L'arbre à palabre
Tribune de réflexion

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LE DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF: Un rendez-vous manqué avec l’histoire

«L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé»
Steve BANTU BIKO

 

Ce postulat contre la tenue du dialogue politique inclusif s'inscrit dans la lignée de l’opposition exprimée en 76/77 par Doungoumia Focky, Romain Sopio, Marguerite Balenguelé et Alphonse Blagué contre l’avènement de l’empire.
Dans ce Centrafrique de près de deux millions d’habitants en 1976, ils étaient quatre marginaux dans la masse des serviteurs patrimoniaux et des dangereux ambitieux (1) à s'opposer à la création de l'empire centrafricain. Ces quatre-là, Bokassa les brutalisa et les priva de liberté.
Trente-deux (32) années plus tard, les marginaux de 76 sont pour moi des héros, car l’empire et l’empereur font partie des pires choses arrivées en Centrafrique(2)
Dans cette posture, certains ont cru y voir de l’incohérence, de l’orgueil, de l’aveuglement, de l’autisme. En me déclarant Passionné du Centrafrique, d’autres ont cru que je n’étais pas doué de raison, car passionné et donc imprévisible, irresponsable et fonctionnant à l‘affect. Cette tribune est une occasion pour réaffirmer ma prise de position et prendre rendez-vous avec l'histoire en opposant à
l'arrogance et à la spiritualité, la vertu de la pédagogie du concret.
Alors que les rues de notre pays sont encombrées de désespérance, c'est ce moment là que choisissent nos élites (une majorité) pour dire au peuple Centrafricain que seul le recommencement de l'histoire est l'avenue de l'espérance;
Alors que tout va si mal, c'est ce moment là que choisissent nos oppresseurs pour nous parler d'amnistie, d'intégration dans l'armée, de nouvelle transition, de gouvernement d'union nationale...;
Alors que la paresse s'est emparée de nos esprits, on nous oblige à faire l'économie de l'inspiration,de la justice, de la sueur et du courage. (*)
L'actualité de ces dernières semaines ne peut laisser indifférent. Elle nous oblige à dépasser le factuel et à poser en toute sérénité et rigueur un regard sur les réalités des masses de notre pays et les différentes pistes de solutions proposées par les uns et les autres.
Il est vrai que par moment, certaines crises dépassent les cadres institutionnels et exigent un consensus de braves autour d’axes prioritaires. C’est une réalité historique contre laquelle je ne m’alignerai pas. L’interrogation qui en découle est de savoir si c’est le chemin par lequel doit passer notre pays?
Un constat s'impose : en Centrafrique, l'histoire est vide d'enseignements. Le rapport du comité préparatoire du dialogue politique est la manifestation de ce que j'ai appelée dans une précédente tribune : l'absence de vision. Avait-on réellement besoin de paralyser le pays trois années pour en arriver là?

Les pérégrinations de certaines personnalités et les sursauts patriotiques de responsables déchus nous indiquent ce qui intéresse les acteurs de la crise que traverse notre pays.
Les réalités Centrafricaines et le contexte mondial nous obligent à faire l'économie des détours inutiles et chacun, dans son espace d'expression républicain à œuvrer pour s'attaquer au problème fondamental de notre pays.
Ce problème majeur a toujours été caractériser par l’absence d’un pouvoir «Fort et Juste». Elle est la manifestation de l’échec de l’ensemble de nos élites.
Pour y remédier, il nous faut des institutions fortes, pérennes ; fruits d’énoncés politiques clairs qui ne peuvent sortir du dialogue politique inclusif , mais de structures politiques cohérentes. Un pouvoir FORT et JUSTE, est un système qui n'exerce pas le pouvoir, mais utilise l'autorité pour transformer et améliorer les conditions d'existence de ses masses, car la RCA notre pays est à un croisement et la pérennité du rêve CENTRAFRIQUE est l'enjeu principal. Il nous faut une nouvelle ambition nationale capable de jeter de nouvelles perspectives qui consolideront le désir de vivre ensemble et nous faire sortir de nos ghettos-refuges (ethnie, région, religion, habitude...) pour passer de la juxtaposition à la communauté.
Lorsqu’il n’y a pas de résultats ou d’inspiration à cause de faux débats procédant de fausses analyses des problèmes et notamment de la situation macro-économique et sécuritaire ; on ne peut escompter des mesures qui permettent de relancer l’économie. Là où il faut davantage de rigueur pour encadrer une vigoureuse ambition nationale face aux urgences et aux défis, nous optons pour le statuquo et l'éternel recommencement en vendant des illusions dangereuses qui nous empêchent de combler notre quadruple déficit : Confiance, Transparence, Espérance et Tolérance.
En agissant ainsi, nous perdons la notion d’échelle de responsabilité dans la déconfiture de notre pays. Nous oublions d’analyser le mécanisme producteur et nous proposons en permanence une juxtaposition de solutions obsolètes (casting et dosage). Nous nous attaquons aux effets et non aux causes et nous reproduisons le cycle des conditions qui donneront les mêmes effets : la déconfiture globale.
L’actuelle ère démocratique a débuté en 1991 avec le retour des activités syndicales et le pluralisme politique. Un petit survol historique est nécessaire pour mieux apprécier la posture qui est mienne face au dialogue politique inclusif en particulier et à la crise que traverse notre pays en général :
. ● 21 Septembre 1979: Restauration de la République
. ● 1980 : 08 au 15 Décembre, Séminaire national
. ● 1980 : 24 Décembre, 1er Procès BOKASSA
. ● 1981 : Mars, Élection de Dacko
. ● 1981: Mai-Juillet , désordre né de l’élection de Dacko, État de siège
. ● 1981: Septembre, coup-d’état de Kolingba, mise en place du CMRN (comité militaire de
redressement national)

. ● 1986: Nouvelle Constitution
. ● 1987: Création du RDC (parti unique)/ Procès BOKASSA
. ● 1991 : rétablissement des activités syndicales et du pluralisme politique
. ● Aout 1992 : grand débat national
. ● Octobre 1992: Élections générales (annulées le 29 par la cour suprême)
. ● 1993: Création du Conseil National Provisoire de la République (CNPPR), 17 Janvier.
. ● Septembre/Octobre 1993 : Élection de Patassé, Investiture, Départ de Kolingba
. ● Janvier 1994 : Dévaluation du Franc CFA
. ● 1995 : États généraux de l’Education nationale
. ● Avril 1996 : 1ère mutinerie
. ● Mai 1996 : 2ème mutinerie
. ● Juin 1996 : Protocole d’accord politique
. ● Aout/Septembre 1996 : États généraux de

. → comité mixte de désarmement
. → Programme minimum commun
. ● Novembre 1996 : 3ème mutinerie

la défense
.● Mars 1998 : conférence de réconciliation nationale
.→ Pacte de réconciliation nationale

. ● Octobre 1998 : Élections législatives: Phénomène KOUDOUFARA
. ● Septembre 1999 : Réélection de Patassé
. ● 28 mai 2001 : coup d’état manqué du général Kolingba
. ● Novembre 2001 : tentative d’arrestation de Bozizé, exil Tchadien puis Français
. ● Octobre 2002 : prise manquée de Bangui par les hommes de Bozizé
. ● Mars 2003 : Coup d’état de Bozizé: Transition Consensuelle
. ● Septembre 2003 : Dialogue national

.→ Mise en place du CSADN (3)

. ● Novembre 2004 : Nouvelle constitution
. ● Mars 2005 : Élections Présidentielles et Législatives
. ● Juin 2005-2007 : Mise en place

.→ Cour constitutionnelle
.→ Assemblée Nationale
.→ Conseil Économique et Social
.→ HCC

Le retour du multipartisme, loin d’apporter le mieux-être au Centrafricain a fait croître le nombre de ses doléances. Les dix-sept années qui viennent de s’écouler ont été des années de prolifération d’armes de guerre, de forces armées non conventionnelles, de bombardements aériens des populations civiles, des viols à grandes échelles, d’affaires mafieuses, d’ethnocide, d’explosion du SIDA…
Dans l’échelle de responsabilité de la dégradation intégrée de notre pays au cours des trente dernières années, l’ensemble de l’actuel leadership politique se dispute la pôle-position. Face à un tel tableau, se pose la question de l’alternative. Comment comprendre que l’on veuille toujours par tous les moyens, remettre au cœur des affaires de l’état, les acteurs de nos douleurs, de nos chagrins, de nos blessures, de nos déchirures et de nos souillures? N’existe-t-il pas sous le soleil du Centrafrique ; d’autres femmes, d’autres hommes, d’autres acteurs? Pour que ce soient les mêmes aventuriers, avides de pouvoir aux mains rougies par notre sang que l’on invoque sans-cesse?

Dialoguer, sur quelles bases?

De 1992 à 2003, l’histoire nous a appris que les fora comme le dialogue politique inclusif servent à se partager le pouvoir, car les résolutions demeurent toujours sans lendemain. Qui se souvient des résolutions de 1980,1992,1998,2003 et surtout du CSADN plus proche de nous?
Or face aux réalités centrafricaines, le partage du pouvoir (4) n’est pas la panacée.
Dans une dépêche BBC Afrique du 03/04/2008 relative à la fin des travaux du comité préparatoire du dialogue politique inclusif, il est écrit : « …Quant à l’ordre du jour du dialogue, il n’est pas très précis. Tout juste on sait qu’il ne s’agit pas de remettre en cause l’ordre constitutionnel, ni encore les élections remportées en 2005 par le président François Bozizé. Selon des sources proches de l’organisation des travaux préparatoires, le dialogue aura un volet sécuritaire avec notamment la question cruciale de l’intégration des combattants des différentes rebellions dans l’armée, un volet socio-économique et un volet relatif à la bonne gouvernance, avec notamment la question de la transparence dans l’organisation des prochaines élections de 2010. »
Lorsqu’on lit ce qui précède et que l’on a en mémoire le discours du chef de l’état à l’occasion du 13 aout 2007 et les récents développements de l'actualité Centrafricaine, les derniers verrous utopistes sautent.
Les réalités profondes de notre pays ne sont pas prises en considération. La fameuse théorie du dialogue ou trialogue (5) fait oublier les véritables enjeux de la relance de notre pays. Pas besoin d'une loupe pour se rendre compte du decallage réel entre les élites et les masses (6).
Si aujourd’hui la déconfiture est générale et que le pays ne fonctionne plus sur les plans économique, sécuritaire, institutionnel et socioculturel, ce serait malhonnête de dire que la responsabilité incombe entièrement au régime actuel. Il à sa part de responsabilité en « poubélisant » l'engagement sur lequel il fut élu.
L’autre responsabilité est tricéphale :
    1. Une opposition politique qui oublie d’où elle tire légitimité et sa vocation qui est celle de prendre le pouvoir c’est-à-dire être l‘alternative en gagnant la bataille de l'opinion pour gérer les affaires de la République;
     2. Des Centrafricains égarés qui pensent que savoir manipuler les armes ou une bande
d’individus est un chemin pour arriver à la gestion des affaires de l'État;
     3. Une élite apathique.


QUE FAIRE?

