L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

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Lettre aux citoyens de Centrafrique, Citoyens du Monde
par
Francis Kopaye

 

Comme tant d’autres dans les pays pauvres aux quatre coins du globe, j’ai pensé que mes aspirations et mes rêves nécessitaient les atouts qu’offre l’Occident. Alors au début des années 2000, j’ai posé mes valises en Europe !! Ce voyage dans l’inconnu était l’accomplissement d’un rêve de Liberté.

Au lendemain de la 2ème Guerre, les occidentaux comptaient leurs morts et se préoccupaient de savoir comment reconstruire leurs pays. En créant l’OTAN les alliés de la 2ème Guerre n’ont pas seulement voulu éviter une prochaine guerre, ils n’ont pas cherché non plus des sanctions contre l’Allemagne nazie, mais ont créé les conditions, à travers cette institution (OTAN) d’une réconciliation, d’une unité, d’une force unie et d’un espoir résolument tourné vers l’avenir.

Comme les alliés en 1945, pour une nouvelle Centrafrique, plus forte et plus prospère, nous ne pouvons plus nous permettre de continuer à créer des conditions de division, de sanction et de haine. Nous devrions mettre hors de notre Nation les graines de la terreur.

Exilés, déplacés, éloignés de nos familles, mais nos nombrils enterrés dans les terres de nos ancêtres nous appellent au retour, à la réconciliation et au travail pour réduire voire éradiquer enfin la pauvreté et la misère dans notre Centrafrique.

« L’originelité » de notre Histoire commune continue à nous souder mes chers compatriotes. Ce ne sont pas les changements successifs d’Hommes à la tête de notre République, de notre administration qui feront notre union. Car notre union réside dans la perception et l’identification de nos racines communes, de nos engagements communs vis-à-vis du passé, du présent et de l’avenir.

Le changement dans notre pays passera nécessairement par une prise de conscience, et un changement profond des mentalités utiles à la création d’une chaîne de solidarité dont chaque citoyen sera le maillon « fort » et, dont chaque maillon deviendra irrémédiablement indispensable. Ne faisons rien qui puisse briser cette chaîne, mes chers compatriotes.

Le monde avance. Malgré les kilomètres qui séparent nos familles de la culture occidentale, son développement et sa culture sont en prise avec l’Occident (Internet, Musique, Cinéma, Jeux vidéo, la Mode…). Alors que faire ? Ouvrons donc les frontières psychologiques, culturelles et géographiques. Construisons ensemble une nouvelle nation en enterrant les haches de guerre et les rancœurs. Désormais, chaque citoyen, d’où il est, doit se sentir concerné par ce qui se passe aux quatre coins de son pays. Car un averti disait : entre le passé qui nous échappe et le futur dont nous ne connaissons rien, existe le présent. En d’autres termes, l’avenir de notre pays doit se bâtir sur nos engagements de tous les jours tout en tenant compte des contenus de notre Histoire.

Je vis maritalement avec une française, mes enfants sont françaises, je suis naturalisé français, ma mère Gbaka, mon père Yakoma. Une de mes tantes est mariée depuis près de 40 ans à un Mandjia et vit à Galabadjia dans le 8ème arrondissement, a 4 enfants ; une autre était mariée à un Camerounais (5 enfants) ; je projette de faire construire une ferme à Wango, dans le 7ème arrondissement et une maison à Bimbo dans le 6ème arrondissement ; mon frère aîné qui est prêtre mène sa pastorale comme Curé à Saint Michel (5ème arrondissement) ; j’ai préparé et obtenu mon Baccalauréat au Lycée de Kaga - Bandoro – où je me suis fais beaucoup d’amis et de connaissances - ; mon meilleur ami est Gbaya de Bossangoua ; un de mes cousins Gbaka vit depuis une dizaine d’années à Bria… Où sont donc mes attaches ? Mes intérêts ? Ma famille ? Mon village ? Mon quartier ? Ma région ? Qui sont mes amis ? A toutes ces questions, je répondrais : en Centrafrique et partout dans le monde. Je suis citoyen de Centrafrique et du Monde.

