L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

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QUEL SYSTEME POUR DEVELOPPER LE PAYS ?
Par
Thierry Naka

 

Est-il normal qu'à l'époque ou l'homme ai fini de marcher sur la lune, construit de gros appareils volants, des ordinateurs, des téléphones cellulaires, des télévisions, des Trains à Grandes Vitesses, que nous continuons encore aujourd'hui à parler de pauvreté dans le monde avec un tableau particulièrement sombre pour la RCA? L'ONU qui avait prévu de réduire la pauvreté en Afrique d'ici 2015 par le programme "Objectif du Millénaire pour le Développement" (omd) a du se rattraper pour repousser cette échéance en l'an 2047 avec la vision que si la tendance négative constatée ne s'inversait pas, la pauvreté ne serait jamais réduite de moitié en Afrique.

La grande question que nous devons alors nous poser en ce qui concerne la République Centrafricaine est si nous sommes en train d'utiliser la bonne approche pour un développement intégral et si nous devions aussi croire que tous les plans conçus de l'extérieur pour le pays ne nous font que du bien. Ne nous sommes nous pas laissé pendant trop longtemps embourber dans de grandes théories économiques qui n'appellent que des conférences sur conférences, débats sur débats, séminaires sur séminaires depuis des décennies et qui n'apportent rien de palpable sur le terrain étant donné que la majorité de nos populations continuent de vivre dans la misère, en oubliant que la solution a notre problème peut être très simple, qu'elle peut parfois venir de l'intérieur à travers les hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux de ce pays ?
Qu'avons nous ignoré dans nos plans qui fasse qu'aucun résultat de taille n'ait été enregistré jusque là par nos gouvernements depuis bientôt un demi siècle ?

Le Dr. Moreau, un éminent orateur de renommée internationale, enseigne souvent ceci lors de ses discours : « Si je vous demandais ce que j'ai dans ma main vous me direz que c'est une graine de pomme. Mais ça, c'est un fait. La vérité est que j'ai dans ma main un arbre de pomme, un arbre avec des pommes qui ont des milliers de graines qui vont chacune donner un arbre de pommes. En vérité ce que j'ai dans ma main c'est une foret d'arbres dont chaque graine est une forêt d'arbres de pommes. Et on pourrait ainsi continuer sans s'arrêter. Le message est que dans toutes les nations, il existe un grand destin. Maintenant que me répondrez-vous si je vous demandais qui êtes vous ? Commencez par demander ceci : Voulez-vous le fait ou la vérité !? ».

Mais alors si nous sommes ce que nous ne pouvons même pas commencer à nous imaginer d'où vient alors la pauvreté ? Vous avez bien entendu, dans ce pays la pauvreté en tant que telle n'existe pas. Le fait est que nous avons hypothéqué quelque chose. Ce quelque chose c'est notre pouvoir de réflexion. Mais quand, où, comment, pourquoi ?
La pauvreté de ce pays est morale et intellectuelle avant tout. Elle vient quand nous avons, en tant qu'individu ou peuple, remis notre pouvoir d'abondance, notre destinée entre les mains d'un système inadéquat et que nous attendons en vain de recevoir de ce système le bien être. Nous subissons la misère de l'attente tout simplement. Et souvent nous remettons ce pouvoir inconsciemment, sous les effets d'un conditionnement imposé ou volontaire aveuglé par la duplicité. Imposé lorsqu'un système décide délibérément de nous priver de toute opportunité d'évoluer par ce que nous pouvons être un danger pour ses intérêts. Volontaire lorsque les personnes qui constituent un système auquel nous dépendons n'ont pas les compétences, la créativité ou la volonté de développer un cadre propice à notre épanouissement.

La solution est pour nous de commencer par reprendre ce pouvoir de façon à l'utiliser dans un système qui fonctionne, de sortir du système qui nous fige, de commencer à prendre conscience de notre importance pour nous-mêmes, pour les autres, pour notre pays, pour l'Afrique et pour le monde. Tout est une affaire de système je vous le dis. Dans quel système ou schéma sommes nous aujourd'hui ? Vous pouvez penser être dans le même système que ceux qui vous appellent ami quand c'est autour d'un verre de vin, mais qui ne vous associerons jamais lorsqu'il faut parler opportunité d'argent. Nous pouvons avec nos amis appartenir à un système le jour et évoluer chacun dans son système la nuit. Quel est notre système ? Est-ce celui ou doit s'enrichir au détriment des populations, de ces pauvres petits enfants et vieillards qui se meurent dans nos forets et qui ne savent plus ce qu'ils sont venus faire en cette terre centrafricaine des grands hommes?