Face au tableau qui précède, la logique voudrait que l’on s’oriente vers une nouvelle offre politique avec des hommes et des femmes neufs ; capables d’engager un nouveau dirigisme d’état afin d’insuffler à notre pays une dynamique nouvelle pour redonner l’espoir, pour redresser, pour reconstruire et inscrire dans le marbre les bases du nouveau Centrafrique. Dans cette RCA qui se meurt. Dans ce pays à la population moralement et matériellement anémié, aux doléances légitimes accrues et à qui, il faut répondre, tout de suite et de manière cohérente ; le pire qui pourrait lui arriver c’est que ses éternels « saigneurs » soient maintenus et réconforter dans leurs rôles, par cet aréopage appelle Dialogue politique Inclusif (7).
Cette nouvelle offre est plus que nécessaire pour répondre de manière pragmatique aux besoins essentiels des masses Centrafricaines en créant les conditions pour qu’émergent des citoyens devenus les agents matériels de la transformation de la société.
Disposant de la somme des expériences du passé, nous devons affirmer avec force, notre indéfectible volonté d'engager un Processus Global d'Amélioration des Situations Concrètes de nos Masses (PGASM). Telle est la logique de l'histoire. Lorsqu'un pays a tout, et que son peuple n'a rien, il n y a qu'une seule alternative. Soit, ce peuple accepte son sort et prend le risque certain de disparaître. Soit, il décide de s'organiser afin d'arracher ce qui lui revient de droit : la stabilité et la prospérité. (*)
C’est la révolte des gens de bien contre l’Injustice, l’Abrutissement et l'Eternel Recommencement.

Conclusion

Dans sa plaidoirie lors du procès Bokassa, Maître Nicolas Tiangaye avait dit : «... ce procès fut un miroir où se contemplait la société, et que, si l’image n’en était pas glorieuse, c’était à cause de la démission générale des élites… ce procès est celui de la honte nationale de la société centrafricaine et de la lâcheté des intellectuels» (j'ai la même opinion sur le forum à venir. NDLR, CBM)

Nous étions en 1987. Vingt et une année plus tard, les maux que le procès Bokassa était censé exorciser sont plus criant. Personne n’a retenu les leçons du procès, à savoir : baliser les limites du devoir de chacun et assurer les droits humains pour garantir la prospérité économique et la stabilité.

Nous nous sommes auto-emprisonnés en utilisant de méthodes devenues caduques.

Le dialogue politique inclusif qui se déroulera dans les jours à venir est une atteinte grave à l’ordre constitutionnel et à l’expression du pluralisme politique. Il est un rendez-vous manqué avec l'histoire c'est à dire nos rêves, nos espoirs, nos attentes légitimes...notre humanité car le défi principal des élections de 2005 était de faire du Centrafricain, le sujet de son histoire. Il est en outre un déni de justice car les amnisties en vue vont faire passer en pure perte une partie dramatique de notre histoire qui explique en partie notre présent. Il fondera le lit d'un prochain dialogue , car l'injustice alimente le ressentiment et le ressentiment ouvre la porte à des expéditions.
Les problèmes auxquels sont confrontés les masses centrafricaines ne trouveront pas un début de solutionnement lors ce forum, car il ne sera pas la tabernacle pour la naissance du messie, il ne sera pas créateur d'emplois manufacturiers et il ne permettra pas de faire face aux crises du SIDA, de l'Education, de l'Environnement (santé, énergie, habitat...), de l'Economie, de l'Agriculture, du désenclavement, de l'intégration régionale...
L’expression politique depuis la fin de la transition consensuelle est encadrée par la constitution. Tous ceux qui pensent que le régime en place agit mal n’ont qu’à s’aligner sur cette constitution pour utiliser tous les moyens légaux afin de stopper la descente aux enfers de notre pays :
démission du gouvernement, dissolution de l'assemblée nationale, motion de censure au pire, démission du président de la République avec dans la foulée, nouvelles élections présidentielles... il n'est aucune absence dans l'esprit du texte qui puisse justifier la rébellion, si ce n'est le couple : Cupidité et Haine.
L'absence de considération politique dans les accords de Syrte, Birao et Libreville justifie la non-nécessité des rebellions car les divergences entre elles et le pouvoir sont sur la forme et non le fond. Ils appartiennent tous au même sérail.
C’est notre démission générale qui permet à la situation de perdurer et à certains de prendre en otage le pays , car sachant manipuler les armes ou des égarés. En étant passif, nous nous faisons complice de ce complot qui a pris en otage le Centrafricain depuis plusieurs décennies en créant les conditions pour le maintenir dans l'asservissement, l'avilissement et l'aliénation. Un crime parfait et bien calculé qui le rend dépassé par les événements, croupissant dans la précarité en ne pensant qu'à l'instantanée et au lendemain immédiat.
Dans un monde en mouvement où les Américains vont placer un noir à la maison blanche, où les Français ont élu président un homme dont le grand-père est Hongrois, où les négro-Mauritaniens réfugiés au Sénégal rentrent , où les militants de l’ANC ont imposé ZUMA à MBEKI, où le procès de Habré va commencer et bientôt ceux de Patassé et Bemba je l’espère, où les libériens ont élu une femme présidente de la République et où les Zimbabwéens ont dit au revoir à Mugabé. Dans ce monde-là, le dialogue politique inclusif que l’on propose au centrafricain n’est pas la panacée à ses problèmes . Son actualité et sa prochaine tenue sont une insulte à son intelligence et le place devant deux issues :
. ● La Fatalité, c’est-à-dire un avenir déjà compromis par l’usure, l’impunité, la corruption, la gabegie , la gouvernance à vue ... et;
. ● L’Avenir, c’est-à-dire une nouvelle offre politique. Celle qui nous force à avoir foi en nous , en nos capacités et nous place devant notre tâche principale : engagement et persévérance dans le travail et l'excellence qui est la seule mécanique pour transformer nos potentialités en richesses véritables dans un Centrafrique pacifié, réunifié et en marche, où l’on mettra le savoir et la technique au service du Centrafricain et de son environnement.

Je suis à la porte de la seconde.

Clément BOUTE-MBAMBA,
Passionné de Centrafrique

1: « votre Auguste Personne n'est pas sans savoir que l'Afrique est la terre de prédilection des empires, et, dans sa mutation actuelle, vibre en écho aux grands empires qui furent ceux du Ghana, du Songhaï, du Mali, du Congo... la naissance de l'empire centrafricain se situe donc bel et bien dans la plus pure tradition africaine, et traduit aujourd'hui plus que jamais la volonté souveraine du peuple centrafricain de refaire son histoire, sauvagement liquidée par plus de soixante dix ans de colonisation. Oui majesté impériale, vous êtes le plus illustre de ces héros de la grande famille des hommes, Symboles de leur temps, et dont le destin se confond avec le destin de leur nation. »
Ange Félix Patassé lors de la présentation des vœux de 1977 du gouvernement à Bokassa.

*Ajouté à cette vision incohérente de notre histoire et de nos réalités, les propos anticonformistes tenus par ce dernier à l'endroit des Ngbaka: «il faut les tuer tous!!!», dès son retour à Bangui à partir d'octobre 1979. Propos semblables à ceux tenus par Apollinaire Dondon Konamabaye, alors président de l'assemblée nationale au lendemain du coup d'état manqué du 28 mai 2001 à l'endroit des Yakomas : «...minorité exogène imbue de supériorité... qu'il faut renvoyer chez elle...»

2: Focky, Sopio, Blagué et Balenguelé furent les seuls, au niveau local à avoir exprimer ouvertement leur refus à l'avènement de l'empire. Ils continuèrent d'utiliser en public du terme prohibé de République Centrafricaine, cela leur valut la prison.

3: CSADN: Comité de Suivi des Actes du Dialogue National de 2003 dont le l'inventaire n'a pas été fait jusqu'à ce jour.

4: Le partage du pouvoir est cette notion antidémocratique qui ne laisse pas les gagnants d'une élection réaliser le programme sur lequel le peuple les a mandaté. Gouvernement d'union nationale, transition consensuelle...la littérature est riche dans ce domaine.

«Il faut que nous concevions un programme commun de gestion du pays ...Il faut un programme commun pour les deux ou trois ans à venir. Avec, par exemple, la création d'une armée républicaine, la formation de 400 ou 500 médecins, et d'autres objectifs à déterminer ...Pendant cette période, chacun s'engage à ce qu'il n'y ait pas de troubles. Cela pourrait nous permettre de sortir la tête de l'eau (...) Et après, on peut organiser des élections démocratiques claires ...En ce moment tout le monde navigue à vue, il n'y pas d'objectif à atteindre. Il nous faut créer les conditions d'une nouvelle +transition+... Créons les conditions de fusion entre l'armée gouvernementale, l'APRD, l'UFRD [...]»

Les propos qui précédent sont ceux du président de l'APRD, propos tenus à l'AFP à Libreville le 04 mai 2008.

5: La théorie du trialogue fut conceptualisée par le pasteur Josué Binoua, candidat aux élections présidentielles de 2005. Selon cette théorie, les problèmes de la RCA se résumeraient autour de trois personnes : Bozizé, Kolingba et Patassé. A ce propos, lire : «Centrafrique, L'Instabilité Permanente» Éditions l'Harmattan, ISBN: 2-7475-8997-8

6: S'éclairer au bucher ardent est le type d'énergie domestique que l'on utilisait au moyen-age. Or 20,4% des 81,5% des ménages Centrafricaines qui ne sont pas connectées au réseau électrique domestique; utilise le bucher ardent. Il s'agit ici d'un exemple des réalités de nos masses qui ne sont pas prises en compte par les protagonistes de la crise en cours. Voir rapport PNUD/OMD.

7: Lire Francis Laloupo dans le numéro 163 du magazine Nouvel Afrique/Asie d'avril 2003.

(*) : Ces paragraphes sont inspiré d'une tribune de Crépin Mboli Goumba, publié en 2001 sous le titre: «se battre ou mourir»

REPERES:

1: «Si J'étais Candidat» tribune publiée le 4 Octobre 2004 sur les sites internet : www.polele.tk et www.sangonet.com 

2: Interview accordée au bihebdomadaire l'Indépendant du 26 juillet 2007, disponible sur le site www.lindependant-cf.com dans la rubrique Interview.

