|
L'arbre à
palabre
Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
Quelle démocratie pour la CENTRAFRIQUE
Par
Henri Paul
Akibata Kette
Il
reste au plus deux années avant une nouvelle consultation populaire pour
les élections présidentielles et législatives. Et comme bon nombre de
pays balbutiant sur le chemin tortueux et complexe de la démocratie,
toute élection revêt une importance particulière. Celle-ci permet soit,
de consolider le processus démocratique entamé soit, de fausser les
enjeux ce qui induit souvent une réaction malheureuse remettant en cause
tout le processus engagé. Ces élections ont pour fondement la
démocratie. Pour mieux appréhender le problème, revenons sur la
définition de ce concept tant prisé aujourd’hui.
La démocratie est définie comme étant un régime politique dans lequel le
peuple exerce sa souveraineté lui-même, sans l’intermédiaire d’un organe
représentatif (démocratie directe) ou par représentants interposés
(démocratie représentative). Ce système de régime politique se révèle
être le meilleur pour l’heure et est en passe de devenir le système par
excellence plébiscité par tout le monde car recommandé par l’Occident
même si cela est sujet à caution.
La Centrafrique, faisant partie du monde, s’est ouverte à ce régime non
sans rechigner. Pour y arriver, ce fut un combat acharné d’un certain
nombre de compatriotes et surtout sous contraintes occidentales.
L’ouverture de ce pays au régime démocratique est devenue effective en
1992 après l’échec de l’expérience malheureuse pourtant pleine de
promesses de 1981. Echec essentiellement du à l’égoïsme et la soif de
pouvoir des uns et des autres.
De 1992 à 2008, il y a déjà 16 années. Les uns diront que c’est peu, les
autres que c’est déjà beaucoup. Pouvons-nous essayer de faire le bilan
de ces 16 années de démocratie multipartite ? Est-ce important de parler
déjà d’un bilan ? La seconde question mérite une réponse immédiate qui
ne peut être que positive. L’Afrique en général et la Centrafrique en
particulier doivent s’inspirer du chemin déjà parcouru par ceux qui
l’ont précédé dans ce régime politique. Ce, pour gagner du temps que de
faire tout le chemin emprunté déjà par les uns et les autres car
l’intelligence humaine confère la capacité de s’inspirer d’un fait donné
pour l’adapter à un cas spécifique.
Cette réponse succincte à la seconde question invite l’homme
centrafricain à faire le bilan de ces années de la démocratie dans le
but de recadrer les choses ou mieux de faire des juxtapositions dans le
sens de l’intérêt supérieur de la nation, qui ne saurait être dicté par
une quelconque entité car unique et révèle l’identité propre d’un pays.
Mais avant de faire le bilan dans l’optique de tirer des conclusions et
d’apporter une esquisse de solutions, il convient de faire l’état des
lieux de la démocratie en Centrafrique. Cet état des lieux est précédé
d’un rétrospectif du chemin parcouru depuis l’avènement de ce régime
politique sous les cieux centrafricains.
Rétrospectifs
Le point de départ de ce rétrospectif est délimité à l’exercice du
pouvoir MLPC car c’est le premier régime issu des urnes après la fin de
la bipolarisation. Un parcours rapide des grands faits survenant en
Centrafrique pendant cette période démocratique
Après la victoire sans ambiguïté du MLPC aux élections législatives et
présidentielles de 1993, il revient à cette formation politique, comme
prévu par la constitution de toute démocratie, de former le gouvernement
et d’orienter les grandes politiques du pays en fonction du programme
électoral sur lequel elle est élue.
Le premier gouvernement a été mis en place aux lendemains de
l’investiture du Président Ange Félix Patassé et dirigé par le regretté
Professeur Jean-Luc Mandaba. Comme convenu, cette formation
gouvernementale est essentiellement composée des Mlpcistes. Très vite,
il y a une motion de censure déposée par les parlementaires de la
formation victorieuse en l’encontre du gouvernement. Bel acte
démocratique diront les uns, arrangement ayant comme toile de fond le
tribalisme diront les autres. A chacun d’apprécier…
Le second gouvernement était dirigé par Gabriel Jean-Edouard
Koyambonou et toujours les membres du parti victorieux ont
logiquement tous les postes ministériels. C’est avec ce gouvernement que
le pays est rentré dans la zone de turbulence des crises
militaro-politiques composée des mutineries et des coups d’état à
répétition. Le gouvernement Koyambonou a fait face aux deux premières
mutineries, à l’issue desquelles il est apparu une profonde scission
dans la population civile marquée par un repli ethnique de chaque groupe
constituant le pays. Un clivage distinct Nord-Sud a pris forme et modèle
dès lors les grandes tendances du pays.
L’une des solutions trouvées est celle de former un gouvernement d’union
nationale dénommée (GUN) dirigé cette fois par une personnalité
politique ne venant point de la sphère de la majorité parlementaire.
