je dirai qu'il s'agit d'un domaine militaire. Elle implique la géographie de chaque État et sa situation historique et politique en regard de ses voisins, examinées par le biais d'études stratégiques qui relèvent de la géopolitique. Il s'agit ici de géographie politique c'est à dire de territoire, de frontière, de réseau, de pôle, de lieux symboliques...
La géopolitique est une science humaine qui étudie la fabrication des espaces par la puissance (politique, militaire, légale, culturelle, économique...). Il s'agit ici d'enjeux.

Le cadre déontologique posé, il serait intéressant de répondre à certaines interrogations et affirmations de l'auteur de cette tribune.
Thierry Naka : « La question essentielle que je pose est celle-ci : quelle vision avons-nous de la situation globale de notre nation dans la géopolitique et géostratégique mondiale actuelle et dans le futur? »
Albert Namfeï-Koné: la politique globale est définie par le pouvoir central. Le planteur de coton de Bossangoa, le pêcheur de Mobaye, l'artisan minier de Carnot... ne peuvent définir cette politique. Même s'ils détiennent la légitimité, ils confient via le suffrage universel le mandat aux élus (députés, maires, président (et son administration) de définir la stratégie qui conduira les ambitions locales, nationales, régionales et mondiales de la RCA.
Thierry Naka: « Je m'interroge. Je me demande profondément si notre pays a une vision géopolitique, une perception géostratégique de lui-même, si les élites de notre espace économique et social, si les forces de l'intelligence, de la recherche, de la foi, de l'esprit et de la culture de notre nation se préoccupent réellement de notre destin mondial ou du projet que nous nous devons bâtir pour être un peuple qui compte dans ce monde »

Albert Namfeï-Koné: Cette interrogation est un fourre-tout car elle n'établit pas la cartographie des responsabilités. Que peut faire le footballeur de Zangonyen si le ministère du sport ne met pas en place une ambitieuse politique de développement sportif pour lui permettre de participer à une compétition hors RCA? Que peut faire le sprinteur de Bambari, si les autorités régionales de la Ouaka n'organisent pas de compétitions sportives? Ces exemples peuvent être reproduits à l'infini.
Il faut définir la hiérarchie des responsabilités et adresser ces remarques aux cibles. Ici donc, le «notre pays» perd de sa substance et la remarque reformulée aux autorités présentes et passées de la RCA.

Thierry Naka: «Sommes-nous conscient tous et toutes qu'aujourd'hui, un pays ne compte que par sa capacité à imposer une certaine image dans l'espace international. Une image de dignité, de respect, de grandeur, de travail constructif et de volonté de changer le monde à partir des dynamiques internes créatives, de l'organisation des ses forces vives pour résoudre les problèmes cruciaux de tous les jours, proposer des réponses concrètes aux soucis des populations et offrir sur cette base une voie de vie qui puisse servir de modèle aux autres peuples du monde ...Le pays n'est que l'ombre de lui même et n'a aucune ambition de dimension planétaire»