3: «Élections ou Dialogue National bis? : la marche forcée vers la répétition de l'histoire.» Tribune publiée dans l'Independant du 27 septembre 2007 et sur les sites www.sozowala.com, www.polele.tk et www.lindependant-cf.com

4: Déclaration générale du Dialogue National de 2003, consultable sur le site Internet : http://dialogue.national.free.fr/
 

Réactions à cette tribune

Marius Boykette (23/05/2008) : Je vous remercie cher passionné de Centrafrique d'avoir pris le temps pour réfléchir sur la RCA, mais je m'inscris totalement en faux contre votre prise de position vis à vis du dialogue inclusif et surtout contre votre pessimisme en ce qui concerne son impact pour le développement de notre pays.
En tenant un pareil discours vis à vis du dialogue inclusif il me semble que vous ne vivez pas à Bangui et plus encore dans les arrières pays pour sentir réellement la gravité de ce qui passe et plus encore vivre les difficultés que connaissent nos parents victimes de cette guerre qui ne cesse de fragiliser notre pays.
Au fait, nous ne sommes pas les seuls à prendre plusieurs fois ce chemin de réconciliation comme vous l'avez suggéré en rappelant tous les grands évènements de notre pays et je crois pour ma part que ce dialogues inclusif sera pour nous l'ultime moment pour prendre véritablement le chemin du développement.
Je suis d'avis avec vous lorsque vous soulignez dans votre discours que chaque fois nous nous attaquons seulement aux effets et non aux causes des crises que nous traversons. Je pensais que vous avez aussi réfléchi comme moi en indexant les occidentaux qui nous fragilisent avec les guerres alors que vous même ne voyez d'où viennent les crises et pourquoi.
Je veux ainsi vous signaler que pour la plus part les guerres que nous vivons en RCA sont provoquées par les occidentaux à cause de leurs intérêts égocentriques et donc c'est par naïveté que nous acceptons nous entre tuer.
Je vous assure que nous allons nous en sortir car il nous fallait passer par cette pénitence pour accéder au développement que nous cherchons tant.
Je ne disconviens pas lorsque vous proposez de composer avec des femmes et hommes nouveaux, mais une chose est sûr: La RCA ne peut que composer avec ses enfants, même les plus capricieux pour ne dire enfants prodigues. L'histoire est témoin et donc il faut d'abord pardonner pour mieux sanctionner.
D'ailleurs, nous avons beaucoup perdu du temps et on ne peut pas avancer si on ne tient qu'à punir tous les coupables. C'est pourquoi il nous est urgent de tourner cette page. C'est très important de faire réunir tous les fils du pays sans EXCLUSION autour d'une même table pour décider d'abandonner toutes les querelles afin de prendre réellement le chemin la vrai démocratie et du DÉVELOPPEMENT. Le peuple centrafricain a beaucoup souffert et il ne veut plus souffrir donc il lui faut une rupture définitive avec la souffrance. Nous ne sommes que 4 millions pour 623km² et nous avons beaucoup de richesses inexploitées ce n'est pas dans cette logique de guerre et de pessimisme que nous allons développer notre RCA.
Je n'adhère pas non plus à la logique d'impunité mais j'opte pour l'unité des centrafricains, le développement et la vraie démocratie qui exclue cette logique d'exclusion et qui compose avec tout le monde.

Jean Tongba Ouandoli (24/05/2008) : L'analyse est très bien emmenée, fournie et très pertinente par endroit. Elle démontre l'école de pensée de son rédacteur et met à nu son idéalisme.
Je ne retiendrai que ceci: "Ce problème majeur a toujours été caractériser par l'absence d'un pouvoir «Fort et Juste». Elle est la manifestation de l'échec de l'ensemble de nos élites"
"Comment comprendre que l'on veuille toujours par tous les moyens, remettre au cœur des affaires de l'état, les acteurs de nos douleurs, de nos chagrins, de nos blessures, de nos déchirures et de nos souillures? "

"L'Avenir, c'est-à-dire une nouvelle offre politique. Celle qui nous force à avoir foi en nous , en nos capacités et nous place devant notre tâche principale : engagement et persévérance dans le travail et l'excellence qui est la seule mécanique pour transformer nos potentialités en richesses véritables dans un Centrafrique pacifié, réunifié et en marche, où l'on mettra le savoir et la technique au service du Centrafricain et de son environnement.
Je suis à la porte de la seconde. "

Chers visiteurs de ce site, que l'on partage cet avis ou pas, il est sérieux de reconnaître sa profondeur. Alors lisez le et faites le lire, il appartient je n'en doute pas un seul instant; au panthéon des textes refondateurs de notre pays.

Edgard Yangaboy Bozalo (24/05/2008) : Cher Marius , vous parlez d'occidentaux? Êtes vous de mauvaise foi ou tout simplement naïf? Le bourreau du Centrafricain, c'est le Centrafricain lui-même. Le malheur de notre pays, ce sont ses hommes et c'est ce que cette tribune a mise en évidence. Laissez les occidentaux en paix et occupons nous de nous. C'est magistral ce genre de tribune. Je me suis amusé à la faire lire ici à Bangui où je me trouve et l'appréciation est unanime. D'ailleurs la presse quotidienne de Jeudi et de Vendredi ont diffusé de larges extraits de cette tribune et c'est même le titre qui barrait la une du Confident. Cher Mr, enlevez vos œillères et retroussez vos manches pour soutenir ce genre d'initiatives. Y a rien à dire la dessus, si ce n'est que bravo. Enfin un.

Sylvain Bangui (25/05/2008) : C'est toujours les mêmes qui détruisent le pays

Merci et bravo monsieur Clément pour le travail accompli. Voici le genre de lecture que l'on voudrait parcourir, qui aussi pour ma part est une référence pour ceux qui, comme moi, ne sont pas assez documentés sur le pays. Devant cette analyse qui crève les yeux, il faut s'attendre aux objections des esprits chagrins et nostalgiques d'un passé qu'ils ont mythifié pour se bercer d'illusions à la façon des bambins qui demandent, tous les soirs, avant de se coucher, à leur maman, de leur lire un conte de fée avant de s'endormir. Le bilan de la gouvernance des faux nationalistes qui ont trahi le peuple, qui lui, était sincère dans son nationalisme, est aussi catastrophique que criminel. Economie sinistrée, dictature obscurantiste, culture de l'impunité et du mensonge, violations systématiques des droits de l'Homme accompagnées de traitements inhumains, cruels et dégradants, intelligence avec l'ennemi. Ceux là même qui ont endeuillé le pays se préparent à entrer dans la peau de colombes pour aller signer avec le sang des populations un nouvel acte de destruction de la nation. Ces sorciers, ces serpents à deux têtes dépourvus de toute humanité car seul compte leur intérêt propre ont toujours pris les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Je pose la question : qui a ramené dans ce pays les bandes armés du Tchad, les Baniamulengués de l'ex-Zaïre, les Tueurs Soudanais, les tueurs Ougandais de libération des seigneurs ?

Albert Namfeï Kone (25/05/2008) : la rhétorique de l'analyse est excellente mais la fin est énigmatique. Si je partage l'avis que la nécessité d'une nouvelle offre politique est cruciale, je reste sur ma faim quant à sa forme, sa consistance et sa composition. Est-ce l'apologie du jeunisme ou une reforme radicale? Où Mr Clément, vous situez sur l'échiquier politique? Vous êtes contre la tenue du dialogue politique, mais que proposez vous en retour? Êtes vous satisfait de l'interpellation de Bemba à Bruxelles dont vous souhaitez le procès avec celui de Patassé? Ne pensez-vous pas que son arrestation va radicaliser la position des Centrafricains qui ont du sang sur la main? Merci de réfléchir à tout cela et de proposer quelque chose de concret au Centrafricain au lieu de la rhétorique qui a déjà montré ses limites, même si celle ci est très bonne.

Marius Boykette (25/05/2008) : Cher Edgard,
Il me semble que tu ne connais pas réellement l'histoire de notre Pays la RCA. Peux tu me citer les causes des différentes crises que nous avons traversées jusqu'alors? Je ne suis ni de mauvaise foi ni naïf comme tu le penses mais il est seulement question de faire un retour en arrière pour savoir d'où le mal vient. Peux tu me montrer les véritables raisons de la création des mouvements rebelles dans le Bamingui Bangoran et la Vakaga? Pourquoi le dossier d'exploitation du Fer de Bogoin était classé? Pour ne citer que ça. Certes nous Centrafricains, nous sommes complices mais les auteurs sont les occidentaux plus précisément nos colonisateurs et c'est ce que je voulais signaler à Clément.
Je crois qu'il est utile pour nous de chercher les voies et moyens pour mettre fin à cette pratique et c'est lorsque nous aurons compris cela que notre pays peut sortir dans cet état.
Je te rappelle que vers les années 70 aucun pays ouest africain pouvait se comparer à notre pays mais il faut parcourir ces villes de nos jours pour savoir le degré de notre retard.
Je te signale aussi qu'ils ont fait cette même politique en Côte d'Ivoire et comme les ivoiriens ont compris ils commencent à réparer d'où je le répète :il nous faut mettre fin à cette pratique. Ils veulent toujours nous diviser pour nous faire retarder et c'est ce qu'il faut comprendre.
Ils n'ont pas d'amis mais seulement leurs intérêts priment sur tout alors montrons leur que nous avons compris.
C'est bien beau de faire des discours rhétoriques mais le peuple centrafricain qui a tant souffert veut du concret et surtout il veut la paix.
Je crois que tout Centrafricain a déjà perdu un parent de proche ou de loin dans cette guerre et avec l'élan qu'il a maintenant ( Projets de :Construction sur l'Île des Singes, Désenclavement axe Bangui Pointe Noire etc...) il ne veut plus de guerre c'est pourquoi le dialogue inclusif est réellement urgent.
Les vrais Centrafricains qui vivent la réalité sur terrain réclament la Paix par le biais du dialogue inclusif.
Maître Nicolas TIANGAYE l'a même souligné je cite; "Nous appelons de tous nos vœux la tenue du Dialogue politique Inclusif qui constitue pour nous la dernière opportunité historique pour sortir le pays de l'impasse" fin de citation.
Ça ne sert à rien de rester à l'extérieur sans souffrir et divaguer sur cette question de dialogue car au moment où on parle les gens sont entrain de souffrir sans abris et de surcroit sans nourriture. Ils sont pris en otages par les forces de l'ordre et les rebelles ils ne savent pas s'ils vont survivre demain bref ils n'ont pas la paix malgré l'assistance des humanitaires. C'est extrêmement très difficile de mener une vie pareille. Acceptes tu de vivre cela?
Cessons les oba oba et proposons du concret.
Je vous remercie.

Edgard Yangaboy Bozalo (26/05/2008) : Cher Marius, pour ta gouverne, je vis, travaille et réside à Bangui et mon emploi m'oblige à faire des déplacements permanents en province. J'étais il y a 17 jours à Obo. Il n'y a pas meilleure position que la mienne pour observer et prendre la température exacte de la tragédie centrafricaine.

Je ne me permettrai pas d'apporter un jugement de valeur sur toi du genre: " tu ne connais pas l'histoire du pays et blablabla...." Le but de cette réaction est ailleurs.
Lorsqu'on est incapable de percevoir la réalité et que l'on se masque derrière une réalité mystifiée, l'on souffre de ce que les spécialistes appellent le syndrome de l'oubli volontaire, c'est à dire l'occultation.

Je ne suis pas le porte parole du compatriote Clément pour répondre à sa place sur les causes exactes des rebellions du nord. Mais je constate deux choses:
1: ce sont des centrafricains pour la plupart sur le terrain;
2: l'histoire se répète, car déjà à plusieurs reprises, nos apprentis rebelles ont pris en otages les leurs. Les mutins avec les 2ème,3ème,6ème et 7ème arrondissements de Bangui et aujourd'hui les rebelles avec leurs préfectures d'origines. Ce sont leurs parents qu'ils ont pris en otages. Et demain ils n'hésiteront pas à tirer sur eux, comme l'a fait Patassé après octobre 2002. Tiangaye a beau dire ce qu'il a dit, il vient de créer son parti et se positionne donc sur l'échiquier politique pour exister.
Ce dialogue politique ne sera plus inclusif car après Bemba, il paraît que Patassé, Demafouth et tenez vous bien... Koyambonou vont trinquer dans les jours à venir à La Haye. L'arrestation de Bemba est un pied de nez de la communauté internationale à l'impunité constitutionnalisée en RCA. Elle est un appel à responsabiliser notre gouvernement pour qu'il œuvre à l'amélioration de notre cadre d'existence. Voila pourquoi j'ai parlé de naïveté et/ou de mauvaise foi, car lorsqu'une situation est aussi limpide comme l'est la nôtre, je ne comprends pas pourquoi l'on produit le genre de résistance qui est tienne. Mais après tout, nous sommes en démocratie et chacun est libre de son choix. Le tort du compatriote Clément sera certainement d'avoir eu raison très tôt. On ne les aime guère, ce genre d'individu, en Centrafrique.