Mes chers compatriotes, la question qui doit nous préoccuper désormais n’est pas celle de savoir à quelle famille, à quelle région nous appartenons mais plutôt à quelle nation nous appartenons. Nous devons mener une lutte, d’un peuple courageux et libre, contre la désunion et faire triompher l’union pour l’avenir, la paix et la prospérité. Toute atteinte d’objectif noble et ambitieux nécessite un sacrifice exigeant de voir les acteurs réunis pour la paix et le progrès constant.

Laissez-moi vous dire mes chers compatriotes, que dans cette bataille contre la paupérisation, le chômage de masse, le népotisme, la rancœur, la division, le clanisme, les crises, notre seul allié c’est nous-mêmes !! C’est en nous voyant vivre soudés, en paix dans la fraternité que d’autres – nos partenaires extérieurs – auront envie de nous aider à vivre encore plus unis et soudés et plus prospères.

Nous avions détruit de nos propres mains l’héritage de notre Président Fondateur Barthélemy BOGANDA. L’heure est venue de remettre en chantier la construction de notre pays, de notre système économique. L’heure est venue pour nous d’ériger un Etat fort, doté d’institutions fortes, libres et dignes dans une nation une et indivisible.

Envoyons nos enfants à l’école de la République ; faisons d’eux des artisans de demain, responsables et épris de la même envie, du même amour d’appartenir à une nation ivre de paix.

Jetons dès maintenant les bases de la société de nos progénitures. Redressons notre économie, notre système de santé, nos richesses naturelles. Afin que chaque citoyen jouisse des bénéfices de nos richesses, réduisons le fossé entre les classes sociales. Jetons les bases d’une économie à la fois solidaire et libre dans laquelle l’entreprenariat, l’innovation, la concurrence loyale doivent être les valeurs. Des bases fondées sur une solidarité sans faille, sans ombre, du peuple tout entier. Nous devons soutenir sans ambiguïté ni intérêt personnel l’effort de l’avancée de la démocratie dans notre pays.

Inutile de vous dire que nous sommes en retard sur le train de la mondialisation. Inutile de vous préciser que ce retard fragilise notre équilibre économique, structurel, social, culturel et politique.

Tendons une main franche et sincère à tous ceux d’entre nous qui souffrent du Sida, à tous ceux que le Sida a laissé orphelins. Mobilisons-nous pour freiner voire éradiquer ce fléau qui constitue un obstacle potentiel et un danger permanent pour les plus jeunes d’entre nous.

Peuple de Centrafrique, mes chers compatriotes, soyons dès lors les artisans d’une égalité, d’une dignité et d’une fraternité qui permettront une équité nationale. Garantissons à chacun de nous la libre circulation, la sécurité de ses biens, pour former enfin une union parfaite.

Donnons à chaque membre de nos familles les moyens d’être à sa place et de contribuer, à l’échelle de son foyer, à l’effort collectif.

Je suis conscient de l’effort et des sacrifices à consentir pour atteindre cette unité. Mais les sacrifices consentis pour l’homme ou la femme qu’on aime en valent la peine.

J’aime mon pays. Mon séjour occidental aurait dû anéantir cet amour mais au contraire il l’a affermi.

Parce que je suis enfant de Kaga Bandoro, de Bria, de Galabadjia, de Wango, de Bimbo, de Lakouanga, de Chartres, de Bossangoua, de Paris, de Miskine, je veux vivre, circuler et habiter sans chercher à établir dans mon esprit les frontières égoïstes, inacceptables créées par les ennemis de mon pays la Centrafrique.

Je veux que ma belle-famille de France, mes enfants, mon épouse se sentent aussi bien en Centrafrique qu’ailleurs. Soyons mes frères et sœurs citoyens de Centrafrique, citoyens du Monde.

Le sango, notre langue nationale, parlé aux quatre coins du pays, doit être le ciment et le point de convergences de nos idéaux, de nos ambitions, de nos rêves afin que tout cela devienne à la fois les réalités et les aspirations de tout un peuple.

A cette génération – la mienne – je formule le vœu qu’elle marque de son sceau l’histoire qui sera contée à nos enfants et petits-enfants, par des actes hautement patriotiques.

