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La seule solution pour la couverture totale de l’électricité dans la ville de Bangui et sur tout l´étendu du territoire national revient à libéraliser la production de l’électricité
Par
Ricko Henri
Guinari
Je voulais
intervenir sur l´article publié sur le site de
Centrafrique.com
relatif aux problèmes d´énergie et d´électricité en RCA. La
problématique de l´énergie en Centrafrique n´est pas non seulement liée
á l´achat de cette fameuse turbine de Boali 3 mais bien au contraire á
un manque de volonté affichée et un manque d´une politique de
continuation de gestion des affaires publiques en matière énergétique.
La société ENERCA est actuellement très politisée que même si on place
le meilleur Directeur Général du monde, il ne pourra rien faire. Parce
que la boite est tribalisée du Ministère en passant par la Direction
Générale et le Conseil d´Administration jusqu´au Planton et la majorité
des personnels ont un sentiment de frustration. Compte tenu de l´éthique
de la nouvelle technologie on ne pouvait admettre une gestion renfermée
car le développement de la société dépend de la participation de tout à
chacun et non d´une petite minorité.
J´étais de 1996 á l´an 2000 Conseiller en matière de la nouvelle
technologie du feu DG de l´ENERCA Gaston Lékoua. A cause du boque au
passage á l´an 2000, l´ ENERCA devrait et sous l´influence massive de la
communauté internationale chargée de gérer le passage á l´an 2000
fournir au Comité National á Bangui toutes les informations relatives á
l´état des lieux de la production, de la maintenance technique, de la
gestion de la comptabilité et les prévisions techniques / commerciales
pour les années futures. La Direction Générale avait présenté comme
tableau de bord ce qui suit:
• La
production de Boali (1, 2 et même 3) n´est pas du tout rentable
à long terme pour la ville de Bangui parce que le transport du
courant entre Boali et Bangui apporte un rendement très faible
ou bien en terme technique un cosinus phi très bas tout cela est
lié á des pertes thermiques et la vétusté des installations et
matériels non adaptés aux environnements depuis les années 50
d´une part et d´autre part la croissance continue de la
population de Bangui.
• Privatisation de la Direction commerciale. C´est á dire la
direction commerciale devrait être gérée par des sociétés
privées. Ces sociétés vont pouvoir elles-mêmes gérer leurs
abonnés. Les activités de la Direction Générale se limiteront
seulement á la planification, á la production et á la
distribution de l´électricité. L´ENERCA pourrait alors gérer
exceptionnellement que les abonnés du centre ville de Bangui.
• Un projet de construction á court terme d´une Mini-Centrale
d´une capacité allant jusqu´á 100 MW en amont du fleuve Oubangui
vers le quartier Ouango-Bangui.
Ce projet devrait permettre une autonomie en énergie pour la
ville de Bangui et pourrait aussi alimenter certaines villes de
la République Démocratique du Congo prés de Bangui, c´est á dire
les villes de Zongo et Guéména. La technologie des micros et
mini-centrales ont été retenues. Cette nouvelle technologie
permets la production d´énergie là ou le fleuve ne tari pas,
c´est le cas du fleuve Oubangui. Avec ces nouvelles méthodes de
production d´énergie, on pourrait s´en passer de la chute ou
bien d´un barrage.
• Un autre projet de construction d´une deuxième Microcentrale
sur le rivière Mpoko, route de Boali pour desservir
exclusivement le quartier PK12 avec ses extensions et
environnants.
• La production de Boali (1,2 et 3) á long terme sera destinée
pour alimenter les villes de Boali, Bossembele, Bossangoa,
Yaloké etc.…Le réseau électrique entre Boali et Bangui seront
graduellement détruit dès que les nouvelles mini-centrales
seront exploitées.
• A l´époque l´ENERCA disposait au niveau des banques locales
une épargne très importante. Le montant total évalué en 2000
était de 5 milliards de FCFA dispersé dans les 3 banques de la
place.
• Le financement de tous ces projets devrait être assuré et
garanti á 60% par les fonds propres de l´ENERCA.
Maintenant je
voulais démontrer que l´achat d´une nouvelle turbine á Boali 3 ne va
rien changer á la situation de fourniture de l´électricité á Bangui. La
situation restera á long terme identique. Je donne un exemple, c´est le
cas actuel. Si Boali produit 30 MW, l´électricité transporté arrive á
Bangui est mesuré á une puissance de 20 MW soit un rendement de 66%.