Une façon indéniable de reprendre ce pouvoir d'abondance c'est la motivation de savoir que lorsque nous nous réveillons le matin nous contribuons tous ensemble à un objectif commun et grand, un vaste programme pratique de développement qui nous bénéficiera tous en tant que citoyen, en tant que famille, en tant que peuple ; un programme qui donne l'espoir aux Centrafricains, à l'Afrique et au monde

Qui sommes -nous ? En vérité, nous sommes des médecins, des ingénieurs, des agriculteurs, des infirmiers, des avocats, des ouvriers dans plusieurs disciplines, des hommes et des femmes intelligents et forts, des hommes et femmes heureux, une république florissante, que nos systèmes nous ont empêchés jusque là de devenir.

C'est le peuple épanoui et mobilisé qui est au centre du développement intégral et réel. Et comme le dit si bien sir John Clark, dans son ouvrage "Démocratiser le Développement" : « Le développement est plutôt un processus de changement permettant à un peuple de se prendre en charge, de prendre contrôle de sa destinée et d'atteindre son potentiel maximum. Cela nécessite de donner au peuple la confiance, les compétences, les biens matériels et libertés nécessaires pour atteindre ce but. » C'est pour avoir ignoré ou manqué de compétence ou de créativité nécessaire pour élever chaque Centrafricain au niveau ou il pouvait devenir une valeur économique et sociale de qualité, que de nos gouvernements successifs ont échoués et nous ont plutôt emmenés sur des terrains boueux. Comment avons- nous fait pour ne pas savoir que chaque Centrafricain est une graine, une source immense d'énergie et de créativité dont on ne peut se passer pour construire une économie forte afin de tirer les revenus dont nous aurions besoin pour développer ce pays!
Quels autres programmes pouvaient passer au devant de celui de former et émanciper les couches populaires ? Comment voulons nous avoir des maisons avec des portes, des fenêtres convenables quand l'ouvrier qui devrait les construire ne peut même pas investir dans une petite scie électrique ?Comment voulons nous prospérer lorsque l’économie centrafricaine, basée essentiellement sur la culture de rente, est complètement dévastée. Elle demeure aussi archaïque qu’à l’époque de l’invention de l’agriculture, il y a de cela dix ou quinze mille ans. Le paysan reste courbé, comme ses ancêtres primitifs, sur sa houe rudimentaire à gratter le sol sous le soleil chaud. Le rendement à l’hectare est dérisoire. Pas de semences, pas de tracteurs !
Si, en Centrafrique nous avions par exemple décidé il y a 30 ans de commencer à financer par exemple chaque famille à hauteur de 15.000.000 de frs cfa, un montant que la famille utiliserait pour se construire une petite économie en investissant dans une petite et moyenne entreprise, débutant ainsi son plan épargne. Combien de familles pauvres aurions-nous aujourd'hui ? Combien d'entrepreneurs aurions-nous ? Combien en taxe l’Etat Centrafricain serait entrain de percevoir, combien de sans logis ou de bidonvilles aurions-nous éradiqués aujourd'hui ? De quoi le gouvernement centrafricain serait-il entrain de s'occuper aujourd'hui ? Juste de quelques fonctionnaires bien payés pendant que beaucoup de gens auraient atteint un certain niveau d’indépendance économique. Il s'occuperait de récolter les taxes et de bien les utiliser, de mettre le pays à la pointe des nouvelles technologies de l'information etc. Qu'avons nous donc semés de bon durant ces dernières décennies pour espérer récolter quelque chose de bon ?
Si nous ne pouvons changer les hommes, soit, alors changeons de système.

 

Réactions à cette tribune

Privat Kangui (30/05/2008) : Je m'inscris entièrement dans votre logique, et je dis que le développement d'un pays est le corollaire du développement individuel de chaque citoyen que nous sommes. On comprend par là qu'un pays ne se développe pas sans son peuple. Et on ne peut pas être développé sans être instruit, par déduction il faut être instruit pour être développé. Pour ce qui me concerne je pense qu'il faut mettre un action particulier sur l'éducation, accentuée de rigueur. Il faudrait que l'état crée un environnement favorable aux initiatives privées et que la sécurité soit au rendez-vous.
Voila brièvement selon moi ce qu'il faut pour le développement de notre pays.
NB: la richesse est d'abord dans le mental.
Quelqu'un disait que pour évaluer ses biens il faudrait enlever tout ce que l'argent peut acheter avant de faire le bilan, et dans ce cas il ne restera que la matière grise (l'intellect) et les relations.