En définitive, la question fondamentale de cette tribune n'était pas l'absence d'approche géostratégique et/ou géopolitique. Il s'agit ici de diplomatie et d'ambition nationale de développement.
La RCA a toujours eu une politique intégrationniste. Boganda, voyait son territoire via le prisme d'un ensemble plus grand... d'où le non-sens historique de la République Centrafricaine (RCA) qui continue encore de nos jours. Les différents régimes qui se sont succédés à la tête de notre pays ont toujours été (convaincu ou pas) militants d'approches intégrationnistes: L'OUA, l'OCAM, l'UDEAC, la CEEAC, la CEMAC, l'UA, la CEN-SAD... et une infinité de protocoles et accords internationaux. Une diplomatie amovible basée sur une ambition personnelle.
La vision mondiale de la RCA comme institution s'est toujours développée dans des organismes. Celle de la culture( peuple, art, tradition, sport...) reste encore à concevoir.
La RCA comme pays sera respectée lorsque les centrafricains se respecteront. Nous n'avons que les dirigeants que nous méritons. Depuis 50 ans, ce sont les nôtres qui dirigent notre pays. C'est nous qui les chantons, qui les dansons... qui les divinisons. Ceux qui dirigent la RCA sortent de nous, de notre milieu. Ils portent en eux les travers de notre société et de nos traditions. La première étape du renouveau serait donc celle de l'éveil du peuple pour qu'à l'avenir il puisse confier le management de son destin à ses fils et filles sur le fond et non sur la forme. Concomitamment un travail législatif pour consolider nos institutions est à faire.
Mais l'autre facette du respect est régalienne. Lorsque les responsabilités de la république ne sont pas assurées, lorsqu'on regarde toujours dans la marmite du voisin pour prendre des miettes et donner à manger à ses enfants, lorsqu'on n'entreprend rien de sérieux pour transformer radicalement les conditions des centrafricains alors que les autres pays avancent... on finit mécaniquement par devenir la risée de toute la planète.
Le problème fondamental de notre pays n'est pas institutionnel et encore moins géopolitique et/ou géostratégique. Il est le continuum de 50 années de mauvaise gestion et de non-sens. Un exemple: alors que l'histoire nous apprend qu'aucun pays au monde ne s'est développé grâce à l'aide, tous ceux qui s'amusent à penser la RCA ou à penser pour la RCA, ne regardent que dans les yeux des bailleurs de fonds, de partenaires... Alors que 28 années de dialogue politique n'ont rien donné et que tout porte à croire que celui du mois de décembre ne donnera rien de mieux, certains jurent encore par lui. Alors que 5 années de gestion Bozizé est catastrophique, nous continuons encore de le chanter. Alors que 10 années d'aventure politique avec Patassé nous ont emmenées désolation extrême, il existe encore en RCA des personnes qui ne rêvent le monde au travers du prisme du Patassisme.
Sur le papier, je ne cesserai de le répéter ici, la RCA est très avancée en Afrique. Les organigrammes de nos ministères sont établis pour faire de ce pays un espace stable et en constant progrès. Le plan de décentralisation et régionalisation initié sous Patassé est l'un des mieux élaborés en Afrique... Il ne faut donc pas perdre de vue l'équation à unique inconnue qui se pose à nous: l'alternative. Un demi siècle d'empirisme politique, des acteurs usés par la navigation dans les méandres de leurs contradictions... C'est ce cycle en perpétuelle mutation qu'il faut arrêter.
La RCA ira mieux, sera respectée et sera visible au concert des nations humaines lorsque arriveront aux pouvoirs de l'état une nouvelle catégorie de leaders qui comprendra qu'un État pour vivre (ou survivre) doit s'étendre et se fortifier. À travers ce prisme là, ils mettront en place une vigoureuse politique qui corrigera les torts causés par 48 année d'apathie.
Le reste n'est que de la littérature pour paraître.

Avec tout mon respect.

Nalé Toua (19/11/2008) : "Awosso lo kwalimon mè alé mbi mènè mon", diraient les Sango. En d'autre terme: BRAVO Albert! Je n'ai jamais été aussi ému en lisant un compatriote qui crache tant de vérité. Merci, Albert, pour ce brillant commentaire. Que dire d'autre! Merci aussi à toi,Thierry, d'avoir suscité ce débat.
A tous, mes salutations patriotiques.

Thierry Naka (21/11/2008) : Je tiens à présenter mes encouragements à toute l'équipe qui participe de près ou de loin à la réalisation de ce site. Je tiens à remercier tous les intervenants et même ceux qui ont lu ce message mais qui n'ont pas trouvé le temps d'y répondre. Je voudrai faire un petit rappel au frère Albert, si je puis me permettre, que le titre de mon message n'était pas la Géostratégie ni la Géopolitique mais bien "La nécessité d'une vision globale pour le pays". Le but affiché n'était en rien de me montrer intelligent ou donner des leçons comme il a pu le penser. Combien même le copier/coller de Wikipédia parle de Géographie, de politique, d'histoire, de culture, d'économie, d'armées, d'enjeux...
N'est ce pas que le mot "Global" peut engranger le tout? j'ai déclaré au départ vouloir parler du pays autrement que par des petites phrases. Je ne sais pas comment le frère Albert ressent les choses quand il parle de son pays natal mais de là ramener ma perception des réalités du pays à de la Diplomatie et faire l'étymologie tel ou tel mot, c'est un peu facile. Il y a le cri de cour, il y a aussi le cri qui vous vient des entrailles à cause d'un mal profond qui vous brûle de l'intérieur comme un feu. Pour moi, évoquer ce pays c'est ça. j'ai vu aussi qu'au final, on était sur la même longueur d'onde.