Donc une perte de 10 MW pour 100 km, Cette perte se laisse tout
simplement expliquer par les équipements réseaux électriques très
vétustes non adaptés aux climats et aux environnements et ont besoin
d´être remplacé par les accessoires de la nouvelle technologie qui
donneront un rendement acceptable entre 80 á 95% soit un cosinus phi
entre 0,8 et 0,95.
En effet avant de commander une nouvelle turbine il faudra refaire á
nouveau tout le réseau électrique entre Boali et Bangui qui sera comme
un préalable pour le financement de la turbine de Boali 3. Le cout des
travaux de réhabilitation du réseau est évalué en l´an 2000 á presque 5
milliards. Apres tout rapprochement comptable, on se rend compte que le
projet á long terme aura un rendement négatif, les investissements ne
pouvant être recouverts totalement. Aucune Banque financière á Bangui et
même voir la Banque mondiale ne pouvaient s´intéresser au financement de
ce projet, malgré que le Président du Conseil d´Administration de l´ENERCA
á l´époque était le feu Djimarim ancien DG de la banque CBCA.
Enfin pour terminer je voulais ajouter que ce projet n´étant pas
banquable á cause de sa souffrance de l´impacte économique.
Plus loin je voulais revenir sur le projet d´installation des nouvelles
centrales sur le fleuve Oubangui. L´avantage de ce projet est lié aux
transferts des nouvelles technologies de l´énergie qui ouvrira la porte
aux nationaux de gérer, d´exploiter et de maintenir eux-mêmes la
production sans aide extérieur. C´est en tout cas ce que les Techniciens
Africains sont á la recherche pour le transfert de technologie en
Afrique afin de pouvoir lutter contre le sous développement et la
maitrise de la consolidation de l´économie nationale. Cette nouvelle
technologie de production d´électricité devrait être vulgarisée sur tout
l´étendu du territoire national afin de permettre la production de
l´électricité là où se trouve une rivière intarissable. Avec cette
installation les travaux de maintenance et les histoires de pièces de
rechanges sont presque réduits au minimum. Tout le projet est axé sur un
ouvrage de Génie Civil (3 bassins de stockage d´eau d´une capacité de
1.000.000 mètres cube chacun), l´achat des Micros et mini-centrale,
l´achat des Transformateurs et la main d´œuvre local. La durée maximale
de la réalisation étant fixée á moins de 12 mois et enfin compte tenu de
l´absence d´un nouveau réseau électrique entre le site et Bangui, le
rendement de l´exploitation étant estimé á 98%. Tous les documents
relatifs á ce projet se trouvent á la Direction Générale de l´ENERCA.


Schéma de fonctionnement d´un projet
d´une Mini-Centrale hydraulique sur le fleuve Oubangui.
Global
Technologies Transferts GTT Archives ®2000
En Conclusion, si le projet était réalisé en 2002 comme prévu,
aujourd´hui on ne saura confronter aux problèmes de fourniture
d´électricité. L’absence d´une politique énergétique structurée adéquate
aura toujours un impacte négatif sur la livraison de l’électricité dans
la ville de Bangui et sur tout l´étendu du territoire. Cela se laisse
expliquer par la méconnaissance de la démographie et l´extension des
villes urbaines d´une part et d´autre part l´absence d´une planification
et d´une prévision en matière énergétique au niveau de l´ENERCA. La
seule solution pour la couverture totale de l’électricité dans la ville
de Bangui et sur tout l´étendu du territoire national revient à
libéraliser la production de l’électricité comme on l´avait fait pour
les télécommunications..
Ricko Henri
Guinari
Munich en Juillet 2008
Réactions à cette tribune
Paul Stève
Feïzoure (29/07/2008)
: Bonjour, en lisant le contenu du message, je me suis rendu compte
qu'on a aussi des gens capables de gérer, d'améliorer ce secteur et je
crois aussi que c'est le moment adéquat pour réagir. Si je vois bien ce
projet nécessite pas grand chose mais qui est-ce qui empêche le
gouvernement de résoudre exceptionnellement ce fameux problème une bonne
fois pour toutes...
Vianey
Koyabe (30/07/2008)
: Bonjour Monsieur GUINARI,
Merci pour l'excellence de votre tribune.
Que dire de plus?
