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L'arbre à
palabre
Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
LE DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF: Un rendez-vous manqué avec l’histoire
«L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé»
Steve BANTU BIKO
Ce
postulat contre la tenue du dialogue politique inclusif s'inscrit dans
la lignée de l’opposition exprimée en 76/77 par Doungoumia Focky, Romain
Sopio, Marguerite Balenguelé et Alphonse Blagué contre l’avènement de
l’empire.
Dans ce Centrafrique de près de deux millions d’habitants en 1976, ils
étaient quatre marginaux dans la masse des serviteurs patrimoniaux et
des dangereux ambitieux (1) à s'opposer à la création de l'empire
centrafricain. Ces quatre-là, Bokassa les brutalisa et les priva de
liberté.
Trente-deux (32) années plus tard, les marginaux de 76 sont pour moi des
héros, car l’empire et l’empereur font partie des pires choses arrivées
en Centrafrique(2)
Dans cette posture, certains ont cru y voir de l’incohérence, de
l’orgueil, de l’aveuglement, de l’autisme. En me déclarant Passionné du
Centrafrique, d’autres ont cru que je n’étais pas doué de raison, car
passionné et donc imprévisible, irresponsable et fonctionnant à
l‘affect. Cette tribune est une occasion pour réaffirmer ma prise de
position et prendre rendez-vous avec l'histoire en opposant à
l'arrogance et à la spiritualité, la vertu de la pédagogie du concret.
Alors que les rues de notre pays sont encombrées de désespérance, c'est
ce moment là que choisissent nos élites (une majorité) pour dire au
peuple Centrafricain que seul le recommencement de l'histoire est
l'avenue de l'espérance;
Alors que tout va si mal, c'est ce moment là que choisissent nos
oppresseurs pour nous parler d'amnistie, d'intégration dans l'armée, de
nouvelle transition, de gouvernement d'union nationale...;
Alors que la paresse s'est emparée de nos esprits, on nous oblige à
faire l'économie de l'inspiration,de la justice, de la sueur et du
courage. (*)
L'actualité de ces dernières semaines ne peut laisser indifférent. Elle
nous oblige à dépasser le factuel et à poser en toute sérénité et
rigueur un regard sur les réalités des masses de notre pays et les
différentes pistes de solutions proposées par les uns et les autres.
Il est vrai que par moment, certaines crises dépassent les cadres
institutionnels et exigent un consensus de braves autour d’axes
prioritaires. C’est une réalité historique contre laquelle je ne
m’alignerai pas. L’interrogation qui en découle est de savoir si c’est
le chemin par lequel doit passer notre pays?
Un constat s'impose : en Centrafrique, l'histoire est vide
d'enseignements. Le rapport du comité préparatoire du dialogue politique
est la manifestation de ce que j'ai appelée dans une précédente tribune
: l'absence de vision. Avait-on réellement besoin de paralyser le pays
trois années pour en arriver là?
Les pérégrinations de certaines personnalités et les sursauts
patriotiques de responsables déchus nous indiquent ce qui intéresse les
acteurs de la crise que traverse notre pays.
Les réalités Centrafricaines et le contexte mondial nous obligent à
faire l'économie des détours inutiles et chacun, dans son espace
d'expression républicain à œuvrer pour s'attaquer au problème
fondamental de notre pays.
Ce problème majeur a toujours été caractériser par l’absence d’un
pouvoir «Fort et Juste». Elle est la manifestation de l’échec de
l’ensemble de nos élites.
Pour y remédier, il nous faut des institutions fortes, pérennes ; fruits
d’énoncés politiques clairs qui ne peuvent sortir du dialogue politique
inclusif , mais de structures politiques cohérentes. Un pouvoir FORT et
JUSTE, est un système qui n'exerce pas le pouvoir, mais utilise
l'autorité pour transformer et améliorer les conditions d'existence de
ses masses, car la RCA notre pays est à un croisement et la pérennité du
rêve CENTRAFRIQUE est l'enjeu principal. Il nous faut une nouvelle
ambition nationale capable de jeter de nouvelles perspectives qui
consolideront le désir de vivre ensemble et nous faire sortir de nos
ghettos-refuges (ethnie, région, religion, habitude...) pour passer de
la juxtaposition à la communauté.
Lorsqu’il n’y a pas de résultats ou d’inspiration à cause de faux débats
procédant de fausses analyses des problèmes et notamment de la situation
macro-économique et sécuritaire ; on ne peut escompter des mesures qui
permettent de relancer l’économie. Là où il faut davantage de rigueur
pour encadrer une vigoureuse ambition nationale face aux urgences et aux
défis, nous optons pour le statuquo et l'éternel recommencement en
vendant des illusions dangereuses qui nous empêchent de combler notre
quadruple déficit : Confiance, Transparence, Espérance et Tolérance.
En agissant ainsi, nous perdons la notion d’échelle de responsabilité
dans la déconfiture de notre pays. Nous oublions d’analyser le mécanisme
producteur et nous proposons en permanence une juxtaposition de
solutions obsolètes (casting et dosage). Nous nous attaquons aux effets
et non aux causes et nous reproduisons le cycle des conditions qui
donneront les mêmes effets : la déconfiture globale.
L’actuelle ère démocratique a débuté en 1991 avec le retour des
activités syndicales et le pluralisme politique. Un petit survol
historique est nécessaire pour mieux apprécier la posture qui est mienne
face au dialogue politique inclusif en particulier et à la crise que
traverse notre pays en général :
. ● 21 Septembre 1979: Restauration de la République
. ● 1980 : 08 au 15 Décembre, Séminaire national
. ● 1980 : 24 Décembre, 1er Procès BOKASSA
. ● 1981 : Mars, Élection de Dacko
. ● 1981: Mai-Juillet , désordre né de l’élection de Dacko, État de
siège
. ● 1981: Septembre, coup-d’état de Kolingba, mise en place du CMRN
(comité militaire de
redressement national)
. ● 1986: Nouvelle Constitution
. ● 1987: Création du RDC (parti unique)/ Procès BOKASSA
. ● 1991 : rétablissement des activités syndicales et du pluralisme
politique
. ● Aout 1992 : grand débat national
. ● Octobre 1992: Élections générales (annulées le 29 par la cour
suprême)
. ● 1993: Création du Conseil National Provisoire de la République (CNPPR),
17 Janvier.
. ● Septembre/Octobre 1993 : Élection de Patassé, Investiture, Départ de
Kolingba
. ● Janvier 1994 : Dévaluation du Franc CFA
. ● 1995 : États généraux de l’Education nationale
. ● Avril 1996 : 1ère mutinerie
. ● Mai 1996 : 2ème mutinerie
. ● Juin 1996 : Protocole d’accord politique
. ● Aout/Septembre 1996 : États généraux de
. → comité mixte de désarmement
. → Programme minimum commun
. ● Novembre 1996 : 3ème mutinerie
la défense
.● Mars 1998 : conférence de réconciliation nationale
.→ Pacte de réconciliation nationale
. ● Octobre 1998 : Élections législatives: Phénomène KOUDOUFARA
. ● Septembre 1999 : Réélection de Patassé
. ● 28 mai 2001 : coup d’état manqué du général Kolingba
. ● Novembre 2001 : tentative d’arrestation de Bozizé, exil Tchadien
puis Français
. ● Octobre 2002 : prise manquée de Bangui par les hommes de Bozizé
. ● Mars 2003 : Coup d’état de Bozizé: Transition Consensuelle
. ● Septembre 2003 : Dialogue national
.→ Mise en place du CSADN (3)
. ● Novembre 2004 : Nouvelle constitution
. ● Mars 2005 : Élections Présidentielles et Législatives
. ● Juin 2005-2007 : Mise en place
.→ Cour constitutionnelle
.→ Assemblée Nationale
.→ Conseil Économique et Social
.→ HCC
Le retour du multipartisme, loin d’apporter le mieux-être au
Centrafricain a fait croître le nombre de ses doléances. Les dix-sept
années qui viennent de s’écouler ont été des années de prolifération
d’armes de guerre, de forces armées non conventionnelles, de
bombardements aériens des populations civiles, des viols à grandes
échelles, d’affaires mafieuses, d’ethnocide, d’explosion du SIDA…
Dans l’échelle de responsabilité de la dégradation intégrée de notre
pays au cours des trente dernières années, l’ensemble de l’actuel
leadership politique se dispute la pôle-position. Face à un tel tableau,
se pose la question de l’alternative. Comment comprendre que l’on
veuille toujours par tous les moyens, remettre au cœur des affaires de
l’état, les acteurs de nos douleurs, de nos chagrins, de nos blessures,
de nos déchirures et de nos souillures? N’existe-t-il pas sous le
soleil du Centrafrique ; d’autres femmes, d’autres hommes, d’autres
acteurs? Pour que ce soient les mêmes aventuriers, avides de pouvoir aux
mains rougies par notre sang que l’on invoque sans-cesse?
Dialoguer, sur quelles bases?
De 1992 à 2003, l’histoire nous a appris que les fora comme le dialogue
politique inclusif servent à se partager le pouvoir, car les résolutions
demeurent toujours sans lendemain. Qui se souvient des résolutions de
1980,1992,1998,2003 et surtout du CSADN plus proche de nous?
Or face aux réalités centrafricaines, le partage du pouvoir (4) n’est
pas la panacée.
Dans une dépêche BBC Afrique du 03/04/2008 relative à la fin des travaux
du comité préparatoire du dialogue politique inclusif, il est écrit : «
…Quant à l’ordre du jour du dialogue, il n’est pas très précis. Tout
juste on sait qu’il ne s’agit pas de remettre en cause l’ordre
constitutionnel, ni encore les élections remportées en 2005 par le
président François Bozizé. Selon des sources proches de l’organisation
des travaux préparatoires, le dialogue aura un volet sécuritaire avec
notamment la question cruciale de l’intégration des combattants des
différentes rebellions dans l’armée, un volet socio-économique et un
volet relatif à la bonne gouvernance, avec notamment la question de la
transparence dans l’organisation des prochaines élections de 2010. »
Lorsqu’on lit ce qui précède et que l’on a en mémoire le discours du
chef de l’état à l’occasion du 13 aout 2007 et les récents
développements de l'actualité Centrafricaine, les derniers verrous
utopistes sautent.
Les réalités profondes de notre pays ne sont pas prises en
considération. La fameuse théorie du dialogue ou trialogue (5) fait
oublier les véritables enjeux de la relance de notre pays. Pas besoin
d'une loupe pour se rendre compte du decallage réel entre les élites et
les masses (6).
Si aujourd’hui la déconfiture est générale et que le pays ne fonctionne
plus sur les plans économique, sécuritaire, institutionnel et
socioculturel, ce serait malhonnête de dire que la responsabilité
incombe entièrement au régime actuel. Il à sa part de responsabilité en
« poubélisant » l'engagement sur lequel il fut élu.
L’autre responsabilité est tricéphale :
1. Une opposition politique qui oublie d’où elle tire
légitimité et sa vocation qui est celle de prendre le pouvoir
c’est-à-dire être l‘alternative en gagnant la bataille de l'opinion pour
gérer les affaires de la République;
2. Des Centrafricains égarés qui pensent que savoir
manipuler les armes ou une bande
d’individus est un chemin pour arriver à la gestion des affaires de
l'État;
3. Une élite apathique.
QUE FAIRE?