Plus sérieusement, bientôt un demi-siècle d'indépendance, le bilan du fonctionnement de la République Centrafricaine est nécessaire pour mieux saisir les nouvelles opportunités historiques qui s'offrent à elle dans l'ouvre de reconstruction nationale, afin d'envisager l'avenir avec plus de discernement et de clairvoyance. La République porte des stigmates dans l'âme et les populations, les élites et les dirigeants passent beaucoup de temps dans les couloirs à faire des pas perdus. Nous ne voyons toujours pas poindre à l'horizon des perspectives claire pour notre futur. En tout état de cause, la logique conduit à la question sur une vision claire et globale sur le pays.

Madame Cécile, permettez moi de vous féliciter pour l'honneur que vous rendez à votre nation. Il est écrit quelque part que "nul n'est prophète chez soi". Ces talents que nous ne vous avons pas reconnu, la nation Française a su vous les reconnaître. Madame, ce petit pas que vous avez effectué est un pas de géant pour votre nation dont vous en êtes la fierté. Un conseil, c'est le zéro qui ne compte pas, rayez à tout jamais le mot "aventurière" de votre langage. Ne vous sous-estimez jamais. Pensez aux grandes réalisations qui jalonnent vos lendemains.
Merci à tous, je reviendrai!!!

Claude Sizoua Ziadhou (22/11/2008) : permettez moi de vous féliciter cher Naka de soulever cette réflexion honorable et que toutes les filles et fils de la République Centrafricaine, démocrates, patriotes. PENSONS A NOTRE PAYS

Henri Paul Akibata Kette (23/11/2008) : Au-delà de la tribune et du débat suscité, je rejoins le compatriote Nalé TOUA pour encourager cette justesse d'intervention du compatriote Albert Namfeï-Koné, excepté bien sûr quelques allusions qui peuvent dévier une intervention cohérente et constructive pour le pays.

Singuila mingui

Francis Kopaye (24/11/2008) : Chers compatriotes,

S'exprimer c'est se dévoiler, se mettre à nu. L'exercice auquel tout un chacun s'adonne ici n'est pas anodin. Si d'autres pensent qu'il ne faut plus établir des analyses, qu'il ne faut plus s'offusquer de la situation de notre pays et attendre qu'une nouvelle génération arrive à la tête de l'Etat pour opérer un changement, je crois qu'on est encore loin de ce qu'il conviendrait d'adopter comme attitude.
Comment prétendre opérer des changements dans une organisation si l'on ne prend pas le temps d'examiner les contours, d'aborder méthodiquement les problématiques, se les expliquer et faire un peu de « littérature » ? Nos gouvernants ont parfois péché par impréparation. Nous parlons tous d'un manque de vision. N'est ce pas l'étape du diagnostic, de l'analyse et de l'explication (littérature) qui a été négligée ? La vision n'est rien d'autre que la projection établie à partir d'un ensemble d'éléments observés, compris et maîtrisés.
Sur ce même site, un compatriote disait « qu'il faut que le discours précède l'action. ». C'est absolument juste. L'empirisme de nos jours ne doit plus être la règle car il montre parfois ses limites. Mon compatriote Albert dans l'une de ses interventions disait ceci : « La différence entre nous et nos pères est au niveau de la méthode. Je sors une idée, je l'aligne sur la réalité, je la chiffre, je la présente et la rend crédible... partant de là, je me rends aussi crédible. ». Ce que je partage entièrement. Partant donc de ce principe, ne pourrions-nous pas admettre que les uns fassent de la « littérature » et que d'autres traduisent concrètement cette littérature avec des données fichées ? Toute organisation a besoin de ces deux profils (Bureaucrate & Technocrate).
De ce qui précède, je souhaitais juste dire qu'il n'est point négatif de discourir. Je m'insurge contre l'idée d'attendre passivement que ce soit notre tour au jeu de la chaise musicale. Concevoir une relève ce n'est pas opérer un changement radical à un instant T. C'est de la transition qu'il s'agit. Nous devrions nous préparer en étant des agents actifs du processus. Merci Thierry pour votre cri du coeur !!! L'engouement que suscitent chacune de nos réactions sur les différents sujets abordés sur ce forum, est à mon sens la preuve d'une prise de conscience mutuelle quand au besoin de transformer notre Centrafrique. Le chantier est immense, le chemin long et rude, mais seules notre audace et notre détermination nous conduiront vers ce changement longtemps espéré.