Enfin, mes chers compatriotes, citoyens de Centrafrique, citoyens du Monde, le chemin vers l’espoir est parsemé d’embûches. Seules notre détermination et nos aspirations nous ouvriront l’horizon afin que nous puissions construire une nation où règneront à la place de la division, du clanisme, du népotisme, du désespoir, de l’insécurité et de la pauvreté, la Paix, le Dialogue et la Prospérité.

Redonner à chacun le sentiment d’appartenir à une seule nation, à un même pays ayant à ce titre un destin commun, est le sens réel et profond des engagements que nous devrions prendre pour notre pays.

Je formule le vœu que notre Unité, dans la Dignité, nous donne la clé du progrès (le Travail). Ainsi, ensemble, sur les bases de ce que nous sommes et de ce que nous possédons déjà, reconstruisons notre pays.

Francis Kopaye
 

Réactions à cette tribune

Yannick Yambe Tati (09/10/2008) : Tout d'abord je voulais te remercier de ce message très touchant; je suis né a Bangui puis j'ai grandi au Gabon et maintenant je vis en France (Besançon).

Nous devons prendre en considération ce message de paix car c'est la survie de notre pays et aussi de notre existence. Notre pays est largement mieux que l'Europe ou l'Amérique: un climat qui nous est favorable, une terre où tu n'a pas besoin de faire grand chose pour cultiver...

Mes frères, je vis en France je vous promet que à part les nouvelles technologies, la sécurité sociale, on peut être mieux.

Nous avons besoin du monde entier et eux aussi de nos ressources naturelles, nos atouts; on dois arrêter de se détester, oublions tous nos différences.

En France quand je croise un "Noir" dans la rue je lui di bonjour. A l'école je vais vers lui et discuter car je m'en fous de l'endroit d'où il vient. Pour moi le plus important c'est que c'est un frère. Nous devons avoir cette même idée en tête.

je vous conseil de regarder "Africa paradis". C'est un film très intéressant mais pas impossible. Oublions que celui-ci vient de cette ville ou est de cette race. Nous devons nous baser sur nos principes "Unité Dignité et Travail".

Aimons nous les uns les autres en tout cas moi je vous aime.

A bientôt.

Christian Touaboy (11/10/2008) : Francis,
Je viens de lire ton intervention qui, je l’avoue, est teintée de beaucoup de passion, ce qui, avouons le, n’est point néfaste quant au résultat escompté. Je suis Christian Touaboy et, si je ne me trompe, un ami de ton frère « Kopaze ». Joins moi donc sur www.zohoko.com  afin qu’ensemble nous nous ouvrons la porte de l’avenir.
Respectueusement

San Yamba (13/10/2008) : Très cher Francis, j'ai lu cette lettre avec beaucoup d'attention et, je ne peux que te dire « soutien+++ ». Continue dans ce sens !
Salutations

Delano Juvénal Madenga-Lougbia (15/10/2008) : Un cri du cœur pour interpeller l'Homme centrafricain du devenir de sa nation.
Déjà, je vous félicite car dans ce monde fourbe où les Africains ont de plus en plus tendance à s'européaniser et face à l'industrie de l'oubli, vous avez su garder vos repères.
Sans forcément susciter les mêmes commentaires que ceux qui m'ont précédés, je m'interroge sur le fond de vos idées qui cache une réalité beaucoup plus complexe :
Comment pouvons nous conjuguer nos efforts pour faire émerger notre pays alors que d'autres, avec qui nous avons le pays en partage, ne connaissent que le langage des armes ?
Quels moyens avons-nous pour obtenir notre indépendance politique, économique, culturelle et même idéologique devant la machine à broyer et à diviser qu'est la France et pour qui, tenez-vous bien, il n'y a pas besoin de porter des lunettes pour percevoir sa présence militaire sur notre territoire ?
Enfin, une interrogation qui mérite d'être posée en ce saint jour du 21è anniversaire de la mort de Thomas SANKARA : la R.C.A ne mérite-elle pas simplement une REVOLUTION à la Burkinabè ?
Des interrogations fondées que peuvent se poser n'importe quel Centrafricain appartenant à une génération sacrifiée.