Jean-Paul Ngoupandé a totalisé 8 mois comme chef de gouvernement
avec à la clé quelques faits majeurs : le paiement régulier des salaires
pendant 6 mois consécutivement (prouesse que ces deux prédécesseurs
n’ont pu accomplir) ; un ralentissement conséquent dans les voyages
incessants du chef de l’Etat ; un leitmotiv vieux comme le monde :
l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, ou encore
donnant-donnant ; une crise dans la gestion du Ministère des
Mines et de la Direction de la PETROCA ; la troisième mutinerie.
Après la troisième mutinerie, le gouvernement est confié à Michel
Gbézéra-Bria. Celui-ci est dénommé Gouvernement d’Action pour la
Défense de la Démocratie (GADD). Sur la lancée du troisième
gouvernement, une part est faite aux personnalités venant de la société
civile mais le MLPC a repris la main par le nombre important de ces
cadres dans le gouvernement.
Le GADD cédera la place à un autre gouvernement dirigé cette fois
par un technocrate venu des institutions financières sous-régionales en
la personne d’Anicet Georges Dologuélé apparenté MLPC.
Pendant son passage l’on retiendra la première entorse importante en la
démocratie par le refus de la cohabitation concrétisée par le débauchage
par le MLPC d’un député élu sous les couleurs de l ‘opposition en la
personne de M. Koudoufara ; des affaires rocambolesques et
ubuesques de Zongo Oil et celui d’un supposé blanchiment d’argent dont
l’on ne saura pas grand choses si ce n’est un important coup de balai au
sein de la représentation de la BEAC à Bangui.
Deux années plus tard, il y a formation d’un autre gouvernement dirigé
toujours par un apparenté MLPC en la personne de Martin Ziguélé.
Celui-ci restera en poste jusqu’au fameux coup d’état de François
Bozizé. Mais l’on retiendra le coup de force du 28 mai 2001
revendiqué par l’ancien chef d’Etat le Général André Kolingba et
les assassinats ciblés sur des personnes du même groupe ethnique que le
commanditaire ; la mise en place de la commission mixte d’enquête ;
l’entrée en rébellion du Général Bozizé ; la tentative de coup de force
du 27 octobre 2002, les exactions des troupes de Jean-Pierre Mbémba
et des hommes de Paul Baril.
Pour récapituler, le régime MLPC dirigé Ange Félix Patassé son président
a eu besoin de 6 premiers ministres en dix ans de présidence et un
lexique de dénomination de gouvernement à toute épreuve.
Après le régime Patassé, il y a ce coup d’état intervenu suite à une
rébellion destructrice conduite par le Général François Bozizé.
Une fois conquis le pouvoir, celui-ci a mis en place un gouvernement dit
de transition dirigé par le Professeur Abel Goumba. Une période
de transition de deux années qui aura besoin finalement de deux chefs de
gouvernement, car le Professeur Abel Goumba sera remplacé par
Célestin Leroy Gaombalet.
La période de transition étant finie, le pays est rentré dans le cercle
sacro-saint des pays démocratiques, il a fallu la formation d’un nouveau
gouvernement qui est dirigé depuis juin 2005 par Elie Doté.
Des rumeurs de remaniement ministériel, il n’en est rien sauf que des
décrets épisodiques relevant des membres du gouvernement avec des
ajustements tout aussi incompréhensibles que les motivations des
révocations. Finalement, Monsieur Doté sera évincé au profit de
Faustin Touadéra.
En 16 années de régime démocratique, le régime MLPC (en dix ans de
règne) a utilisé 6 Premiers-ministres. Et celui de Bozizé (déjà 5
années) est sur le 4ème Premier-ministre. Il y a un total de 10 chefs de
gouvernement dans cet espace.
Etat des lieux
Ce travail résulte en grande partie de ce rétrospectif. Et l’on peut
aisément se rendre compte qu’il y a beaucoup de choses qui sont appelées
à être revues, corrigées et même rejetées tout simplement dans le souci
de faire des juxtapositions des valeurs démocratiques sur les réalités
sociologiques et politiques du pays Centrafrique.
Cet état des lieux fait partager un constat difficilement pris en compte
par les politiques et encore moins par l’ensemble de la population pour
cause d’irresponsabilité et de fuite en avant.
En Centrafrique comme dans nombre de pays africains, l’on ne peut
réellement parler de la démocratie. Il convient tout simplement de
qualifier ce phénomène masqué sous pavillon démocratie, d’ethnocratie.
Les raisons ne manquent pas pour étayer ce jugement péremptoire car dans
une démocratie effective, tout parti politique suit une idéologie bien
donnée. Ce qui n’est le cas en Centrafrique. Aucun parti dans ce pays
n’a une idéologie (dernièrement après une trentaine d’années
d’existence, le MLPC s’est affilé à l’International Socialisme) bien
définie sans ambiguïté. Les assises des partis politiques ne sont rien
d’autre que les ethnies auxquelles sont issues leurs différents leaders.