Espérons qu'un autre digne fils du pays nous présente un autre projet
aussi pragmatique et simple de réalisation, concernant le problème de
distribution de l'eau potable.
Encore une fois grand merci pour votre démonstration, qui est une grande
source d'information.
Cordialement,
Vianey KOYABE
Julien
Zapo (01/08/2008)
: Le plaidoyer technique est excellent. Mais la conclusion de l'analyse
est éloignée des réalités de la Centrafrique. Un pays au sous
développement aussi marqué comme le nôtre ne peut pas, ne doit pas tout
libéraliser. La création de la Sodeca n'a pas amélioré les services des
eaux chez nous. SNE/SODECA, c'est noir bonnet/bonnet noir.
Même les télécommunications prises ici en exemple sont loin d'être un
succès. Le net et le portable chez nous, c'est du n'importe quoi.
Dans le domaine des eaux, de l'électricité et des télécoms, l'état doit
avoir la main. Je parle d'état responsable comprenez moi !
Donc le problème chez nous c'est l' E.T.A.T.
Henri Paul
Akibata Kette (02/08/2008)
: Tout comme le compatriote Julien Zapo, l'appréciation de l'article ne
souffre d'analyse contraire, seule la conclusion est à réfuter et ceci
pour plusieurs raisons.
1 - La RCA est un pays à bâtir. Et pour bâtir un pays, le volet énergie
est essentiel. Comment pourrons-nous faire concrètement lorsque notre
vision du futur diverge de ceux qui auront le contrôle de notre
politique énergétique ? Même dans les grands pays industrialisés, l'on
ne brade point son indépendance énergétique... Loin de nous comparer à
ces pays. Le souci ici est de ne point nous entraver les marches
davantage.
2 - Comme l'a souligné le précédent intervenant, la privatisation de nos
sociétés n'a rien donné de tangible dans l'amélioration des conditions
de travail ou de performance. C'est pour dire que la privatisation tant
prisée par les institutions internationales, et qui souvent à dessein,
ne constitue en rien une panacée aux nombreux maux gangrenant nos
entreprises étatiques. Les privatisations sont dogmatiques et
constituent une grosse arnaque de mainmise sur les économies des pays
les moins avancés (encore une typologie à réfuter).
3 - L'incompétence des uns et des autres de nos compatriotes n'est pas à
généraliser à l'ensemble d'une population donnée. Tous connaissent les
raisons de la mauvaise gestion des entreprises étatiques. Il existe des
Centrafricains compétents, qui avec une certaine latitude donneront
satisfaction dans la gestion de ces entreprises. Donnons seulement vie à
cette phrase : "l'homme qu'il faut à la place qu'il faut". Et le tour
est joué.
4 - Loin de fustiger qui que ce soit, il est temps que les
centrafricains fassent preuve d'intelligence, de singularité,
d'innovation, etc. Inutile de chercher toujours à plaire... La
privatisation, comme je l'ai dit, est dogmatique. Pourquoi rester dans
cette logique ? Pourquoi ne pas penser à une "privatisation à la
centrafricaine" ? C'est-à-dire que l'ouverture des capitaux des
entreprises étatiques doivent être à l'égard des nationaux. Et des
structures comme SOLIDEC ou d'autres associations des nationaux peuvent
prendre contrôle de ces entreprises pour en améliorer la productivité et
la performance. Mais cela dépend de l'ingéniosité de l'équipe
gouvernementale à sortir de la logique de tout attendre de l'extérieur.
Et la conclusion de cet article rejoint la vision des hommes politiques
africains en général et centrafricains en particulier. Rien ne peut se
faire venant des nationaux. Tout ne peut et ne doit venir que des
capitaux et des personnes extérieurs. C'est une tendance mortifère qui
n'honore guère l'homme centrafricain.
Avant de terminer, il est important de saluer le temps et l'intelligence
mis en contribution pour ce travail. Maintenant la balle est dans le
camp de l'équipe dirigeante pour réfléchir sereinement à cette nécessité
et d'ouvrir la phase de restructuration de l'ENERCA qui passera par la
mise en œuvre de cette solution qui, plus est à notre portée. De l'autre
côté, que les centrafricains sortent de leur léthargie pour prendre en
mains leur destin. Constituons-nous en un regroupement pour avoir une
certaine disponibilité financière capable de nous permettre d'investir
dans les différents secteurs de développement de notre pays. Ce
regroupement tordra le cou à la méfiance récurrente depuis un certain
temps entre les Centrafricains.