Sincères salutations

Cécilia Ngaïbino-Dossin (24/11/2008) : bonjour Thierry,
satisfaite de votre suite donnée à ma réaction, je vous réitère mes salutations patriotiques
votre réponse m'est tout à fait rassurante,
je suis agréablement surprise de ce clin d'oeil (familial), j'avais un doute, je n'en ai plus
ce clin d'oeil est le fruit de la sagesse, de me faire prendre conscience de cette négation qu'est le mot "aventurière" que je me colle à la peau comme veulent bien ceux qui voient en moi cette négation
dans tous les cas, ce clin d'oeil c'est de dire en un mot "avoir l'estime de soi, qui n'est autre qu'une prise de risque, de croire en ses capacités d'aimer ou non son pays, d'avoir l'audace de croire, d'évoquer, d'entamer le processus d'un changement et surtout d'incarner le changement
ce changement doit s'opérer comme vous faites si bien dans vos analyses en créant des situations, où les individus se sentiront appréciés et compétents
d'avoir des valeurs communes qui sont la richesse de la diversité des personnes sur tous les plans aventurières, intellectuels ou personnes vulnérables, cela dit c'est aussi une autre manière de redécouvrir la proximité culturelle (famille, professionnelle) pour qu'ensemble construire ce changement
clin d'oeil à notre compatriote Francis pour cette synthèse limpide qui vient redorer le blason, encouragement à vous deux
cher Francis, votre sujet sur la situation de la femme centrafricaine, nous a réunis quelques filles de Centrafrique, comme quoi, les débats ne sont ni utopiques, ni stériles
cordiales salutations.

Christian Touaboy (26/11/2008) : CHERS FRERES
J'ai lu un peu intrigué les diverses interventions, sur la tribune et le mot qui ne cesse de me passer par la tête est <Internet a révolutionné la révolution >. Nous ne sommes point avare en théorie mais prompts à tourner le dos quand il s'agit de l'action, il est aisé de rester derrière son clavier au chaud et à l'abri, de critiquer et d'avoir le narcissique plaisir de se lire. Nous sommes tous indignés de ce qui se passe, nous sommes déçus de la direction que prend le pays (qui ne le serait pas ?)mais nous continuons, lâches peuples que nous sommes, a ne point nous unir (sinon en théorie). Nous continuons à blâmer le gouvernement ou l'état en oubliant que le gouvernement n'est que l'émanation du peuple que nous sommes, nous parlons de géostratégie en oubliant que notre armée est réduite à la garde présidentielle, incapable de défendre l'autonomie de la RCA, nous ne savons même pas quelles sont les priorités de notre cher pays, mais nous continuons à écrire... à écrire... à écrire... mais quand est-ce que nos vains mots se transformeront-ils en action ?L'autosuffisance alimentaire est un but que nous pouvons atteindre sans l'aide du gouvernement, nous pouvons nous réunir et nous battre pour la gratuité de l'école, la lutte contre le sida en nous réunissant en créant des ONG, nous pouvons avec la force du nombre atteindre ces buts mais nous ne pouvons pas que parler.... j'ai laissé parler mon coeur en oubliant les règles... loin de moi l'idée de réduire le débat à une utopie? Mais au fait que sont les paroles sans actions ? Thomas Sankara était un rêveur qui est passé à l'action. Aucun leader n'est resté qu'à l'étape de la vaine théorie, Ghandi, King et tous les autres ont vu la nécessité de transformer les mots en action, mais peut-être que c'est trop vous demander ?

Francis Kopaye (26/11/2008) : Cher Christian,

Juste vous féliciter pour votre réaction que je juge nécessaire à la poursuite du débat.
J'ai à maintes reprises sollicité une rencontre de tous les Centrafricaines et Centrafricains qui aiment leur pays et formulent le voeu que ce pays sorte du gouffre. Depuis le mois de février 2008 que j'ai lancé cet appel à l'union pour l'action, seulement 2 personnes ont répondu positivement - j'en profite pour les remercier une fois de plus.
Je me joins à vous pour dire qu'il est temps de passer à l'action, de contribuer à l'effort collectif. Il est plus aisé de continuer à critiquer les actions du gouvernement, de déplorer la misère dans notre pays sans lever le petit doigt!!
Si d'autres comme vous et moi sont prêts à agir afin de soutenir l'effort en faveur du développement économique et social dans notre pays, alors je suis disponible pour m'engager avec toutes celles et tous ceux qui y croient.