Pour preuve, prenons les résultats des élections présidentielles de 1999
qui illustrent le mieux ce jugement.
Au-delà de la réélection en 1999 du Président Ange Félix Patassé avec
51,63 % de voix suivis de Kolingba avec 19,38 %, David
Dacko avec 11,15 % et Abel Goumba avec 6,06%, l’on pourrait
constater que la RCA n’est pas différente de ces pays d’Afrique où
l’ethnie et la région sont devenues des valeurs refuges et où les
dirigeants politiques sans exception ont tendance à beaucoup plus
utiliser et même à exacerber “ce matériau tribal “ pour favoriser leur
victoire électorale. L’efficacité politique de cette vile
instrumentalisation ethnique se révèle dans le résultat de cette
présidentielle, comme en témoigne le tableau ci-dessous, où chacun des 5
candidats arrivés en tête a remporté plus de 70 % des voix dans
sa sous-préfecture d’origine.
Tableau : Résultats des élections présidentielles de 1999
| Candidat |
Sous-préfecture |
% |
Préfecture |
% |
% RCA |
| PATASSE (MLPC) |
Paoua |
99,1 |
Ouham Pendé |
95,8 |
51,63 |
| KOLINGBA (RDC) |
Kembé |
87,3 |
Basse Kotto |
83,2 |
19,38 |
| DACKO (MDD) |
M'baïki |
85,3 |
Lobaye |
74,4 |
11,15 |
| GOUMBA (FPP) |
Kouango |
73,3 |
Ouaka |
31,3 |
06,06 |
| POUZERE (Indépendant) |
Ippy |
87,2 |
Ouaka |
33,2 |
04,19 |
Cet exemple de la présidentielle de 1999 n’est point une exception. Il
est fort corroboré par les résultats de celles de 1993 et de 2005.
A l’instar des élections présidentielles, les législatives sont plus
symptomatiques et attestent ce repli ethnique dénoncé. Chaque candidat,
à l’exception de Bangui, doit être nécessairement originaire de la
région dont se trouve sa circonscription.
Jamais l’on a vu un ressortissant du Nord poser sa candidature
aux législatives dans les circonscriptions du Sud ou du Centre.
Encore moins un ressortissant du Sud faire le chemin inverse. Quel
Yakoma se risquerait de se présenter député de Koui ou même
d’une des circonscriptions de Bossangoa ou de Bossembélé
ou de M’baïki ? Quel centrafricain peut imaginer qu’un Kaba
se présente à Kouango ou à Bambari ou encore à Kembé
? Et que dire d’un Zandé ou d’un Nzakara ou d’un Mandja
ou encore d’un Banda de se présenter dans les circonscriptions de la
région Ouest de la Centrafrique ? Pourtant ces différentes
ethnies citées font partie intégrante de la République Centrafricaine,
donc chaque centrafricain est dans son pays qu’importe la région. Cet
entendement n’est point intégré en chaque centrafricain.
Evidemment il est souvent aisé de faire allusion aux fiefs de chaque
candidat. Si cette notion est réelle dans les pays occidentaux, l’on
manque toujours de faire remonter la longue marche de ces pays qui ont
déjà dépassé largement les clivages ethnico-régionalistes. Et aussi ce
que les uns et les autres occultent souvent à dessein ou par ignorance,
c’est selon, c’est qu’en Occident lorsqu’on parle de fief cela n’induit
pas obligatoirement être originaire d’une localité donnée. C’est plutôt
l’ancrage au sein de la localité et une appréciation sur fond de
résultat qui constituent la clé des élections législatives. Un autre
fait éludé est le parachutage opéré par des partis politiques d’un
candidat dans une circonscription dont il n’est originaire. Ces exemples
sur le parachutage battent en brèche l’idée véhiculée des fiefs brandie
à chaque coin de rue pour masquer ce penchant tribal.
Ces cas évoqués nous placent devant l’évidence misérabiliste où tout se
résume aux différentes ethnies en faisant abstraction du dessein de la
nation. Et cette réalité place le pays dans une dynamique moribonde où
les replis ethniques sont devenus le lot plus ou moins “normal“,
non de toute la population, mais d’une bonne partie de l’élite du pays
Centrafrique.
Outre cette réalité triste où toute la nation est prise aux différents
pièges des apprentis sorciers tribalistes, il convient de relever un
fait important facteur premier du piétinement de la RCA : la
politisation de l’administration centrafricaine ou encore plus
exactement “l’ethnicisation“ totale de la République.
Toute promotion même à des postes techniques se fait par cooptation sur
fond tribal. L’on a une chance d’avoir un poste de responsabilité si
l’on est du parti ou mieux de l’ethnie ou de la région vainqueur des
élections.