Ernest Kaïmba (01/06/2008) : Merci pour ton analyse de la situation, nous devons tous avoir à l'esprit que:
Beaucoup d'entre nous croupissent encore dans la pauvreté et la misère parce que l'avidité de certains nous empêche collectivement de constituer une meilleure communauté. L'Egoïsme est enraciné chez nous depuis les temps anciens et c'est l'une des principales raisons à pour lesquelles nous continuons à souffrir. L'égoïsme ne nous permet pas de travailler ensemble sur des projets pour sortir notre peuple du sous développement. Certains d'entres nous sont incapables de mettre leur égocentrisme de coté afin travailler pour le bien de tous...

Abel Armand Ayezo Aligne (04/06/2008) : Cher compatriote et frère Thierry,
Je partage entièrement ta réflexion et tes avis. Voilà au moins une analyse simple, claire et utile qui ne peut, à mon modeste avis, laisser aucun Centrafricain indifférent. Elle traduit bien le cercle vicieux centrafricain de manière précise et concise. J'interviens rarement sur les tribunes ici pour la simple raison que je trouve beaucoup d'interventions creuses : du verbiage et du verbiage pur ! La misère et la pauvreté Centrafricaines sont pour l'instant d'ordre moral et nos discours doivent se débarrasser de leurs mentaux " très notionnels". Nous condamnons trop nos ainés mais nous risquons de faire pire qu'eux en tenant une logique scientifique à l'occidentale. Rappelons-nous: ces mêmes ainés sont pour la plupart de ces diplômés des grandes universités euro-américaines qui ont déçu la nation. Leur malheur n'est pas d'être diplômés en Europe ou en Amérique mais d'être des diplômés du genre "CAMERAS-ENREGISTREUSES" qui vomissent ce qu'ils ont enregistré sans apport ni approche personnels. Je pense que tout Centrafricain doit d'abord définir le sens de son existence et je suis persuadé que le miracle arrivera le jour où chacun prendra conscience qu'il existe pour les autres. A cet effet, il est unique et sa nation a besoin de son apport matériel ou non matériel. En résumé je veux tout simplement nous exhorter à exorciser la CONSCIENCE MOUTONNIERE. Notre combat consiste d'abord à nous redonner notre CHERE DIGNITE perdue en restaurant le civisme et le sentiment de fierté nationale.
Je suis revenu des vacances du pays et j'ai trouvé qu'il vaille la peine que tout Centrafricain de l'extérieur fasse un tour au pays pour prendre contact avec la réalité de son pays. Le Centrafricain est absent sur son propre sol, il y a un mythe de l'étranger (considéré toujours supérieur), il y a un fidéisme sans précédent qui nous fait encore trop croire et espérer aux miracles. Cher compatriotes, j'ai beaucoup à dire mais le temps me manque. Donnons-nous rendez-vous à Strasbourg (en Juillet) pour réfléchir et agir concrètement pour sauver notre nation. Merci Thierry.

Cyrille Gounfio Herlin (11/06/2008) : Monsieur Thierry NAKA, je crois que votre intervention est une donnée équitable basée sur une évaluation de la réalité et d'une projection de la vérité. Et cela fait partie des principaux problèmes qui nous étouffent nous Centrafricains. Nous nous bornons beaucoup de la réalité que de ce que nous sommes réellement : Un Peuple, une Identité en une terre natale qui est notre Nation. Oui de la répartition de la carte du monde, on nous a donné une terre qui est la notre que nous puissions nous naturaliser ou pas la vérité est que nous sommes Centrafricains c'est là où se trouve la vérité. Cet enseignement de ce grand éminent orateur est la perception de la vérité absolue que beaucoup de nous centrafricains ignorent, or il est aussi dit que l'ignorance et la pauvreté sont des bons amis. J'aimerais que votre intervention soit un vibrant appel à la recherche de ce que nous sommes, ce que nous sommes capables de réaliser ensemble, l'évaluation de nos ressources humaines, de richesses naturelles, nous pouvons c'est ca qui est la vérité, nous pouvons nous unir, croyons à une UNITE NATIONALE, à un Peuple, un même intérêt, et nous serons une Grande Nation. Encore merci pour votre intervention Que Dieu vous bénisse.