Face au tableau qui précède, la logique voudrait que l’on s’oriente vers
une nouvelle offre politique avec des hommes et des femmes neufs ;
capables d’engager un nouveau dirigisme d’état afin d’insuffler à notre
pays une dynamique nouvelle pour redonner l’espoir, pour redresser, pour
reconstruire et inscrire dans le marbre les bases du nouveau
Centrafrique. Dans cette RCA qui se meurt. Dans ce pays à la population
moralement et matériellement anémié, aux doléances légitimes accrues et
à qui, il faut répondre, tout de suite et de manière cohérente ; le pire
qui pourrait lui arriver c’est que ses éternels « saigneurs » soient
maintenus et réconforter dans leurs rôles, par cet aréopage appelle
Dialogue politique Inclusif (7).
Cette nouvelle offre est plus que nécessaire pour répondre de manière
pragmatique aux besoins essentiels des masses Centrafricaines en créant
les conditions pour qu’émergent des citoyens devenus les agents
matériels de la transformation de la société.
Disposant de la somme des expériences du passé, nous devons affirmer
avec force, notre indéfectible volonté d'engager un Processus Global
d'Amélioration des Situations Concrètes de nos Masses (PGASM). Telle est
la logique de l'histoire. Lorsqu'un pays a tout, et que son peuple n'a
rien, il n y a qu'une seule alternative. Soit, ce peuple accepte son
sort et prend le risque certain de disparaître. Soit, il décide de
s'organiser afin d'arracher ce qui lui revient de droit : la stabilité
et la prospérité. (*)
C’est la révolte des gens de bien contre l’Injustice, l’Abrutissement et
l'Eternel Recommencement.
Conclusion
Dans sa plaidoirie lors du procès Bokassa, Maître Nicolas Tiangaye avait
dit : «... ce procès fut un miroir où se contemplait la société, et
que, si l’image n’en était pas glorieuse, c’était à cause de la
démission générale des élites… ce procès est celui de la honte nationale
de la société centrafricaine et de la lâcheté des intellectuels»
(j'ai la même opinion sur le forum à venir. NDLR, CBM)
Nous étions en 1987. Vingt et une année plus tard, les maux que le
procès Bokassa était censé exorciser sont plus criant. Personne n’a
retenu les leçons du procès, à savoir : baliser les limites du devoir
de chacun et assurer les droits humains pour garantir la prospérité
économique et la stabilité.
Nous nous sommes auto-emprisonnés en utilisant de méthodes devenues
caduques.
Le dialogue politique inclusif qui se déroulera dans les jours à venir
est une atteinte grave à l’ordre constitutionnel et à l’expression du
pluralisme politique. Il est un rendez-vous manqué avec l'histoire c'est
à dire nos rêves, nos espoirs, nos attentes légitimes...notre humanité
car le défi principal des élections de 2005 était de faire du
Centrafricain, le sujet de son histoire. Il est en outre un déni de
justice car les amnisties en vue vont faire passer en pure perte une
partie dramatique de notre histoire qui explique en partie notre
présent. Il fondera le lit d'un prochain dialogue , car l'injustice
alimente le ressentiment et le ressentiment ouvre la porte à des
expéditions.
Les problèmes auxquels sont confrontés les masses centrafricaines ne
trouveront pas un début de solutionnement lors ce forum, car il ne sera
pas la tabernacle pour la naissance du messie, il ne sera pas créateur
d'emplois manufacturiers et il ne permettra pas de faire face aux crises
du SIDA, de l'Education, de l'Environnement (santé, énergie,
habitat...), de l'Economie, de l'Agriculture, du désenclavement, de
l'intégration régionale...
L’expression politique depuis la fin de la transition consensuelle est
encadrée par la constitution. Tous ceux qui pensent que le régime en
place agit mal n’ont qu’à s’aligner sur cette constitution pour utiliser
tous les moyens légaux afin de stopper la descente aux enfers de notre
pays :
démission du gouvernement, dissolution de l'assemblée nationale,
motion de censure au pire, démission du président de la République avec
dans la foulée, nouvelles élections présidentielles... il n'est
aucune absence dans l'esprit du texte qui puisse justifier la rébellion,
si ce n'est le couple : Cupidité et Haine.
L'absence de considération politique dans les accords de Syrte, Birao et
Libreville justifie la non-nécessité des rebellions car les divergences
entre elles et le pouvoir sont sur la forme et non le fond. Ils
appartiennent tous au même sérail.
C’est notre démission générale qui permet à la situation de perdurer et
à certains de prendre en otage le pays , car sachant manipuler les armes
ou des égarés. En étant passif, nous nous faisons complice de ce complot
qui a pris en otage le Centrafricain depuis plusieurs décennies en
créant les conditions pour le maintenir dans l'asservissement,
l'avilissement et l'aliénation. Un crime parfait et bien calculé qui le
rend dépassé par les événements, croupissant dans la précarité en ne
pensant qu'à l'instantanée et au lendemain immédiat.
Dans un monde en mouvement où les Américains vont placer un noir à la
maison blanche, où les Français ont élu président un homme dont le
grand-père est Hongrois, où les négro-Mauritaniens réfugiés au Sénégal
rentrent , où les militants de l’ANC ont imposé ZUMA à MBEKI, où le
procès de Habré va commencer et bientôt ceux de Patassé et Bemba je
l’espère, où les libériens ont élu une femme présidente de la République
et où les Zimbabwéens ont dit au revoir à Mugabé. Dans ce monde-là, le
dialogue politique inclusif que l’on propose au centrafricain n’est pas
la panacée à ses problèmes . Son actualité et sa prochaine tenue sont
une insulte à son intelligence et le place devant deux issues :
. ● La Fatalité, c’est-à-dire un avenir déjà compromis par
l’usure, l’impunité, la corruption, la gabegie , la gouvernance à vue
... et;
. ● L’Avenir, c’est-à-dire une nouvelle offre politique. Celle
qui nous force à avoir foi en nous , en nos capacités et nous place
devant notre tâche principale : engagement et persévérance dans le
travail et l'excellence qui est la seule mécanique pour transformer nos
potentialités en richesses véritables dans un Centrafrique pacifié,
réunifié et en marche, où l’on mettra le savoir et la technique au
service du Centrafricain et de son environnement.
Je suis à la porte de la seconde.
Clément BOUTE-MBAMBA,
Passionné de Centrafrique
1: « votre Auguste Personne n'est pas sans savoir que l'Afrique
est la terre de prédilection des empires, et, dans sa mutation actuelle,
vibre en écho aux grands empires qui furent ceux du Ghana, du Songhaï,
du Mali, du Congo... la naissance de l'empire centrafricain se situe
donc bel et bien dans la plus pure tradition africaine, et traduit
aujourd'hui plus que jamais la volonté souveraine du peuple
centrafricain de refaire son histoire, sauvagement liquidée par plus de
soixante dix ans de colonisation. Oui majesté impériale, vous êtes le
plus illustre de ces héros de la grande famille des hommes, Symboles de
leur temps, et dont le destin se confond avec le destin de leur nation.
»
Ange Félix Patassé lors de la présentation des vœux de 1977 du
gouvernement à Bokassa.
*Ajouté à cette vision incohérente de notre histoire et de nos réalités,
les propos anticonformistes tenus par ce dernier à l'endroit des Ngbaka:
«il faut les tuer tous!!!», dès son retour à Bangui à partir
d'octobre 1979. Propos semblables à ceux tenus par Apollinaire Dondon
Konamabaye, alors président de l'assemblée nationale au lendemain du
coup d'état manqué du 28 mai 2001 à l'endroit des Yakomas :
«...minorité exogène imbue de supériorité... qu'il faut renvoyer chez
elle...»
2: Focky, Sopio, Blagué et Balenguelé furent les seuls, au
niveau local à avoir exprimer ouvertement leur refus à l'avènement de
l'empire. Ils continuèrent d'utiliser en public du terme prohibé de
République Centrafricaine, cela leur valut la prison.
3: CSADN: Comité de Suivi des Actes du Dialogue National
de 2003 dont le l'inventaire n'a pas été fait jusqu'à ce jour.
4: Le partage du pouvoir est cette notion antidémocratique qui ne
laisse pas les gagnants d'une élection réaliser le programme sur lequel
le peuple les a mandaté. Gouvernement d'union nationale, transition
consensuelle...la littérature est riche dans ce domaine.
«Il faut que nous concevions un programme commun de gestion du pays
...Il faut un programme commun pour les deux ou trois ans à venir. Avec,
par exemple, la création d'une armée républicaine, la formation de 400
ou 500 médecins, et d'autres objectifs à déterminer ...Pendant cette
période, chacun s'engage à ce qu'il n'y ait pas de troubles. Cela
pourrait nous permettre de sortir la tête de l'eau (...) Et après, on
peut organiser des élections démocratiques claires ...En ce moment tout
le monde navigue à vue, il n'y pas d'objectif à atteindre. Il nous faut
créer les conditions d'une nouvelle +transition+... Créons les
conditions de fusion entre l'armée gouvernementale, l'APRD, l'UFRD
[...]»
Les propos qui précédent sont ceux du président de l'APRD, propos tenus
à l'AFP à Libreville le 04 mai 2008.
5: La théorie du trialogue fut conceptualisée par le pasteur
Josué Binoua, candidat aux élections présidentielles de 2005. Selon
cette théorie, les problèmes de la RCA se résumeraient autour de trois
personnes : Bozizé, Kolingba et Patassé. A ce propos, lire :
«Centrafrique, L'Instabilité Permanente» Éditions l'Harmattan, ISBN:
2-7475-8997-8
6: S'éclairer au bucher ardent est le type d'énergie domestique
que l'on utilisait au moyen-age. Or 20,4% des 81,5% des ménages
Centrafricaines qui ne sont pas connectées au réseau électrique
domestique; utilise le bucher ardent. Il s'agit ici d'un exemple des
réalités de nos masses qui ne sont pas prises en compte par les
protagonistes de la crise en cours. Voir rapport PNUD/OMD.
7: Lire Francis Laloupo dans le numéro 163 du magazine
Nouvel Afrique/Asie d'avril 2003.
(*) : Ces paragraphes sont inspiré d'une tribune de Crépin Mboli
Goumba, publié en 2001 sous le titre: «se battre ou mourir»
REPERES:
1: «Si J'étais Candidat» tribune publiée le 4 Octobre 2004 sur
les sites internet : www.polele.tk et
www.sangonet.com
2: Interview accordée au bihebdomadaire l'Indépendant du 26 juillet
2007, disponible sur le site www.lindependant-cf.com dans la
rubrique Interview.
3: «Élections ou Dialogue National bis? : la marche forcée vers la
répétition de l'histoire.» Tribune publiée dans l'Independant du 27
septembre 2007 et sur les sites
www.sozowala.com,
www.polele.tk et
www.lindependant-cf.com
4: Déclaration générale du Dialogue National de 2003, consultable sur le
site Internet :
http://dialogue.national.free.fr/
Réactions à cette tribune
Marius
Boykette
(23/05/2008) : Je vous remercie cher passionné de Centrafrique
d'avoir pris le temps pour réfléchir sur la RCA, mais je m'inscris
totalement en faux contre votre prise de position vis à vis du dialogue
inclusif et surtout contre votre pessimisme en ce qui concerne son
impact pour le développement de notre pays.
En tenant un pareil discours vis à vis du dialogue inclusif il me semble
que vous ne vivez pas à Bangui et plus encore dans les arrières pays
pour sentir réellement la gravité de ce qui passe et plus encore vivre
les difficultés que connaissent nos parents victimes de cette guerre qui
ne cesse de fragiliser notre pays.
Au fait, nous ne sommes pas les seuls à prendre plusieurs fois ce chemin
de réconciliation comme vous l'avez suggéré en rappelant tous les grands
évènements de notre pays et je crois pour ma part que ce dialogues
inclusif sera pour nous l'ultime moment pour prendre véritablement le
chemin du développement.