Tout centrafricain se rappelle l’accaparement des postes de
responsabilité par des centrafricains issus de la même région que
Kolingba. Même au temps rêvé de la démocratie, toutes les
institutions de la République était entre les mains des personnalités
issues d’une seule ethnie ou région, sans compter des postes de
responsabilité au sein de l’administration où le militantisme ne rime
pas obligatoirement avec compétence, sont brigués par des apparentés
MLPC ou mieux par des personnalités issues directement de la région
du chef de l’Etat. Cette tendance est exacerbée aujourd’hui par le
régime Bozizé.
Eu égard aux faits énumérés, parler de la démocratie est une hypocrisie.
L’honnêteté intellectuelle doit nous conduire à reconnaître la déviation
grotesque de la démocratie sur l’ethnocratie. Reconnaître l’existence
bien vivante de cette déviation, la dénoncer perpétuellement, inciterait
la génération montante à penser une solution adéquate à ce problème qui
ne doit pas perdurer pour risque de repli ethnique définitif synonyme de
la fin de l’Etat Centrafrique.
Les raisons de cette déviation
La première cause de la déviation de la démocratie à l’ethnocratie est
identifiée. C’est tout simplement l’utilisation du matériau tribal comme
outil de la conquête du pouvoir. Une des raisons se trouve dans la
gestion des partis politiques qui ne remplissent leur fonction
fondamentale. Maurice Duverger disait qu’un parti
politique pouvait se définir par ses trois fonctions : la première
est celle d’accompagnement d’un candidat pour la conquête du pouvoir. La
deuxième est celle d’éducation de ses membres et la dernière est celle
d’information. Personne n’oserait prétendre qu’un parti
politique en Centrafrique remplisse ces trois fonctions. Souvent, ce
n’est que la première fonction qui est remplie convenablement, et
encore… Les deux dernières sont remplies mais dans le sens opposé,
c’est-à-dire pour répandre la haine, la manipulation par le mensonge,
etc.
Pourtant les dirigeants des partis politiques – non les présidents -
sont issus de l’élite du pays. Qui dit élite sous-entend un certain sens
critique, un éclairage intellectuel pouvant résister à tout ce qui a
comme désinence en “isme“ comme tribalisme, obscurantisme,
etc.
Peut-on dire que le tribalisme est un phénomène prisé de l’élite
centrafricaine ? Et pourquoi cette propension à un concept vil et
rétrograde ?
Les risques encourus
En Afrique en général, l’ethnie constitue une espèce de valeur refuge à
tort ou à raison. La Centrafrique n’échappe pas à cette triste réalité.
Et s’il faut rester dans cette posture le risque des débordements
souvent évités par miracle deviendra inéluctable. Or, il faut rappeler
qu’aucune ethnie ne véhicule des valeurs négatives. Aucune ethnie ne
répand la haine de l’autre. Toute (ethnie) sans exception prône le vivre
ensemble, le partage, l’entraide, le travail, la dignité. Et puisque
tout système est dual, les uns et les autres accentuent le côté négatif
de l’ethnie pour leur intérêt égoïste, et, se faisant l’on discrédite ce
nid rempli de valeur et de repères. Aujourd’hui en Afrique en général et
en Centrafrique en particulier, nous ne réservons que l’idée négative de
l’ethnie comme étant le vecteur des différents maux du continent.
Beaucoup de pays ont déjà payé au prix fort la haine tribale découlant
directement des contestations électorales. Les raisons expliquant
souvent ces contestations se trouvent essentiellement dans la déviation
de la démocratie sur l’ethnocratie. Dans les pays à bigarrure ethnique,
Centrafrique faisant partie intégrante, le multipartisme arrive par un
véritable système d’ethnocratie, à décalquer le découpage régional voire
tribal quand il ne l’accentue pas.
Ces faits sont connus de tout le monde. La définition élitiste de la
démocratie multipartiste où un individu est égal une voix appliquée dans
les Etats africains est la cause première de cette déviation vers
l’ethnocratie. Ainsi accèdent au pouvoir, grâce à une loi du nombre –
non celui d’un programme cohérent et ambitieux – plus ou moins biaisée,
des représentants des communautés qui résistent mal à la tentation
d’opprimer, en toute légalité (parce que “démocratiquement élu“),
les vaincus de la course aux voix. Le paravent de la profession de foi
au goût du jour n’aura servi qu’à couvrir des privilèges et des
privilégiés, comme le faisaient, au bon vieux temps, les slogans
autoritaires ou populistes des dictatures.
Cette propension à “punir“ tous ceux ne venant de sa région et / ou
ethnie, car considérés comme ennemis à tort ou à raison est la chose la
mieux partagée par les populations issues de l’ethnie vainqueur des
élections. Cette assertion est corroborée, dans le cas de la
Centrafrique, par la réélection d’Ange Félix Patassé en 1999.