Grandissons, il est temps! Car si nous nous faisons la guerre à cause de nos richesses et parce que le colon ne voudrait pas nous voir jouir d'elles, c'est vraiment stupide et cela voudrait dire que nous sommes encore des enfants. Existe-t'il derrière chaque rebelle ou loyaliste, un occidental pour le contraindre à se nuire à lui-même? Arrêtons ces causettes de Nganda et abordons en grande personne instruite ou alphabétisée, la stabilisation de notre pays et son emancipation.

Pour finir cher Marius,
si les gens souffrent chez nous, si les bacheliers de 2007 n'auront pas le quota horaire nécessaire pour valider leur année académique 2007/2008. Si le taux de séroprévalence est passé de 15% en 2001 à 21% en 2008, si les structures fondamentales de la société centrafricaine sont brisées, s'il y a plus de 200.000 centrafricains refugiés au Tchad et au Cameroun, s'il y a plus de 120.000 déplacés internes, si 69 de nos compatriotes ont été enlevés et servent d'esclaves à la LRA... si tout ça existe, ce n'est pas par absence de dialogue politique Inclusif. Cette situation existe parce que nous avons un gouvernement incompétent et une bande de compatriotes foncièrement méchants. Pour le bien de la RCA, changeons les tous. Voila pourquoi j'adhère entièrement à cette tribune et fais mienne cette bataille pour l'alternative, cette nouvelle offre politique, c'est ça le concret et non le dialogue.

Cyrille Gounfio Herlin (26/05/2008) : bonjour, que pensez vous de concret, aujourd'hui je pense que le Centrafricain est libre de ses pensées, mais la question est de savoir que faisons nous de la moindre liberté et responsabilité que nous possédons.
Je vis en chine depuis plus d'une année. Je n'ai jamais vu un cortège gouvernemental ni un rassemblement de parti politique et pourtant tout le monde travaille pour la chine, mon frère que pensez vous de l'occupant de notre économie qui est aujourd'hui l'occident, le Liban, et autres... Pourquoi avons-nous peur de dénoncer cela sur cette tribune, au fait à mon avis les causes des multiples problèmes de notre nation viennent de ceux que nous-mêmes avons peur de dénoncer et dire non, les pays qui ont su faire un pas vers le développement aujourd'hui, ils ont choisis de dire non primo aux manipulations et se réconcilier en eux-mêmes.
Que dit la France de certains leaders de la rébellion qui se trouvent sur sa terre? C'est de chez elle que le gouvernement actuel a su se faire une place au soleil je pense. Ils sont pour beaucoup mes frères et cela est compliqué à expliquer tout simplement parce qu'ils ont des moyens de communications performants comme RFI, TV5, BBC, etc... pour nous persuader de leurs non présences dans nos problèmes internes. Pourquoi ils n'arrivent pas à stopper la crise de Darfour , le Tchad, j'en passe. C'est profond et nos hommes d'état le savent mais ils sont dépassés parce que nous, population centrafricaine, notre patriotisme a été bouffé par la haine, la corruption et que dire de plus. Pensez-vous un seul individu comme ceux que nous citons sont les seules causes de nos problèmes? Après le procès Bokassa que je respecte tant; paix à son âme, que nous a rapporté son procès, que de la honte. Parce que nous ne sommes pas matures de voir là où le problème a été conçu et balancer vers nous. Aujourd'hui après le multipartisme, la dévaluation, les multiples élections ,la politique de la restructuration et autres, nous n'avons vu guère les mesures d'accompagnement préconisées au préalable, alors que des pays comme le Congo Brazzaville après un coup d'état a été béni par les puissances garantes de la démocraties.
Mes frères ce que je raconte est la triste réalité de ce que nous ne comprenons guère comme politique de l'occident. Que voudrons-nous de plus si parce que je ne suis plus ministre et que je pourrais regagner d'un coup d'œil la rébellion?
Notre problème a deux axes : l'occident et nous. Pour l'occident de partout où se trouve le Centrafricain faisons de tout notre possible pour leur faire savoir que nous allons descendre de leur bateau et que l'eau amère nous refusons de boire.
Ensuite revenons sur nous-mêmes et laissons le politique élu faire son travail bien sûr avec la participation de tous. Dans la mesure de possible révolutionner des secteurs porteurs comme l'agriculture, l'autoemploi , la sécurité. Notre sous-sol mettons le en pause pour voir comment ils vont venir nous inciter à une guerre pour notre sous sol. Seul avec le sol et la première ressource qui est la population nous pouvons organiser une révolution du troisième millénaire qui serais vue de toute l'humanité . Merci de votre compréhension à ces multiples panacées que je saurais organiser car je ne sais comment de vos interventions organiser mon intervention. Nous pouvons et je n'ai pas peur de le dire.

Marius Boykette (26/05/2008) : Cher Edgard,
Je ne t'ai pas jugé sur valeur mais j'ai dit qu'il me semble que tu ...

Je ne comprends pas pourquoi tu refuses de comprendre les réalités que tu vis chaque jour et pourtant il n'y a pas une meilleure position que la tienne pour observer et prendre la température exacte de la tragédie centrafricaine.

J'ai été indigné de t'entendre dire "l'histoire se répète, car déjà à plusieurs reprises, nos apprentis rebelles ont pris en otages les LEURS. Les mutins avec les 2ème,3ème,6ème et 7ème arrondissements de Bangui et aujourd'hui les rebelles avec LEURS PRÉFECTURES D'ORIGINES. Ce sont LEURS PARENTS qu'ils ont pris en otages. Et demain ils n'hésiteront pas à tirer sur EUX, comme l'a fait Patassé après octobre 2002".
Si je te comprends bien comme ce ne sont pas tes parents alors tant pis pour le dialogue même s'ils veulent mourir tous on s'en fout en avant la bière et le bossongo.

Mon frère je t'en prie ils n'ont pas seulement pris LEURS parents en otages ce sont des Centrafricains et ce sont NOS parents à nous tous respectons au moins notre devise UNITÉ. Restons unis il ne faut plus tenir des pareils discours.
Quand je m'en prends aux occidentaux plus précisément les Français c'est parce que plusieurs fois on a des preuves.
Pendant les mutineries ils ont distribués des armes de part et d'autres entre les protagonistes et après obtention des accords ils ont presque sacrifié les mutins.
Comment ces rebelles ont pu se doter en armes et avec quels moyens? On a pas besoin d'aller à l'école pour en savoir plus. Ils (Les français) ont tous les moyens possibles pour tout arrêter comme pour tout mettre à feux et à sang même si vous faites descendre des nouveaux hommes politiques des anges.
J'avais bien dit dans ma première réaction que " Je n'adhère pas non plus à la logique d'impunité mais j'opte pour l'unité des Centrafricains, le développement et la vraie démocratie qui exclue cette logique d'exclusion et qui compose avec tout le monde".
Je veux bien que Bemba, Patassé, Démafouth, Miskine, Bozizé, Ngaïkosset et autres soient jugés conformément à la loi. Je dis bien conformément à la loi.
Mais ce qui me touche au cœur c'est la stabilisation de la RCA condition nécessaire et suffisante pour son développement. Ce qui peut être obtenu que grâce à une table ronde entre Centrafricains. Imitons nos frères ivoiriens et trouvons des solutions de compromis.
Quand on parle de la solution de compromis c'est lorsqu'il y a absence d'une solution exacte et cette solution de compromis encore appelée solution efficace est celle qui peut soulager tout le monde. Dans cette logique il y a ni gagnant ni perdant et ainsi tout le monde se trouve sur un diapason ou il n'y a pas assez de grincement de dents voila ce que je propose.

Une fois de plus le fait de changer tous les hommes politiques n'amène rien pour le développement de la RCA tant que le Centrafricain n'a pas cessé de se laisser manipuler par l'extérieur. La vrai bataille à faire c'est de changer nos mentalités et avoir une vision du future ayons des projets de développement et non des velléités. Dans un pays où tout le monde rêve devenir président et veut mourir ministre (mourir Ministre d'Etat) les Français ont le champ libre pour toute manipulation.
Mobilisons nous pour leur dire NON et leur montrer que NOUS AVONS COMPRIS LEUR POLITIQUE NEOCOLONISATRICE .
Les ivoiriens ont fait ça et ils (les Français) ont changé et si nous nous entendons (Dialogue) puis nous pactisons avec les nouveau maîtres émergents (Chine et Inde) notre Pays va se développer.

Gratien Adoumandjali (26/05/2008) : Bonjour cher Marius,
je veux bien que tu exprimes tes pensées sur ce qui concerne ton pays.
Mais je veux aussi que tu fasses des efforts pour voir les choses autrement.
Nous qui sommes à l'extérieur, nous avons pitié de ce pays plus que toi parce que nous avons la possibilité de le comparer à ce que nous voyons chez autrui.
Alors, libère-toi un peu de vision démodée des choses. Essaie de porter et surtout d'apprécier de bonnes analyses faites par un Centrafricain qui ne demande que les choses aillent mieux pour le bonheur de tous.
Etant toujours respectueux des opinions des autres, je te présente mes excuses si certains de mes mots ne te plaisent pas.

