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L'arbre à
palabre
Tribune de
réflexion
REACTIONS A CETTE TRIBUNE
ENVOYER UNE REACTION
La politique d'emploi en République Centrafricaine
Par
Alain
Ngoazou
La
lutte contre la pauvreté passe nécessairement par la lutte contre les
inégalités sociales, par l'éradication de l'injustice sociale, de toutes
les formes de discrimination sociale. Pour améliorer sa condition de vie
il faut avoir un emploi, un métier. L'oisiveté et le chômage sont
sources de paupérisme.
Si la
détention d'un diplôme n'est pas la seule voie de l'ascension sociale,
il va de soi que ceux qui choisissent de faire carrière dans la fonction
publique doivent être égalitairement traités. Il faut pour un pays comme
le nôtre avoir une politique de l'emploi qui soit au dessus de tout
soupçon, qui ne fasse pas la part belle à une frange de la population et
surtout qu'il s'agit de la jeunesse c'est-à-dire de l'avenir du pays.
En
Allemagne, la question de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion
sociale demeure en bonne partie reliée à celle de la promotion de
l'emploi et l'insertion dans la vie professionnelle. Le Plan national
d'action contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale met l'accent sur
la nécessité d'éviter l'enclenchement des cycles de pauvreté. Pour ce
faire, le gouvernement allemand agit sur quatre niveaux à la fois :
1) en favorisant l'inclusion sur le marché du travail
et en développement la formation professionnelle,
2) en travaillant à réconcilier la vie professionnelle
avec la vie familiale,
3) en offrant une assistance ciblée aux groupes les
plus vulnérables et
4) en augmentant l'efficacité des régimes d'assistance.
Les mots-clés de la politique nationale allemande demeure donc
l'activation et la prévention des risques d'exclusion.
En
outre lors du Sommet de Guadalajara, en 2004, l'Union européenne a
encouragé les pays d'Amérique latine à s'interroger sur la gravité de
leurs inégalités sociales et sur les moyens de les réduire. Par
inégalités, on entend concrètement : l'accès à l'emploi, à la santé, à
l'éducation et à la formation, aux techniques, aux infrastructures, à la
terre, à l'eau, au crédit, aux subventions, à l'aide internationale, à
l'information, aux marchés, à la justice, à la sécurité, aux relations
sociales.
La République Centrafricaine s'engage dans la voie de la lutte contre la
pauvreté avec tous ses corollaires, banditisme, drogue, pandémies,
dislocation du socle familial par l'adoption du Document Stratégique de
Lutte contre la Pauvreté (DSRP).
Le
pays tout entier se bat pour retrouver la cohésion sociale après les
moult crises militaro -politiques qu'il a connues. Tel est le but du
dialogue politique inclusif en vue.
Mais
seulement en disséquant le domaine de l'emploi l'on se rend compte que
c'est à ce niveau que les actes d'injustice sont légion, c'est sur ce
terrain envers et contre tous que se rencontrent les indescriptibles
actes d'exclusion, de népotisme, de favoritisme, d'exclusive, de
clientélisme qui tranchent foncièrement avec les idéaux de la concorde
nationale prônée par le Chef de l'Etat.
Pourquoi chez nous en matière de recrutement tant aux emplois publics
que privés, il faut être pistonné pour être reçu ? Pourquoi fait-on de
la médiocrité une quasi-institution ?
Le
récent concours d'entrée dans la fonction publique en est une
illustration parfaite .Beaucoup de jeunes qui ont sué sang et eau pour
payer les frais du concours et qui ne demandent que leur juste insertion
dans la fonction publique qui est la résultante des efforts déployés par
leur admission incontestée au concours d'intégration n'ont que leurs
yeux pour pleurer. Qu'est ce qu'on n'a pas vu et entendu ?
Il y a
de cela six mois le ministère de la fonction s'était donné comme credo
la transparence durant l'organisation dudit concours. Le ministère de la
fonction a même martelé sur les ondes de la Radio nationale pendant des
mois ce mot « transparence ». Le mot qui était sur toutes les bouches
était « excellence ». Mais qu'en est -il réellement ?
Il n'
y a que 402 places mises à compétition. Alors il faut arrivé en tête
pour être retenu. Les candidats le savaient. Ils ont finalement donné le
meilleur d'eux. C'est ce qui explique que au finish on s'est retrouvé
avec plus de 1500 admis. L'émulation était forte.