SINGUILA MINGUI
René
Derlot (24/02/2009)
: Pour améliorer le rendement du transport de l'énergie des usines de
Boali, il faudrait passer le transport sous 120 KV au lieu de 60 KV
actuellement je crois.
Ceci aurait pour résultat immédiat de diviser les pertes en ligne par 4.
(pertes=RI²).
L'investissement devrait être raisonnable, certain transfos sont déjà
prévus pour passage en 120 KV. Le changement des isos et quelques
aménagements dans les mesures et protections. Enfin cela est à étudier
de près.
J'ai collaboré il y a 25 ans aux équipements de l'ENERCA au titre de
directeur technique de l'entreprise REDON DALMON. Mon Souvenir aux
agents ENERCA qui se souviennent de moi.
René Derlot ingénieur retraité
Nassour Kamoun (08/04/2010)
: Le plaidoyer technique est excellent. Mais la conclusion de l'analyse
est éloignée des réalités de la Centrafrique. Un pays au sous
développement aussi marqué comme le nôtre ne peut pas, ne doit pas tout
libéraliser. La création de la Sodeca n'a pas amélioré les services des
eaux chez nous. SNE/SODECA, c'est noir bonnet/bonnet noir.
Même les télécommunications prises ici en exemple sont loin d'être un
succès. Le net et le portable chez nous, c'est du n'importe quoi.
Marcellin
Bricki-Dimanche (19/04/2010)
: Je partage l'avis de ce compatriote qui suggère la libéralisation du
secteur de l'électricité dans notre Pays en tout cas c'est une honte
nationale si à chaque fois on doit parler de ce secteur nous fils de ce
pays qui nous appartient à nous tous demandons au gouvernement de
tourner la page de "SA FRANCE" et tourner vers d'autres horizons en vue
d'une solution durable, levons nous comme un seul homme pour dire non à
la France si nous voulons vraiment nous émanciper. Par ailleurs, je
jette des bouquets de fleurs au Maire de Bangui pour "ses" multiples
monuments mais je suis un peu déçu qu'on réserve plus de place à Omar
BONGO chez nous que BOGANDA qui est mort pour ce Pays et BOKASSA qui
malgré ses quelques dérapages fut un bâtisseur sans précédent de ce
Pays. Pourquoi BONGO à l'entrer de Bangui plutôt que ceux qui ont donné
leur vie pour ces 623000Km²? BONGO est mort pour l'état centrafricain?
Il a réconcilié qui pour qu'on continue de vivre encore la division dans
notre cher Pays? Chers compatriotes réveillons-nous.
Beaufort
Bilo (30/04/2010)
: Au Gabon on dit : " le gabonais d'abord" mais chez nous on dit : "Omar
Bongo avant Boganda" c'est décevant qu'on mette à l'entrée de notre
capitale le monument de BONGO plutôt celui de Boganda ou celui de
Bokassa ou encore Kolingba, le père de Siriri.
BONGO a payé combien d'arriérés de salaires en Centrafrique. Je ne suis
pas contre le fait qu'on érige un monument à l'effigie de ce grand fils
d'Afrique centrale mais pas à cet endroit.
Alors centrafricain! pense d'abord à honorer les tiens avant ceux des
autres.
Pericles
Dossoale (13/03/2011)
: bonjour juste vous dire que je suis très d'accord avec mon frère qui
vient de nous relater une vérité sur un problème qu'on a toujours pausé
des questions ambigües. Cette fois c'est clair il y a pas de problème il
ya un adage centrafricain qui dit QUE LA POULE N ABANDONNE PAS SA MAISON
A CAUSE DE SES CACAS. Donc on n'en veux à personne on a trop parlé, ça
n'a rien changé. Si nous pouvons confier ce problème à l'un de nous qui
est compétent et qu'il travaille avec foi et l'esprit de patriotisme
pour mettre fin une fois pour toute à cette peste qui nous ronge tout le
temps ça nous ferait du bien. C'est vraiment notre pays ne faites pas
comme si c'est le pays d'autrui qu'on passe la nuit dans le noir et que
ça vous gêne pas et ceci est notre fierté devant les étrangers. Un pays
sans lumière je n'ai jamais vu que ça reste au niveau de pays pauvre
très endetté. Mais le problème d'électricité tue une fois le pays. Il
faut éviter ce problème et enlevez nous la honte s'il vous plait
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