"MBI BARA MO"

Marius Boykette (27/05/2008) : Juste pour signaler à mon frère Gratien que moi aussi je vis à l'étranger et je sais de quoi je parle.
"Singila mingi na Bara ti mo ni"

Henri Paul Akibata Kette (27/05/2008) : Dialogue politique inclusif : un rendez-vous manqué avec l'histoire. Non ce n'est point un rendez-vous manqué avec l'histoire. C'est tout simplement les turpitudes d'une bande de maffieux et de criminels qui veulent perpétuer leur mainmise vile sur la pays.
Sur ce site, beaucoup ont déjà précédé le compatriote Clément pour dénoncer les limites des générations dirigeantes et intermédiaires (1930-1960). Beaucoup sont arrivés à la conclusion que rien de nouveau et de concret ne peut être fait avec ces mêmes personnes responsables des différents maux que vivent le pays. De ce constat découle l'engagement d'une nouvelle classe d'hommes et de femmes centrafricains avec une certaine vision de leur pays qui s'articulera autour de l'honneur, de l'unité et du développement (surtout à partir des facteurs d'abord endogènes) du pays.
Ce qui reste à faire se résume dans cette question simple : que faire ?
Et cette question s'adresse à tous ceux qui sont convaincus du retard énorme du pays. Ici point de jeunisme, car pour moi et le bon sens l'impose (je suppose), tous ceux qui sont jeunes sont ceux qui ne peuvent accepter l'inacceptable.
Que faire est en vrai ceci : comment faire pour forcer au départ, cette vieille génération qui paralyse le pays, qui tue impunément l'homme centrafricain et qui veut à tout prix rester maître du pays malgré la médiocrité et la vilenie des pensées et des visions ?
Pour répondre à la question, il est cependant utile de voir les moyens dont disposent cette nouvelle génération.
Dans cette tribune, l'auteur a réfuté la tenue du dialogue sur la base des principes démocratiques. Cela ne souffre d'aucune ambiguïté. Une équipe est aux commandes du pays, qu'on lui laisse le temps d'exercer son mandat. On le jugera à la fin de son exercice. En principe les chose sse passent ainsi. Et en vrai ? L'expérience de 1999 doit nous servir de leçon où l'aternance politique n'est point une préoccupation de l'homme politique centrafricain. Alors comment l'alternance pourra-t-il être possible ? Car tout un chacun sait que Bozizé n'acceptera point une défaite par les urnes dans les CONDITIONS ACTUELLES.
Pourquoi ? Tout simplement, les partis politiques de l'opposition ne jouent point leur rôle véritable. Soit c'est un silence accablant (RDC, FPP, etc.), soit c'est un vacarme sans actions concrètes (MLPC, ADP, etc.). Pour rappel, Maurice Duverger disait qu'un parti politique pouvait se définir par ses 3 fonctions : la première fonction est celle d'accompagnement d'un candidat pour la conquête du pouvoir. La deuxième est celle d'éducation des membres et la dernière est celle d'information. Il semble que les partis politique sen Centrafrique ne veulent remplir que la première fonction et cela par la désinformation, la haine tribale, le mensonge outrancier, etc.
Ainsi pour une action concrète, il reste à la jeune génération de reprendre les rênes des partis politiques existants et de leur faire remplir leurs fonctions véritables. En éduquant la population en l'informant des réalités concrètes du pays, la masse sortira de sa léthargie et commencera à jouer son rôle. Tant que la population centrafricaine ne sera éduquée, ne sera informée en temps réel des enjeux cruciaux de son avenir, tant que cette population dans son ensemble (pas seulement qu'à Bangui) ne connaîtra la vérité sur les agissements égoïstes et criminels de ses princes, cette population ne pourra se lever pour barrer la route aux assoiffés de pouvoir que le pays connait en masse. Et pour ce faire, l'audace dont la jeune génération doit faire preuve, c'est de couper le cordon ombilical qui nous relie à l'ancienne génération. Et cela sera concrètement une offensive pour reprendre les rênes des partis politiques existants en vue de leur faire remplir leurs fonctions !
principales. Le MLPC, le RDC, l'ADP, le FPP, le MDD, le PSD, etc. ne peuvent rester entre les mains des carriéristes et autres. Il faut un nouveau souffle, de l'audace et de l'innocence pour faire bouger les lignes (par exemple, Sarkozy l'a fait en prenant l'UMP).
Dans une tribune (ce que m'inspirent les élections présidentielles en France) publiée déjà ici, j'ai évoqué cette rentrée en masse des personnes ayant des idées neuves dans le sérail politique. Inspirons-nous de ce qui marche ailleurs en l'adaptant aux réalités de notre pays. Et cette reprise des partis politiques par la jeune génération est possible, si les acteurs se débarrassent des complexes inutiles et rétrogrades.
Les idées, les écrits sont exposés ça et là. Maintenant, il reste que l'action dans l'unité. Tant que nous ne le ferons pas, il n'y aura rien de tangible sous les cieux centrafricains. Et ce travail n'est point celui que de Clément. Il en appelle à tout chacun de jouer sa partition en fonction de ses capacités. Le mot d'ordre de cette génération doit être ceci : QUE CHACUN FASSE CE POURQUOI IL EST FAIT, ET TOUT SERA BIEN.
Singuila mingui

Brice Goddot Nzonguia (27/05/2008) : Bonjour,
Je suis fort étonné de certaines positions radicales prises dans cet article par l'auteur ou par certains compatriotes. Ce sont des points de vue, à prendre en compte dans un débat surtout quand tout le monde évoque la démocratie.

Force est de constater que certains points dans ces débats ne sont pas réalistes et ne le seront jamais !
En effet, on parle de « Nouvelle Offre Politique » « les Hommes et les Femmes Neufs » !!! Que cela veut-il dire exactement ? On demande à tous les acteurs de la vie politique de se mettre à la retraite? Ils vont vous répondre OUI et l'on recrutera la nouvelle génération pour former « Un Pouvoir Fort et Juste » et bien travailler !!

Jean Tongba Ouandoli
"Comment comprendre que l'on veuille toujours par tous les moyens, remettre au cœur des affaires de l'état, les acteurs de nos douleurs, de nos chagrins, de nos blessures, de nos déchirures et de nos souillures? "

Clément BOUTE MBAMBA
la logique voudrait que l'on s'oriente vers une nouvelle offre politique avec des hommes et des femmes neufs ; capables d'engager un nouveau dirigisme d'état afin d'insuffler à notre pays une dynamique nouvelle pour redonner l'espoir, pour redresser, pour reconstruire et inscrire dans le marbre les bases du nouveau Centrafrique.

A mon humble avis, la « Nouvelle Offre Politique » n'existe pas et l'on doit donc composer avec nos anciens dirigeants jusqu'à ce que cette génération sen aille naturellement. Il nous restera en conséquence comme outils démocratiques LE DIALOGUE dans toutes ses formes.

Ainsi le Dialogue Inclusif sera le bienvenu puisqu'il nous permettra de remettre en cause les imperfections ou malfaçons dans les pratiques de gouvernance ou de pouvoir en Centrafrique.

Cependant, si certains concitoyens pensent que ce dialogue ne touche pas totalement la réalité, il convient de proposer une révision de l'ordre du jour et de le compléter, si possible de reculer la date du début du dialogue.
Mais demander la « démission du gouvernement, dissolution de l'assemblée nationale, motion de censure au pire, démission du président de la République avec dans la foulée, nouvelles élections présidentielles »
EN QUOI CELA PEUT-IL AVANCER LE PAYS. C'est une position dirimante à la PAIX.

Les enseignants ont fait des grèves (même étant justifiées) le résultat est que la jeunesse a connu des années blanches, l'éducation en Centrafrique continue à prendre des coups. Si l'on ne dialogue pas pour organiser tous ces problèmes, peut-on parler de l'avenir de la jeunesse ou du pays?

Quand l'auteur de cet article écrit, je cite :
« Un constat s'impose : en Centrafrique, l'histoire est vide d'enseignements. Le rapport du comité préparatoire du dialogue politique est la manifestation de ce que j'ai appelée dans une précédente tribune : l'absence de vision. Avait-on réellement besoin de paralyser le pays trois années pour en arriver là? »

Je n'adhère pas à la première phrase car il a pris le temps d'élucider « les crises qu'a traversé notre pays de 1977 à 2007 » et qu'il affirme que l'HISTOIRE EST VIDE D'ENSEIGNEMENT ? Si après toutes les crises vécues chez nous, nous n'avons rien retenu, dans ce cas ()
Non plus à la dernière phrase, car l'échec d'un quelconque gouvernement ne pourrait être traduite comme un BESOIN ou une vocation.

Les échanges entre messieurs Marius BOYKETTE et Edgard YANGOBOY BOZALO sont très intéressants (sauf les mots : naïf, mauvaise foi, œillère) car l'un pense qu'il vit au pays et a une meilleure appréciation et l'autre pense qu'en étant à l'étranger il a une meilleure comparaison. Ils ont tout à fait raison tous les deux, seulement il est un peu simpliste de penser que le fait de tout casser et de tout refaire serait la solution. L'histoire de ce pays nous enseigne (contrairement à ce que dit l'auteur) qu'on avait tout cassé et tout refait avec tous les présidents qui se sont succédés, et le constat est le même « les résolutions demeurent toujours sans lendemain » à dit l'auteur.

L'opportunité du dialogue est là, l'élection présidentielle approche, le pays est fragile, la faim règne toujours au pays et l'on se refuse de discuter de l'avenir de notre pays.
Je pense également avoir trouver la réponse à la question dans ma première analyse : Crises Politiques en Afrique, Quelle Situation pour le Centrafrique ?
(Question : Alors faut-il croire à ce jour, que le facteur temps et le Dialogue National ont eu un effet favorable à l'esprit du pardon et de réconciliation en Centrafrique ?)

J'opte pour ma part, pour le DIALOGUE INCLUSIF car il offre l'opportunité d'ORGANISER notre avenir en inspirant de notre passé. Les anciens dirigeants ne peuvent être écartés de l'avenir de ce pays, car si nous les accusons d'être les vecteurs de cette situation, c'est ensemble avec eux que nous devons convenir des directives à prendre pour éviter des situations pareilles.

Je remercie fortement Monsieur Marius BOYKETTE pour cette belle phrase qui résume tout, je cite : « Je n'adhère pas non plus à la logique d'impunité mais j'opte pour l'unité des Centrafricains, le développement et la vraie démocratie qui exclue cette logique d'exclusion et qui compose avec tout le monde »

D'autre part, j'accuse la France qui n'intervient pas physiquement pour arrêter ces barbaries de rébellion, car les militaires sur place sont fortement équipés et peuvent protéger les populations qui subissent ces atrocités.
Les occidentaux ont donc une part de responsabilité dans ces exactions, sinon il faut nous justifier que font leurs armées sur place en Centrafrique s'ils ne peuvent pas secourir la population ?!!
Cette question devait intéresser nos Députés pour REDEFINIR le rôle de la France en Centrafrique et RECADRER les accords signés depuis le temps et qui ne sont pas avantageux pour notre pays, aujourd'hui.

Sincèrement

Edgard Yangaboy Bozalo (28/05/2008) : Le débat s'anime et c'est bien, cela permet de mettre en pause le ping-pong entre moi et le compatriote Marius.

Cher Brice, certains concepts lancés et que tu as repris semblent creux, là, tu as raison. Mais ne perds pas de vue que la posture de cette tribune est politicienne et donc l'auteur et ses amis auront certainement l'occasion de les développer même si l'actuelle fournit déjà d'indications pertinentes.
La limite est vite franchie, lorsqu'on tente d'opposer Jeunes et Vieux. Or à la lecture de cette tribune cette apologie est absente. Lorsqu'il parle d'hommes neufs, il veut parler à mon avis de nouveaux acteurs, même si sur ce point mon avis serait plus proche de celui du compatriote Henri Paul qui a circoncis les limites de cet antagonisme vieux/jeune.

Les propos de Clément sont forts, pertinents et assez justes. Après cinq années d'études à Ibadan au Nigeria, je suis rentré au pays il y a 6 ans et après un an et demi de chômage, j'ai intégré l'administration. Il faut dire qu'à mon retour, je ne reconnaissais plus mon pays, la manière de vivre de son peuple et son niveau de paupérisation. Lorsque tu vois tout ce qui précède, tu ne peux qu'en vouloir à ceux qui nous dirigent et militer pour toute solution les écartant de la gestion des affaires de l'état. Ce n'est pas du radicalisme, mais du patriotisme réaliste.
Lorsque tu entends quelqu'un comme Démafouth dire qu'ils vont s'engager à ne pas créer du désordre pendant trois années, il ya de quoi à faire d'un citoyen honorable, un kamikaze. Car ce monsieur sait qu'à la moindre contrariété, il va créer une rébellion pour se faire entendre.
Lorsque tu entends Massi dire qu'il a accepté l'offre de la rébellion UFDR par instinct de survie, alors qu'il ne disait rien quand il était ministre... d'état, il y a de quoi pousser un homme à monter la brigade de la nuit des longs couteaux des rives de l'Oubangui.