Guy Nzenga Kofrenze (11/06/2008) : Chers compatriotes,
J'adhère totalement à vos différentes réflexions sur le développement de notre pays mais pour ma part je voulais ajouter une petite chose :
-Comme a très bien dit un compatriote, le développement d'un pays ne se fait pas sans les fils et filles de cette nation. Il se trouve que, tant bien que nous ayons des belles initiatives pour notre pays, il nous faudrait des hommes pour les matérialiser. Or l'espérance de vie est de 39 ans en RCA ce qui fait de la RCA le seul pays (hormis le LESOTHO et quelques pays de l'AFRIQUE du sud) où l'on meurt trop jeune. Le taux de séroprévalence du SIDA est de plus de 15 % chez nous. Nos gouvernants doivent mettre un accent particulier sur les politiques sanitaires en RCA s'ils veulent à ce qu'un jour notre pays se développe car il n'y a pas de développement sans la croissance économique et pas de croissance sans le facteur humain.

Cécilia N'gaïbino (16/06/2008) : Lettre ouverte à mes compatriotes du monde entier !

Cher Thierry, chers compatriotes,

Avant de vous dire ce que je pense et je crois que vous-même y pensiez aussi, je voudrai dire à tous les compatriotes qui m’ont écrit sur le site celcia, pour me féliciter et m’encourager, ou soit m’aider ou me soutenir
Que je leur envoie un message de remerciements collectifs et dire à ceux, peut-être qui n’ont pas eu de retour à leurs mails que je m’excuse et surtout que j’ai répondu à tous, sauf que je ne sais pas si tout le monde a reçu mon retour de mail
Je sais que les adresses hotmail ne fonctionnent pas chez moi
Et que j’ai remarqué que toutes ces adresses ne fonctionnaient apparemment pas
Je vous remercie, et continuer à soutenir tous ceux que vous pouvez soutenir quand vous pouvez
Tout d’abord je remercie Thierry pour son éclaircissement sur la situation de notre pays
Je vais essayer pour la première fois d’aller sur l’arbre à palabre et avec beaucoup de modestie pour paraphraser quelques points de ton analyse.
La question est de savoir si l’OMD dont on attend obstinément pour nourrir les nôtres, a-t-il d’ores et déjà commencé et est-il compréhensible pour nos parents vivants dans un tel délabrement?
Et qu’est ce que cela veut véritablement dire, pour nos parents qui ont faim aujourd’hui ? et qui perdent de jour en jour leur dignité humaine ?
Normalement l’OMD voulait réduire la pauvreté d’ici 2015 en Afrique, quel chantier ? et pourtant nous ne sommes pas encore en 2010
Et comme par enchantement ou par pure spéculation une fois de plus pour le maintien de la dépendance des pays dites en voie de développement, repoussé l’échéance en 2047 ? Ouf ! Est ce que nous voulons voir nos parents finir comme des squelettes ? et nous-mêmes ?
Où est passé notre fierté et la reconnaissance vis-à-vis de nos parents ?
Sommes nous, acteurs de notre avenir ou spectateurs ?
Je me suis réjouis de lire ceci « en ce qui concerne la RCA si nous sommes entrain d’utiliser la bonne approche pour un développement intégral et si nous devions croire que tous les plans conçus de l’extérieur pour le pays ne nous font que du bien ? »
Je me dis quelle belle analyse ? est ce qu’on nous associe vraiment sur ce qui nous concerne ?
Et pourquoi pas conçus par nous , migrants, en faisant de notre positionnement international une chance de faire développer notre pays d’origine ?
Justement à ce propos, comment peut –on toujours être aveugles, sourds toujours en attente permanente alors que la misère gagne à déstabiliser notre tradition de solidarité pour notre patrie ?
Faut-t-il attendre 2047 pour faire pousser les « kougbè ti ngoundjia , les gboudou , les vèkè? »
Par rapport à ce docteur Moreau que je ne connais pas, et là n’est pas la question de fond pour moi, ne dit-il pas la vérité ?
Je ne connais pas la politique, comme disait ma mère à mes cousins et ceux qui mentaient «polotique ti mo», finalement ce mot ne sonne-t-il pas un peu bizarre ?
Est-ce que l’OMD doit décider que notre « caraco, ndjio ti yaka pour qu’on puisse juste consommer en quantité suffisante ne pourront pousser qu’en 2015 ou 2047 ?
Qui sera encore là en 2047 avec cette maladie du siècle que je ne veux nommer pour pas choquer pour voir et en profiter?
Qui a dit hypothéqué ? moi je dis non, mais devenu des assistés oui !