Tous
s'étaient accordés pour saluer le courage politique qu'a pris le
ministère de la fonction publique notamment son Ministre sortant pour
procéder au recrutement des jeunes diplômés par voie de concours afin de
donner la chance à tous et d'éluder les suspicions de corruption ; tous
avaient applaudi la transparence et l'objectivité qui ont marqué les
résultats. Le ministère avait sur ces entrefaites forcé l'admiration de
tous.
Mais
voila six mois après l'on doit vite déchanter. Ce même ministère tourne
casaque et rend publique une liste de diplômés proposés à l'intégration
dans la fonction publique qui est la marque d'une injustice sociale
criante car celle -ci se démarque in extenso de la liste publiée par le
comité d'organisation du concours au mois de janvier 2008.Une liste
caviardée.
Cette
liste laisse pantois les observateurs de la vie politique
centrafricaine. Pourquoi cette injustice sagement concoctée ? Pourquoi
avoir fait miroité à cette jeunesse un avenir débarrassé des vieilles et
antédiluviennes pratiques de népotisme, d'inobjectivité, d'exclusion
alors qu'il n'en est rien?
Et
l'on se pose aujourd'hui et légitimement la question de savoir jusqu'où
notre pays ira-t-il dans cet imbroglio décisionnel ? .D'un coté l'on
radie, sanctionne en un tournemain des fonctionnaires fantômes;
indélicats ayant touché les effets financiers des avancements indus,
détenteurs de faux parchemins et de l'autre côte l'on rend des décisions
iniques de nature à créer des frustrations, des mécontentements et des
remous sociaux en recrutant sur des bases de complaisance; de copinage ;
de coquetterie.
Les
textes fondamentaux de la RCA consacrent l'égalité de tous les
centrafricains devant les institutions de la République. Ce principe
implique l'égalité de traitement devant les services publics, l'égalité
de traitement en matière de concours, de recrutement. Comment expliquer
que des candidats ayant composé dans des conditions d'égalité se voient
attribuer des traitements differents, inégalitaires ? Qu'a-t-on fait du
critère de mérite ? Qu'on a-t-on fait du credo « A CHACUN SA PLACE SELON
SON MERITE ? »
Pourquoi avoir pris cette décision qui frise l'opprobre et qui risque de
coûter cher à l'Etat compte tenu des multiples recours administratifs
qui semble t- il ont été exercés contre elle ?
D'emblée les recours en annulation contre la décision de la commission
d'intégration aboutiront à son annulation par le tribunal administratif
car elle est entachée de nullité et de nullité absolue et coûtera des
millions de francs CFA de dépens et de dommages et intérêts à l'Etat
pour rien alors que celui se saigne à faire face à ses obligations
financières.
Les
magistrats de la juridiction administrative n'auront aucun mal à établir
cette nullité puisqu'il leur suffira de procéder au pointage et au
rapprochement de la liste des admis par ordre de mérite rendue publique
au mois de janvier dernier et celle des proposés à l'intégration pour se
rendre compte de la magouille, des tripatouillages.
Comment de l'autre coté pourra-t-on justifier que quelqu'un qui n'a pas
composé et pour le compte d'aucun ministère retrouve comme par
enchantement son nom sur la liste des proposés à l'intégration et pour
le compte d'un ministère auquel il n'est pas destiné?
Comment du coté du MFPIPJ (ministère de la fonction publique et de
l'insertion professionnelle des jeunes) peut -on expliquer que Monsieur
X.. qui lui est reçu avec brio avec la meilleure moyenne est écarté au
grand bonheur de Monsieur Y. qui a occupé le bas du tableau dans l'ordre
de mérite ? Cette seule question sera la boussole et le gouvernail des
magistrats de l'ordre administratif dans la quête de la vérité.
Ces deux listes antinomiques seront publiées dans un bref avenir pour la
gouverne de tous. A l'occasion il sera mis en exergue les tripotages qui
entachent de nullité ce résultat.
Réactions à cette tribune
Alfred Isidore William Ndil
Yanamadji
(01/06/2008) : Je voulais dire seulement des petit mots en ce qui
concerne ce sujet de l'intégration des nouveaux cadre dans le fonction
Publique, je voulais dire ceci : les Centrafricains réveillez vous c'est
vraiment trop dis ça fais honte à ce sujet, dans des certain pays où ils
n'ont pas des choses qu'on a dans notre pays mais ils se sont organisés
pour sortir leur pays de la crise mais pourquoi pas nous les
Centrafricains nous ne faisons pas ça ?