Je suis d'avis avec vous lorsque vous soulignez dans votre discours que
chaque fois nous nous attaquons seulement aux effets et non aux causes
des crises que nous traversons. Je pensais que vous avez aussi réfléchi
comme moi en indexant les occidentaux qui nous fragilisent avec les
guerres alors que vous même ne voyez d'où viennent les crises et
pourquoi.
Je veux ainsi vous signaler que pour la plus part les guerres que nous
vivons en RCA sont provoquées par les occidentaux à cause de leurs
intérêts égocentriques et donc c'est par naïveté que nous acceptons nous
entre tuer.
Je vous assure que nous allons nous en sortir car il nous fallait passer
par cette pénitence pour accéder au développement que nous cherchons
tant.
Je ne disconviens pas lorsque vous proposez de composer avec des femmes
et hommes nouveaux, mais une chose est sûr: La RCA ne peut que composer
avec ses enfants, même les plus capricieux pour ne dire enfants
prodigues. L'histoire est témoin et donc il faut d'abord pardonner pour
mieux sanctionner.
D'ailleurs, nous avons beaucoup perdu du temps et on ne peut pas avancer
si on ne tient qu'à punir tous les coupables. C'est pourquoi il nous est
urgent de tourner cette page. C'est très important de faire réunir tous
les fils du pays sans EXCLUSION autour d'une même table pour décider
d'abandonner toutes les querelles afin de prendre réellement le chemin
la vrai démocratie et du DÉVELOPPEMENT. Le peuple centrafricain a
beaucoup souffert et il ne veut plus souffrir donc il lui faut une
rupture définitive avec la souffrance. Nous ne sommes que 4 millions
pour 623km² et nous avons beaucoup de richesses inexploitées ce n'est
pas dans cette logique de guerre et de pessimisme que nous allons
développer notre RCA.
Je n'adhère pas non plus à la logique d'impunité mais j'opte pour
l'unité des centrafricains, le développement et la vraie démocratie qui
exclue cette logique d'exclusion et qui compose avec tout le monde.
Jean
Tongba Ouandoli
(24/05/2008) : L'analyse est très bien emmenée, fournie et très
pertinente par endroit. Elle démontre l'école de pensée de son rédacteur
et met à nu son idéalisme.
Je ne retiendrai que ceci: "Ce problème majeur a toujours été
caractériser par l'absence d'un pouvoir «Fort et Juste». Elle est la
manifestation de l'échec de l'ensemble de nos élites"
"Comment comprendre que l'on veuille toujours par tous les moyens,
remettre au cœur des affaires de l'état, les acteurs de nos douleurs, de
nos chagrins, de nos blessures, de nos déchirures et de nos souillures?
"
"L'Avenir, c'est-à-dire une nouvelle offre politique. Celle qui nous
force à avoir foi en nous , en nos capacités et nous place devant notre
tâche principale : engagement et persévérance dans le travail et
l'excellence qui est la seule mécanique pour transformer nos
potentialités en richesses véritables dans un Centrafrique pacifié,
réunifié et en marche, où l'on mettra le savoir et la technique au
service du Centrafricain et de son environnement.
Je suis à la porte de la seconde. "
Chers visiteurs de ce site, que l'on partage cet avis ou pas, il est
sérieux de reconnaître sa profondeur. Alors lisez le et faites le lire,
il appartient je n'en doute pas un seul instant; au panthéon des textes
refondateurs de notre pays.
Edgard
Yangaboy Bozalo
(24/05/2008) : Cher Marius , vous parlez d'occidentaux? Êtes vous
de mauvaise foi ou tout simplement naïf? Le bourreau du Centrafricain,
c'est le Centrafricain lui-même. Le malheur de notre pays, ce sont ses
hommes et c'est ce que cette tribune a mise en évidence. Laissez les
occidentaux en paix et occupons nous de nous. C'est magistral ce genre
de tribune. Je me suis amusé à la faire lire ici à Bangui où je me
trouve et l'appréciation est unanime. D'ailleurs la presse quotidienne
de Jeudi et de Vendredi ont diffusé de larges extraits de cette tribune
et c'est même le titre qui barrait la une du Confident. Cher Mr, enlevez
vos œillères et retroussez vos manches pour soutenir ce genre
d'initiatives. Y a rien à dire la dessus, si ce n'est que bravo. Enfin
un.
Sylvain
Bangui
(25/05/2008) : C'est toujours les mêmes qui détruisent le pays
Merci et bravo monsieur Clément pour le travail accompli. Voici le genre
de lecture que l'on voudrait parcourir, qui aussi pour ma part est une
référence pour ceux qui, comme moi, ne sont pas assez documentés sur le
pays. Devant cette analyse qui crève les yeux, il faut s'attendre aux
objections des esprits chagrins et nostalgiques d'un passé qu'ils ont
mythifié pour se bercer d'illusions à la façon des bambins qui
demandent, tous les soirs, avant de se coucher, à leur maman, de leur
lire un conte de fée avant de s'endormir. Le bilan de la gouvernance des
faux nationalistes qui ont trahi le peuple, qui lui, était sincère dans
son nationalisme, est aussi catastrophique que criminel. Economie
sinistrée, dictature obscurantiste, culture de l'impunité et du
mensonge, violations systématiques des droits de l'Homme accompagnées de
traitements inhumains, cruels et dégradants, intelligence avec l'ennemi.
Ceux là même qui ont endeuillé le pays se préparent à entrer dans la
peau de colombes pour aller signer avec le sang des populations un
nouvel acte de destruction de la nation. Ces sorciers, ces serpents à
deux têtes dépourvus de toute humanité car seul compte leur intérêt
propre ont toujours pris les enfants du bon Dieu pour des canards
sauvages. Je pose la question : qui a ramené dans ce pays les bandes
armés du Tchad, les Baniamulengués de l'ex-Zaïre, les Tueurs Soudanais,
les tueurs Ougandais de libération des seigneurs ?
Albert
Namfeï Kone
(25/05/2008) : la rhétorique de l'analyse est excellente mais la
fin est énigmatique. Si je partage l'avis que la nécessité d'une
nouvelle offre politique est cruciale, je reste sur ma faim quant à sa
forme, sa consistance et sa composition. Est-ce l'apologie du jeunisme
ou une reforme radicale? Où Mr Clément, vous situez sur l'échiquier
politique? Vous êtes contre la tenue du dialogue politique, mais que
proposez vous en retour? Êtes vous satisfait de l'interpellation de
Bemba à Bruxelles dont vous souhaitez le procès avec celui de Patassé?
Ne pensez-vous pas que son arrestation va radicaliser la position des
Centrafricains qui ont du sang sur la main? Merci de réfléchir à tout
cela et de proposer quelque chose de concret au Centrafricain au lieu de
la rhétorique qui a déjà montré ses limites, même si celle ci est très
bonne.
Marius
Boykette
(25/05/2008) : Cher Edgard,
Il me semble que tu ne connais pas réellement l'histoire de notre Pays
la RCA. Peux tu me citer les causes des différentes crises que nous
avons traversées jusqu'alors? Je ne suis ni de mauvaise foi ni naïf
comme tu le penses mais il est seulement question de faire un retour en
arrière pour savoir d'où le mal vient. Peux tu me montrer les véritables
raisons de la création des mouvements rebelles dans le Bamingui Bangoran
et la Vakaga? Pourquoi le dossier d'exploitation du Fer de Bogoin était
classé? Pour ne citer que ça. Certes nous Centrafricains, nous sommes
complices mais les auteurs sont les occidentaux plus précisément nos
colonisateurs et c'est ce que je voulais signaler à Clément.
Je crois qu'il est utile pour nous de chercher les voies et moyens pour
mettre fin à cette pratique et c'est lorsque nous aurons compris cela
que notre pays peut sortir dans cet état.
Je te rappelle que vers les années 70 aucun pays ouest africain pouvait
se comparer à notre pays mais il faut parcourir ces villes de nos jours
pour savoir le degré de notre retard.
Je te signale aussi qu'ils ont fait cette même politique en Côte
d'Ivoire et comme les ivoiriens ont compris ils commencent à réparer
d'où je le répète :il nous faut mettre fin à cette pratique. Ils veulent
toujours nous diviser pour nous faire retarder et c'est ce qu'il faut
comprendre.
Ils n'ont pas d'amis mais seulement leurs intérêts priment sur tout
alors montrons leur que nous avons compris.
C'est bien beau de faire des discours rhétoriques mais le peuple
centrafricain qui a tant souffert veut du concret et surtout il veut la
paix.
Je crois que tout Centrafricain a déjà perdu un parent de proche ou de
loin dans cette guerre et avec l'élan qu'il a maintenant ( Projets de
:Construction sur l'Île des Singes, Désenclavement axe Bangui Pointe
Noire etc...) il ne veut plus de guerre c'est pourquoi le dialogue
inclusif est réellement urgent.
Les vrais Centrafricains qui vivent la réalité sur terrain réclament la
Paix par le biais du dialogue inclusif.
Maître Nicolas TIANGAYE l'a même souligné je cite; "Nous appelons de
tous nos vœux la tenue du Dialogue politique Inclusif qui constitue pour
nous la dernière opportunité historique pour sortir le pays de
l'impasse" fin de citation.
Ça ne sert à rien de rester à l'extérieur sans souffrir et divaguer sur
cette question de dialogue car au moment où on parle les gens sont
entrain de souffrir sans abris et de surcroit sans nourriture. Ils sont
pris en otages par les forces de l'ordre et les rebelles ils ne savent
pas s'ils vont survivre demain bref ils n'ont pas la paix malgré
l'assistance des humanitaires. C'est extrêmement très difficile de mener
une vie pareille. Acceptes tu de vivre cela?
Cessons les oba oba et proposons du concret.
Je vous remercie.
Edgard
Yangaboy Bozalo
(26/05/2008) : Cher Marius, pour ta gouverne, je vis, travaille et
réside à Bangui et mon emploi m'oblige à faire des déplacements
permanents en province. J'étais il y a 17 jours à Obo. Il n'y a pas
meilleure position que la mienne pour observer et prendre la température
exacte de la tragédie centrafricaine.
Je ne me permettrai pas d'apporter un jugement de valeur sur toi du
genre: " tu ne connais pas l'histoire du pays et blablabla...." Le but
de cette réaction est ailleurs.
Lorsqu'on est incapable de percevoir la réalité et que l'on se masque
derrière une réalité mystifiée, l'on souffre de ce que les spécialistes
appellent le syndrome de l'oubli volontaire, c'est à dire l'occultation.
Je ne suis pas le porte parole du compatriote Clément pour répondre à sa
place sur les causes exactes des rebellions du nord. Mais je constate
deux choses:
1: ce sont des centrafricains pour la plupart sur le terrain;
2: l'histoire se répète, car déjà à plusieurs reprises, nos apprentis
rebelles ont pris en otages les leurs. Les mutins avec les
2ème,3ème,6ème et 7ème arrondissements de Bangui et aujourd'hui les
rebelles avec leurs préfectures d'origines. Ce sont leurs parents qu'ils
ont pris en otages. Et demain ils n'hésiteront pas à tirer sur eux,
comme l'a fait Patassé après octobre 2002. Tiangaye a beau dire ce qu'il
a dit, il vient de créer son parti et se positionne donc sur l'échiquier
politique pour exister.