D’après David Easton : “les votes, qui dans un
système démocratique, découlent de l’identification à un parti ou à un
candidat, constituent des prises de position sur un problème. Le parti
et le chef représentent des points de vue précis sur les problèmes du
jour, du moins dans la mesure où ils reflètent une orientation par
rapport à ces problèmes. Un vote pour la liste du parti ou pour un
dirigeant signifie au minimum que l’électeur considère cet individu ou
cette organisation comme ayant une orientation qui conduira vers ce
qu’il estime être une façon convenable de traiter les problèmes de
décision, présents ou à venir“.
En effet, malgré le premier mandat calamiteux du parti MLPC, les
centrafricains se sont portés une fois de plus sur la personne d’Ange
Félix Patassé. Cette attitude est une marque de soutien au
tribalisme qui, non plus latent mais bien réel, gangrenait la société
centrafricaine.
Ce repli identitaire sur la valeur ethnie est une menace réelle pour
l’entité Centrafrique de ce qu’il lui reste du statut d’Etat. Et ce pays
n’est point le seul menacé. Souvent pour cause d’incompétence à
géométrie variable, lorsque le peuple s’en prend au dirigeant, les
ressortissants de la même ethnie que ce dernier se croient l’objet d’une
vindicte injuste. Quand les Centrafricains s’en prenaient au régime
Kolingba, une bonne partie des Yakoma se croit attaquée.
Egalement, les Kaba, Souma, Dagba et consort se
croient critiqués lorsqu’on ressort les manquements criants de Patassé.
Ce ne sont point les Gbaya qui estimeront le contraire dans le
cas de Bozizé.
Pourquoi ne pas dissocier une personne de son ethnie ? Et aussi pourquoi
les personnes issues d’une ethnie donnée se croient concerner lorsqu’on
évoque des impairs causés par une personne de cette même ethnie ? Des
vrais sujets de réflexion dont des réponses doivent constituer une
urgence pour résorber la plaie béante dans la conscience collective.
Parce que ce “péché mignon“ de l’ethnie a des conséquences dont chacun
appréhende les répercussions mais que personne ne veut aller en
l’encontre. Et chaque jour davantage, “l’ethnicisation“ du
pays poursuit allégrement son chemin.
Cette ethnocratie émergeant sous pavillon démocratie accentue sa
pression par la perversion des mentalités au sein de la population en
général. Cette perversion des mentalités est ce repli ethnique dénoncé
ci-haut. Et preuve concrète est le nombre pléthorique des associations
des ressortissants de telle ou telle autre préfecture. Tout se fait
maintenant au niveau des ethnies et des régions, l’espace public
national est déserté totalement. Certes, s’investissant dans les
associations des régions ou des ethnies, c’est toujours en Centrafrique.
Mais le risque est énorme car d’aucun n’ignore la perception faite aux
ethnies et celle-ci es en contradiction totale aux valeurs républicaines
seules capables de nous rassembler pour créer un espace adéquat au
développement du pays.
Pistes de réflexion
Devant ces réalités difficilement contestables, appliquer rigoureusement
les principes de la démocratie en Centrafrique est déjà un échec. Pour
autant, il ne sera avantageux de revenir sur les grands idéaux de la
démocratie. L’alternative présente susceptible de nous éviter ce
glissement de terrain à finalité chaotique est un réajustement, avec un
savant dosage, des grands idéaux de la démocratie sur les réalités
socioculturelles du pays.
Des pistes de réflexion se dégagent aisément dont voici quelques unes :
- Que les partis politiques remplissent les 3 fonctions
essentielles rappelées ci-dessus mais surtout les deux dernières. Cette
tâche incombe à la jeune génération lasse du clivage ethnique. Elle aura
comme conséquence une meilleure perception de chaque individu comme
acteur majeur de son bien-être et du développement de son pays. Seule
une meilleure éducation, des informations fiables à l’adresse de la
masse lui conférera une visibilité assez dense capable de lui faire
jouer pleinement son rôle de citoyen où celui-ci s’appuiera sur l’autre
sans lui poser la question fatale : mara ti mo ayéké gniè ?
- Que la démocratie ne s’arrête point qu’à l’organisation
des élections. Avant d’être une question de pertinence des institutions
ou d’adhésion à des valeurs, la démocratie est une affaire de
savoir-faire et de compétences pratiques (la démocratie a un vecteur,
des corollaires) dans le domaine de la parole et des relations avec
autrui. Sans ces compétences chez ceux qui sont censés en être les
acteurs, à tous les niveaux, nous avons des démocraties sans démocrates,
des citoyens sans parole, et donc un processus stoppé dans son élan. La
valeur de chaque mot, de chaque intervention est primordiale en
démocratie. Que les responsables politiques se réclamant de la
démocratie respectent leurs paroles. Et au-delà de leur parole, qu’ils
sachent écouter également ceux qui leur parlent. Il est hypothétique de
vouloir parler de la démocratie et ne point accepter la contradiction.