Moi j'ai une proposition à faire au gouvernement de mettre en place une
politique de création d'emploi par appel d'offre aux investisseurs
internationaux de leur proposer les secteurs différents et quand ils
viennent il y aura de travail beaucoup ne va pas penser à l'intégration
dans la fonction publique comme ça on n'aura pas ce genre de problème.
Et aussi essayez de mettre en place une politique pour sensibiliser les
jeunes à créer des petites et moyennes entreprises avec un minimum de
coût des taxes pour donner la liberté aux jeunes, et ceux qui ne
connaissent pas comment créer cela, il faut que le gouvernement pense à
créer un centre de formation le plus vite possible pour les former et
leur offrir des petits crédits pour débuter les affaires. Je donne par
exemple le Maroc c'est un pays qui a 42 millions d'habitants le nombre
des fonctionnaires de la fonction publique c'est seulement 6,8 millions
plus 3 millions de fonctionnaires privés, en total ça fais 9,8 millions
de fonctionnaires sur 42 millions d'habitants.
Et aussi il y a une chose dans notre pays. Nos dirigeants n'ont pas de
politique sur l'agriculture c'est ce qui est mauvais, donc je lance
cette appel à tous les Centrafricains de l'étranger de même que ceux qui
sont au pays vraiment de chercher à trouver une solution pour notre
pays, et je lance cette appel à nos dirigeants et je voulais leur poser
cette question lorsque vous effectuez les voyages dans des pays
étrangers comment vous ressentez lorsque vous êtes retourné chez vous,
j'invite tous les Centrafricains d'aimer leur pays. Et aussi une
mauvaise façon des Centrafricains tout le monde ont toujours la tendance
de parler chef de l'Etat car d'autres pensent que l'affaire du pays ne
le concerne pas vraiment mes cher compatriote je vous invite à prendre
conscience à partir de maintenant je vous remercie !!!!
Francis
Kossi-Yoro
(07/06/2008) : Je loue cette initiative.
Voici mon opinion par rapport a cette réflexion. Il y a 2 aspects:
1. Je me demande il y a combien des fonctionnaires dans
la fonction publique? pour une population de 4 millions pourquoi le
problème d'intégration pose problème.
ll existe deux sortes d'intégrations :
1a- intégration sur concours si
les candidats n'ont pas un diplôme supérieur
1b- intégration sur titre ;
après avoir passé un stage avec satisfaction.
2. En ce qui concerne les
exemples, prenez l'exemple d'un pays africain de la sous-région en
développement. L'exemple de l'Allemagne n'est pas convenable, c'est un
pays européen, les problèmes ne sont pas les mêmes, à savoir
socio-culturel, développement, politique, éducation.
Je propose ceci :
- création d'emploi
- suivi des jeunes cadres .
Je vous remercie à très bientôt.
Nadia
Kembo
(16/06/2008) : Cher Alain, je ne trouve rien à redire au constat
fielleux et hautement regrettable que tu fais en conformité du récent
concours d'intégration dans la fonction publique.
La presse nationale ne tarit pas de commentaires là-dessus.
Tu fais preuve de magnanimité et d'euphémisme lorsque tu intitules la
réflexion « POLITIQUE DE L'EMPLOI EN RCA ».
Tu aurais dû dire « L'exclusion en matière d'emploi en Centrafrique,
source de dissension et de frustration sociales ». Mais de grâce.
Ce sont de pareilles situations qui décrédibilisent notre pays auprès
des partenaires et désunissent la population juvénile. Pauvre RCA jadis
havre de paix et de concorde nationale !
Et plus pis encore cela se passe à l'orée de la tenue du dialogue
politique inclusif c'est-à-dire à un moment où tout le pays est en butte
à la recherche de l'équilibre social mis à mal par les crises
militaro-politico-egocentriques de ces dernières décennies.
Que dire. Que de regret. Que de la consternation. Le procès Bokassa a
mis à nu les pratiques clientélistes et tribales qui ont miné le régime
d'antan et hypothéqué le devenir du pays. Elles l'ont précipité dans
l'horreur. Au sortir dudit procès nous avons tous dit « Plus jamais ça »
Plus de division, de discrimination, de tribalisme chez nous.
Que dire. Mais je pense qu'il est temps de dénoncer les faiseurs et
bâtisseurs de la RCA fondée sur la corruption, le tribalisme et le
clientélisme.