Ce dialogue politique ne sera plus inclusif car après Bemba, il paraît
que Patassé, Demafouth et tenez vous bien... Koyambonou vont trinquer
dans les jours à venir à La Haye. L'arrestation de Bemba est un pied de
nez de la communauté internationale à l'impunité constitutionnalisée en
RCA. Elle est un appel à responsabiliser notre gouvernement pour qu'il
œuvre à l'amélioration de notre cadre d'existence. Voila pourquoi j'ai
parlé de naïveté et/ou de mauvaise foi, car lorsqu'une situation est
aussi limpide comme l'est la nôtre, je ne comprends pas pourquoi l'on
produit le genre de résistance qui est tienne. Mais après tout, nous
sommes en démocratie et chacun est libre de son choix. Le tort du
compatriote Clément sera certainement d'avoir eu raison très tôt. On ne
les aime guère, ce genre d'individu, en Centrafrique.
Grandissons, il est temps! Car si nous nous faisons la guerre à cause de
nos richesses et parce que le colon ne voudrait pas nous voir jouir
d'elles, c'est vraiment stupide et cela voudrait dire que nous sommes
encore des enfants. Existe-t'il derrière chaque rebelle ou loyaliste, un
occidental pour le contraindre à se nuire à lui-même? Arrêtons ces
causettes de Nganda et abordons en grande personne instruite ou
alphabétisée, la stabilisation de notre pays et son emancipation.
Pour finir cher Marius,
si les gens souffrent chez nous, si les bacheliers de 2007 n'auront pas
le quota horaire nécessaire pour valider leur année académique
2007/2008. Si le taux de séroprévalence est passé de 15% en 2001 à 21%
en 2008, si les structures fondamentales de la société centrafricaine
sont brisées, s'il y a plus de 200.000 centrafricains refugiés au Tchad
et au Cameroun, s'il y a plus de 120.000 déplacés internes, si 69 de nos
compatriotes ont été enlevés et servent d'esclaves à la LRA... si tout
ça existe, ce n'est pas par absence de dialogue politique Inclusif.
Cette situation existe parce que nous avons un gouvernement incompétent
et une bande de compatriotes foncièrement méchants. Pour le bien de la
RCA, changeons les tous. Voila pourquoi j'adhère entièrement à cette
tribune et fais mienne cette bataille pour l'alternative, cette nouvelle
offre politique, c'est ça le concret et non le dialogue.
Cyrille
Gounfio Herlin
(26/05/2008) : bonjour, que pensez vous de concret, aujourd'hui je
pense que le Centrafricain est libre de ses pensées, mais la question
est de savoir que faisons nous de la moindre liberté et responsabilité
que nous possédons.
Je vis en chine depuis plus d'une année. Je n'ai jamais vu un cortège
gouvernemental ni un rassemblement de parti politique et pourtant tout
le monde travaille pour la chine, mon frère que pensez vous de
l'occupant de notre économie qui est aujourd'hui l'occident, le Liban,
et autres... Pourquoi avons-nous peur de dénoncer cela sur cette
tribune, au fait à mon avis les causes des multiples problèmes de notre
nation viennent de ceux que nous-mêmes avons peur de dénoncer et dire
non, les pays qui ont su faire un pas vers le développement aujourd'hui,
ils ont choisis de dire non primo aux manipulations et se réconcilier en
eux-mêmes.
Que dit la France de certains leaders de la rébellion qui se trouvent
sur sa terre? C'est de chez elle que le gouvernement actuel a su se
faire une place au soleil je pense. Ils sont pour beaucoup mes frères et
cela est compliqué à expliquer tout simplement parce qu'ils ont des
moyens de communications performants comme RFI, TV5, BBC, etc... pour
nous persuader de leurs non présences dans nos problèmes internes.
Pourquoi ils n'arrivent pas à stopper la crise de Darfour , le Tchad,
j'en passe. C'est profond et nos hommes d'état le savent mais ils sont
dépassés parce que nous, population centrafricaine, notre patriotisme a
été bouffé par la haine, la corruption et que dire de plus. Pensez-vous
un seul individu comme ceux que nous citons sont les seules causes de
nos problèmes? Après le procès Bokassa que je respecte tant; paix à son
âme, que nous a rapporté son procès, que de la honte. Parce que nous ne
sommes pas matures de voir là où le problème a été conçu et balancer
vers nous. Aujourd'hui après le multipartisme, la dévaluation, les
multiples élections ,la politique de la restructuration et autres, nous
n'avons vu guère les mesures d'accompagnement préconisées au préalable,
alors que des pays comme le Congo Brazzaville après un coup d'état a été
béni par les puissances garantes de la démocraties.
Mes frères ce que je raconte est la triste réalité de ce que nous ne
comprenons guère comme politique de l'occident. Que voudrons-nous de
plus si parce que je ne suis plus ministre et que je pourrais regagner
d'un coup d'œil la rébellion?
Notre problème a deux axes : l'occident et nous. Pour l'occident de
partout où se trouve le Centrafricain faisons de tout notre possible
pour leur faire savoir que nous allons descendre de leur bateau et que
l'eau amère nous refusons de boire.
Ensuite revenons sur nous-mêmes et laissons le politique élu faire son
travail bien sûr avec la participation de tous. Dans la mesure de
possible révolutionner des secteurs porteurs comme l'agriculture,
l'autoemploi , la sécurité. Notre sous-sol mettons le en pause pour voir
comment ils vont venir nous inciter à une guerre pour notre sous sol.
Seul avec le sol et la première ressource qui est la population nous
pouvons organiser une révolution du troisième millénaire qui serais vue
de toute l'humanité . Merci de votre compréhension à ces multiples
panacées que je saurais organiser car je ne sais comment de vos
interventions organiser mon intervention. Nous pouvons et je n'ai pas
peur de le dire.
Marius
Boykette
(26/05/2008) : Cher Edgard,
Je ne t'ai pas jugé sur valeur mais j'ai dit qu'il me semble que tu ...
Je ne comprends pas pourquoi tu refuses de comprendre les réalités que
tu vis chaque jour et pourtant il n'y a pas une meilleure position que
la tienne pour observer et prendre la température exacte de la tragédie
centrafricaine.
J'ai été indigné de t'entendre dire "l'histoire se répète, car déjà à
plusieurs reprises, nos apprentis rebelles ont pris en otages les LEURS.
Les mutins avec les 2ème,3ème,6ème et 7ème arrondissements de Bangui et
aujourd'hui les rebelles avec LEURS PRÉFECTURES D'ORIGINES. Ce sont
LEURS PARENTS qu'ils ont pris en otages. Et demain ils n'hésiteront pas
à tirer sur EUX, comme l'a fait Patassé après octobre 2002".
Si je te comprends bien comme ce ne sont pas tes parents alors tant pis
pour le dialogue même s'ils veulent mourir tous on s'en fout en avant la
bière et le bossongo.
Mon frère je t'en prie ils n'ont pas seulement pris LEURS parents en
otages ce sont des Centrafricains et ce sont NOS parents à nous tous
respectons au moins notre devise UNITÉ. Restons unis il ne faut plus
tenir des pareils discours.
Quand je m'en prends aux occidentaux plus précisément les Français c'est
parce que plusieurs fois on a des preuves.
Pendant les mutineries ils ont distribués des armes de part et d'autres
entre les protagonistes et après obtention des accords ils ont presque
sacrifié les mutins.
Comment ces rebelles ont pu se doter en armes et avec quels moyens? On a
pas besoin d'aller à l'école pour en savoir plus. Ils (Les français) ont
tous les moyens possibles pour tout arrêter comme pour tout mettre à
feux et à sang même si vous faites descendre des nouveaux hommes
politiques des anges.
J'avais bien dit dans ma première réaction que " Je n'adhère pas non
plus à la logique d'impunité mais j'opte pour l'unité des
Centrafricains, le développement et la vraie démocratie qui exclue cette
logique d'exclusion et qui compose avec tout le monde".
Je veux bien que Bemba, Patassé, Démafouth, Miskine, Bozizé, Ngaïkosset
et autres soient jugés conformément à la loi. Je dis bien conformément à
la loi.
Mais ce qui me touche au cœur c'est la stabilisation de la RCA condition
nécessaire et suffisante pour son développement. Ce qui peut être obtenu
que grâce à une table ronde entre Centrafricains. Imitons nos frères
ivoiriens et trouvons des solutions de compromis.
Quand on parle de la solution de compromis c'est lorsqu'il y a absence
d'une solution exacte et cette solution de compromis encore appelée
solution efficace est celle qui peut soulager tout le monde. Dans cette
logique il y a ni gagnant ni perdant et ainsi tout le monde se trouve
sur un diapason ou il n'y a pas assez de grincement de dents voila ce
que je propose.
Une fois de plus le fait de changer tous les hommes politiques n'amène
rien pour le développement de la RCA tant que le Centrafricain n'a pas
cessé de se laisser manipuler par l'extérieur. La vrai bataille à faire
c'est de changer nos mentalités et avoir une vision du future ayons des
projets de développement et non des velléités. Dans un pays où tout le
monde rêve devenir président et veut mourir ministre (mourir Ministre
d'Etat) les Français ont le champ libre pour toute manipulation.
Mobilisons nous pour leur dire NON et leur montrer que NOUS AVONS
COMPRIS LEUR POLITIQUE NEOCOLONISATRICE .
Les ivoiriens ont fait ça et ils (les Français) ont changé et si nous
nous entendons (Dialogue) puis nous pactisons avec les nouveau maîtres
émergents (Chine et Inde) notre Pays va se développer.
Gratien
Adoumandjali
(26/05/2008) : Bonjour cher Marius,
je veux bien que tu exprimes tes pensées sur ce qui concerne ton pays.
Mais je veux aussi que tu fasses des efforts pour voir les choses
autrement.
Nous qui sommes à l'extérieur, nous avons pitié de ce pays plus que toi
parce que nous avons la possibilité de le comparer à ce que nous voyons
chez autrui.
Alors, libère-toi un peu de vision démodée des choses. Essaie de porter
et surtout d'apprécier de bonnes analyses faites par un Centrafricain
qui ne demande que les choses aillent mieux pour le bonheur de tous.
Etant toujours respectueux des opinions des autres, je te présente mes
excuses si certains de mes mots ne te plaisent pas.
"MBI BARA MO"
Marius
Boykette
(27/05/2008) : Juste pour signaler à mon frère Gratien que moi
aussi je vis à l'étranger et je sais de quoi je parle.
"Singila mingi na Bara ti mo ni"
Henri Paul
Akibata Kette
(27/05/2008) : Dialogue politique inclusif : un rendez-vous manqué
avec l'histoire. Non ce n'est point un rendez-vous manqué avec
l'histoire. C'est tout simplement les turpitudes d'une bande de maffieux
et de criminels qui veulent perpétuer leur mainmise vile sur la pays.
Sur ce site, beaucoup ont déjà précédé le compatriote Clément pour
dénoncer les limites des générations dirigeantes et intermédiaires
(1930-1960). Beaucoup sont arrivés à la conclusion que rien de nouveau
et de concret ne peut être fait avec ces mêmes personnes responsables
des différents maux que vivent le pays. De ce constat découle
l'engagement d'une nouvelle classe d'hommes et de femmes centrafricains
avec une certaine vision de leur pays qui s'articulera autour de
l'honneur, de l'unité et du développement (surtout à partir des facteurs
d'abord endogènes) du pays.
Ce qui reste à faire se résume dans cette question simple : que faire ?
Et cette question s'adresse à tous ceux qui sont convaincus du retard
énorme du pays. Ici point de jeunisme, car pour moi et le bon sens
l'impose (je suppose), tous ceux qui sont jeunes sont ceux qui ne
peuvent accepter l'inacceptable.