Je ne pense pas que le peuple centrafricain soit lâche. J'ai toujours pensé qu'il s'agit d'un manque d'audace et d'ambition. Nous pouvons mes chers compatriotes aider notre pays à sortie de cette crise. Pour paraphraser M. YUNUS, Prix Nobel de la Paix 2006 je dirais ceci : chaque peuple a la capacité nécessaire pour changer le cours de son destin. Notre pays a besoin de nous !! J'ai dit un ensemble de choses dans la Lettre que j'ai adressée à tous (publiée sur ce site). Je souhaite que tous ceux qui ont le temps et la possibilité matérielle, puissent la relire. En réaction à cette Lettre, un compatriote m'interrogeait sur comment faire pour opérer cette transformation ? Je n'ai point de réponse toute faite, si ce n'est de lui dire et de vous dire que nous devons nous réunir et réfléchir aux pistes d'actions et faire des propositions à ceux qui sont à la tête du pays. Seule notre détermination pourra faire changer les choses.

Soyons un peuple audacieux et ambitieux. Il n'y a pas de secret !!!!! Je suis intimement persuadé que l'audace est le moteur de toute transformation.

Sincères remerciements

Albert Namfeï-Koné (26/11/2008) : Balao na ïtâ kwé,

Mal définir les choses, c'est ajouter du malheur au malheur, c'est ce qui a motivé ma participation à la tribune du compatriote Thierry.
Il existe trois niveaux d'intervention et/ou d'action dans la vie d'un citoyen:
   - le politique;
   - l'économique;
   - le culturel.
Tous ces niveaux participent à la mise en place d'une masse critique pour être dans la société et de la société. Les participations alarmistes des compatriotes Touaboy et Kopaye me font rire car cela prouvent qu'ils se sont trompés de cible.

Le politique: il y a une importance essentielle lorsqu'on fait de la politique, c'est l'appareil autrement dit les partis politiques. Ils ont pour vocation et ambition de prendre le pouvoir de l'état et d'influencer le destin des nations par les politiques mises en oeuvres. Or ce forum, bien qu'étant intéressant car il ouvre des perspectives d'échange et de dialogue, n'est pas l'endroit pour faire la politique et se lamenter que les gens aiment discourir au lieu d'agir. Je suis d'accord avec le compatriote Kopaye lorsqu'il dit que s'écrire, c'est se mettre à nu. Faire son bilan, le bilan des actions posées, les raisons du succès, les causes de l'échec... en tirer de nouvelles orientations et s'ajuster en conséquence. Pourquoi depuis février 2008 le compatriote Kopaye n'a t'il eu que 2 réactions à son initiative? Était-ce la meilleure approche? Sozoala.com était-il le meilleur endroit pour le ventiler? Etc...
Est-ce qu'une approche personnelle qui intègre cette démarche a t'elle été adoptée? Nous nous trouvons dans un monde a-historique, sans repère, sans mémoire. Cette tradition se retrouve dans toutes les initiatives car l'initiateur est persuadé d'être seul au-dessus de tout soupçon et de dire la vérité. Enfermé dans une tour, il n'écoute pas la question de l'autre. Il recommence les mêmes erreurs se satisfait de lui-même et de son miroir aux alouettes et au final c'est la manufacture des chimères où seule la parole reste prolixe .

On a des dirigeants qu'on mérite, je ne le dirai jamais assez. Le premier endroit pour changer une société reste et demeure les partis politiques car ils ambitionnent le pouvoir de l'état. Et ce dernier est le cadre qui englobe nos destins. Se mettre en association ou groupement de pression ne change rien. Les associations agissent là où l'état a failli. Or pour un pays comme la RCA où tout est à faire, le meilleur rempart reste et demeure l'Etat... investissons donc les partis politiques et changeons les choses de l'intérieur.

Il est naturel de rêver. Cependant, nos enthousiasmes ne doivent pas nous empêcher de voir la réalité. Il y a de l'espoir car il existe une issue de secours : toutes constructions chez les espèces humaines et animales en sont dotées. Mais le problème ici c'est que les crises centrafricaines conduisent à l'intellectualisme coupable et à la fabrication des pôles de compassion aseptisée. Ainsi on perd de vue l'essentiel et le pays se distrait dans le regard de ses élites et de ses leaders où l'intelligence est bloquée.
« Si d'autres comme vous et moi sont prêts à agir afin de soutenir l'effort en faveur du développement économique et social dans notre pays, alors je suis disponible pour m'engager avec toutes celles et tous ceux qui y croient. »
Je ris jusqu'à perdre le nord lorsque je lis cette affirmation qui précède. Ensuite me vient à l'esprit une interrogation à son rédacteur: agir pour faire quoi, avec qui, quand, où, dans quelle cadre?
L'on peut et doit continuer à critiquer le gouvernement car ce sont eux les maçons aux pieds du mur. L'on ne peut pas critiquer le maçon qui fait son apprentissage au lycée technique car il n'a pas d'actif. Par contre le vieux maçon de Malimaka peut-être critiqué car il a 25 maisons à son actif. Je reviens ici sur la remarque que je faisais dans ma précédente contribution à savoir qu'il ne faut pas perdre de vue l'objectif principal: l'alternative.