Donc un cadre de débat contradictoire dans un élan patriotique est
important pour la Centrafrique. Encore une fois de plus, il est fait
appel aux jeunes (entendons par jeune toute personne n’acceptant la
médiocrité, la vilenie, c’est-à-dire l’inacceptable.) de s’emparer de
cette urgence pour la concrétiser en une réalité heureuse pour le pays.
Ces deux pistes si elles sont empruntées, la démocratie centrafricaine
connaitra un essor formidable et enclenchera le levier d’un dynamisme
sans précédent. Mais ces deux pistes sont soumises à une autre réalité
politique découlant de la démocratie : l’alternance politique.
C’est le point d’ancrage du frein de l’évolution en Centrafrique et dans
bon nombre de pays africains. Une opportunité a été dilapidée en 1999.
Les centrafricains ont du mal à reconnaître que les plus graves
turbulences qu’a connues le pays résultent des tripatouillages de ces
élections. Le refus du régime de l’époque d’accepter les résultats
seulement des élections législatives, qui devraient déboucher sur une
cohabitation, sans parler des nombreuses irrégularités pour les
élections présidentielles dont a vu la victoire du Président sortant au
premier tour.
Pour pallier à cette absence réelle d’alternance politique, il y a la
possibilité de juxtaposer les compétences démocratiques sur les réalités
socioculturelles du pays. Ce n’est point une maigre affaire mais cela
est nécessaire car elle nous éviterait des dérapages macabres comme ce
fut le cas au Congo (Brazzaville) ou au Kenya. Et cette préoccupation
est celle capable d’annihiler (pour un temps) le phénomène de l’équation
élitiste, occidentale : une personne = une voix.
Pour y arriver, du courage et un travail intellectuel éclairé par les
réalités socioculturelles sont susceptibles de nous aider. Mais encore,
il est primordial que l’on se rend compte de cette urgence car chaque
élection est toujours un moment de tension où tout peut basculer du jour
au lendemain plongeant le pays dans le chaos.
Comment harmoniser les éléments sociétaux et sociaux du pays pour que
cette équation n’ait comme corollaire un vote ethnique ou un débordement
macabre ? Voici le défi, une fois de plus à relever par les jeunes
centrafricains. Et l’on peut réfléchir à la possibilité de vider la
fonction présidentielle de ses prérogatives comme définies aujourd’hui
en renforçant celles du chef du gouvernement qui sera désigné par un
savant mécanisme qui atténuerait l’acuité souvent sue mais non dénoncée
de l’équation ci-dessus. Ce savant mécanisme est possible à trouver si
tout un chacun s’y mette en prenant comme souci majeur une alternance
politique sans débordement ni contestation à tort ou à raison.
Comme disait Gaston Berger : “Demain est moins à
découvrir qu’à inventer“, notre lendemain nous appartient. Il
n’y a que nous pour l’inventer pour l’harmonie de notre société en
fonction de nos réalités et de nos désirs d’avenir – si désir, il y a.
SINGUILA MINGUI.
Réactions à cette tribune
Fernand Paul
Sadam
(19/06/2008) : Bonjour Paul Henri,
Comme vous le dites si bien, ne pas dénoncer ce dévoiement de
l'apprentissage démocratique en Centrafrique, qui vit pleinement dans
l'ère de l'ethnicisme et du copinage serait comparable à une haute
trahison de la part des "élites" centrafricaines. Tout le monde le
constate, mais rares sont celles et ceux qui osent le décrier à haute et
intelligible voix. L'avenir de ce pays dépend de ce que nous ses
ressortissants aimerions bien en faire.
Certes, la démocratie de part sa définition intrinsèque est le système
adéquat à l'émancipation et à la participation directe ou indirecte du
peuple dans la gestion et le contrôle de la chose publique. Pour que
cela soit effectif, il faudrait donner à ce dernier, les clés des portes
pour qu'il sorte de la prison de l'ignorance. Nous savons tous que la
perfection n'est pas de ce monde; même dans les vielles démocraties
occidentales, on note certains écarts...
Ce qu'il nous faut en Centrafrique, c'est une socialisation politique à
tous les niveaux de la structure sociale; famille, association, société
civile, organisations religieuses, les femmes et hommes en tenue et
surtout au sein même des partis politiques. S'il est avéré que le but
premier d'un parti politique est la conquête du pouvoir, cela ne doit
pas se poursuivre en transgressant, certains principes d'éthiques
indispensables. Après les élections de 2005, j'avais dénoncé le
comportement de deux leaders qui ont fait faux bon à leurs collègues de
l'Union des Forces Vives de la Nation. Je leur avais dit que 2010
n'était pas loin et que le peuple s'en souviendra, et ben voilà, nous y
sommes presque. Il y a un qui s'est inscrit aux abonnés absents, après
avoir été berné une fois de plus par le même individu, qui lui a
auparavant fait voir des vertes et des pas mûres. l'autre, par contre
utilise ses vielles recettes qui lui ont toujours permis de rebondir; à
savoir quant on a la bouche pleine on ne parle pas. Par contre, quant on
perd la grâce du Prince, on devient méchant et on va à contre courant du
bon sens par pur égocentrisme...Bref.