Que faire est en vrai ceci : comment faire pour forcer au départ, cette
vieille génération qui paralyse le pays, qui tue impunément l'homme
centrafricain et qui veut à tout prix rester maître du pays malgré la
médiocrité et la vilenie des pensées et des visions ?
Pour répondre à la question, il est cependant utile de voir les moyens
dont disposent cette nouvelle génération.
Dans cette tribune, l'auteur a réfuté la tenue du dialogue sur la base
des principes démocratiques. Cela ne souffre d'aucune ambiguïté. Une
équipe est aux commandes du pays, qu'on lui laisse le temps d'exercer
son mandat. On le jugera à la fin de son exercice. En principe les chose
sse passent ainsi. Et en vrai ? L'expérience de 1999 doit nous servir de
leçon où l'aternance politique n'est point une préoccupation de l'homme
politique centrafricain. Alors comment l'alternance pourra-t-il être
possible ? Car tout un chacun sait que Bozizé n'acceptera point une
défaite par les urnes dans les CONDITIONS ACTUELLES.
Pourquoi ? Tout simplement, les partis politiques de l'opposition ne
jouent point leur rôle véritable. Soit c'est un silence accablant (RDC,
FPP, etc.), soit c'est un vacarme sans actions concrètes (MLPC, ADP,
etc.). Pour rappel, Maurice Duverger disait qu'un parti politique
pouvait se définir par ses 3 fonctions : la première fonction est celle
d'accompagnement d'un candidat pour la conquête du pouvoir. La deuxième
est celle d'éducation des membres et la dernière est celle
d'information. Il semble que les partis politique sen Centrafrique ne
veulent remplir que la première fonction et cela par la désinformation,
la haine tribale, le mensonge outrancier, etc.
Ainsi pour une action concrète, il reste à la jeune génération de
reprendre les rênes des partis politiques existants et de leur faire
remplir leurs fonctions véritables. En éduquant la population en
l'informant des réalités concrètes du pays, la masse sortira de sa
léthargie et commencera à jouer son rôle. Tant que la population
centrafricaine ne sera éduquée, ne sera informée en temps réel des
enjeux cruciaux de son avenir, tant que cette population dans son
ensemble (pas seulement qu'à Bangui) ne connaîtra la vérité sur les
agissements égoïstes et criminels de ses princes, cette population ne
pourra se lever pour barrer la route aux assoiffés de pouvoir que le
pays connait en masse. Et pour ce faire, l'audace dont la jeune
génération doit faire preuve, c'est de couper le cordon ombilical qui
nous relie à l'ancienne génération. Et cela sera concrètement une
offensive pour reprendre les rênes des partis politiques existants en
vue de leur faire remplir leurs fonctions !
principales. Le MLPC, le RDC, l'ADP, le FPP, le MDD, le PSD, etc. ne
peuvent rester entre les mains des carriéristes et autres. Il faut un
nouveau souffle, de l'audace et de l'innocence pour faire bouger les
lignes (par exemple, Sarkozy l'a fait en prenant l'UMP).
Dans une tribune (ce que m'inspirent les élections présidentielles en
France) publiée déjà ici, j'ai évoqué cette rentrée en masse des
personnes ayant des idées neuves dans le sérail politique.
Inspirons-nous de ce qui marche ailleurs en l'adaptant aux réalités de
notre pays. Et cette reprise des partis politiques par la jeune
génération est possible, si les acteurs se débarrassent des complexes
inutiles et rétrogrades.
Les idées, les écrits sont exposés ça et là. Maintenant, il reste que
l'action dans l'unité. Tant que nous ne le ferons pas, il n'y aura rien
de tangible sous les cieux centrafricains. Et ce travail n'est point
celui que de Clément. Il en appelle à tout chacun de jouer sa partition
en fonction de ses capacités. Le mot d'ordre de cette génération doit
être ceci : QUE CHACUN FASSE CE POURQUOI IL EST FAIT, ET TOUT SERA BIEN.
Singuila mingui
Brice
Goddot Nzonguia
(27/05/2008) : Bonjour,
Je suis fort étonné de certaines positions radicales prises dans cet
article par l'auteur ou par certains compatriotes. Ce sont des points de
vue, à prendre en compte dans un débat surtout quand tout le monde
évoque la démocratie.
Force est de constater que certains points dans ces débats ne sont pas
réalistes et ne le seront jamais !
En effet, on parle de « Nouvelle Offre Politique » « les Hommes et les
Femmes Neufs » !!! Que cela veut-il dire exactement ? On demande à tous
les acteurs de la vie politique de se mettre à la retraite? Ils vont
vous répondre OUI et l'on recrutera la nouvelle génération pour former «
Un Pouvoir Fort et Juste » et bien travailler !!
Jean Tongba Ouandoli
"Comment comprendre que l'on veuille toujours par tous les moyens,
remettre au cœur des affaires de l'état, les acteurs de nos douleurs, de
nos chagrins, de nos blessures, de nos déchirures et de nos souillures?
"
Clément BOUTE MBAMBA
la logique voudrait que l'on s'oriente vers une nouvelle offre politique
avec des hommes et des femmes neufs ; capables d'engager un nouveau
dirigisme d'état afin d'insuffler à notre pays une dynamique nouvelle
pour redonner l'espoir, pour redresser, pour reconstruire et inscrire
dans le marbre les bases du nouveau Centrafrique.
A mon humble avis, la « Nouvelle Offre Politique » n'existe pas et l'on
doit donc composer avec nos anciens dirigeants jusqu'à ce que cette
génération sen aille naturellement. Il nous restera en conséquence comme
outils démocratiques LE DIALOGUE dans toutes ses formes.
Ainsi le Dialogue Inclusif sera le bienvenu puisqu'il nous permettra de
remettre en cause les imperfections ou malfaçons dans les pratiques de
gouvernance ou de pouvoir en Centrafrique.
Cependant, si certains concitoyens pensent que ce dialogue ne touche pas
totalement la réalité, il convient de proposer une révision de l'ordre
du jour et de le compléter, si possible de reculer la date du début du
dialogue.
Mais demander la « démission du gouvernement, dissolution de l'assemblée
nationale, motion de censure au pire, démission du président de la
République avec dans la foulée, nouvelles élections présidentielles »
EN QUOI CELA PEUT-IL AVANCER LE PAYS. C'est une position dirimante à la
PAIX.
Les enseignants ont fait des grèves (même étant justifiées) le résultat
est que la jeunesse a connu des années blanches, l'éducation en
Centrafrique continue à prendre des coups. Si l'on ne dialogue pas pour
organiser tous ces problèmes, peut-on parler de l'avenir de la jeunesse
ou du pays?
Quand l'auteur de cet article écrit, je cite :
« Un constat s'impose : en Centrafrique, l'histoire est vide
d'enseignements. Le rapport du comité préparatoire du dialogue politique
est la manifestation de ce que j'ai appelée dans une précédente tribune
: l'absence de vision. Avait-on réellement besoin de paralyser le pays
trois années pour en arriver là? »
Je n'adhère pas à la première phrase car il a pris le temps d'élucider «
les crises qu'a traversé notre pays de 1977 à 2007 » et qu'il affirme
que l'HISTOIRE EST VIDE D'ENSEIGNEMENT ? Si après toutes les crises
vécues chez nous, nous n'avons rien retenu, dans ce cas ()
Non plus à la dernière phrase, car l'échec d'un quelconque gouvernement
ne pourrait être traduite comme un BESOIN ou une vocation.
Les échanges entre messieurs Marius BOYKETTE et Edgard YANGOBOY BOZALO
sont très intéressants (sauf les mots : naïf, mauvaise foi, œillère) car
l'un pense qu'il vit au pays et a une meilleure appréciation et l'autre
pense qu'en étant à l'étranger il a une meilleure comparaison. Ils ont
tout à fait raison tous les deux, seulement il est un peu simpliste de
penser que le fait de tout casser et de tout refaire serait la solution.
L'histoire de ce pays nous enseigne (contrairement à ce que dit
l'auteur) qu'on avait tout cassé et tout refait avec tous les présidents
qui se sont succédés, et le constat est le même « les résolutions
demeurent toujours sans lendemain » à dit l'auteur.
L'opportunité du dialogue est là, l'élection présidentielle approche, le
pays est fragile, la faim règne toujours au pays et l'on se refuse de
discuter de l'avenir de notre pays.
Je pense également avoir trouver la réponse à la question dans ma
première analyse : Crises Politiques en Afrique, Quelle Situation pour
le Centrafrique ?
(Question : Alors faut-il croire à ce jour, que le facteur temps et le
Dialogue National ont eu un effet favorable à l'esprit du pardon et de
réconciliation en Centrafrique ?)
J'opte pour ma part, pour le DIALOGUE INCLUSIF car il offre
l'opportunité d'ORGANISER notre avenir en inspirant de notre passé. Les
anciens dirigeants ne peuvent être écartés de l'avenir de ce pays, car
si nous les accusons d'être les vecteurs de cette situation, c'est
ensemble avec eux que nous devons convenir des directives à prendre pour
éviter des situations pareilles.
Je remercie fortement Monsieur Marius BOYKETTE pour cette belle phrase
qui résume tout, je cite : « Je n'adhère pas non plus à la logique
d'impunité mais j'opte pour l'unité des Centrafricains, le développement
et la vraie démocratie qui exclue cette logique d'exclusion et qui
compose avec tout le monde »
D'autre part, j'accuse la France qui n'intervient pas physiquement pour
arrêter ces barbaries de rébellion, car les militaires sur place sont
fortement équipés et peuvent protéger les populations qui subissent ces
atrocités.
Les occidentaux ont donc une part de responsabilité dans ces exactions,
sinon il faut nous justifier que font leurs armées sur place en
Centrafrique s'ils ne peuvent pas secourir la population ?!!
Cette question devait intéresser nos Députés pour REDEFINIR le rôle de
la France en Centrafrique et RECADRER les accords signés depuis le temps
et qui ne sont pas avantageux pour notre pays, aujourd'hui.
Sincèrement
Edgard
Yangaboy Bozalo
(28/05/2008) : Le débat s'anime et c'est bien, cela permet de
mettre en pause le ping-pong entre moi et le compatriote Marius.
Cher Brice, certains concepts lancés et que tu as repris semblent creux,
là, tu as raison. Mais ne perds pas de vue que la posture de cette
tribune est politicienne et donc l'auteur et ses amis auront
certainement l'occasion de les développer même si l'actuelle fournit
déjà d'indications pertinentes.
La limite est vite franchie, lorsqu'on tente d'opposer Jeunes et Vieux.
Or à la lecture de cette tribune cette apologie est absente. Lorsqu'il
parle d'hommes neufs, il veut parler à mon avis de nouveaux acteurs,
même si sur ce point mon avis serait plus proche de celui du compatriote
Henri Paul qui a circoncis les limites de cet antagonisme vieux/jeune.
Les propos de Clément sont forts, pertinents et assez justes. Après cinq
années d'études à Ibadan au Nigeria, je suis rentré au pays il y a 6 ans
et après un an et demi de chômage, j'ai intégré l'administration. Il
faut dire qu'à mon retour, je ne reconnaissais plus mon pays, la manière
de vivre de son peuple et son niveau de paupérisation. Lorsque tu vois
tout ce qui précède, tu ne peux qu'en vouloir à ceux qui nous dirigent
et militer pour toute solution les écartant de la gestion des affaires
de l'état. Ce n'est pas du radicalisme, mais du patriotisme réaliste.