Cher Brice, ton plaidoyer pour la conjugaison avec ceux qui sont responsables de nos maux ne résiste pas à la réalité et souffre d'objectivité. Les espagnols parlent de TABULA RASA. Jerry Rawlings a appliqué cette règle à sa prise de pouvoir et trois décennies plus tard, le Ghana est sur l'autoroute de la prospérité. C'est fort de cette expérience que j'ai adhéré à l'idée de nouvelle offre politique, avec des hommes et des femmes neufs pour mettre en place un pouvoir fort et juste.
C'est de la rhétorique, ce sont des mots. Mais si les initiateurs du projet utilisent le schéma proposé par Henri Paul, je ne doute pas un seul instant de l'impact qu'elle aura au niveau de notre société.
Sincères salutations
ps: absent de Bangui à partir de ce soir pour quatre jours, je ne pourrai répondre à des interpellations qu'à partir de dimanche.

Cyrille Gounfio Herlin (28/05/2008) : je reviens sur ce plateau pour une seconde fois tout simplement de ce fait que le débat devient houleux et je ne voudrais rester en marge. Oui certes le constat est et restera pour un bout de temps amer. Pourquoi cela ? Regardons un peu de près nos réactions respectives ;elles sont comme le comportement d'une femme qui après avoir remué la terre et le ciel pour concevoir aussitôt va décider d'avorter. Je me demande jusqu'a quand nous Centrafricains allons accepter que nos décisions soient toujours des paradoxes, des équations à multiples variables ? Ce dialogue inclusif a été demandé par la majorité des forces vives de la nation centrafricaine, les parti politiques, la partie civile et même voire les insurgés. Et je pense fortement qu'une assise comme le dialogue inclusif ne peut compromettre en rien la loi majeure centrafricaine. Aujourd'hui il y a crise, et cette situation de crise oblige à dessein une méthode surtout qui ne ne peut guère compromettre l'unité nationale. Le regroupement des Centrafricains dans un cadre extra pour se parler. Aujourd'hui nous voulons changer l'élite, oui je suis aussi d'accord mais est-ce en ce genre d'élite qui ne veut pas dialoguer que nous pensons demain être aux affaires de l'état? Que faire d'autre que de dialoguer ? Voulez-vous que les affrontements continuent pour que demain le tribunal international puisse se faire des accusés et que l'on dise voila on s'occupe de la Centrafrique? Alors qu'on a la possibilité aujourd'hui d'éviter le pire . Pourquoi attendre le rapport final du comité pour ouvrir un débat sur ce dialogue alors que on avait tout le temps de faire les propositions ? Aujourd'hui personne pour ma part ne doit se pointer en faux contre ce dialogue. Pas de dialogue signifie la poursuite de la guerre, et un éternel recommencement par un coup de force pour après dire aidez-nous à remettre l'ordre constitutionnel... Je pense que c'est le souhait des opposants à la tenue de ce dialogue. Notre pays a besoin de tous ses filles et fils c'est la vérité même si cela blesse, laissons ce processus continuer pour un bon vent de paix pour notre pays. Pour finir si demain nous jeunesse nous voudrions d'un Centrafrique nouveau, c'est l'heure de savoir que la France est pour beaucoup dans notre histoire, en commençant par la colonisation, la mort de feu Barthelemy Boganda, la prise du pouvoir de Bokassa qui était d'ailleurs en ce temps capitaine de l'armée française, la fameuse opération Barracuda, les 12 ans de règne de Kolingba avec leur bénédiction, la dévaluation pour nous tenir dépendant de leur monnaie éternellement, les quatre mutineries, le coup d'état du 15 mars piloté depuis la France avec l'appui de la diaspora, et aujourd'hui ils sont en train de manipuler un autre coup avec toujours cette même diaspora. C'est la vérité même si cela dérange certains compatriotes mais je les prie de ne pas nier. Aujourd'hui Sarkozy a vu la nécessité de rapatrier les émigrés chez eux pour permettre a la France de souffler, il n'a pas eu peur de descendre même jusque sur notre terre pour le dire, cela veut dire il est grand temps que nous puissions leur dire aussi qu'ils ne sont pas les bienvenus chez nous. Aujourd'hui les groupes Sucaf, Castel, Total sont pour beaucoup dans l'augmentation des prix sur notre terre et on les regarde faire ; comment on peut produire le sucre sur notre terre et nous faire revendre cela plus cher que le sucre qui nous vient du Cameroun ? je le dis aujourd'hui si la nouvelle élite se prépare et ne veut pas admettre cette nouvelle pensée qui s'impose à nous, l'histoire nous le dira. Mbi bara a la koué et i gbou li ti é na do ti a mouzou so keté si.

Jean Tongba Ouandoli (28/05/2008) : Compatriote Brice je comprends ton étonnement face aux prises de position de l'auteur de cette tribune et de ceux qui se sont exprimés ici dans sa logique. D'un survol général, le contraire m'aurait étonné. C'est le genre de discours que l'on entend peu, très peu chez nous. Même moi qui suis né bien avant les indépendances, je trouve cette analyse pertinente et pleine de bon sens. Ayant volontairement quitté la RCA en 1972, je demeure toutefois informé de la situation au pays et au besoin, je m'y rends régulièrement. Je n'ai pas la prétention de donner des leçons de morale, je prends juste sur mon temps, quelques heures pour m'intéresser à la terre qui m'a vu naître et où reposent mes parents et deux de mes frères. C'est dans ce but là que j'interviens de temps en temps.

Sylvain Bangui l'a écrit, nous avons tellement mythifié notre passé qu'il nous est difficile de nous en débarrasser et c'est le sentiment qui m'anime à la lecture de ta réaction.

Alors que le pays est en lambeaux et que l'un de nous propose une nouvelle offre dont les contours sont si éloquemment définis, toi, tu proposes de reconstruire avec des décombres. Alors que la démocratie n'est pas synonyme de désordre, tu proposes que l'on continue de traiter avec ceux qui ont déshonorée la nôtre.
Alors que la situation est grave et que nos compatriotes broient du noir et que la population est totalement écœurée par la gabegie, en prise avec les difficultés alimentaires et matérielles de tous les jours, dans un état où la frilosité a atteint son paroxysme, tu préconises la collaboration avec ceux qui ont œuvré à découvert de jour comme de nuit pour maintenir ce pays dans cette pauvreté affligeante.

Or la bataille que vous, autres jeunes êtes appelés à mener est celle du développement. Cette exigence existentielle vous oblige à vous débarrasser de réflexes archaïques en faisant preuve d'intelligence manifeste, ce que le compatriote Akibata Kette appelle : " Et cette reprise des partis politiques par la jeune génération est possible, si les acteurs se débarrassent des complexes inutiles et rétrogrades."
Il vous faut rester cohérent et devenir exigeant avec vous et vos aînés à la hauteur de vos devoirs. En deçà vous vendriez de dangereuses illusions. Il vous faut pragmatisme, humilité, responsabilité pour vous rendre à l'évidence de la nécessité d'une rupture totale.

Il faut donc vous éveiller et créer en vous, une opinion suffisamment critique de vous même en vous imprégnant des mécanismes des enjeux économique, politique, scientifique et culturel en cours.
Il s'agit de cet exercice citoyen qui consiste à analyser avec distance en alliant brainstorming et réalité,

Vous devrez être grand, uni et en rupture avec ceux qui vous ont vassalisé. Il vous faut une dynamique d'hommes novateurs capables d'organiser les synergies nécessaires pour lancer dans le temps et l'espace la renaissance de notre pays et la cohésion de ses populations par une ambitieuse politique économique en renouvelant vos idées et méthodes politiques avec humilité et transparence en évitant des fractures inutiles et préjudiciables à l'avenir..

En agissant de la sorte, vous seriez mieux outillés pour faire face au défi de votre génération. Il vous faut vaincre les pesanteurs du passé, l'esprit de suffisance et sortir de la marre de vos contractions sinon la porte à l'autofossilisation est ouverte.

Ces principes posés, revenons un peu au dialogue.

Je voudrais préciser, pour ceux qui ne le savent pas, qu'il existe au pays une structure appelée MEDIATION de la République à la tête de laquelle se trouverait Mr Nguendé Goumba Abel. Cette structure aurait pour mission de régler les tensions politique et autres crises de grande amplitude.

NON, mille fois NON. Le dialogue politique n'est pas le passage obligé pour la stabilisation de notre pays. C'est une illusion d'optique. Et c'est là que la notion de l'histoire évoquée par Clément prend toute son ampleur. À mon avis, lorsqu'il dit : "l'HISTOIRE EST VIDE D'ENSEIGNEMENT" il veut parler de l'utilisation de recettes obsolètes. Et pour étayer ses propos, il s'est amusé à citer les crises que nous avons connu de 1979 à nos jours. À la lecture de ce récit, la phrase prend toute son ampleur. L'histoire est vide d'enseignements car ce sont les mêmes(hommes) et les mêmes choses(dialogue, conférence) que l'on utilise pour résoudre nos crises. Si tel est le cas, pourquoi aller aux élections? Pourquoi avoir une constitution, s'il faut aller à des dialogues tous les deux ans?

Le dialogue politique inclusif est la dernière des illusions d'optique made in Centrafrique. Nonobstant l'histoire de la transition consensuelle où l'immobilisme fut cruel et les réalisations en deçà de l'attente du peuple on veut vous faire repasser à la case départ. 2010, c'est demain, voilà l'occasion en or pour réveiller le Centrafrique et le centrafricain en l'amenant à sanctionner les acteurs politiques au comportement répréhensible. Le dialogue politique ne résoudra pas ce problème, car ce sont les mêmes que l'on va retrouver en 2010 et la boucle sera bouclée.

Le dialogue politique tel que conçu est une dangereuse illusion qui menace le processus de remise en marche du pays. Or il a besoin de gérants neufs aux ambitions nobles et non d'associés. Cela ne signifie pas que tout sera bleu. Mais les actuels associés ayant fait preuve de cécité, il devient urgent de rénover, de tout changer.

En m'associant à l'idée qui réfute le dialogue politique, je souscris à l'idée de la rénovation que l'auteur a appelé Nouvelle offre politique que j'ai compris comme étant une reforme c'est à dire un changement de Fond (projet, style...) et de Forme (acteurs et structures).

Ne l'oubliez pas, le présent n'a pas d'avenir en Centrafrique et l'on exigera beaucoup de vous, les jeunes. C'est maintenant que vous devrez bâtir le cadre du Centrafrique dans lequel vous voulez que vivent vos enfants et petits-enfants. Nous autres, on a déjà échoué. Moi j'ai démissionné en partant du pays. Pour le reste, on ne peut que vous observer et vous faire la haie d'honneur. Cela ne peut arriver que si vous vous outillez pour avoir une très bonne vision.