Nassour Kamoun (31/10/2008) : Francis, j'ai lu cette lettre avec beaucoup d'attention et je ne peux que te dire courage. Continue dans ce sens !
de la part de Kamoun NASSOUR à Orléans

XXX (04/11/2008) : je suis vraiment touché qu'un centrafricain bien qu'à l'étranger interpelle les siens sur le devenir de notre très cher et beau pays, sur cet exemple je vous pris tous de bien vouloir prendre conscience de tous les aspects positifs qui sont dans cette lettre et unissons nous pour bâtir une Centrafrique formidable et magnifique.

Gilles Tanguy Kongbo Ngoromy (04/11/2008) : je suis vraiment touché par une telle réaction. Si seulement tous les Centrafricains pouvaient tout un chacun prendre conscience de cela je crois que nous seront déjà en avance. Merci bien pour ta lettre Francis.

Francis Kopaye (06/11/2008) : Chers compatriotes,
Tout d'abord, merci pour vos contributions à la réflexion.

Depuis ces dernières 24H, les américains ont donné au monde entier une véritable leçon de Démocratie !! C'est très justement ce que j'ai appelé dans cette réflexion : l'identification et la perception de nos racines communes. Seule cette démarche fera notre union. Car nous aurions perçu notre destin commun.

L'espoir en Centrafrique ne saurait être un vain mot. L'exemple américain doit contribuer dès maintenant au changement profond, non seulement de nos mentalités, mais aussi à l'édification d'une nation résolument tournée vers l'avenir. Nos regards sont désormais orientés dans la même direction : celle de la réconciliation, de la concorde et de la paix.

Une fois de plus, comme les 52% d'américains l'ont prouvé hier, unissons-nous pour une Centrafrique éprise d'amour et d'espoir.

J'ai la faiblesse de penser que les résultats sortis des urnes américaines auront un effet «domino». L'esprit de Paix et d'une unité est comme une traîné de poudre. Brisons les barrières tribalistes, régionalistes, égoïstes afin que cet esprit atteigne le peuple tout entier.

Vive l'espoir !!!

Appolinaire Wilfried Zewe Gondia (11/11/2008) : Chers Compatriotes et Visiteurs de SOZOWALA,
j'ai lu avec beaucoup d'intérêts l'article écrit par notre compatriote Francis. La question que je me suis posée est de savoir si nous aimons réellement notre Pays, la République Centrafricaine. Quand je dis nous, je fais allusion à tous les Centrafricains de tout bord. Qu'ils soient de : la société civile, l'opposition armée ou non armée, du pouvoir en place. Je vis depuis le mois de Décembre 2003 à Malabo en Guinée Equatoriale, et j'ai pu mesurer l'importance d'appartenir à un Pays; une nation ayant une langue nationale. Le Sango constitue un trait d'union très important pour tous les Centrafricains. Chers compatriotes, si vous l'avez bien remarqué le clivage ethnique ne devrait pas avoir lieu chez nous, car il y a beaucoup de mariages inter ethniques; pour ne pas dire <inter tribu>. Mais hélas, certains de nos responsables en manque de programme politique utilisent souvent nos différences qui devaient être une richesse comme leur fonds de commerce.
Je jette des fleurs à Francis pour cette réflexion très forte et emprunte de patriotisme, mais je ne partage pas totalement son avis sur la présence française chez nous. A mon humble avis, je pense que nous devons nous unir et prendre le destin de notre pays en main. C'est bien beau d'accuser tout le temps la France de tous nos maux, mais voyez ce qui se passe en ce moment chez nous, tous nos problèmes se résolvent à Libreville, donnant l'impression que nous sommes incapables de nous asseoir et discuter franchement dans l'intérêt de notre cher Pays.
Salutations fraternelles à tous et à toutes.

Jean Ngoumeliou (12/11/2008) : Félicitations frère Francis !
Rejoins-nous sur (hi5.com), s'il te plaît, nous pourrions y faire des échanges constructifs. Nous y verrons beaucoup plus clair avec d'autres compatriotes Centrafricain(e)s.

Thierry Sallé Yakoudou (12/11/2008) : Je viens de lire ton intervention, collègue, ça m'a beaucoup touché je pense que si chacun de nous prend conscience de tous les aspects positifs de ce message je crois que notre pays sortira un jour de l'obscurité. Je te dis bon courage!