Lorsque tu entends quelqu'un comme Démafouth dire qu'ils vont s'engager
à ne pas créer du désordre pendant trois années, il ya de quoi à faire
d'un citoyen honorable, un kamikaze. Car ce monsieur sait qu'à la
moindre contrariété, il va créer une rébellion pour se faire entendre.
Lorsque tu entends Massi dire qu'il a accepté l'offre de la rébellion
UFDR par instinct de survie, alors qu'il ne disait rien quand il était
ministre... d'état, il y a de quoi pousser un homme à monter la brigade
de la nuit des longs couteaux des rives de l'Oubangui.
Cher Brice, ton plaidoyer pour la conjugaison avec ceux qui sont
responsables de nos maux ne résiste pas à la réalité et souffre
d'objectivité. Les espagnols parlent de TABULA RASA. Jerry Rawlings a
appliqué cette règle à sa prise de pouvoir et trois décennies plus tard,
le Ghana est sur l'autoroute de la prospérité. C'est fort de cette
expérience que j'ai adhéré à l'idée de nouvelle offre politique, avec
des hommes et des femmes neufs pour mettre en place un pouvoir fort et
juste.
C'est de la rhétorique, ce sont des mots. Mais si les initiateurs du
projet utilisent le schéma proposé par Henri Paul, je ne doute pas un
seul instant de l'impact qu'elle aura au niveau de notre société.
Sincères salutations
ps: absent de Bangui à partir de ce soir pour quatre jours, je ne
pourrai répondre à des interpellations qu'à partir de dimanche.
Cyrille
Gounfio Herlin
(28/05/2008) : je reviens sur ce plateau pour une seconde fois tout
simplement de ce fait que le débat devient houleux et je ne voudrais
rester en marge. Oui certes le constat est et restera pour un bout de
temps amer. Pourquoi cela ? Regardons un peu de près nos réactions
respectives ;elles sont comme le comportement d'une femme qui après
avoir remué la terre et le ciel pour concevoir aussitôt va décider
d'avorter. Je me demande jusqu'a quand nous Centrafricains allons
accepter que nos décisions soient toujours des paradoxes, des équations
à multiples variables ? Ce dialogue inclusif a été demandé par la
majorité des forces vives de la nation centrafricaine, les parti
politiques, la partie civile et même voire les insurgés. Et je pense
fortement qu'une assise comme le dialogue inclusif ne peut compromettre
en rien la loi majeure centrafricaine. Aujourd'hui il y a crise, et
cette situation de crise oblige à dessein une méthode surtout qui ne ne
peut guère compromettre l'unité nationale. Le regroupement des
Centrafricains dans un cadre extra pour se parler. Aujourd'hui nous
voulons changer l'élite, oui je suis aussi d'accord mais est-ce en ce
genre d'élite qui ne veut pas dialoguer que nous pensons demain être aux
affaires de l'état? Que faire d'autre que de dialoguer ? Voulez-vous que
les affrontements continuent pour que demain le tribunal international
puisse se faire des accusés et que l'on dise voila on s'occupe de la
Centrafrique? Alors qu'on a la possibilité aujourd'hui d'éviter le pire
. Pourquoi attendre le rapport final du comité pour ouvrir un débat sur
ce dialogue alors que on avait tout le temps de faire les propositions ?
Aujourd'hui personne pour ma part ne doit se pointer en faux contre ce
dialogue. Pas de dialogue signifie la poursuite de la guerre, et un
éternel recommencement par un coup de force pour après dire aidez-nous à
remettre l'ordre constitutionnel... Je pense que c'est le souhait des
opposants à la tenue de ce dialogue. Notre pays a besoin de tous ses
filles et fils c'est la vérité même si cela blesse, laissons ce
processus continuer pour un bon vent de paix pour notre pays. Pour finir
si demain nous jeunesse nous voudrions d'un Centrafrique nouveau, c'est
l'heure de savoir que la France est pour beaucoup dans notre histoire,
en commençant par la colonisation, la mort de feu Barthelemy Boganda, la
prise du pouvoir de Bokassa qui était d'ailleurs en ce temps capitaine
de l'armée française, la fameuse opération Barracuda, les 12 ans de
règne de Kolingba avec leur bénédiction, la dévaluation pour nous tenir
dépendant de leur monnaie éternellement, les quatre mutineries, le coup
d'état du 15 mars piloté depuis la France avec l'appui de la diaspora,
et aujourd'hui ils sont en train de manipuler un autre coup avec
toujours cette même diaspora. C'est la vérité même si cela dérange
certains compatriotes mais je les prie de ne pas nier. Aujourd'hui
Sarkozy a vu la nécessité de rapatrier les émigrés chez eux pour
permettre a la France de souffler, il n'a pas eu peur de descendre même
jusque sur notre terre pour le dire, cela veut dire il est grand temps
que nous puissions leur dire aussi qu'ils ne sont pas les bienvenus chez
nous. Aujourd'hui les groupes Sucaf, Castel, Total sont pour beaucoup
dans l'augmentation des prix sur notre terre et on les regarde faire ;
comment on peut produire le sucre sur notre terre et nous faire revendre
cela plus cher que le sucre qui nous vient du Cameroun ? je le dis
aujourd'hui si la nouvelle élite se prépare et ne veut pas admettre
cette nouvelle pensée qui s'impose à nous, l'histoire nous le dira. Mbi
bara a la koué et i gbou li ti é na do ti a mouzou so keté si.
Jean
Tongba Ouandoli
(28/05/2008) : Compatriote Brice je comprends ton étonnement face
aux prises de position de l'auteur de cette tribune et de ceux qui se
sont exprimés ici dans sa logique. D'un survol général, le contraire
m'aurait étonné. C'est le genre de discours que l'on entend peu, très
peu chez nous. Même moi qui suis né bien avant les indépendances, je
trouve cette analyse pertinente et pleine de bon sens. Ayant
volontairement quitté la RCA en 1972, je demeure toutefois informé de la
situation au pays et au besoin, je m'y rends régulièrement. Je n'ai pas
la prétention de donner des leçons de morale, je prends juste sur mon
temps, quelques heures pour m'intéresser à la terre qui m'a vu naître et
où reposent mes parents et deux de mes frères. C'est dans ce but là que
j'interviens de temps en temps.
Sylvain Bangui l'a écrit, nous avons tellement mythifié notre passé
qu'il nous est difficile de nous en débarrasser et c'est le sentiment
qui m'anime à la lecture de ta réaction.
Alors que le pays est en lambeaux et que l'un de nous propose une
nouvelle offre dont les contours sont si éloquemment définis, toi, tu
proposes de reconstruire avec des décombres. Alors que la démocratie
n'est pas synonyme de désordre, tu proposes que l'on continue de traiter
avec ceux qui ont déshonorée la nôtre.
Alors que la situation est grave et que nos compatriotes broient du noir
et que la population est totalement écœurée par la gabegie, en prise
avec les difficultés alimentaires et matérielles de tous les jours, dans
un état où la frilosité a atteint son paroxysme, tu préconises la
collaboration avec ceux qui ont œuvré à découvert de jour comme de nuit
pour maintenir ce pays dans cette pauvreté affligeante.
Or la bataille que vous, autres jeunes êtes appelés à mener est celle du
développement. Cette exigence existentielle vous oblige à vous
débarrasser de réflexes archaïques en faisant preuve d'intelligence
manifeste, ce que le compatriote Akibata Kette appelle : " Et cette
reprise des partis politiques par la jeune génération est possible, si
les acteurs se débarrassent des complexes inutiles et rétrogrades."
Il vous faut rester cohérent et devenir exigeant avec vous et vos aînés
à la hauteur de vos devoirs. En deçà vous vendriez de dangereuses
illusions. Il vous faut pragmatisme, humilité, responsabilité pour vous
rendre à l'évidence de la nécessité d'une rupture totale.
Il faut donc vous éveiller et créer en vous, une opinion suffisamment
critique de vous même en vous imprégnant des mécanismes des enjeux
économique, politique, scientifique et culturel en cours.
Il s'agit de cet exercice citoyen qui consiste à analyser avec distance
en alliant brainstorming et réalité,
Vous devrez être grand, uni et en rupture avec ceux qui vous ont
vassalisé. Il vous faut une dynamique d'hommes novateurs capables
d'organiser les synergies nécessaires pour lancer dans le temps et
l'espace la renaissance de notre pays et la cohésion de ses populations
par une ambitieuse politique économique en renouvelant vos idées et
méthodes politiques avec humilité et transparence en évitant des
fractures inutiles et préjudiciables à l'avenir..
En agissant de la sorte, vous seriez mieux outillés pour faire face au
défi de votre génération. Il vous faut vaincre les pesanteurs du passé,
l'esprit de suffisance et sortir de la marre de vos contractions sinon
la porte à l'autofossilisation est ouverte.
Ces principes posés, revenons un peu au dialogue.
Je voudrais préciser, pour ceux qui ne le savent pas, qu'il existe au
pays une structure appelée MEDIATION de la République à la tête de
laquelle se trouverait Mr Nguendé Goumba Abel. Cette structure aurait
pour mission de régler les tensions politique et autres crises de grande
amplitude.
NON, mille fois NON. Le dialogue politique n'est pas le passage obligé
pour la stabilisation de notre pays. C'est une illusion d'optique. Et
c'est là que la notion de l'histoire évoquée par Clément prend toute son
ampleur. À mon avis, lorsqu'il dit : "l'HISTOIRE EST VIDE
D'ENSEIGNEMENT" il veut parler de l'utilisation de recettes
obsolètes. Et pour étayer ses propos, il s'est amusé à citer les crises
que nous avons connu de 1979 à nos jours. À la lecture de ce récit, la
phrase prend toute son ampleur. L'histoire est vide d'enseignements car
ce sont les mêmes(hommes) et les mêmes choses(dialogue, conférence) que
l'on utilise pour résoudre nos crises. Si tel est le cas, pourquoi aller
aux élections? Pourquoi avoir une constitution, s'il faut aller à des
dialogues tous les deux ans?
Le dialogue politique inclusif est la dernière des illusions d'optique
made in Centrafrique. Nonobstant l'histoire de la transition
consensuelle où l'immobilisme fut cruel et les réalisations en deçà de
l'attente du peuple on veut vous faire repasser à la case départ. 2010,
c'est demain, voilà l'occasion en or pour réveiller le Centrafrique et
le centrafricain en l'amenant à sanctionner les acteurs politiques au
comportement répréhensible. Le dialogue politique ne résoudra pas ce
problème, car ce sont les mêmes que l'on va retrouver en 2010 et la
boucle sera bouclée.
Le dialogue politique tel que conçu est une dangereuse illusion qui
menace le processus de remise en marche du pays. Or il a besoin de
gérants neufs aux ambitions nobles et non d'associés. Cela ne signifie
pas que tout sera bleu. Mais les actuels associés ayant fait preuve de
cécité, il devient urgent de rénover, de tout changer.
En m'associant à l'idée qui réfute le dialogue politique, je souscris à
l'idée de la rénovation que l'auteur a appelé Nouvelle offre politique
que j'ai compris comme étant une reforme c'est à dire un changement de
Fond (projet, style...) et de Forme (acteurs et structures).
Ne l'oubliez pas, le présent n'a pas d'avenir en Centrafrique et l'on
exigera beaucoup de vous, les jeunes. C'est maintenant que vous devrez
bâtir le cadre du Centrafrique dans lequel vous voulez que vivent vos
enfants et petits-enfants. Nous autres, on a déjà échoué. Moi j'ai
démissionné en partant du pays. Pour le reste, on ne peut que vous
observer et vous faire la haie d'honneur. Cela ne peut arriver que si
vous vous outillez pour avoir une très bonne vision.