En effet compatriote Kopaye, la méthode dont il est question ici exige que nous ne discourons pas simplement car l'essentiel est ailleurs. Il faut poser le diagnostic juste. Tu remarqueras que je ne me suis pas aligné contre le contenu de la tribune du compatriote Thierry mais contre le contenant(cadre) qui déroute. Ce que ce dernier appelle le copier/coller wikipedia était le cadre déontologique autorisé pour fermer la porte à toute tentative de tourner en dérision ma remarque.

Ceux qui veulent investir dans le monde des affaires ne viennent pas discourir sur le net comme nous autres. Ils y vont. Ceux qui veulent faire la politique pour changer les choses affrontent les réalités politiques de notre pays et du monde. Nous qui discourons à longueur de journée ici, que voulons nous?
Je finirai en reprenant ces mots du compatriote Touaboy que je lui renvoie:
« L'autosuffisance alimentaire est un but que nous pouvons atteindre sans l'aide du gouvernement, nous pouvons nous réunir et nous battre pour la gratuité de l'école, la lutte contre le sida en nous réunissant en créant des ONG, nous pouvons avec la force du nombre atteindre ces buts mais nous ne pouvons pas que parler.... j'ai laissé parler mon coeur en oubliant les règles... loin de moi l'idée de réduire le débat à une utopie? Mais au fait que sont les paroles sans actions ? Thomas Sankara était un rêveur qui est passé à l'action. Aucun leader n'est resté qu'à l'étape de la vaine théorie, Ghandi, King et tous les autres ont vu la nécessité de transformer les mots en action » serait-ce trop te demander de nous dire ce que tu as fait ou compte faire ?

Avec tout mon respect.

Christian Touaboy (27/11/2008) : NAMFEI-KONE

J'AI TOUJOURS EVITE UNE CHOSE LA PERSONNALISATION DU DEBAT OU M'ADONNER A UNE QUELCONQUE GYMNASTIQUE RHETORICIENNE AFIN DE TOURNER EN RIDICULE CELUI QUI NE PENSE PAS FORCEMENT COMME moi (ceci étant la logique de la démocratie ou chacun a droit à son opinion). Cela est D'AILLEURS L'UN DES BATS QUI A BLESSE LA RCA (nul n'est sans savoir que Mr ABEL GOUMBA ET DAVID DACKO ONT LONGTEMPS JOUE A CE JEU).MON BUT N'ETANT POINT DE JETER UN DISCREDIT SUR LE DEBAT QUE NOUS MENONS (j'y participe aussi), mais de le hisser au niveau suivant celui de l'action qui somme toute sera la finalité si nous tenons à réellement changer le pays comme nous l'entendons. Quand au manque de réaction qui a suivi l'annonce du frère KOPAYE, je vis aux USA précisément à Dallas dans le Texas et je n'ai su l'existence de cette plateforme que dans la moitie de cette année par l'entremise de mon frère ainé. Les partis politique cher KONE ne peuvent fonctionner que dans un espace démocratique (la RCA n'en est pas une pour l'instant, voir ma définition sur le site www.zohoko.com) et si je me permet de le souligner tout parti politique a pour finalité l'accession au pouvoir (vous le mentionnez si bien) dont l'exercice (du pouvoir ) est pure action j'espère que tu en conviendras avec moi.
Nous avons tout simplement deux visions différentes même si la mienne vous est risible. Vous la française qui consiste a discourir et attendre l'état, moi l'américaine qui consiste a se mettre en oeuvre et être indépendant. Loin de moi l'idée de créer des groupes de pressions (c'est être lunatique que de penser que un civil comme moi peu changer les choses là où des rebelles armés jusqu'au dents échouent ). La gratuité de l'école est un voeu qui m'est cher et envoyer une lettre dans ce sens au ministre de tutelle n'est en aucun cas mettre de la pression Mr Kone. vous apprendrez à me connaître et en toute simplicité je me relèverais.

humblement.

 

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