La lutte contre de telles pratiques doit être soutenue car ce n'est pas
seulement dans le secteur public que la jeunesse est soumise à de telles
ignominies et martyrisée. Même dans le secteur privé les candidats
féminins au poste de travail sont en proie à des traitements humiliants,
à des harcèlements qui ne disent pas leur nom. Les offres d'emploi sont
assortis de récompenses sexuelles. Les Centrafricains dans un élan
commun doivent être préoccupés par l'augmentation de l'exclusion et de
la précarité quelles qu'en soient les causes, dans ce contexte de forte
dégradation de l'emploi chez nous. Il est nécessaire de renverser ces
tendances.
Cela suppose une mobilisation conjointe de tous les acteurs : Etat,
préfectures, partenaires sociaux, associations religieuses, caritatives.
Cela nous impose également de ne pas raisonner sur la politique de
l'emploi, indépendamment des impératifs de la lutte globale contre
l'exclusion. Les crises qui ébranlent notre pays sont en grande partie
les conséquences des échecs des politiques de l'emploi. L'exclusion du
marché du travail est l'un des facteurs majeurs à l'origine des
phénomènes de pauvreté.
Il faut sortir de l'impasse actuelle qui se traduit par une aggravation
des inégalités sociales.
Face à ce constat alarmant je propose :
1) Que les mouvements des jeunes de toute nature se lèvent
pour dénoncer ces pratiques.
2) Que la jeunesse fasse confiance en la justice de notre pays en
la saisissant par la voie du recours contentieux
3) Que le Gouvernement prenne ses responsabilités pour sanctionner
les fonctionnaires véreux qui s'enrichissent au détriment de la jeunesse
déjà meurtrie.
Je te remercie.
Herbert
Kambato
(20/06/2008) : Bonjour à vous, à tous.
C'est pour apporter ma modeste contribution à ce débat. Je suis
entièrement d'accord avec le point de vue selon lequel nous jeunes
centrafricains devrions nous unir pour lutter contre ces pratiques «jeunocidaires»
et préjudiciables aux intérêts de la RCA. Beaucoup de nos compatriotes
frères et sœurs souffrent mille morts lorsqu'ils candidatent à des
emplois tant privés que publics.
Nous devrions tous mettre un holà à ces agissements. Il est inadmissible
que nos sœurs fassent l'objet de chantage, qu'elles se livrent à des
prédateurs sexuels, que les jeunes banquent leur insertion dans la vie
professionnelle. Je suis d'accord avec vous pour une lutte soutenue par
la dénonciation contre l'injustice sociale, la discrimination à tous les
niveaux de l'administration et aussi par la voie judiciaire .Je propose
à tous ceux qui sont lésés la voie à suivre pour obtenir justice.
Alors quelle action exercer dans le cas de l'espèce ?
Il existe deux grandes catégories de cas de recours dans le cas de
l'espèce :
1. Premier cas : Vous avez un litige avec l'Administration le Ministère
de l'emploi et vous contestez une décision prise par ses services devant
les juges administratifs : c'est ce qu'on appelle le contentieux de
l'excès de pouvoir, ou le contentieux de l'annulation.
2. Deuxième cas : Vous demandez réparation d'un préjudice qu'une
décision administrative injuste ou un fait de l'Administration vous a
causé, c'est ce qu'on appelle le plein contentieux.
Dans le cas de l'espèce il s'agit de la décision d'intégration qu'il
faut attaquer devant le tribunal administratif de Bangui en invoquant
l'excès de pouvoir, le contentieux de l'annulation et le plein
contentieux.
Excès de pouvoir, car le comité d'intégration a usé dans le mauvais sens
les pouvoirs à lui conférés par l'arrêté fixant les conditions du
concours dans la fonction publique. Il a outrepassé ses prérogatives
pour avoir proposé à l'intégration en lieu et place candidats réellement
admis des personnes qui n'ont pas composé. Les impétrants subissent de
ce fait divers préjudices dont ils peuvent demander réparation à
l'administration
Premier cas :
le contentieux de l'excès de pouvoir ou contentieux de l'annulation
Ce contentieux peut prendre la forme :
. d'un recours en excès de pouvoir,
. d'un recours en appréciation de légalité,
. d'un recours en déclaration d'inexistence.
1. Dans les cas de recours pour excès de pouvoir ou en appréciation de
légalité, vous invoquerez dans votre requête déposée au tribunal
administratif, deux catégories de moyens :
2. des moyens de légalité interne : violation de la loi, erreur de fait
ou erreur de droit de l'administration, erreur manifeste d'appréciation,
détournement de pouvoir
3. Dans les cas de requête en déclaration d'inexistence, vous invoquerez
une illégalité si grossière qu'elle rend l'acte administratif concerné,
inexistant, selon vous. Vous demanderez alors au juge de constater cette
inexistence.