Cela nous arrange bien tout ceux qui décident de notre destin, d’attendre, on ne nous prive pas vraiment, nous voulons bien nous priver de notre bien être et de notre épanouissement personnel. Parce que notre Centrafrique a plus besoin de mains d’œuvres, de nous, de notre implication, de notre investissement, la clé de la réussite est entre nos mains
Quelle opportunité d’évolution nous prive-t-on ? On peut si on veut avec des gens formés que tu venais de citer : d’évoluer, de progresser, de se nourrir surtout
Cette évolution, si nous l’a voulons c’est à nous de nous mettre au travail sans attendre pour au moins se nourrir
L’évolution ne veut pas dire révolution automatiquement
la révolution ne veut pas dire absolument guerre non plus, mais à l’inverse un conflit sans violence pour arriver à un changement qui fait évoluer tout un chacun, oui !
ne dit-on pas : diviser pour bien régner ?
D’où, certes ces guerres perpétuelles qui poussent comme des champignons et sans réelles fondement en Centrafrique, qui nous retardent dans nos élans de solidarité et d’évolution ?
Je vous apporte une petite réflexion par cette phrase : peut –on jeter une allumette qui brûle sur de l’essence ?
Il est sûr que l’un ne va pas sans l’autre, mais pas en les associant, alors qu’on peut avoir une boîte d’allumette dans une même pièce que de l’essence.
Or, une association, c’est ce que nous sommes aujourd’hui ; comme bien nommés dans cette analyse tels que : médecins, ingénieurs, agriculteurs etc…
Je vous laisse à vos explications !!!
Que pensent nos parents au jour d’aujourd’hui de ce que nous sommes devenus
Par ce que finalement toutes ces connaissances acquises ont servi et servent à quoi ?
Quels seraient leurs profits ? la misère, la pauvreté, la dignité inexistante ? dommage ! c’est ça qu’on veut pour nos parents ?
Ne regrettent-ils pas de se sacrifier autant pour qu’ils soient aussi malheureux ?
La vraie question est de savoir au fond de nous –mêmes, si nous étions sincères avec nous
Posons nous cette question : sommes- nous prêts, à adopter la démocratie ? malgré le chemin parcouru et franchi depuis l’époque où nos parents, eux étaient des analphabètes sans considérations, et pourtant !!!
Ma question n’est pas de retourner à l’esclavage, ni de subir la dictature sanglante, nous l’avons assez subi pour ne pas y remédier, maintenant qu’on en est plutôt sorti indemne en ayant acquis une certaine connaissance, une certaine réflexion, une certaine expérience que nos parents eux, n’ont eu cette chance pour se battre contre le système imposé, mais de subir
C’est plutôt une autorité de père, de mère qui nous a conduit depuis notre enfance jusqu’à l’âge adulte
La Centrafrique est une nation jeune, qui peut- être dynamique et ambitieuse pour porter une lumière positive aux yeux du monde.
Comme l’on dit, un nouveau né n’a-t-il pas besoin de sa mère pour guider ses premiers pas ?
Je reste perplexe sur notre devenir si nous ne voulons pas de l’autorité, mais pas non plus une autorité exacerbée, de domination ni de mépris
depuis 1960 à aujourd’hui, sommes nous toujours des enfants qui a besoin d’être guider de ses pas ?
nous devons avoir des relations d’adulte à adulte, d’échanges, de partage, de collaboration bilatérale
prenons l’exemple de la plupart des pays d’Asie (excusez moi de survoler les droits humains, mais qu’est devenu ce pays en juste 40 ans comme nous, en 1960
Les gens se sont mis tout simplement au travail
Pour ne pas tendre la main et attendre comme un mendiant et d’avoir en retour le regard de pitié ou de quelqu’un de mature en face de celui d’immature
Ils se sont levés, se sont tenus débout sans attendre la fameuse guide pour compter parmi les grandes puissances économiques d’aujourd’hui,
On ne les appelle plus, les pays en voie de développement ou tiers-mondiste, mais des pays émergeants
dommage que les droits humains sont à revoir, toutefois, je me vois mal jugé ce que je ne connais pas ni maîtrise pas. Je vous remercie d’y prêter un peu d’attention mais mon objectif est que la question de Thierry m’a interpelé et j’ai réfléchi longuement avant de l’envoyer et
n’espère pas avoir comme retour la haine, ni la violence ethnique par rapport à mon nom de famille, je suis juste centrafricaine
la politique je ne connais guère, un milieu bien loin de mes convictions propres, je ne critique pas parce que peut être suis-je une personne impliquée dans un quelconque parti politique,