Wilfrid Emery Francis Mbongo (14/11/2008) : Compatriote Francis Kopaye,
Je vois en toi quelqu'un qui a l'Amour de son pays comme tant d'autres. Tu as la possibilité de dire et de dénoncer les choses là où tu es. C'est vrai que tes réactions sont justifiées d'une manière ou d'une autre, mais est ce que de là où tu te trouves peux tu réellement contribuer à faire avancer les choses?
Est ce que le vrai combat ne se trouve t-il pas en RCA? Comment pourras tu te faire entendre si la plupart de tes compatriotes n'ont pas accès aux outils d'informations comme l'internet par exemple. Parfois, je me demande si ces tribunes ne servent qu'à se faire une publicité gratuite ou bien peuvent servir concrètement? Si c'est le premier cas, alors on prêche dans le désert à ce moment là.
A mon avis pour faire avancer les choses il faut avoir une conviction politique y'a pas à se voiler la face.Il y a le dialogue national qui arrive à petit pas mais sûrement, ça sera encore de plus un moment histoire pour nous Centrafricains de se mettre sous l'arbre à palabre pour nous unir comme l'est le souhait de tous ceux qui aiment la RCA.
La relève de la RCA ne se trouve pas en Europe ni partout à ailleurs mais dans la conscience de ceux qui l'Aiment.
Sincères salutations.

Francis Kopaye (18/11/2008) : Cher Wilfrid,

Il ne fait aucun doute en effet, que le combat d'un peuple uni dans un espoir résolument tourné vers l'avenir que je souhaite faire émerger dans cet article se mène au pays. Mais dans ce même article j'ai aussi évoqué l'idée que chaque citoyen centrafricain, d'où il est, doit se sentir concerné par ce qui se passe aux quatre coins du pays. Bien évidemment, ce souhait ne dispense ni vous ni moi qui sommes à l'étranger de prendre part concrètement au changement souhaité et espéré directement sur le terrain. Comme dans tout combat, on utilise l'outil ou l'arme que l'on a à disposition. Pour l'instant, je n'ai que l'outil Internet pour dire, dénoncer et proposer des solutions aux problèmes de mon pays. Aussi, comme vous le savez, je ne fais pas partie de l'Administration centrafricaine. Il est légitime et naturel de passer par ce moyen, je l'avoue très peu vulgarisé, pour toucher mes compatriotes. Si, la minorité, qui a accès à ce message, peut le diffuser auprès du plus grand nombre, au fin fond de ma Centrafrique, ce serait une action positive. Je me suis autorisé à penser que chaque centrafricain qui sera touché par le contenu de cette lettre, s'en fera le messager. A l'exemple du Missionnaire européen qui a débarqué à Oubangui sans se soucier un instant que la grande majorité de la population de cette contrée ne savait ni lire ni écrire. Il aurait pourtant renoncé à sa mission, mais au contraire, de bouche à oreille, le message s'est répandu à travers tout le pays !!!

J'ai à maintes reprises rappelé n'avoir jamais fait mystère de ma volonté de contribuer au développement de la Centrafrique. Mais cette volonté ne doit pas seulement être unilatérale. Elle doit être née d'un sursaut patriotique et dune envie manifeste et collective (gouvernants et citoyens ordinaires) de travailler ensemble. Et je suis loin de penser que ma seule volonté suffirait et que l'avenir de mon pays se fera en Europe. J'ai à cet effet, proposé une Rencontre de la diaspora centrafricaine pour faire des propositions lors de la tenue de ce Dialogue. Mais mon appel est resté sans suite. Comme disait une sagesse africaine : « SEUL ON VA PLUS VITE, MAIS A PLUSIEURS ON VA PLUS LOIN ! ». Quoi qu'on en dise, la solution se trouve dans notre unité, dans la concertation et à travers des actions collectives. Barthélemy BOGANDA l'avait compris : Unité, Dignité et Travail.

Merci à vous pour vos remarques et suggestions qui contribuent à pousser davantage la réflexion sur le devenir du peuple de Centrafrique et de notre pays.

Patriotiques salutations

 

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