Nous avons nos normes, nos règles et nos valeurs culturelles, qui nous
ont toujours permis de vivre en parfaite harmonie, dans la tolérance des
uns et des autres, quelque soit leurs croyances et leur provenance
nationale ou d'ailleurs...Renforçons et consolidons ces acquis culturels
et ne nous fions pas aux chants de sirènes de ces fourvoyeurs de la
démocratie. La république centrafricaine est une et indivisible, ayons à
l'esprit ce besoin d'unité et cette volonté de vivre dans la paix sur
toute l'étendue de notre territoire.
Personne n'est plus centrafricain que l'autre où qu'il se trouve sur le
territoire national, apprenons à choisir nos représentants(es) en
fonction non seulement, de leur programme et de leur projet de société
mais aussi de leurs investissements dans la vie locale, afin de tordre
le coup à l'ethnicisme et au clanisme.
Ensemble, inventons demain. Merci.
Jean
Tongba Ouandoli
(19/06/2008) : Intéressante analyse. En effet, cher Henri Paul; à
16 ans, l'enfant sort de l'adolescence et entre dans une nouvelle
catégorie. Il y a donc une large marge de temps pour se projeter dans le
passé et l'avenir.
J'ai l'audace d'ouvrir la porte à l'endroit où tu l'as fermé: est-ce que
le principe du : Un homme = une voix est ce qui nous convient? Le modèle
d'élection et de régence des miss ne conviendrait-il pas à notre bassin?
Brice Paterne
Kitiyi Kapou
(21/06/2008) : Quelle belle analyse et réflexion sur le devenir
notre pays la République Centrafricaine , mais je suis un peu sceptique
par rapport au problème de la démocratie dans le contexte de substance
ou bien de son contenu dans la pratique. Actuellement, je pense que
notre pays a besoin de revoir son système éducatif, car je pense que la
meilleure façon de conduire ou de réfléchir au devenir d'un pays découle
des stratégies bien mûries et bien peaufinées par les intellectuels du
pays et ceux qui entourent le chef de l'Etat. Sinon , on peut tenir des
bons discours et faire de très bonnes analyses, mais la suite de ces
analyses, c'est quoi ?
L'application de la démocratie dans les normes part d'après mes analyses
de la manière dont le pays est orienté sur le plan éducatif et
intellectuel.
Je pense qu'on a toujours osé régler nos différents en Centrafrique sur
le plan politique, alors, arrêtons nous un instant et essayer de changer
de discours et de manière d'aborder les problèmes sous un autre angle.
Merci à mon cher compatriote qui a pris son temps pour nous faire toutes
ces analyses.
Nalé
Toua
(22/06/2008) : Certains diront que c'est du déjà vu, mais moi je
dis qu'il faut continuer à le proclamer sur les toits. En parler, parler
et encore et encore jusqu'à ce que même les sourds entendent. Cependant
nous ne devons pas nous contenter que de nous adresser au 1% des Centros
qui ont accès à l'internet et laisser les 99% dans le noir total.
Mettons les partis politiques devant leurs responsabilités mais
efforçons nous aussi de jouer ce rôle d'informateur et d'éducateur. Pour
cela il suffit simplement d'intégrer ou de créer des associations à but
non lucratif. Même de l'extérieur nous pouvons financer de petites
associations locales avec un programme que l'on pourra leur communiquer
sur le terrain. Il nous faut nécessairement descendre sur le terrain
pour faire changer les mentalités!!!
N'oublions pas que ceux qui sont au pouvoir ont tout intérêt à maintenir
la majeur partie de la population dans l'ignorance totale afin de
profiter pleinement de la situation et se maintenir au pouvoir. Le jour
où la majeur partie de la population centrafricaine connaîtra ses droits
et le devoir de ses gouvernants envers elle, on pourra alors parler de
la démocratie en Centrafrique. Et il ne fait aucun doute que dans ce cas
rapidement les choses changeront.
Brice Paterne
Kitiyi Kapou
(24/06/2008) : Au fait, je suis parfaitement d'abord au déclaration
de mon frère Nalé Toua car je pense bien qu'il partage mes idées. Parce
que je suis pour la dénonciation mais sur le plan éducatif en changeant
la mentalité et en tenant des raisonnements cohérents et claires sur les
faits vécus par les centrafricains. Pour cela, notre présence sur le
terrain pour sensibiliser et éduquer est vraiment nécessaire et
indispensable. Si nous avons eu l'opportunité de sortir en dehors de
notre pays et de découvrir d'autres pratiques qui ont fait leurs
preuves. Alors, nous avons ce devoir d'essayer de partager ces
connaissances et expériences avec nos frères et sœurs qui sont restés au
pays. Je crois que c'est agissant ainsi que nous réussirons un jour à
changer la mentalité de nos compatriotes pour finir par après à
appliquer la démocratie à bon escient.