Deuxième cas :
Le comité a outrepassé ses prérogatives, a discriminé les candidats pour
avoir proposé à l'intégration en lieu et place candidats réellement
admis des personnes qui n'ont pas concouru au préjudice de ce qui l'ont
fait. Les candidats sont lésés de ce fait par divers préjudices dont ils
peuvent demander réparation à l'administration
Les caractéristiques de la procédure devant les juridictions
administratives
La procédure administrative a plusieurs caractéristiques particulières :
. Elle est écrite, inquisitoire, contradictoire.
o Ce sont les mémoires écrits des parties qui vont déterminer les étapes
de la procédure et feront l'objet du travail des juges.
o votre présence à l'audience n'est pas obligatoire, mais vous pouvez
présenter des observations orales.
o le juge est maître de l'instruction du procès.
o selon le principe du contradictoire, les arguments et les pièces à
l'appui des arguments présentés doivent obligatoirement être connus de
l'autre partie.
. La charge de la preuve n'incombe pas obligatoirement au demandeur.
o le juge n'exigera pas de vous que vous apportiez toutes les preuves en
justice devant les juridictions administratives doit toujours se
terminer par une décision.
Comment procéder ?
La préparation de la requête
Vous devez bien préparer la demande en justice de façon à poser
clairement le litige, à " lier le contentieux " :
- identifier l'administration défenderesse
La rédaction de la requête
N'omettez pas de préciser vos coordonnées complètes et de rassembler les
"commencements de preuve" dont vous disposez et les textes sur lesquels
vous désirez vous appuyer.
Préparez succinctement vos moyens de légalité externe et interne même si
vous pensez qu'il faudra éventuellement les abandonner par la suite.
N'omettez pas de préciser qu'il s'agit d'une demande en excès de pouvoir
ou en plein contentieux.
Le dépôt de la requête
- Vous déposez une requête au tribunal administratif, en joignant la
copie de la décision attaquée.
- le justiciable précise les nom et la demeure des parties. Il y expose
les faits et les moyens. La requête est présentée en autant
d'exemplaires qu'il y a de parties.
- La requête est signée par le requérant, un mandataire représentant
l'ensemble des requérants ou un avocat.
- La requête est déposée au greffe du tribunal (sauf cas spécialement
prévu par la loi)
La preuve
Contrairement à la règle habituelle devant les autres tribunaux, la
preuve n'incombe pas forcément au demandeur devant le juge
administratif.
Les moyens de preuve
Ils sont libres. Tous les moyens de preuve sont admis. Cependant, les
moyens de preuve doivent être licites.
Sincères salutations à tous.
Brice
Kamoyanga
(20/06/2008) : Bonjour chers compatriotes
Je voudrais avoir quelques précisions par rapport aux problèmes de
l'emploi que vous soulevez dans vos réactions. J'ai joint un parent à
Bangui pour savoir ce que dit le Gouvernement à ce sujet car semblerait
il que les journaux de la place en parlent quasiment tous les jours, des
ministres ont même été mis à l'index sans détour, nommément cités. Ce
constat fait par lui est négatif. Pas de réaction.
Est ce que le mutisme du gouvernement, sa non réaction ne sont ils pas
un soutien à ce qui se fait au niveau du ministère de la prévoyance
sociale et du travail ?
On connaît l'empressement par lequel le gouvernement fait des mises au
point, des démentis, porte plaintes contre des journalistes qui
dénoncent certains méfaits de la société .Dans le cas des bévues
concernant les intégrations dont vous parlez nos autorités ne réagissent
pas. C'est un silence coupable je pense tout même.
S'il y a eu des réactions de certaines autorités vous voudriez bien nous
les mettre en ligne çà nous édifiera dans nos analyses. J'ai de la peine
à accepter comment peut-on en arriver à «corruptibiliser» le système de
recrutement chez nous, à laisser pour compte nos sœurs aux dérives des
responsables des établissements privés ; alors que l'ACFPE (agence
centrafricaine pour la formation professionnelle et l'emploi) a pour
vocation d'organiser les recrutements aux emplois privés et ce sous la
houlette du ministère du travail.