Mais plutôt comme une femme engagée pour une cause, défendant celles et ceux qui ne peuvent par marginalité ou tout simplement par méconnaissance de leur droit humain, ni chance d’évoquer juste leur souffrance
par ce que je pense que si nous voulons sortir de cette décadence socio-économique que nous traversons depuis une bonne décennie, et qui nous tourmente, nous divise ainsi, qui nous rendent haineux
Acceptons d’être l’ingénieur qui se mouille, en mettant sa combinaison , s’il le faut, chef d’entreprise qui charge ses véhicules,
L’infirmier qui nettoie ses ciseaux, les rangent après chaque opération qu’il effectue et pouvoir s’en sortir quand il le faut
Et l’agriculteur qui va sur le champ transmettre ses savoirs ainsi que ses savoir-faire pour initier les autres et non garder pour soi ses expériences acquises
Transmettre, c’est faire soi même afin d’initier, d’inciter l’autre à agir, à s’engager, et à s’impliquer profondément et sur le long terme.
A ce jour, et malgré ce qu’on a appris, nos parents meurent de faim, ne peuvent se vêtir convenablement, ne sont fiers même pas d’eux, par culpabilité de mal faire.
Si j’envoie ce message c’est pour :
     1) te remercier Thierry et te féliciter pour ton éclaircissement sur ce que nous sommes et ce que devions être ou devenir
     2) de vous inviter à lire les articles sur la visite de l’actrice américaine et ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef
     3) c’est ni haine, ni animosité, mais qu’allons nous faire, nous : encore , et encore ? des débats , des interminables conférences sur nos sorts et sur ce qui nous lie intimement c'est-à-dire notre cher et beau pays et Sa Situation socio-économique au cœur même du continent africain, alors que nos voisins se battent pour se faire entendre , pour juste être accompagner et non prendre la parole à nos places.
     4) SOYONS ACTEURS ET NON SPECTATEURS POUR REFUSER NOTRE DECADENCE HUMAINE
Qui a dit qu’il y a des aides pour l’Afrique? Si ce n’est pas le système même qui l’a mis en place
( prenons un grand groupe qui brasse des milliards) exemple de Total
Comment un grand groupe absorbant des milliards , incapables de subventionner 1500 euros pour un projet en Afrique ?
Essayons de cultiver la culture associative, comme l’Afrique de l’ouest, qui en peu de temps s’en sort grâce aux associations
Pourquoi, ne pouvons pas prendre des initiatives et porter les objectifs à long terme et en commun?
en te lisant, il faut se dire que l’heure est venue de nous réconcilier, de ne pas non plus jeter la pierre sur nos aînés, mais agissons, aidons les , engageons nous massivement sans penser qu’au fauteuil éjectable comme disait le Président de la République en novembre 2003 lors d une rencontre de la communauté centrafricaine de l’extérieur.
Et c’est à eux aussi de favoriser le travail par ce qu’ils ont le mandat pour cela et de nous faciliter les rudes tâches à accomplir pour atteindre nos objectifs visés
Le temps est à la réflexion de ce que nous voulons faire pour enfin évoluer dans notre pays
Sans se battre inutilement, d’avancer à petit pas, mais ensemble, en suivant les pas de ceux qui veulent bien nous guider dans nos premiers pas.
Si nous ne faisons rien maintenant, cent ans après, nous trouverons toujours un bouc émissaire, un responsable de nos malheurs
Il est vrai qu’il y a beaucoup d’agissement chez nous, mais arrêtons de voir toujours un passé négatif
Je profite de l’occasion pour remercier aussi Abel Armand AYEZO ALIGNE qui donne rendez vous pour le mois de juillet à Strasbourg
Ce qui me fait de la peine et m’embête un peu, alors qu’on ne veut plus blablater, et qu’on veut bien avancer
Les inscriptions de la rencontre tardent à venir,
Si nous voulons que les conférences, les débats, se fassent avec nous ou pour nous, nous devions être un petit peu organisé, si nous ne voulons pas que nos souffrances ne soient pas portées par d’autres, qui en cas échéant , nous fait comprendre que nous n’avions pas encore acquis la maturité, alors comme évoque Thierry «ne pas mettre notre destinée entre les mains d’un système», mais, plutôt connaître le système, se l’appliquer à soi pour s’en sortir
Merci à vous tous !
Et peut-être en juillet à Strasbourg
Pour de plus amples informations www.celcia.org

 

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