La misère n'est pas une normalité Centrafricaine et je pense que vous les jeunes centrafricains d'aujourd'hui êtes mieux outillés que ne l'étaient ceux de 1930 à 1970 pour faire face à leurs défis.

Je sais que la ligne de conduite préconisée fera face au scepticisme, à la méfiance, à la résistance passive ou active de certains, aux mauvaises habitudes du passé et d'un manque de vision.
Ramer à contre courant des compromissions centrafricaines n'est pas une partie de plaisir, ce sera un exercice difficile. Mais il faudra que Clément et tous ceux qui y sont engagés se donnent les moyens et prennent les mesures nécessaires pour cela. Il leur faudra un plan et une structure pour convaincre les centrafricains de leur capacité à développer la RCA et à garantir sa stabilité.

Alors l'histoire s'écrira comme ce qui suit: ce qui a commencé comme un petit chuchotement sur sozowala est arrivé comme un tsunami sur la RCA et a fini par relancer le pays. C'est tout le mal que je souhaite à ces Jeunes.

Telles sont les observations que ma conscience m'oblige à faire, moi le démissionnaire.

Salutations.

Gratien Adoumandjali (28/05/2008) : "MBI BARA I KWE"

Je voudrais d'abord féliciter MON FRERE Marius BOYKETTE pour m'avoir gentiment répondu.
Je fais déjà observer là que c'est UN DIALOGUE CONSTRUCTIF qui n'a pas attendu que des massacres des Centrafricains soient organisés pour en arriver à une discussion. Bref!

Je suis un peu gêné par ce que je remarque, dans certaines prises de position, que certains compatriotes ne se rendent pas compte de la récurrence de certains évènements clairement soulignés par le compatriote Clément BOUTE-MBAMBA et auxquels je ne souhaite plus revenir.

J'estime que, nous tous qui sommes conscients de la situation de désarroi dans laquelle se trouve les Centrafricains et soucieux de l'épanouissement du pays, nous avons le devoir de faire en sorte que les choses marchent en critiquant objectivement sans vouloir faire l'avocat du "diable".

Je suis de ceux qui pensent que l'HISTOIRE N'ENSEIGNENT PAS LES CENTRAFRICAINS car il faut remarquer que les mêmes MAUX produisent les mêmes EFFETS en RCA:
Tribalisme, Népotisme, favoritisme, corruption, clientélisme, détournement, vols, viols, haine, etc.

Parmi ce qui est ci-dessus cité, vous trouverez lequel qui soit propice au développement d'un pays comme le nôtre?

C'est très facile d'accuser que de prendre conscience de ce qu'on est pour faire évoluer les choses. Je veux là diriger ma réflexion sur l'accusation selon laquelle la France et les occidentaux seraient à l'origine de notre malheur.
Mon frère Brice GODDOT NZONGUIA, ce discours, je l'ai entendu depuis la maternelle. Je te rappelle que c'est un discours savamment entretenu par les Centrafricains pour endormir et continuer à piller. Je n'y crois vraiment pas trop.

Veux-tu me faire croire que si la justice ne fonctionne pas bien c'est parce que les Français et occidentaux ont voulu que cela se passe comme ça? Les détournement des fonds au trésor public et dans, presque toutes les structures financières du pays sont une émanation de la France et occidentaux? Tu crois vraiment que quelqu'un conseillent aux Centrafricains d'agir de ces manières?
Veux-tu faire croire que les Centrafricains ne sont jamais mûrs pour poser des actes réfléchis?

Comment comprendre que les Centrafricains ne soient pas en mesure de faire la paix et de développer leur pays après de MULTIPLES DIALOGUES (parfois appelés "DEBAT NATIONAL")?

Tu veux me dire, toi Brice, que tu n'est pas capable de dire non à ce qui est mauvais?

Depuis quand tu as vu un Groupe de rebelles français ou occidentaux dans l'une des 16 préfectures du pays?

Est-ce que tu es capable de provoquer une rébellion en France ou dans un des pays occidentaux?

SOYONS REALISTES. LE DESORDRE EN CENTRAFRIQUE EST ORGANISE PAR LES CENTRAFRICAINS.
LE JOUR OU LES CENTRAFRICAINS DIRONT "ON EN A MARRE" LES SITUATIONNISTES S'EN IRONT TRANQUILLEMENT FAUTE DE COMPLICITE.

Quant à ce qui concerne LE DIALOGUE INCLUSIF, Je veux bien que cela se tienne. Mais si c'est comme par le passé où c'est l'occasion de se partager les postes ministériels car dit-on que ça paie bien, je ne trouve pas que cela soit utile pour soulager la souffrance des meurtris.

"Le dialogue ne doit pas être l'occasion de blanchir d'année en année les meurtriers".

Je m'excuse d'avoir été assez long.

MBI YE ALA MINGUI
BARA TI MBI MINGUI...

Jean Tongba Ouandoli (29/05/2008) : Depuis que je suis les échanges entre Centrafricains, c'est la première que j'assiste à un débat policé où les noms d'oiseaux et autres substantifs du genre ne fusent pas. Je voudrais juste apporter un complément d'information à l'ami Cyrille Gounfio. Clément Boute-Mbamba n'a pas attendu le rapport du comité préparatoire pour donner son point de vue. Lorsque tu lis la bibliographie de sa tribune et que tu suis régulièrement l'actualité centrafricaine, tu dois savoir que c'est depuis Juillet 2007 que ce dernier a entrepris son exposé contre le dialogue. Cette position est donc antérieure à la création même du comité préparatoire.

Alain Pokado Holofio (29/05/2008) : Une petite contribution à cet enrichissant débat qui ne se déroule pas seulement sur le net mais aussi dans les rues de Bangui. Mais avant, je voudrais dire à monsieur Gratien que sa phrase ci-dessous est l'une des plus belles que j'ai eu à lire sur le net cette année:
"Le dialogue ne doit pas être l'occasion de blanchir d'année en année les meurtriers".

Voici la une du quotidien le citoyen d'aujourd'hui: "Je ne comprends pas que les Centrafricains ne comprennent pas que le Dialogue Politique Inclusif n'accouchera que d'une souris "

A vous de la diaspora d'analyser pourquoi subitement ceux là même qui faisaient l'évangélisation du dialogue politique inclusif comme le Citoyen, le Confident, le Démocrate et l'Hirondelle commencent à douter de son impact?

Fraternelles salutations de Bangui

 Francis Kopaye (29/05/2008) : Ma réaction ici ne concerne pas la tribune de Clément puisque son analyse a été édifiante pour certains et moins claire pour d'autres. Je me réserve le droit de ne pas porter d'appréciation à l'ouvrage...
Je souhaite juste intervenir par rapport au témoignage de mon "ancien", si je peux me permettre, Mr Jean TONGBA.
Quel courage!! quelle honnêteté! Si tous nos aînés pouvaient tenir le même discours, nous en serions fiers et motivés. J'en ai même des larmes aux yeux.
J'adhère sans réserve à tout ce qui a été développé par Mr Jean TONGBA.
Encore chapeau bas, mon vieux!!!

Cordiales salutations

Brice Goddot Nzonguia (29/05/2008) : Bonjour,
Nous sommes tous conscients des problèmes du Centrafrique et personne n'a vocation de laisser nôtre cher pays sombré dans sa descente. Nombreux parmi nous se sont exprimés sur ce site ou ailleurs et ont pensé, que l'on doit s'inspirer de ce qui se passe ailleurs et l'adapter aux conditions de notre pays.
Le mal du Centrafricain est son CARACTERE DOMINANT (c'est un avis, le mien, je peux me tromper). Les hommes politiques en sont victimes, ils préfèrent le pouvoir à l'autorité. Ainsi l'on retrouvera en Centrafrique, des coups d'état, des irrégularités, le non respect du droit l'autre et bien d'autres.

Ce caractère apparaît clairement dans les analyses précédentes car on demande à l'ancienne classe politique de laisser la place aux jeunes par une NOUVELLE OFFRE POLITIQUE. C'est un schéma brutal et illusoire. Brutal parceque vous l'imposer (il faut., démission du gouvernement, dissolution de l\'assemblée nationale, motion de censure au pire, démission du président de la République avec dans la foulée, nouvelles élections présidentielles) et illusoire parcequ'ils ne vous diront jamais OUI.

Si nous devons être objectifs et réalistes, il serait bien que la jeunesse s'intéresse à la vie politique en réfutant les maux qui tuent le pays (corruption, clanisme, abus, vol et autres). Les Femmes et les Hommes Neufs apporteront leurs idées novatrices au sein des partis politiques pour sensibiliser et convaincre du bien fondé et surtout de l'intérêt de leurs initiatives. Progressivement, l'ancienne génération sera remplacée puisqu'elle n'est pas éternelle.

Oh oui le chemin est difficile et le chantier pénible cher Monsieur Jean Tongba Ouandoli. Croyez moi les Centrafricains sont aussi contestataires, c'est pourquoi la jeunesse doit avoir un langage noble vis-à-vis de l'ancienne génération. Il est des fois plus simple de dire à quelqu'un qu'il ne dit pas la vérité que de le traiter de menteur.
C'est avec cette manière de dire la même chose sans créer un choc que nous pouvons construire l'avenir de ce pays.
Imposer un changement d'hommes politiques (si c'est possible) c'est créer un autre groupe de contestataires qui auront la même culture (celle que nous n'acceptons pas) ou créer des rebelles puisqu'ils ont cette habitude.

Si j'ai proposé de composer avec l'ancienne génération, ce n'est pas parceque je les admire ou je ne pèse pas les difficultés de nos concitoyens de Bangui. La raison est que l'on ne peut pas passer des ténèbres à la lumière sans passer par la zone de pénombre. La transition s'impose et l'on doit faire avec pour garantir la PAIX.

D'autre part, mon frère Monsieur Gratien Adoumandjali, ne m'a pas bien perçu quand j'accuse les occidentaux notamment la France d'avoir une part de responsabilité dans les crises politiques en Centrafrique.
Ce n'est pas pour cultiver les histoires qu'on nous a racontées depuis l'époque, la raison est la suivante par cet exemple :

Quand on conduit en France et l'on est le premier à être sur le lieu d'un accident, on doit s'arrêter pour porter secours à la victime. Sinon on est condamné pour une « Non assistance en personne en danger » si la victime venait à mourir.

La France a une armée forte et bien équiper sur place, elle a laissé la guerre s'éterniser et a adopter une position de neutralité. Elle n'a donc pas secouru les populations qui avaient tant besoin de cette paix pour vivre malgré leur pauvreté !!!

Pourquoi le Centrafricain en France est condamné s'il n'apporte pas son aide à la victime française et le Français en Centrafrique trouve l'excuse de la Non Assistance dans les traités Franco-Centrafricains.

Les députés doivent réviser certaines conditions concernant la présence de cette armée en Centrafrique pour préserver le PAIX.

Toutefois, il n'est pas étonnant de penser que cette position de neutralité arrange bien l'armée présente.

La France n'a peut être pas provoqué les troubles, cependant elle est restée spectatrice alors qu'elle a les moyens pour SAUVER DES VIES.

Voilà.