Pourquoi laisse-t-on les entreprises procéder elles mêmes au recrutement
au point qu'il y a de tels abus ?. Est ce qu'il n'y a pas là une
démission de la part de l'Etat ? Je vous remercie.
Maixent
Wakoro
(26/06/2008) : Bonjour chers compatriotes
C'est avec le cœur barbouillé que je me suis décidé de me joindre à ce
débat que vous menez au sujet de cet épineux problème de discrimination
sur le marché de l'emploi. S'il est un secret de polichinelle que cette
pratique est honteusement de mise dans beaucoup de pays africains et que
cela n'est pas le seul apanage du ministère de la fonction publique
centrafricain; elle devient de plus en plus inquiétante chez nous. C'est
un quasi-problème de société lequel menace dangereusement la cohésion et
la concorde nationales et crée d'innombrables dégâts socio-sanitaro-politiques.
1) Expatriation de la main d'œuvre qualifiée.
C'est à cause de la discrimination sur le marché de l'emploi que maints
jeunes centrafricains gagnent désespérément l'extérieur (Europe, Gabon,
Cameroun, Guinée-équatoriale, etc.) Et la tendance ne fléchit pas compte
tenu de l'avenir économique du pays peu radieux et de
l'institutionnalisation du tribalisme comme mode de gestion du personnel
de l'Etat.
2) La prostitution intellectuelle
Beaucoup d'autres la désespérance dans l'âme pactisent avec le diable en
se livrant à leur corps défendant à la calomnie, à la délation, au
mouchardage en montant des fiches mensongères contre les valeureux et
dignes fils et autorités du pays afin de piteusement arracher les
faveurs de ces arrivistes et nababs qui grouillent dans l'entourage du
Chef de l'Etat.
3) Développement des réflexes tribalo-ethnico-regiono-claniques
Le copinage, le favoritisme pour ne pas dire l'ethnicisme ont pour
conséquences le fourmillement des associations claniques ( Association
des ressortissants de telle sous-préfecture, de tel village, de tel
quartier.). Il faut être du sérail du Soleil pour se faire une place au
soleil. Le mérite personnel n'est plus que vain mot. Il faut être le
parent du Chef, du Premier des ministres ,d'un ministre ou d'un Chargé
de besognes à la Présidence ou à la Primature pour être insérer dans la
vie professionnelle.
4) Le développement des MST(maladies transmissibles sexuellement)
Au niveau sanitaire les conséquences du clientélisme sur le marché de
l'emploi sont énormes. Nos pauvres sœurs candidates à des emplois sont
contraintes à des barbaries et escapades sexuelles dangereuses. Pour
avoir un emploi un emploi il leur est souvent fait de ces avances contre
nature. Un contrat de travail contre un billet d'hôtel, d'auberge pour
ne pas dire de lupanar.
Il est temps que les associations civiles se mobilisent pour combattre
et battre en brèche ce fléau. C'est bel et bien un fléau car le trafic
d'influence et le harcèlement dont sont victimes nos sœurs ont pour
ardoise le développement fulminant des maladies transmissibles
sexuellement. Nous devrions tout faire pour bouter hors du territoire
national la discrimination avec ses pans que sont la corruption, le
népotisme en matière de l'emploi. La corruption est un chancre qui mine
la société et phagocyte les efforts de développement du pays. Je ne
dirai pas comme vous qu'il y a un consentement ou une démission de la
part de l'Etat. J'ai la faiblesse de croire que l'Etat a conscience que
de telles pratiques sont délétères et suicidaires. Il y a dans
l'administration publique des brebis galeuses qu'il faut démasquer et
mettre hors d'état de nuire .Ils doivent être voués aux gémonies,
traduits devant les tribunaux et sanctionnés par les lois de la
République. Un exemple de lutte contre l'impunité vient d'être donné par
la démystification et la condamnation de cet ancien haut gestionnaire
des ressources humaines de la Présidence qui a été convaincu par le TGI
de Bangui de faux et usage de faux, faux en écriture pour avoir pastiché
le seing du locataire du palais de la Renaissance afin de faire admettre
indûment certaines personnes au bac 2007, des candidats qu'il faisait
passer pour les jeunes de la convergence KNK. Il y a lieu ici de saluer
le courage de la Directrice des examens et concours et de ses
collaborateurs qui lui ont résisté pour qu'il soit ainsi voué à la risée
populaire. La RCA est elle condamnée à cet immobilisme ? Pourquoi toutes
ces pratiques rétrogrades ? Je pense que le débat reste ouvert.
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