La misère n'est pas une normalité Centrafricaine et je pense que vous
les jeunes centrafricains d'aujourd'hui êtes mieux outillés que ne
l'étaient ceux de 1930 à 1970 pour faire face à leurs défis.
Je sais que la ligne de conduite préconisée fera face au scepticisme, à
la méfiance, à la résistance passive ou active de certains, aux
mauvaises habitudes du passé et d'un manque de vision.
Ramer à contre courant des compromissions centrafricaines n'est pas une
partie de plaisir, ce sera un exercice difficile. Mais il faudra que
Clément et tous ceux qui y sont engagés se donnent les moyens et
prennent les mesures nécessaires pour cela. Il leur faudra un plan et
une structure pour convaincre les centrafricains de leur capacité à
développer la RCA et à garantir sa stabilité.
Alors l'histoire s'écrira comme ce qui suit: ce qui a commencé comme un
petit chuchotement sur sozowala est arrivé comme un tsunami sur la RCA
et a fini par relancer le pays. C'est tout le mal que je souhaite à ces
Jeunes.
Telles sont les observations que ma conscience m'oblige à faire, moi le
démissionnaire.
Salutations.
Gratien
Adoumandjali
(28/05/2008) : "MBI BARA I KWE"
Je voudrais d'abord féliciter MON FRERE Marius BOYKETTE pour m'avoir
gentiment répondu.
Je fais déjà observer là que c'est UN DIALOGUE CONSTRUCTIF qui n'a pas
attendu que des massacres des Centrafricains soient organisés pour en
arriver à une discussion. Bref!
Je suis un peu gêné par ce que je remarque, dans certaines prises de
position, que certains compatriotes ne se rendent pas compte de la
récurrence de certains évènements clairement soulignés par le
compatriote Clément BOUTE-MBAMBA et auxquels je ne souhaite plus
revenir.
J'estime que, nous tous qui sommes conscients de la situation de
désarroi dans laquelle se trouve les Centrafricains et soucieux de
l'épanouissement du pays, nous avons le devoir de faire en sorte que les
choses marchent en critiquant objectivement sans vouloir faire l'avocat
du "diable".
Je suis de ceux qui pensent que l'HISTOIRE N'ENSEIGNENT PAS LES
CENTRAFRICAINS car il faut remarquer que les mêmes MAUX produisent les
mêmes EFFETS en RCA:
Tribalisme, Népotisme, favoritisme, corruption, clientélisme,
détournement, vols, viols, haine, etc.
Parmi ce qui est ci-dessus cité, vous trouverez lequel qui soit propice
au développement d'un pays comme le nôtre?
C'est très facile d'accuser que de prendre conscience de ce qu'on est
pour faire évoluer les choses. Je veux là diriger ma réflexion sur
l'accusation selon laquelle la France et les occidentaux seraient à
l'origine de notre malheur.
Mon frère Brice GODDOT NZONGUIA, ce discours, je l'ai entendu depuis la
maternelle. Je te rappelle que c'est un discours savamment entretenu par
les Centrafricains pour endormir et continuer à piller. Je n'y crois
vraiment pas trop.
Veux-tu me faire croire que si la justice ne fonctionne pas bien c'est
parce que les Français et occidentaux ont voulu que cela se passe comme
ça? Les détournement des fonds au trésor public et dans, presque toutes
les structures financières du pays sont une émanation de la France et
occidentaux? Tu crois vraiment que quelqu'un conseillent aux
Centrafricains d'agir de ces manières?
Veux-tu faire croire que les Centrafricains ne sont jamais mûrs pour
poser des actes réfléchis?
Comment comprendre que les Centrafricains ne soient pas en mesure de
faire la paix et de développer leur pays après de MULTIPLES DIALOGUES
(parfois appelés "DEBAT NATIONAL")?
Tu veux me dire, toi Brice, que tu n'est pas capable de dire non à ce
qui est mauvais?
Depuis quand tu as vu un Groupe de rebelles français ou occidentaux dans
l'une des 16 préfectures du pays?
Est-ce que tu es capable de provoquer une rébellion en France ou dans un
des pays occidentaux?
SOYONS REALISTES. LE DESORDRE EN CENTRAFRIQUE EST ORGANISE PAR LES
CENTRAFRICAINS.
LE JOUR OU LES CENTRAFRICAINS DIRONT "ON EN A MARRE" LES SITUATIONNISTES
S'EN IRONT TRANQUILLEMENT FAUTE DE COMPLICITE.
Quant à ce qui concerne LE DIALOGUE INCLUSIF, Je veux bien que cela se
tienne. Mais si c'est comme par le passé où c'est l'occasion de se
partager les postes ministériels car dit-on que ça paie bien, je ne
trouve pas que cela soit utile pour soulager la souffrance des meurtris.
"Le dialogue ne doit pas être l'occasion de blanchir d'année en année
les meurtriers".
Je m'excuse d'avoir été assez long.
MBI YE ALA MINGUI
BARA TI MBI MINGUI...
Jean
Tongba Ouandoli
(29/05/2008) : Depuis que je suis les échanges entre
Centrafricains, c'est la première que j'assiste à un débat policé où les
noms d'oiseaux et autres substantifs du genre ne fusent pas. Je voudrais
juste apporter un complément d'information à l'ami Cyrille Gounfio.
Clément Boute-Mbamba n'a pas attendu le rapport du comité préparatoire
pour donner son point de vue. Lorsque tu lis la bibliographie de sa
tribune et que tu suis régulièrement l'actualité centrafricaine, tu dois
savoir que c'est depuis Juillet 2007 que ce dernier a entrepris son
exposé contre le dialogue. Cette position est donc antérieure à la
création même du comité préparatoire.
Alain
Pokado Holofio
(29/05/2008) : Une petite contribution à cet enrichissant débat qui
ne se déroule pas seulement sur le net mais aussi dans les rues de
Bangui. Mais avant, je voudrais dire à monsieur Gratien que sa phrase
ci-dessous est l'une des plus belles que j'ai eu à lire sur le net cette
année:
"Le dialogue ne doit pas être l'occasion de blanchir d'année en année
les meurtriers".
Voici la une du quotidien le citoyen d'aujourd'hui: "Je ne comprends pas
que les Centrafricains ne comprennent pas que le Dialogue Politique
Inclusif n'accouchera que d'une souris "
A vous de la diaspora d'analyser pourquoi subitement ceux là même qui
faisaient l'évangélisation du dialogue politique inclusif comme le
Citoyen, le Confident, le Démocrate et l'Hirondelle commencent à douter
de son impact?
Fraternelles salutations de Bangui
Francis
Kopaye
(29/05/2008) : Ma réaction ici ne concerne pas la tribune de
Clément puisque son analyse a été édifiante pour certains et moins
claire pour d'autres. Je me réserve le droit de ne pas porter
d'appréciation à l'ouvrage...
Je souhaite juste intervenir par rapport au témoignage de mon "ancien",
si je peux me permettre, Mr Jean TONGBA.
Quel courage!! quelle honnêteté! Si tous nos aînés pouvaient tenir le
même discours, nous en serions fiers et motivés. J'en ai même des larmes
aux yeux.
J'adhère sans réserve à tout ce qui a été développé par Mr Jean TONGBA.
Encore chapeau bas, mon vieux!!!
Cordiales salutations
Brice
Goddot Nzonguia
(29/05/2008) : Bonjour,
Nous sommes tous conscients des problèmes du Centrafrique et personne
n'a vocation de laisser nôtre cher pays sombré dans sa descente.
Nombreux parmi nous se sont exprimés sur ce site ou ailleurs et ont
pensé, que l'on doit s'inspirer de ce qui se passe ailleurs et l'adapter
aux conditions de notre pays.
Le mal du Centrafricain est son CARACTERE DOMINANT (c'est un avis, le
mien, je peux me tromper). Les hommes politiques en sont victimes, ils
préfèrent le pouvoir à l'autorité. Ainsi l'on retrouvera en
Centrafrique, des coups d'état, des irrégularités, le non respect du
droit l'autre et bien d'autres.
Ce caractère apparaît clairement dans les analyses précédentes car on
demande à l'ancienne classe politique de laisser la place aux jeunes par
une NOUVELLE OFFRE POLITIQUE. C'est un schéma brutal et illusoire.
Brutal parceque vous l'imposer (il faut., démission du gouvernement,
dissolution de l\'assemblée nationale, motion de censure au pire,
démission du président de la République avec dans la foulée, nouvelles
élections présidentielles) et illusoire parcequ'ils ne vous diront
jamais OUI.
Si nous devons être objectifs et réalistes, il serait bien que la
jeunesse s'intéresse à la vie politique en réfutant les maux qui tuent
le pays (corruption, clanisme, abus, vol et autres). Les Femmes et les
Hommes Neufs apporteront leurs idées novatrices au sein des partis
politiques pour sensibiliser et convaincre du bien fondé et surtout de
l'intérêt de leurs initiatives. Progressivement, l'ancienne génération
sera remplacée puisqu'elle n'est pas éternelle.
Oh oui le chemin est difficile et le chantier pénible cher Monsieur Jean
Tongba Ouandoli. Croyez moi les Centrafricains sont aussi
contestataires, c'est pourquoi la jeunesse doit avoir un langage noble
vis-à-vis de l'ancienne génération. Il est des fois plus simple de dire
à quelqu'un qu'il ne dit pas la vérité que de le traiter de menteur.
C'est avec cette manière de dire la même chose sans créer un choc que
nous pouvons construire l'avenir de ce pays.
Imposer un changement d'hommes politiques (si c'est possible) c'est
créer un autre groupe de contestataires qui auront la même culture
(celle que nous n'acceptons pas) ou créer des rebelles puisqu'ils ont
cette habitude.
Si j'ai proposé de composer avec l'ancienne génération, ce n'est pas
parceque je les admire ou je ne pèse pas les difficultés de nos
concitoyens de Bangui. La raison est que l'on ne peut pas passer des
ténèbres à la lumière sans passer par la zone de pénombre. La transition
s'impose et l'on doit faire avec pour garantir la PAIX.
D'autre part, mon frère Monsieur Gratien Adoumandjali, ne m'a pas bien
perçu quand j'accuse les occidentaux notamment la France d'avoir une
part de responsabilité dans les crises politiques en Centrafrique.
Ce n'est pas pour cultiver les histoires qu'on nous a racontées depuis
l'époque, la raison est la suivante par cet exemple :
Quand on conduit en France et l'on est le premier à être sur le lieu
d'un accident, on doit s'arrêter pour porter secours à la victime. Sinon
on est condamné pour une « Non assistance en personne en danger » si la
victime venait à mourir.
La France a une armée forte et bien équiper sur place, elle a laissé la
guerre s'éterniser et a adopter une position de neutralité. Elle n'a
donc pas secouru les populations qui avaient tant besoin de cette paix
pour vivre malgré leur pauvreté !!!
Pourquoi le Centrafricain en France est condamné s'il n'apporte pas son
aide à la victime française et le Français en Centrafrique trouve
l'excuse de la Non Assistance dans les traités Franco-Centrafricains.
Les députés doivent réviser certaines conditions concernant la présence
de cette armée en Centrafrique pour préserver le PAIX.
Toutefois, il n'est pas étonnant de penser que cette position de
neutralité arrange bien l'armée présente.
La France n'a peut être pas provoqué les troubles, cependant elle est
restée spectatrice alors qu'elle a les moyens pour SAUVER DES VIES.
Voilà.
Gratien
Adoumandjali
(30/05/2008) : Mon Frère Brice Bonsoir,
Je te remercie pour ta contribution dans la recherche de la solution aux
multiples problèmes de notre pays.