Gratien Adoumandjali (30/05/2008) : Mon Frère Brice Bonsoir,
Je te remercie pour ta contribution dans la recherche de la solution aux multiples problèmes de notre pays.
Je voudrais vraiment te rassurer que j'ai bel et bien compris le message que tu as voulu faire passer lors de ton précédent exposé.
Seulement, j'ai l'habitude de vouloir orienter le débat sur du concret. Je voudrais, par là, faire savoir à tous qu'il n'y a aucun pays qui agisse sans intérêt.
Je suis d'avis avec toi sur la question de sauver les vies. Mais quel est l'intérêt, pour la France, de sacrifier chaque année une partie de sa population "militaire" pour certaines situations "stupides" excuse-moi ce terme là, que les Centrafricains s'obstinent à entretenir dans leur propre pays?
Nous voulons que ce soit la France qui paie les salaires, crée des emplois en RCA, construise des routes, des maisons, fournisse la nourriture et maintenant construise une base militaire spécialement pour assurer la sécurité des Centrafricains.
OUF, qu'est ce que nous valons exactement dans ce pays si on ne sait rien faire?

NON MES FRERES, CONSTRUISONS NOTRE PAYS AVEC L'AIDE DES AUTRES ET NON PAS QUE CE SOIT LES AUTRES QUI FASSENT TOUT A NOTRE PLACE.

Je suis convaincu qu'on n'est capable de beaucoup de choses. On est vraiment capable d'arrêter ce qu'est la rébellion "massacre des Centrafricains", de produire de la richesse, moderniser les infrastructures du pays...
C'est à dire donner la vie aux Centrafricains par le fruit de nos propres efforts et non le contraire.

D'aucuns me diront mais il faut de l'argent pour faire tout ça. Je suis d'accord avec ceux-là mais il n'y a pas de miracle lorsqu'on veut vraiment.

Je ne veux faire l'éloge de personne, mais cela est de ma tradition de reconnaître les efforts fournis par certains compatriotes.
JE VEUX EVOQUER LES EFFORTS DU PRESIDENT DE LA DELEGATION DE LA VILLE DE BANGUI.
ON NE PEUT DONNER UNE BONNE IMAGE DU PAYS QU'EN FAISANT CES GENRES D'EFFORTS.
JE NE SAIS PLUS QU'EST CE QUE CE MONSIEUR FAIT MAIS IL M'A SEMBLE ETRE UN CENTRAFRICAIN QUI SAIT CE QU'IL DOIT FAIRE POUR SON PAYS.
Voila un peu, Brice, mon obstination de vouloir toujours compter sur moi même et donc j'estime que mon pays est capable, à travers les personnes comme toi, de se donner toutes les chances possibles du développement.

Cordialement

Francial Giscard Libengué (31/05/2008) : J'ai lu avec intérêts les réactions des uns et des autres dans cette tribune. J'interviens ici sur deux points:

     1 - La tenue du dialogue du Dialogue inclusif.
     2 - La nouvelle offre politique.

En ce qui concerne le premier point je crois qu'il est mieux de que ceux qui s'opposent au dialogue puissent nous proposer une issue alternative urgente pour sortir de la crise et rétablir la paix et l'unité nationale. Qu'ils nous montrent exactement ce qu'on doit faire pour mettre fin à cette guerre puis sauver nos compatriotes qui sont actuellement victimes et tenus en otage. Puisque de nombreux combats se sont livrés en ce sens et ceci sans résultats satisfaisants.
Je crois pour ma part que ce dialogue est l'unique chemin et le plus sûr pour nous de tourner la page avec une probabilité aussi proche de 1 (un). Quand je dis tourner la page, je veux parler de la fin de cette guerre qui nous a tant ravagé. Parlant ainsi je veux exclure toute proposition aboutissant au partage du gâteau comme l'ont souligné quelques uns de mes prédécesseurs.

Pour ce qui est du deuxième point, je me demande si réellement mon frère Clément BOUTE pense que ce qu'il appelle NOUVELLE OFFRE POLITIQUE est réaliste.
Si je ne me trompe pas (sauf mention expresse du contraire) toutes les crises qu'il a citées dans cette tribune proviennent de cette politique d'exclusion.
La cause principale de toutes nos crises commence toujours par l'égocentrisme tribal né chaque fois qu'on est aux affaires et qui conduit toujours à cette politique d'exclusion qui à son tour crée la jalousie mère et responsable de tous les désordres que nous vivons aujourd'hui. Je vous en prie il faut revenir sur terre dans le concret et travailler dans le monde des réels avec des données réelles au lieu d'extrapoler.
A mon humble avis, cette nouvelle offre politique n'apportera rien de nouveau si ce n'est pas d'abomination de la désolation.
Par contre j'adhère à la proposition de Monsieur Brice Goddot Nzonguia selon laquelle il serait bien (je dirai même mieux) que la jeunesse s'intéresse à la vie politique en réfutant les maux qui tuent le pays (corruption, clanisme, abus, vol et autres). Faisant ainsi nous pouvons changer l'esprit , la vision et le paysage politiques du pays et enfin réorienter l'objectif que vise le politicien centrafricain qui n'est autre que de naître, grandir et mourir dans le gouvernement. Mais faire à la manière de Clément BOUTE et autres, serait déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul. J'en profite pour remercier vivement Monsieur Marius BOYKETTE qui dit je cite:
"Je n'adhère pas non plus à la logique d'impunité mais j'opte pour l'unité des Centrafricains, le développement et la vraie démocratie qui exclue cette logique d'exclusion et qui compose avec tout le monde" c'est cela le réalisme auquel doit aspirer la jeunesse centrafricaine qui ne veut plus souffrir. Composer avec tout le monde dans la rigueur et le respect des règles démocratiques c'est cela ce que j'appelle un pouvoir fort et juste.

Mbi bara ala kwè.

Jean Tongba Ouandoli (02/06/2008) : Sans prétention, je reviens encore dans ce débat pour faire un peu de pédagogie. Cette tribune nécessite une explication de texte pour lever certaines hypothèques et j'en appelle à la diligence de son auteur pour cela. Son explication serait nécessaire pour nous permettre de mieux appréhender l'angle sous lequel il se situe et situe le concept de NOP (nouvelle offre politique).

Compatriote Brice Goddot, lorsqu'on te lit, on se rend compte que ton regard suit celui de l'auteur de cette tribune dans le fond, mais diffère sur la forme dans le mode opératoire. En voici quelques exemples:

Brice Goddot: « Ce caractère apparaît clairement dans les analyses précédentes car on demande à l'ancienne classe politique de laisser la place aux jeunes par une NOUVELLE OFFRE POLITIQUE. C'est un schéma brutal et illusoire »

COMMENTAIRE:
L'auteur de la tribune dit : « Face au tableau qui précède, la logique voudrait que l'on s'oriente vers une nouvelle offre politique avec des hommes et des femmes neufs ; capables d'engager un nouveau dirigisme d'état afin d'insuffler à notre pays une dynamique nouvelle pour redonner l'espoir, pour redresser, pour reconstruire et inscrire dans le marbre les bases du nouveau Centrafrique »
Plus loin il ajoute
« L'Avenir, c'est-à-dire une nouvelle offre politique. Celle qui nous force à avoir foi en nous, en nos capacités et nous place devant notre tâche principale : engagement et persévérance dans le travail et l'excellence qui est la seule mécanique pour transformer nos potentialités en richesses véritables dans un Centrafrique pacifié, réunifié et en marche, où l'on mettra le savoir et la technique au service du Centrafricain et de son environnement »

Fort de ce qui précède, tu comprendras qu'il n'est pas fait allusion à un remplacement brutal de tous les anciens. Moi j'ai compris une démarche qui ne se reconnaît pas dans les offres présentes et propose une alternative, d'ailleurs il le dit si bien en concluant sa tribune: « je suis à la porte de la seconde » c'est peut-être cette caractéristique qui induit une incompréhension car l'offre venant de la part d'un jeune, on pense qu'il prêche un changement de garde ou fait l'apologie du jeunisme. Si tel était le cas, se serait vraiment stupide.

Brice Goddot : « Brutal parceque vous l'imposer (il faut., démission du gouvernement, dissolution de l'assemblée nationale, motion de censure au pire, démission du président de la République avec dans la foulée, nouvelles élections présidentielles)»

COMMENTAIRE :
Là aussi, une lecture sérieuse et tranquille du texte permet de comprendre que l'auteur parle des instruments qu'offre la constitution de décembre 2004 pour régler les crises. Il ne s'agit pas de propositions propres mais d'outils constitutionnels. Reprends le texte et relis la constitution tu verras ce dont il est question.

Brice Goddot: « illusoire parce qu'ils ne vous diront jamais OUI. »

COMMENTAIRE:
Nul n'est sensé ignorer la loi et être au dessus de celle-ci.

Brice Goddot: « Si nous devons être objectifs et réalistes, il serait bien que la jeunesse s'intéresse à la vie politique en réfutant les maux qui tuent le pays (corruption, clanisme, abus, vol et autres). »

COMMENTAIRE:
Brice, ce que nous sommes entrain de faire, est de la politique. L'auteur de cette tribune a été durant les élections de 2004/2005, membre du comité national de campagne du RDC , porte parole et conseiller en communication du candidat Kolingba. Ça s'appelle faire de la politique. Il n'est pas le seul jeune dans ce cas; Leopold Bara, un autre jeune centrafricain a été directeur de campagne et conseiller stratégique de Maître Pouzère. Crépin Mboli Ngoumba a été candidat dans le 5ème arrondissement. Les exemples de jeunes en politique sont légions.

Brice Goddot: « Les Femmes et les Hommes Neufs apporteront leurs idées novatrices au sein des partis politiques pour sensibiliser et convaincre du bien fondé et surtout de l'intérêt de leurs initiatives. Progressivement, l'ancienne génération sera remplacée puisqu'elle n'est pas éternelle. »

COMMENTAIRE:
Ce n'est pas un passage obligé. Si un centrafricain de 25 ans, 30 ans,35 ans pense qu'il doit répondre à un appel de son temps ou de sa génération, point n'est besoin pour lui de s'embrigader dans un appareil de parti. Prends le pour vérité établie. Si l'on ne se reconnaît pas dans les offres politiques en cours, l'on peut proposer un autre schéma et cela peut s'appeler nouvelle offre politique.

Brice Goddot: « c'est pourquoi la jeunesse doit avoir un langage noble vis-à-vis de l'ancienne génération. Il est des fois plus simple de dire à quelqu'un qu'il ne dit pas la vérité que de le traiter de menteur. »

COMMENTAIRE:
Analyser une situation à la lumière de l'histoire et du contexte mondial de l'heure, réduire cela au champ politique centrafricain et proposer une issue n'est pas blasphématoire pour vos aînés. Si j'avais géré une parcelle de l'état centrafricain, je n'aurais été gêné en rien par les discours et analyses qui pointent l'échec, car s'en est un. Sépares toi de cette approche archaïque.
Dans ce que tu fais ici (France), donnes toi les moyens d'être le meilleur. Et si l'envie de participer à la renaissance du pays te tient à cœur, sois rigoureux d'abord avec toi et ensuite exigeant envers les autres. Ce sera uniquement à ce prix là que tu réussiras ou que vous réussirez; Toi, Clément et tous les autres qui témoignez ici et ailleurs, l'envie de voir la RCA dans une autre dimension.

Cordialement tien.

 

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