Henri Paul
Akibata Kette
(27/06/2008) : Aujourd'hui beaucoup de Centrafricains se disent
démocrates. Et souvent être démocrates pour les uns et les autres se
résument à l'organisation des élections et à la reconnaissance de ses
résultats. Comme je l'ai souligné dans cette tribune, ce que personne
n'ignore évidemment, il reste des champs énormes à couvrir pour s'autosatisfaire
du qualificatif du démocrate. Et couvrir ces champs de pensées, de
débats (contradictions ou complémentaires) et d'actions est ce qui fait
défaut et que très peu veulent le faire réellement. Pourtant ce ne sont
pas les qualités qui manquent, mais plutôt les hommes et la méthode
précédés d'une bonne organisation.
Les réactions émises ici par les intervenants sont primordiales dans les
différents secteurs de la vie d'une nation. Oui, il faut dénoncer sans
cesse ce fléau de tribalisme dans l'espoir de susciter une réaction
salutaire de la population. Ces dénonciations doivent être canalisées
par des parties politiques ou encore des associations. En cela, l'action
de chaque Centrafricain qu'importe son lieu de résidence est souhaitée.
Vous conviendrez avec moi, que cette éducation de la population prendra
du temps... Et cependant, la perversion des mentalités par l'ethnicisme
vil gagne pratiquement toutes les couches de la nation.
Chaque jour davantage, l'emprise du tribalisme sur les acteurs majeurs
du pays devient pressante et obstrue le bon sens dans ce pays. Juguler
ce fléau n'est chose facile tellement des "non-dits" sont nombreux et
ont pollué considérablement l'atmosphère nationale.
En plus de cette emprise, il y a cette fierté (permettez-moi le terme)
bidon d'appartenir à l'ethnie ou à la région du Président de la
République. Cette fierté née d'une pratique de pouvoir où doivent être
promus aux postes de responsabilités que des compatriotes (compétents ou
pas) issus du giron (famille, ethnie, région, parti politique, etc.)
plus ou moins proche du Président de la République. Cette situation
engendre une autre où chaque individu de la même ethnie ou région du
Chef de l'Etat se croit victime des reproches faits (souvent à raison) à
celui qui gouverne. L'incapacité du Président devient celle de son
ethnie.
En corollaire découle le vote ethnique. Et c'est là tout l'intérêt de la
question. Le compatriote Jean Tongba Ouandoli l'a perçu. Devons-nous
rester dans la logique de cette équation: "une personne = une voix" ? Ne
pouvons-nous pas inventer notre système démocratique le temps de la
maturité réelle des uns et des autres avant d'y revenir ?
Beaucoup me diront que: "normalement ça se passe comme ça". Non ! en
politique il n'y a point de fatalité. La politique par essence est
antidestin. Elle transforme le destin de l'Homme et non le subit. Et
dire que cela se passe comme ça est cynique car il y a des victimes à
l'application de cette équation. Voulons-nous attendre de vivre le
cauchemar Kényan avant de réagir ? L'attentisme n'a jamais payé.
A chacun de réfléchir à ce concept et de le proposer.
J'ai mon idée sur la chose, mais ouvrons le débat, par exemple: Comment
faire pour vider la fonction présidentielle de sa substance en mettant
en place un système électoral démocratique qui répond à nos vœux ? Par
la confrontation des idées émergera un système à appliquer qui fera de
la Centrafrique une exception. Osons inventer notre lendemain, ce ne
sera qu'ainsi qu'un peuple existera réellement à part entière, car on
est pas au monde pour subir les désirs des autres.
Singuila mingui.
Hubert
Allaramadji Dayo
(26/07/2008) : selon mon avis ne parlons plus de la démocratie en
Centrafrique parce que selon le dictionnaire Robert la définition ne
cadre pas avec la réalité que nous vivons bref pour soutenir les idées
évoquées par mes grand frères Nale Toua et Kitiyi Kapou le vrai problème
qui gangrène la population centrafricaine de faire face à ces
détracteurs qui continuent de nous tromper c'est que la population n'est
pas informée. Je prends un exemple de la radio Centrafrique qui émet
seulement soi-disant à Bangui. Comment un centrafricain qui est à Gordil
peut être informer sur ce qui ce passe dans son pays?
Je vous encourage rassemblons nous pour combattre cela.
Que Dieu vous bénisse.
Réagir à
cette tribune : (si votre
message est long, rédigez le avec word, notepad, wordpad,... puis faites
un copier/coller ou adressez-le en pièce jointe à
webmaster@sozowala.com )
©
sozowala.com. droits réservés.
|