Je voudrais vraiment te rassurer que j'ai bel et bien compris le message
que tu as voulu faire passer lors de ton précédent exposé.
Seulement, j'ai l'habitude de vouloir orienter le débat sur du concret.
Je voudrais, par là, faire savoir à tous qu'il n'y a aucun pays qui
agisse sans intérêt.
Je suis d'avis avec toi sur la question de sauver les vies. Mais quel
est l'intérêt, pour la France, de sacrifier chaque année une partie de
sa population "militaire" pour certaines situations "stupides"
excuse-moi ce terme là, que les Centrafricains s'obstinent à entretenir
dans leur propre pays?
Nous voulons que ce soit la France qui paie les salaires, crée des
emplois en RCA, construise des routes, des maisons, fournisse la
nourriture et maintenant construise une base militaire spécialement pour
assurer la sécurité des Centrafricains.
OUF, qu'est ce que nous valons exactement dans ce pays si on ne sait
rien faire?
NON MES FRERES, CONSTRUISONS NOTRE PAYS AVEC L'AIDE DES AUTRES ET NON
PAS QUE CE SOIT LES AUTRES QUI FASSENT TOUT A NOTRE PLACE.
Je suis convaincu qu'on n'est capable de beaucoup de choses. On est
vraiment capable d'arrêter ce qu'est la rébellion "massacre des
Centrafricains", de produire de la richesse, moderniser les
infrastructures du pays...
C'est à dire donner la vie aux Centrafricains par le fruit de nos
propres efforts et non le contraire.
D'aucuns me diront mais il faut de l'argent pour faire tout ça. Je suis
d'accord avec ceux-là mais il n'y a pas de miracle lorsqu'on veut
vraiment.
Je ne veux faire l'éloge de personne, mais cela est de ma tradition de
reconnaître les efforts fournis par certains compatriotes.
JE VEUX EVOQUER LES EFFORTS DU PRESIDENT DE LA DELEGATION DE LA VILLE DE
BANGUI.
ON NE PEUT DONNER UNE BONNE IMAGE DU PAYS QU'EN FAISANT CES GENRES
D'EFFORTS.
JE NE SAIS PLUS QU'EST CE QUE CE MONSIEUR FAIT MAIS IL M'A SEMBLE ETRE
UN CENTRAFRICAIN QUI SAIT CE QU'IL DOIT FAIRE POUR SON PAYS.
Voila un peu, Brice, mon obstination de vouloir toujours compter sur moi
même et donc j'estime que mon pays est capable, à travers les personnes
comme toi, de se donner toutes les chances possibles du développement.
Cordialement
Francial Giscard
Libengué
(31/05/2008) : J'ai lu avec intérêts les réactions des uns et des
autres dans cette tribune. J'interviens ici sur deux points:
1 - La tenue du dialogue du Dialogue inclusif.
2 - La nouvelle offre politique.
En ce qui concerne le premier point je crois qu'il est mieux de que ceux
qui s'opposent au dialogue puissent nous proposer une issue alternative
urgente pour sortir de la crise et rétablir la paix et l'unité
nationale. Qu'ils nous montrent exactement ce qu'on doit faire pour
mettre fin à cette guerre puis sauver nos compatriotes qui sont
actuellement victimes et tenus en otage. Puisque de nombreux combats se
sont livrés en ce sens et ceci sans résultats satisfaisants.
Je crois pour ma part que ce dialogue est l'unique chemin et le plus sûr
pour nous de tourner la page avec une probabilité aussi proche de 1
(un). Quand je dis tourner la page, je veux parler de la fin de cette
guerre qui nous a tant ravagé. Parlant ainsi je veux exclure toute
proposition aboutissant au partage du gâteau comme l'ont souligné
quelques uns de mes prédécesseurs.
Pour ce qui est du deuxième point, je me demande si réellement mon frère
Clément BOUTE pense que ce qu'il appelle NOUVELLE OFFRE POLITIQUE est
réaliste.
Si je ne me trompe pas (sauf mention expresse du contraire) toutes les
crises qu'il a citées dans cette tribune proviennent de cette politique
d'exclusion.
La cause principale de toutes nos crises commence toujours par
l'égocentrisme tribal né chaque fois qu'on est aux affaires et qui
conduit toujours à cette politique d'exclusion qui à son tour crée la
jalousie mère et responsable de tous les désordres que nous vivons
aujourd'hui. Je vous en prie il faut revenir sur terre dans le concret
et travailler dans le monde des réels avec des données réelles au lieu
d'extrapoler.
A mon humble avis, cette nouvelle offre politique n'apportera rien de
nouveau si ce n'est pas d'abomination de la désolation.
Par contre j'adhère à la proposition de Monsieur Brice Goddot Nzonguia
selon laquelle il serait bien (je dirai même mieux) que la jeunesse
s'intéresse à la vie politique en réfutant les maux qui tuent le pays
(corruption, clanisme, abus, vol et autres). Faisant ainsi nous pouvons
changer l'esprit , la vision et le paysage politiques du pays et enfin
réorienter l'objectif que vise le politicien centrafricain qui n'est
autre que de naître, grandir et mourir dans le gouvernement. Mais faire
à la manière de Clément BOUTE et autres, serait déshabiller Saint Pierre
pour habiller Saint Paul. J'en profite pour remercier vivement Monsieur
Marius BOYKETTE qui dit je cite:
"Je n'adhère pas non plus à la logique d'impunité mais j'opte pour
l'unité des Centrafricains, le développement et la vraie démocratie qui
exclue cette logique d'exclusion et qui compose avec tout le monde"
c'est cela le réalisme auquel doit aspirer la jeunesse centrafricaine
qui ne veut plus souffrir. Composer avec tout le monde dans la rigueur
et le respect des règles démocratiques c'est cela ce que j'appelle un
pouvoir fort et juste.
Mbi bara ala kwè.
Jean
Tongba Ouandoli
(02/06/2008) : Sans prétention, je reviens encore dans ce débat
pour faire un peu de pédagogie. Cette tribune nécessite une explication
de texte pour lever certaines hypothèques et j'en appelle à la diligence
de son auteur pour cela. Son explication serait nécessaire pour nous
permettre de mieux appréhender l'angle sous lequel il se situe et situe
le concept de NOP (nouvelle offre politique).
Compatriote Brice Goddot, lorsqu'on te lit, on se rend compte que ton
regard suit celui de l'auteur de cette tribune dans le fond, mais
diffère sur la forme dans le mode opératoire. En voici quelques
exemples:
Brice Goddot: « Ce caractère apparaît clairement dans les analyses
précédentes car on demande à l'ancienne classe politique de laisser la
place aux jeunes par une NOUVELLE OFFRE POLITIQUE. C'est un schéma
brutal et illusoire »
COMMENTAIRE:
L'auteur de la tribune dit : « Face au tableau qui précède, la
logique voudrait que l'on s'oriente vers une nouvelle offre politique
avec des hommes et des femmes neufs ; capables d'engager un nouveau
dirigisme d'état afin d'insuffler à notre pays une dynamique nouvelle
pour redonner l'espoir, pour redresser, pour reconstruire et inscrire
dans le marbre les bases du nouveau Centrafrique »
Plus loin il ajoute
« L'Avenir, c'est-à-dire une nouvelle offre politique. Celle qui nous
force à avoir foi en nous, en nos capacités et nous place devant notre
tâche principale : engagement et persévérance dans le travail et
l'excellence qui est la seule mécanique pour transformer nos
potentialités en richesses véritables dans un Centrafrique pacifié,
réunifié et en marche, où l'on mettra le savoir et la technique au
service du Centrafricain et de son environnement »
Fort de ce qui précède, tu comprendras qu'il n'est pas fait allusion à
un remplacement brutal de tous les anciens. Moi j'ai compris une
démarche qui ne se reconnaît pas dans les offres présentes et propose
une alternative, d'ailleurs il le dit si bien en concluant sa tribune:
« je suis à la porte de la seconde » c'est peut-être cette
caractéristique qui induit une incompréhension car l'offre venant de la
part d'un jeune, on pense qu'il prêche un changement de garde ou fait
l'apologie du jeunisme. Si tel était le cas, se serait vraiment stupide.
Brice Goddot : « Brutal parceque vous l'imposer (il faut., démission
du gouvernement, dissolution de l'assemblée nationale, motion de censure
au pire, démission du président de la République avec dans la foulée,
nouvelles élections présidentielles)»
COMMENTAIRE :
Là aussi, une lecture sérieuse et tranquille du texte permet de
comprendre que l'auteur parle des instruments qu'offre la constitution
de décembre 2004 pour régler les crises. Il ne s'agit pas de
propositions propres mais d'outils constitutionnels. Reprends le texte
et relis la constitution tu verras ce dont il est question.
Brice Goddot: « illusoire parce qu'ils ne vous diront jamais OUI. »
COMMENTAIRE:
Nul n'est sensé ignorer la loi et être au dessus de celle-ci.
Brice Goddot: « Si nous devons être objectifs et réalistes, il serait
bien que la jeunesse s'intéresse à la vie politique en réfutant les maux
qui tuent le pays (corruption, clanisme, abus, vol et autres). »
COMMENTAIRE:
Brice, ce que nous sommes entrain de faire, est de la politique.
L'auteur de cette tribune a été durant les élections de 2004/2005,
membre du comité national de campagne du RDC , porte parole et
conseiller en communication du candidat Kolingba. Ça s'appelle faire de
la politique. Il n'est pas le seul jeune dans ce cas; Leopold Bara, un
autre jeune centrafricain a été directeur de campagne et conseiller
stratégique de Maître Pouzère. Crépin Mboli Ngoumba a été candidat dans
le 5ème arrondissement. Les exemples de jeunes en politique sont
légions.
Brice Goddot: « Les Femmes et les Hommes Neufs apporteront leurs
idées novatrices au sein des partis politiques pour sensibiliser et
convaincre du bien fondé et surtout de l'intérêt de leurs initiatives.
Progressivement, l'ancienne génération sera remplacée puisqu'elle n'est
pas éternelle. »
COMMENTAIRE:
Ce n'est pas un passage obligé. Si un centrafricain de 25 ans, 30 ans,35
ans pense qu'il doit répondre à un appel de son temps ou de sa
génération, point n'est besoin pour lui de s'embrigader dans un appareil
de parti. Prends le pour vérité établie. Si l'on ne se reconnaît pas
dans les offres politiques en cours, l'on peut proposer un autre schéma
et cela peut s'appeler nouvelle offre politique.
Brice Goddot: « c'est pourquoi la jeunesse doit avoir un langage
noble vis-à-vis de l'ancienne génération. Il est des fois plus simple de
dire à quelqu'un qu'il ne dit pas la vérité que de le traiter de
menteur. »
COMMENTAIRE:
Analyser une situation à la lumière de l'histoire et du contexte mondial
de l'heure, réduire cela au champ politique centrafricain et proposer
une issue n'est pas blasphématoire pour vos aînés. Si j'avais géré une
parcelle de l'état centrafricain, je n'aurais été gêné en rien par les
discours et analyses qui pointent l'échec, car s'en est un. Sépares toi
de cette approche archaïque.
Dans ce que tu fais ici (France), donnes toi les moyens d'être le
meilleur. Et si l'envie de participer à la renaissance du pays te tient
à cœur, sois rigoureux d'abord avec toi et ensuite exigeant envers les
autres. Ce sera uniquement à ce prix là que tu réussiras ou que vous
réussirez; Toi, Clément et tous les autres qui témoignez ici et
ailleurs, l'envie de voir la RCA dans une autre dimension.
Cordialement tien.
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